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DE LA RENAISSANCE

RENAISSANCE (architecture).

ce fait, car les transitions architectoniques s'opèrent de même chez tous les peuples , et puisque l'Italie, l'initiatrice de la renais- S' ûce, avait passé par les transformations que r.ous venons de dire, il n'est pas étonnant que les autres peuples qui avaient appris d'elle le principal opérassent de même pour les détails secondaires. — Les premières nations qui adoptèrent le style nouveau furent la France et l'Espagne, puis l'Allemagne et l'Angleterre. — Les premiers monuments français dans lesquels ce style fit son apparition datent de Louis XII ; c'est le cardinal d'Amboise qui les fit construire : c'est une partie du château de Blois (l'aile orientale), le château de Gaillon, les hôtels de ville d'Orléans et de Beaugency, l'hôtel Cujas et l'hôtel des frères Lallemand à Bourges. Sous François 1", le même style progresse ; les plus beaux spécimens de l'architecture de cette épo que sont Fontainebleau et Chambord. Notre vignette (fig. 3) montre la lanterne qui surmonte l'escalier principal de Chambord. Enfin, sous Henri II, l'architecture de la renaissance atteint à son apogée avec le Louvre, le château d'Auet, la grande galerie, dite de Henri II, à Fontainebleau, et quelques autres édifices. — Notre figure 4 montre un bénitier en pierre qui se trouve dans l'église de Bercy, à Paris, bénitier qui est un monument remarquable de la renaissance française ; notre planche LXXIX, divers motifs de décoration de la même époque peints en camaïeu, en or et en couleurs sur des fonds bleu, rouge grenat, or et gris. Ces motifs, tirés de l'Oniemenl poli/chrome deM. Racinet, ont été exécutés au château de Blois. — Comme complément de la renaissance française, voyez Française (Archikdure). Façade et Maison, où nous avons dessiné quelques monuments de la renaissance. En Espagne, la renaissance fait son apparition dès le xv" siècle, mais c'est bien le pays de l'Em-ope où elle est le plus mêlée à d'autres styles : en effet , dans certains monuments on peut voir ce style mêlé à l'arabe, à l'ogival et au mauresque. Au début, on le nomme style plakresque {deplata, orfèvrerie) à cause de sa ressemblance avec l'orfèvrerie, qui est trèssurchargée d'ornementation. Un des promo-

teurs de ce style a été Alonzo Berruguete. Dans ce style sont construits, à Valladolid, le collège Saint-Grégoire; à Sarragossc, le monastère d'Eugrazia; à Tolède, les Enfants trouvés ; à Salamanque , le grand collège et le palais archiépiscopal; à Cordoue, le cloître de la cathédrale ; à Séville, le palais de l'archevêché, etc.

Dans les Pays-Bas, l'architecture de la renaissance ressemble beaucoup à son origine à celle de la France ; plus tard , elle se rapproche de la renaissance allemande, au style employé au château d'Heidelberg.

En Angleterre, l'architecture de la renaissance ne fait son apparition que sous le règne d'Edouard VI, c'est-à-dire au milieu du xvi" siècle, et encore à cette époque les Anglais ne firent que des édifices entièrement classiques, comme le palais de Somerset-House, par exemple : voyez Anglaise (Arch/leclure) ; ce n'est guère que dans le commencement du XVII' siècle que parut à Oxfurd un style original de la reuaissance, mais ce style n'a absolument rien produit de remarquable en Angleterre , c'est un mélange d'antique et de Tudor.

En Allemagne, la renaissance ne pénétra que fort tard ; elle ne paraît que dans la seconde moitié du xvi' siècle. Les œuvres les plus importantes dans ce style sont le château d'Heidelberg, construit de 1556 à 1559 ; l'hôtel de ville de Leipzig, le château de Stuttgard, la façade de l'hôtel de ville de Cologne, le vieux château de Munich, le Deutschhcrrenhans d'Andernach , la halle au drap de Brunswich, le palais du grand-duc à Bade, une partie de l'hôtel de ville de Brème ; enfin différentes villes, telles que Dantzig, Nuremberg, Cologne, Hanovre, Minden, possèdent des maisons dans ce style, mais en général la renaissance allemande est lourde et surchargée d'ornements ■ qui souvent manquent totalement de goût.

Bibliographie. — L.-B. Albert! , de Re.œdificahiria, libros X, 1 vol. in-fol., Florence, 1485; — Ducerceau (Jacques Androuet), les Plus excellents Bâtiments de France, etc., 2 vol. in-fol., Paris, 15T6-7'J; — Le Jluet (Pierre), Manière de lien lastir, etc., 1 vol. petit in-fol., Paris, 1G86; — G

KENAED. — RENFLEMENT.

