DICT. D ARCHITECTURE
en désuétude et les riches citoyens rivalisaient entre eux à qui élèverait des tombeaux avec des marbres, des bas-reliefs les plus somptueux ; et Cicéron {de Leg., II, 25 et 26) nous apprend que sous ce rapport le luxe alla si loin à Athènes, qu'à diverses reprises les magistrats durent le réprimer par des décrets et des règlements. Les tombeaux grecs présentent une grande variété dans leurs formes, aussi les monuments funéraires se nommentils : |xvî;u.a, [jivr,asïov, [jivriijidouvov, aTr,Xï), oopoî, TtvcX'j;, ).r,vO;, TuaÇov.
Les tombeaux romains présentent également des formes très-diverses. A l'origine
TOMBEAU
ils reproduisent les formes de l'Étruric : par exemple, le tombeau dit des Horaces rt des Curiaces rappelle beaucoup celui de Porsenna. Plus tard, les artistes romains copient les tom-
beaux grecs, comme ils avaient copié leurs autres monuments, ce sont alors des monuments gracieux, des cippes, des colonnes, des pyramides, des stèles, des édicules de tous genres. La
Fig. 4. — Bas-relief du tombera dn Boahinger.
grande voie des tombeaux, dite voie Âppienne, restituée par un artiste d'un très-grand talent, notre confrère Aucelet, peut donner une idée de la beauté de ces monuments funéraires, qui
bordaient les grandes avenues des villes (1). Parmi les tomlicaux les plus curieux ou les plus remarquables de Rome, nous citerons parmi ceux de la voie Appienne : le tombeau des
Fig. 5. — Bas-relief du tombeau du Boulanger.
Scipions, retrouvé en 1780, dont on ne voit aujourd'hui qu'une grossière imitation du sarcophage en péperin ; le tombeau des affranchis d'Octavie (fig. 1), et trois colombaires assez
bien conservés ; le tombeau de Cécilia 3Iétella (fig. 2), dont nous avons donné le Sarcophage à ce mot, et qui se compose d'une construction circulaire de 20 mètres de diamètre sur un
Fii.'. r.. — Bas-relief du tombeau du Boulanger.
soubassement carré; le haut est décoré d'une frise ornée de guirlandes de fleurs et de bucrancsqui ont fait surnommer cet édifice Capo di bore. Notre figure 3 montre une partie de cette décoration. Sur une plaque de marbre , on lit cette inscription : Cfrrilim Q. Cretici filiœ, Meteîlce Crassi , qui signifie : « A
Cécilia, fille de Métella Créticus, femme de Crassus. i> Beaucoup plus loin sur la même voie, se trouve le tombeau circulaire dit il Torracin ou il Palomharo.
(1) Cette restitution se trouve i la bibliothèque de l'École nation.ile des beaux-arts, à Paris.
n .ntho XCV. — Tombeau du Boulanger à Rome.
TOMBELLE. - TOMBEREAU.
Sur la voie Latine, existent deux tombeaux (jiii, malheureusement, ne portent pas de
Flg. 7. — Tombeau de NœToleia TyoUé.
nom ; l'un d'eux a sa voûte décorée d'arabesques et possède des bas-reliefs en stuc fort
remarquables. — Près de la porte Majeure, que nous avons donnée au mot Enceinte , on a découvert en 1838, en démolissant les fortifications d'Honorius, le tombeau du boulanger Eurysacès (Marcus Vergilius), dont l'inscription, plusieurs fois répétée, nous informe que c'était un fournisseur de l'État. Notre planche noire XCV, ainsi que nos figures 4, 5 et 6, montrent ce qui reste de ce tombeau, que nous avons dessiné d'après nature, ainsi que des bas-reliefs qui le décorent et qui représentent diverses opérations de meunerie et de boulangerie. Ce tombeau, en forme de four, date de la fin de la république. Mentionnons enfin les tombeaux de Bibulus, de la famille Plautia et des Nasons. Notre figure 7 montre le tombeau de Nœvoleia Tyché à Pompéi, dont notre figure 8
Fig. 8. — Intérieur du tombeau de Nœvgleia ïycUô.
montre une restauration de l'intérieur ; notre figure 9, le tombeau de Virgile sur le Pausilippe; enfin notre figure 10 est le croquis du tombeau, ou plutôt du monument élevé à la mémoire de Regnault et des élèves de l'Ecole des beaux-arts morts pendant la guerre de 1 870. Cet édifice a été construit dans la cour dite
du Mûrier, à l'École des beaux-arts, par MM.
Coquart et Pascal, architectes.
TOMBELLE. — Voy. Celtiques (Monuments).
TOMBEREAU, s. m.— Voiture qui sert
TOMBEUR
TONNEAU
dans les chantiers à transporter divers matériaux, notamment du sable, du plâtre, des gravois, des briques, etc. C'est une voiture dont le fond et les quatre côtés sont formés par des planches et qui porte deux timons fixes ou mobiles.
TOMBEUR, s. m. — Ouvrier qui opère les démolitions des vieilles constructions; on le nomme aussi terrassier.
