‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 26 sur 252 · POUTRELLE. - POUZZOLANE · texte numérisé non relu

POUTRELLE. - POUZZOLANE

mines qui mesurent de 0'",20 à 0"',;iO de hauteur; on en fabrique même aujourd'hui de plus élevés. On fait également des poutres en forte tôle, aux extrémités desquelles on rive des fers cornières sur lesquels sont également

Fig. i.

— Poutre formée d'une feuille de tôle et de quatre fers cornières.

rivées des plaques de tôle. Nos figures 4 et 5 montrent une poutre formée d'une feuille de tôle et une autre de deux feuilles. Ces poutres sont renforcées par des plaques de tôle rivées haut et bas sur les fers cornières ; mais pour les poutres qui n'ont pas une grande portée ou qui ne doivent pas supporter de lourdes charges, on se dispense souvent d'ajouter des

Fig. 5. ■

■ Poutre en fer fonuùe de deux feuilles de tôle et de quatre fers cornières.

plaques au-dessus des cornières; pour les poutres, au contraire, qui doivent avoir des portées considérables, on utilise souvent des treillis en fer. (Voy. TôLK.)

Poutres mixtes. — On désigne sous ce terme les poutres formées à l'aide du fer et du bois ; ce sont tantôt des pièces de charpente au milieu desquelles on place une âme eu fer, tantôt deux fers à double T séparés par une pièce de charpente. Ce genre de poutre, qu'on nomme poutre âmée, a tantôt une âme en fer et tantôt une âme en bois. On fait également des poutres mixtes de la ma-

nière suivante : une forte pièce de bois a, ses deux abouts légèrement taillés en biais ; au sommet de ces surfaces inclinées sont fixées avec des écrous des tringles de tirage qui s'assemblent à charnière à une tringle horizontale placée sous la pièce de bois.

Pour ce qui concerne la législation des poutres, voyez Excastkement et Mitoyen (Mur).

POUTRELLE, s. f. — Petite poutre, pièce de bois d'un échantillon moindre que la Poutre. (Voy. ce mot.) La poutrelle remplit exactement les mêmes fonctions que la poutre , mais pour des planchers ayant à supporter des charges peu considérables. C'est à tort qu'on désigne quelquefois sous ce terme les solives d'un plancher. — On nomme aussi poutrelles les pièces de bois qui supportent le tablier d'un pont. (Voy. Tablier.)

POUZZOLANE, s. f. — Produit naturel ou artificiel qui a la i^ropriété de se combiner immédiatement avec la chaux et de lui donner des qualités plus ou moins hydrauliques, suivant les proportions du mélange. Ces produits sont ainsi nommés parce qu'on les a retirés pour la première fois dans les environs de Pouzzoles, petite ville située près de Naples ; c'est de là que les colonies grecques, puis les Romains, tirèrent leur pouzzolane, dont on découvrit jilus tard des gisements dans difiëreutes localités, car cette substance n'est que le produit des laves et des déjections volcaniques plus ou moins modifiées par les agents atmosphériques. Vitruve définit ainsi cette substance : Est gemis pulveris quod efficit naturaUier res admiran- (las ; ce qui prouve que de son temps on connaissait les propriétés admirables des pouzzolanes. Mais l'architecte romain se trompe ijuand il suppose que ce sont des vapeurs brûlantes et sulfureuses qui s'exhalent au travers des terres et les transforment ainsi. Nous n'ignorons pas aujourd'hui que les pouzzolanes naturelles sont en général des déjections volcaniques, lesquelles sont composées principalement de silice, d'alumine et de peroxyde de fer, auxquelles substances s'unissent