Gaye, Cartegyio inedito cTArtisti dei secoli XI l ', X T', XF/,3 vol. in-8°, Firenze, 1840; —de la Saussaye, Histoire du château de Bhis , 1 vol. in-fol., Paris , 1840 ; — de Laborde , la Benaissance des arts à la cour de France, 1 vol. in-S", Paris, 1855; — Ad. Berty, la Renaissance monumentale en France, 1 vol. in-4°, Paris, 1858; du même, fe Grands Architectes français de la renaissance, 1 vol. in-18, Paris, 1860; — E. Rouyer, l'Art architwtural en France depuis François P' jusqu'à Louis XIV , 1 vol. in-4°, Paris, 1859.

RENARD, s. m. ■ — Fissure par laquelle s'échappe l'eau d'un aqueduc, d'un bassin, d'un canal , d'une conduite d'eau, d'une source. C'est parce qu'elle est quelquefois difficile à découviir qu'on la nomme renard. — On nomme de même de petites pierres qui servent à maintenir tendues deux lignes (cordelettes) qui passent sm- les lattes fixées dans une position voulue. C'est donc à l'aide des renards que les ouvriers guident les cordeaux qui leur servent à élever un mur dans une même épaisseur déterminée. — En charpenterie, on donne ce nom à un petit châssis assemblé en retour d'équerre dans le sommier inférieur de la scie de long; le renard, qui a environ 0'^,G0 de longueur et qui fait une saillie de 0™,11 du sommier, sert à maintenir la scie par le bas. — Enfin, on nomme renard un mur Orbe (Voy. ce mot) orné de décorations feintes, et qu'on élève pour faire sj'métrie au mur d'un édifice qui se trouve en face du renard.

RENARDIÈRE, s./. — Fourneau d'affinage. C'est aussi dans les fourneaux une des régions placées au niveau des tuyères.

RENCONTRE DES BOIS. — Opération de l'établissement des bois de charpente ; elle consiste à battre les lignes de contre-jauge, à tracer les tenons et mortaises, puis à rabattre les lignes de repère , traits ramèneras, etc., afin de pouvoir rembarrer, s'il le faut, toutes les lignes d'établissement sur la face de dessus des bois. (Voy. Marque, § Marques des bois, et Rembarrer.)

RENDAGE, «. m. — Quantité de chaux

que rend dans une journée un four à chaux toujours allumé.

RENDEMENT DYNAMIQUE. — Quantité de force produite : par exemple, une locomobilc a un rendement dynamique de dis chevaux-vapeur.

RENDRE, r. a. — Avant de terminer un projet de construction, les architectes font de nombreuses études. Pour aller plus rapidement, ils étudient leurs projets sur papier dioptique; quand ces travaux préparatoires sont terminés , pour présenter convenablement leurs projets, les architectes en font le rendu , c'est-à-dire qu'ils le rendent, qu'ils le dessinent sur papier fort, sur bulle ou ■whatman, au crayon, à la plume, à l'encre de Chine, à la sépia ou à l'aquarelle : c'est ce travail définitif qui se nomme le ivndu du projet.

RENDU D'ARCHITECTURE. — Voy.

le terme précédent.

RENDUIRE, V. a. — Enduire de nouveau. Après avoir fait des enduits partiels sur un mur pour boucher certains trous, c'est appliquer un enduit général.

RÉNETTE, s. f. — Instrument du charpentier qui lui sert à tracer des lignes sur les pièces de bois et à donner de la voie aux scies ; on écrit aussi Rainette. (Voy. ce mot.)

RENFAITAGE, s. m. — Action de renfaîter, raccommoder le faîte d'un toit.

RENFAITER, v. a. — Raccommoder le faîtage d'un toit ; d'où le terme renfaitage qui exprime cette opération.

RENFLEMENT, s. m.— En architecture, ce terme ne s'applique qu'au renflement de la colonne, ce que, d'après Vitruve, les Grecs nommaient ÈvTaiîç, et que nous appelons aussi galbe; c'est une petite augmentation du diamètre d'une colonne qui va en s'accentuant de l'extrémité supérieure du fiât de la colonne jusqu'au tiers de sa hauteur totale. Il existe

RENFONCEMENT. - RENIVELLEMEXT.

divers procédés pour tracer cette courbe, pour galber la colonne.