TON, s. m. — Ce terme est synonyme de
nuance, de couleur. On l'emploie aussi pour désigner le degré d'intensité d'une couleur simple ou composée : par exemple, un vert trop pâle manque de to7i, on remonte ce ton en ajoutant du bleu.
TONALITÉ, s.f. — Propriété caractéristique d'un ton. Ce terme signifie aussi, qualité d'un morceau écrit dans un ton, une gamme déterminés, et par extension on applique ce terme à la peinture; par exemple, en parlant de la décoration d'une salle aux couleurs écla-
lif. 11.
Iiitijriciir (lu toiiiln.aii de Virgile sur le Pau^iliiipe,
tantes, on dira : la tonalité générale est trop rouge, trop criarde, trop dorée; la tonalité de cette décoration est très-remarquable, etc. Ce terme sert donc à exprimer, suivant le qualificatif qui l'accompagne, soit un défaut, soit une qualité décorative.
TONDIN, s. 7)1. — Gros cylindre de bois, d'une longueur variable , dont se servent les plombiers pour former et arrondir leurs tuyaux de plomb. Ce terme est employé tiueUiuefois comme synonyme de Rondin. (Voy. ce mot.)
TONDRE ou REBLANCIIIR, v. a. —
Faire une taille légère et partielle sur les assises d'un mur, surtout d'un vieux mur, afin de faire affleurer ces pierres avec celles qui leur sont adjacentes. Quand on pratique l'opération sur des pierres neuves, on dit plutôt tondre; quand on opère sur de vieilles pierres, il vaut mieux dire rellanchir.
TONNE, s.f. — Mesure de poids, employée surtout parla marine et dans les chantiers, qui vaut 1,000 kilogrammes ou 10 quintaux métriques. — On dit aussi tonneau.
TONNEAU, s. m. — Grand récipient formé
TONNEAU
de douTes en bois assemblées et maintenues dans une certaine position à l'aide de cercles en fer. — On nomme tonneau de mer, tonneau marin ou tonneau métrique, le volume d'un mètre cube d'eau qui pèse 1,000 kilogrammes,
soit 10 quintaux métriques ; ce terme est donc synonyme de Tonne. (Voy. ce mot.)
Tonneau a mortier. — Machine dont on se sert pour le mélange du sable et de la chaux, et pour le broyage et le corroyage du
Fig, 10. — Monument commémoratif élevé à la mémoire de Uegnault.
mortier. C'est un gi-and vaisseau de forme cylindrique fait à l'aide de fortes plaques de tôle assemblées. L'intérieur comporte un arbre vertical armé de râteaux en fer avec de fortes dents en lame de couteau. L'arbre est actionné à bras d'homme (fig. 1), ou bien il est mû par un cheval attelé à un limon, comme à une noria (fig. 2) ; ou bien encore, ce qui est aujourd'hui le plus fréquent, l'arbre du tonneau
à mortier est actionné par une locomobile à l'aide d'une courroie de transmission (fig. 3 et 4). Anciennement les tonneaux à mortier comportaient à leur intérieur des systèmes fort compliqués, qui ne présentaient pas seulement l'inconvénient d'encombrer l'intérieur du récipient et de réduire par conséquent sa capacité, mais qui avaient encore le défaut de se déranger constamment. (Voy. ces fig. au verso.)
TONNEAU
Tonneau corroyeur. - Machine servant à malaxer les terres à brique et à poterie. Cette machine , qui opère beaucoup mieux le pétrissage des terres que le marchage, est aujourd'hui employée dans toutes les grandes usines
Fig. 1. - TuiuiLMU à mortier in;iu(i.-[ivrr il bras à l'aide d'uu volant.
qui travaillent l'argile et la glaise. Le pétrissage mécanique présente, en outre, l'avantage de fournir des pâtes très-homogènes entièrement privées de fragments de pierre, de cail-
Fig. 2. — Tonneau ji uinnur iiianœuvrij i\ bras ou il Vaide d'un cheval.
OU, de craie et autres substances étrangères qui nuisent considérablement à la qualité des produits. Autrefois l'ouvrier qui opérait le marchage était chargé de purger les terres en même temps qu'il accomplissait son travail
extrêmement fatigant , aussi les qualités des terres laissaient souvent à désirer. Aujourd'hui toutes les terres qui doivent passer dans les tonneaux malaxeurs sont délayées eu une bouillie assez liquide dans de vastes bassins :
Fig. 3. — Tonneau à mortier nianœuvrc au luuytii de la vapeur (I*^^ t.vpo).
les parties lourdes tombent au fond de ces bassins, et l'on ne met dans les tonneaux que les couches supérieures des terres ainsi
Fig. 4.
- Tonnc.iu à mortier manœuvré au mo^en de la vapeur {2'' t.vpc).
purgées; on nettoie ensuite le fond des bassins, quand le besoin s'en fait sentir. Parmi les usines que nous avons visitées, et dans lesquelles le travail que nous venons de décrire s'accomplit très-bien, nous citerons l'u-