PRATIQUE

accidentellement et en très-minimes proportions de la chaux, do la potasse et d'autres matières encore, suivant le milieu où se trouvent les pouzzolanes. — La couleur de cette substance est blanche, jaune, grise, brune et violacée ; la pouzzolane de Pouzzoles est jaune ; celle de Rome est brune, couleur chocolat ; elle renferme des particules rocheuses d'un brillant métallique. Les meilleures pouzzolanes employées en France nous viennent d'Italie ; on les expédie des ports de Civita-Vecchia et de Livoume ; nous en recevons aussi de Rachegoun (Algérie). En France, nous possédons des pouzzolanes naturelles dans les contrées qui renferment des volcans éteints, et principalement dans le département de l'Hérault à Bessan, dans l'Auvergne, dans le Vivarais, etc. — Dans quelques points de la basse Bretagne, notamment aux environs de Châtoaulin et de Saint- Servan (arrondissement de Saint-Malo), on a reconnu que certaines roches amphiboliques ou diorites décomposées jouissaient, après une certaine cuisson, des mêmes propriétés que les pouzzolanes. On a utilisé ces matières avec profit pour exécuter certains travaux d'art du canal de Brest à Nantes.

Pouzzolanes artificielles. — On peut obtenir artificiellement des pouzzolanes par la calcinatiou des argiles, de quelques variétés de schistes ardoisiers, de terres ocreuses et de grès ferrugineux. Vicat a fabriqué d'excellentes pouzzolanes artificielles ; l'une des plus faciles k obtenir est celle qui est fabriquée au moyen de la terre argileuse très-sèche réduite en poudre et placée pendant quinze à vingt minutes sur des plaques de tôle chauffées au rouge. On peut utiliser pour ce genre de fabrication un grand nombre de produits. Ceux de nos lecteurs qui désireraient étudier à fond cette question n'auront qu'à consulter les travaux de Vicat, qui jusqu'ici ont été plus ou moins compilés par tous les autem-s ayant traité de cette question.

PRATIQUE, s. f. — Connaissance et emploi des moyens matériels, des procédés et des instruments ou outils qu'un homme, artiste ou bien simple ouvrier, met en œuvre

pour exécuter des travaux de son art ou de son métier. Telle est la définition de ce terme, qui est l'antithèse de celui de Théorie. (Voy. ce mot.) — La théorie, en effet, est l'exposition des principes et des règles qui fixent le mode d'exécution, la pratique. Les arts et les métiers possèdent tous une théorie qui sert de guide à la main qui exécute ; mais à la rigueur un praticien peut exercer, pour ainsi dire , machinalement son art ou son métier, sans connaître à fond les théories qui président à cet art ou à ce métier, tandis que bien des théoriciens, qui exposent parfaitement, d'ailleurs, les règles et les principes qui doivent diriger la main d'un praticien, seraient tout à fait incapables de rien exécuter par eux-mêmes. L^n exemple fera mieux comprendre la pensée que nous venons d'émettre. Que de gens, par exemple, que de critiques d'art parlent fort bien sur la peinture, la sculpture et l'architecture, qui seraient fort embarrassés de travailler avec un pinceau, un ébauchoir ou un crayon ! Ce qui prouve que la théorie seule ne peut suffire : bien mieux, beaucoup de critiques auraient beau travailler avec assiduité et pendant de longues années, ils ne pourraient rendre ce qu'ils expriment verbalement avec tant de talent; ils ne feraient jamais des artistes, car il leur manque une qualité essentielle, une qualité difficile à exprimer par des mots et que, faute de mieux, on nomme h feu sacré de l'art. Ce qui prouve une fois de pilus que la critique est aisée, mais la pratique de l'art très-difficile. Donc un critique d'art ne peut être entièrement compétent si lui-même n'a pas exercé ou n'exerce pas un ou plusieurs des arts qu'il se permet de critiquer. — La pratique de l'art architectural est extrêmement compliquée et difficile, parce que l'architecte doit posséder une somme considérable de connaissances diverses ; nous les avons énumérées au terme Architecte. (Voy. ce mot. Théorie et l'article suivant.) Pratique, aclj. — Ce terme s'emploie comme qualificatif de science. Ainsi, dit Quatremère de Quincy {Dict. d'arch.), « on distingue la science pratique et la science spéculative. On dit d'un artiste ou de son ouvrage qu'il n'a d'un art que les qualités^jraZ/gMes. On

PRATIQUEE. — PKÉCISION.

