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de basses-fosses; on nommait ces tlerniers niihlieltes, mais nous devons dire que celles-ci étaient extrêmement rares, ou du moins on en connaît aujourd'hui fort peu. Pans tous les genres de prison qui précèdent, on s'occupait fort peu du bien-être des prisonniers, ils
étaient traités en véritables parias, et les premières notions de salubrité indispensable à la vie de gens constamment enfermés étaient totalement négligées. Ce n'est guère qu'an xvi° siècle que Henri II autorisa les magistrats à veiller à ce que les prisonniers fussent
Pig. 4. — Plan de la prison de la rue de la Santé, à Paris.
L^geiule, — 1 et 2, quartier des condAmnéB; 3, quartier da prévenue; ■), Mtiments d'administration et dépendauees.
traités humainement, parce que ce prince considérait que de son temps les prisons, « qui ont été faites pour la garde des prisonniers, leur apportaient plus grande peine qu'ils n'avaient méritée. » Mais le bon vouloir du roi ne fut pas suffisant pour améliorer le sort des prisonniers, puisqu'en 1560 une ordonnance
dut interdire l'usage des cachots souterrains parce que les prisonniers y mouraient en grand nombre. Au xviii" siècle, de grands philanthropes, parmi lesquels nous citerons Howard, Beccaria et Bentham, firent de très-grands efforts pour obtenir des réformes impoitantes dans les prisons ; mais ce n'est guère qu'à no-
PRISON
tre époque que, pendant ces dernières années mémo, on est parvenu à apporter des améliorations sensibles et que les règles de l'hygiène et de la salubrité ont été parfaitement appliquées dans la construction et raménagcment des prisons. Un des modèles les plus inirf'aits du genre est le type créé par notre confrère M. Emile Yaudremcr, membre de l'Institut. Notre figure 2 montre un ancien type de prison : en a, a sont quatre préaux, en l, h, deux courettes de chaque côté du bâtiment d'administration et en avant du bâtiment des condamnés. Notre figure 3 montre un type de prison dans le genre de ilazas : en avant se trouvent les bâtiments d'administration, derrière lesquels sont des bâtiments pour les condamnés
avec cellules rayonnant autour d'un point central, ce qui a fliit donner à ce genre de prison le noraùu ii/stème ccllnla irerayon nii» l.l^onsaWons donner une analyse d'une étude autographiée de notre confrère, analyse qui mettra en lumière tous les points importants qu'il s'agit de bien connaîti-e et tous les problèmes que doit résoudre l'établissement d'une prison modèle (1). Maison d'arrêt et de correction. — Cette m.aison a été construite à Paris, rue de la Santé (14'' arrondissement), d'après un programme de l'administration préfectorale, lequel programme imposait à l'architecte de créer un établissement mixte devant contenir 1,000 détenus hommes, et former deux quartiers bien distincts : celui des prévenus (500),
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Fig. 5.. — Façade générale de la prison.
avec le régime de l'isolement; celui des condamnés (500), avec le régime en commun pendant le jour et l'isolement pendant la nuit. L'application en France du système cellulaire rayonnant, qui prit naissance à Philadelphie, est basée sur l'isolement absolu des détenus (fig. 3). Ce système a donné lieu à des critiques fondées, et l'administration a dû renoncer pour les réclusions de longue durée à ce mode d'incarcération. Aujourd'hui il n'est ]ilus appli(pié que pour les détentions préventives et la mise au secret.
Vu autre système, dit M. E. Vaiidremer, celui (l'AuImrn, également installé aux Ktats-L'nis, a liour base le travail en commun , mais sous la loi (lu silence pendant la durée du travail et les heures de lepos.
Les prisons civiles <'i>ni]irenni'nt les maisons
préventives et celles de force ou de correction. Les prisons préventives sont dénommées maisaiis d'arrêt lorsqu'elles relèvent du tribunal de police correctionnelle, et maisons de justice quand elles sont aiïectées à la détention des prévenus relevant de la cour d'assises. Les maisons d'arrêt renferment les prévenus et les condamnés correctionnels jusqu'à ce qu'ils soient dirigés sur le lieu de détention qui leur est assigné. Les maisons de justice reçoivent les accjisés jugés par les cours d'assises et ceux (pli se sont pourvus en a])pcl ou en cassation, en attendant leur transf(M'ement. Les maisons de correction servent à la détention des individus condamnés en vertu d'un jugement à un cmpri-
(1) Cette (;tude a été adressée vers 18G8 ou 18G9 par uotre éminent confrère à la direction des travaux d'arcliitcctnre de la ville de Paris; elle est fort peu connue, nous en devons comnuinic:ition !i II. Vaudrenicr lni-m<"nie.
PRISON
Bonnement de phrs d'un an. Ces établissements reçoivent également les condamnés à la réclusion. les forçats âgés de plus de soixante-dix ans et les femmes condamnées aux travaux forcés. Ces diverses prisons peuvent être réunies dans un même établissement, mais chaque catégorie de détenus doit être séparée et occuper un quartier distinct.