RENFONCEMENT, s. m. — Évidemeut peu profond sur le parement d'un mur, tel qu'une arcade , une niche feinte ou une table creuse. — On nomme renfoncement de soffile l'espace compris entre les saillies que forment les solives d'un plancher; quand celles-ci sont entre-croisées dans le but de décorer le plafond et qu'elles forment des compartiments rectangulaires, on nomme ces renfoncements Caissons. (Voy. ce mot.) — On donne aussi ce nom à la partie d'un théâtre qui en fait la profondeur, ainsi qu'à l'effet de perspective qui fait paraître une chose plus éloignée et plus enfoncée qu'elle ne l'est réellement.

RENFORCÉ, ÉE, adj. — En général, toute pièce qui est plus forte qu'une pièce ordinaire. Ce terme s'emploie surtout pour les objets de quincaillerie; ainsi on dit : une presse renforcée; une équerre, une charnière renforcées.

RENFORCER, v. a. — Rendre plus fort, donner plus de force, plus de solidité à un ouvrage quelconque. On peut obtenir ce résultat par divers moyens : par exemple, on peut renforcer une construction ou une partie d'une construction, soit par des éperons, soit par des contre-murs, soit en remplaçant de mauvais matériaux par des matériaux neufs, soit en boulonnant sa charpente, en la reliant avec des liens et des armatures en fer, etc.

RENFORMIR, v. a. — Faire un renformis, c'est-à-dire redresser au moyen d'un crépissage plus ou moins épais une surface qu'il s'agit d'enduire. Quelques auteurs donnent comme synonyme de ce mot celui de renformer; c'est une grave erreur, car ce dernier terme signifie remettre sur la forme et ne s'emploie jamais sur les chantiers pour renformir,

RENFORMIS, s. m. — Surépaisseur de mortier ou de plâtre ajoutée à un mur qui boucle et qui rentre. Quand un vieux mur est creyassé, bouclé ou rentré, on hache la surface

DICT. d'architecture. — T. IV.

à renformir, on l'humecte avec de l'eau, puis on applique du gros plâtre en le laissant le plus brut possible à la surface, afin que le crépi puisse adhérer parfaitement. Quand l'épaisseur d'un renformis excède 0"',05 d'épaisseur, on a soin d'y ajouter des éclats de briques, de tuileaux, des plâtras, etc.; ou scelle ces débris dans le plâtre au fur et à mesure de son application. On fait des renformis sur la surface des murs, d'un pan de bois, d'un plafond, etc. Généralement l'épaisseur du crépi et de l'enduit est d'environ 0'°,022 pour un mur, un pan de bois, une cloison, et de 0"',U30 pour uu plafond; l'épaisseur excédante du plâtre à poser sur les surfaces pour les obtenir parfaitement planes constitue ce qu'on nomme le renfortnis.

RENFORT, s. m. — Sorte d'épaulcment que l'on pratique au collet d'un tenon et à la partie corres])ondante des arêtes de sa mortaise. Les renforts servent à consolider les assemblages. On distingue le renfort ordinaire, qui afifecte la forme d'un prisme triangulaire et le renfort carré, dont le tenon et l'épaulement sont rectangulaires. Divers assemblages, le mors-d'âne par exemple, sont des renforts. — En serrurerie, on nomme renfort toute pièce que l'on soude à un ouvrage pour le renforcer, le fortifier.

RENIFLARD, 5. m. — Petit appareil qu'on place dans certaines conduites et qui sert à les purger des eaux de condensation ; aussi le nomme-t-on souvent purgeur. Dans le chauffage à la vapeur, dans les coudes placés à l'extrémité de pentes ou de longs tuyaux, on place des reniftards ou purc/cur-s. Dans les canalisations de gaz, l'hydrogène fournit souvent une certaine quantité d'eau ; il restitue, du reste, celle qu'il entraîne en traversant le compteur. Aussi place-t-on dans le bas des principales conduites des reniflards, que les gaziers appellent souvent siphons.

RENIVELER, v. a. — Niveler de nou- \eau ; fixire un renivetlement.

RENIVELLEMENT, s. m. — Action de

RENTOK.

RÉPARATION

reaiveler. Dans les grands travaux de remblai, certaines parties tassent plus les unes que les autres, aussi est-on obligé souvent de procéder il un renivellement.

RENTON, s. m. — Joint en coupe oblique de deux pièces de bois qui doivent se prolonger sur une même ligne; les cours de pannes ou de sablières sont souvent assemblés en renton.

RENTRANT, TE, adj. — Qui rentre. On applique ce terme à des objets divers, mais surtout aux angles : l'angle rentrant est formé, par exemple, par deux murs qui forment un creux; c'est l'opposé de l'angle saillant, qui fait un coin. (Voy. Angle.)

REX VERSÉ ( Arc).— Voy. Arc, p. 1 2 1 , t. r.