dit également d'une méthode qu'elle est une méthode pratique, pour dire qu'elle traite uniquement de la partie de science ou d'art qui se borne au matériel ou à l'exécutiou. Ainsi, en architecture , on appellera Irailé jn-atique de l'art de bâtir, celui qui s'occupera exclusivement de ce qui se rapporte à la construction considérée sous le rapport des matériaux et de leur emploi, de la science du trait et des lois de la mécanique. » Tel est le Traité de Fart (le bâtir de Rondelet. (Yoy. l'article précédent.) Pratique ( Pierre de ). — Pierre qu'on emploie telle qu'elle est, telle qu'elle sort de la carrière, c'est-à-dire sans être taillée d'aucune façon.

PRATIQUER, V. a. — Dans un sens général, ce terme signifie mettre enpratique, appliquer la théorie d'un art, d'une science ; il signifie également exercer un art, un métier. Dans un sens spécial, on se sert de ce mot pour exprimer « l'art de ménager, soit dans la disposition générale d'un plan, soit après coup dans quelques-unes de ses parties, certains dégagements, certaines pièces d'utilité ou d'agrément. » (Quatremère de Quincy, Dict. d'arch.) Les appareilleurs , sous cette ex'pve&sionjjra tiquer la 2}ierre, entendent, tirer le meilleur parti de la pierre, avec le moins de déchet possible. — Enfin, ce terme est aussi synonyme de faire après coup ; ainsi on dit pratiquer une baie dans un mur, un escalier dérobé dans un massif, une issue dans une pièce, etc.

PREAU, s. m. — Petit pré, espace clos et couvert de gazon : telle était la signification de ce mot à son origine, c'est-à-dire au moyen âge, car à cette époque on nommait ;;réff» l'espace découvert qui se trouvait au milieu du cloître. Aujourd'hui, on a étendu la signification de ce terme aux cours des établissements scolaires, des couvents et des monastères, des hôpitaux et des asiles, enfin des prisons, et même, dans tous ces établissements, il existe des préaux couverts et des préaux découverts, qui servent à la promenade ou aux récréations des personnes qui vivent enfermées dans ces édifices.

PRÉCIEUX, SE, adj. — Qui est de pris.

Dans la construction, les matériaux précieux sont le marbre, l'albâtre, l'onyx, les travaux de serrurerie finement forgés, les travaux en bronze, etc., etc.

PRÉCINCTIOX, s. f. — Ensemble des gradins d'un théâtre ou d'un amphithéâtre antique compris entre deux galeries concentriques et qui était délimité par les mœniana. Les précinctions se composaient ordinairement de neuf gradins, on voyait rarement des théâtres ou des amphithéâtres ayant des précinctions composées d'un nombre moindi-e ou supérieur. Les précinctions étaient divisées en coins {cunei) par des escaliers convergents qui conduisaient les spectateurs des couloirs à leurs places respectives. Les plus petits théâtres ou amphithéâtres n'avaient qu'une précinccion, et les plus grands trois ; le Cotisée en possède quatre, mais la dernière précinction ne comporte qu'un petit nombre de gradins. (Yoy. Ampiiithéatee.)

On nommait aussi précinction, dans les mêmes édifices, le large couloir intérieur qui régnait tout autour du cercle fonné par les caveœ, au sommet de chaque mœniamm. (Vitruve, V, 34, et 11,8, 11.) Ce dernier genre de précinction servait au spectateur qui arrivait en retard à accéder â sa place sans déranger ni gêner les spectateurs déjà assis : en effet, quand il était arrivé à l'escalier le plus voisin de la place qu'il devait occuper, il le descendait jusqu'au rang où se trouvait cette place, et ce n'est que là qu'il dérangeait les quelques personnes assises entre l'escalier et la place qu'il devait occuper.

PRÉCISION, s. f. — Un travail feit avec précision est un travail exécuté avec beaucoup d'exactitude. On nomme instruments de précision les instruments qui servent à faire des travaux exacts et mathématiques; on les utilise pour les o[)érations de géodésie, pour les nivellements, pour l'astronomie, etc. Les compas des architectes et ceux qui servent à divers corps d'état se nomment aussi instruments de précision.

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