L'ensemble des bâtiments de la prison de la rue de la Santé forme quatre ])arties bleu distinctes : iTadministrationet les dépendances; 2° le quartier des prévenus ; 3" le bâtiment de l'infirmerie des coudamnés ; 4° le quartier des condamnes.
Notre figure 4 montre le plan général de cette prison, dans lequel on voit immédiatement les quatre divisions que nous venons d'énumérer ; la figure 5 est la façade générale;
rig. 6. — Porte d'entrée, rue de la Sauté (détail).
les figures 6 et 7, la porte d'entrée en élévation et la coupe à plus grande éulielle; la figure 8, la façade sur la cour d'entrée ; la figure 9 montre une portion des bâtiments de l'infirmerie, dont la figure 10 montre une coupe, tandis que la figure 11 fait voir la coupe transversale sur la chapelle.
Bâtiments d'administration et dépendances. — Ces bâtiments, en bordure sur la rue, sont desservis par deux cours placées à droite et à gauche et en communication directe avec la cour d'entrée. Elles sont destinées l'une au service des cuisines et des magasins, et l'autre à celui des corps de garde et des dépôts. Dans la cour d'entrée se trouvent d'un côté le gui-
chet, une salle d'attente pour les visiteurs, les escaliers des logements et le passage à la cour de service, etc., etc.
Le premier étage des bâtiments des cuisines et du corps de garde est affecté à des logements de divers emploj'cs ; celui du bâtiment d'administration, au logement du directeur, à la lingerie, etc.
Quartier des prévenus. — Il est établi suivant le svstème cellulaire ravonnant de Phi-
Fig. 7. — Coupe de la porte d'cutrôe (détail).
ladelpbie, il se compose de quatre corps de bâtiment rayonnant autour d'un bâtiment central ; ils contiennent cinq cents cellules, et chacun d'eus est formé d'une longue galerie, montant de fond, à droite et à gauche de laquelle se trouvent un rez-de-chaussée et deu.x étages de cellules ; celles de ces deux étages sont desservies par des balcons avec balustrades en fer. — Toutes les cellules des iirévenus sont semblaltles, à l'exception de vingt qui sont d'une dimension double ; chaque cellule simple est de 3™,60 de longueur sur 2 mètres de largeur et 3 mètres de hauteur; chacune est éclairée sur les cours par une croisée vitrée dont la partie supéiieure ne s'ouvre
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qu'à une distance réglementaire. La porte est munie d'un guiclict pour le passage des aliments et autres objets, et d'un judas pour la surveillance intérieure de la cellule. La cellule possède un lit en fer fixé au mur, et dont la partie mobile peut se relever le long du mur pendant le jour. L'appareil d'éclairage est placé dans le mur sur le Côté de la porte. — Le chauifage a lieu au moyen d'une bouche de chaleur placée au milieu de la paroi latérale du mur. Chaque cellule comporte un siège d'aisances, et c'est par l'orifice du siège que s'effectue la ventilation.
Le prisonnier est mis en communication avec le gardien de la galerie de surveillance
au moyen d'un signal, qu'il peut mettre en uiou\ement en appuyant sur un Ijoutou placé près du lit.
Bâtiment de V infirmerie. — Ce bâtiment jdint le quartier des condamnés à celui des prévenus; l'étage supérieur est occupé par les salles de l'infirmerie qui contiennent quarante lits, plus les divers services spéciaux, tels que tisanerie, pharmacie, laboratoire, cabinet du médecin, salle de visites, salle des morts, cabinets, etc.
Quartier des condamnés. — Les bâtiments de ce quartier sont disposés autour de deux cours ou préaux. Ils contiennent au rez-dechaussée les ateliers, promenoirs, chauffoirs et
Tiiçaiif sur l;i cour iVcntrée.
réfectoires pour la vie en commun ; au-dessus sont situés les dortoirs cellulaires. Dans des tourelles d'angle sont placés des escahers qui pourtournent les loges ou guérites des gardiens. Il y a deux étages de loges : celles du bas sont disposées de façon à rendi'e possible la surveillance directe et simultanée des salles, ateliers, préaux couverts et découverts, escaliers, et aussi des cabinets d'aisances placés à chaque palier derrière ces loges ; celles du haut, semblablemeut disposées, sont aff'ectées à la surveillance des dortoirs cellulaires et des lavabos. Les dortoirs des condamnés, d'un principe analogue aux galeries du quartier des prévenus, forment de longues salles montant de fond et desservant à droite et à gauche deux étages de cellules éclairées sur les cours
et sur les chemins de l'onde. Le rang supérieur est muni de balcons. Le chauffage et' la ventilation s'opèrent jiar apjiel de la galerie de surveillance dans cliacune des cellules au moyen d'une imposte ouverte au-dessus des portes.
Toute la prison, y compris les bâtiments d'administration, jusqu'à l'extrémité du quartier des condamnés, est chauffée et ventilée par un appareil unique. Voici, du reste, comment nous avons déjà rendu compte et étudié ce chauffage dans un de nos ouvrages (1) :