RENVOI, s. m. — Tringle de fer ou de laiton qui sert à transmettre le moiTvement d'un cordon de sonnette.

RÉPARATION, s. f. — Restauration ou remise en bon état des ^larties dégradées d'une construction quelconque. Les réparations sont rendues nécessaires par diverses causes, et, suivant leur nature, elles incombent à différentes personnes, comme nous allons le voir dans la législation et la jurisprudence de ce terme.

LÉGISLATION ET JURISPRUDENCE. — LeS

réparations sont rendues nécessaires : 1° par les cas fortuits ; 2" par le fait du voisin; 3° par les incendies. On nomme cas fortuit tout événement qu'aucune des parties n'a occasionné et u'a pu empêcher. <> Il faut donc, dit Lepage (t. Il, p. 103), d'après cette définition, comprendre dans les cas fortuits ceux qui arrivent par force majeure, c'est-à-dire les événements qui ont pour cause une force quelconque à laquelle ou n'a pu résister, et qu'on n'a pas été maître d'éviter. L'autorité qui ordonne ou défend est une force majeure, une attaque do voleurs est une force majeure ; tiindis que la découverte d'un trésor, le débordement d'une rivière sont des cas fortuits. » Et plus loin (page 107) le même

auteur ajoute : « Lorsque le changement opéré parle cas fortuit est irréparable, ou s'il ne peut être réparé qu'eu détériorant l'héritage voisin, il faut que la perte reste à celui que l'événement a frappé, sans qu'il puisse forcer son voisin à souffrir que les lieux soient remis dans leur ancien état. » Si des terres, des matériaux, sont apportés par le débordement d'un cours d'eau, peut-on retirer les objets apportés? Nous répondons par l'affirmative; mais, dans ce cas, il y a lieu de dédommager le propriétaire sur le terrain duquel il faut accéder, et le dédommagement doit comprendre d'abord le préjudice causé par le travail nécessité par les objets à retirer, et s'étendre en outre aux pertes occasionnées par l'arrivée inattendue de ces objets. Nous avons traité longuement cette question au mot Accession, où nous renvoyons le lecteur, et nous passons immédiatement aux accidents arrivés par le fait du voisin. — Nous n'avons à considérer ici les accidents qu'autant qu'ils peuvent occasionner des réparations aux héritages. Il y a lieu de distinguer : 1° quels sont les ouvrages qu'on peut faire chez soi sans être responsable de ce qu'il pourra advenir; 2° les précautions à prendre contre le voisin dont l'édifice menace ruine ; 3" en quoi consistent les dommages-intérêts résultant d'un accident causé par le voisin ou tout autre. I. Quels sont les ouvrages qu'on peut

FAIRE chez soi SANS ÊTRE RESPONSABLE DE

ce qu'il pourra advenir. — Bien que chacun ait la faculté d'user de sa propriété comme il l'entend, de surélever sa maison autant qu'il le voudra, cependant on est toujours obligé de se conformer aux règlements de police, ou aux règlements administratifs, ainsi qu'aux servitudes dont la propriété peut être grevée. On peut donc conclure de ce qui précède que tout ouvrage qui n'est contraire ni aux lois ni aux droits des voisins peut être exécuté, quand bien même il en résulterait un dommage pour les héritages contigus. Ainsi je creuse un puits dans ma propriété ; ce creusage tarit celui du voisin : je suis à l'abri de toute réclamation, dès que j'ai observé les lois et les règlements en vigueur pour creuser les Puits. (Voy. ce mot.) De même, je

REPARATION

ii:

veux démolir de vieilles maçonneries et je crois qu'il sera plus économique de les faire sauter à la mine plutôt que d'employer la masse et le poinçon : évidemment je suis libre, mais à la condition que les éclats de pierre ne blessent ou ne causent dommage à aucun voisin on passant. Mais l'air a été ébranlé arec tant de force, que les vitres ont été détruites dans plusieurs maisons du voisinage : dois-je les payer ? Quelques-inis ont soutenu la négative, disant que ce travail ainsi effectué n'est contraire ni aux lois ni aux conventions particulières. Mais un pareil motif ne peut être admis ; nous soutenons l'affirmative, car l'ébranlement de l'air est causé par la force espansive de la poudi'e : donc les vitres ont été brisées par mon fait, absolument comme si des éclats de mes matériaux avaient détruit ces vitres. Aujourd'hui, cette question est indiscutable. A Paris, deux formidables explosions, survenues place de la Sorbonne en 1867 ou 1868 et rue Béranger en 1878, explosions causées par des matières détonantes, ont causé des dégâts pour lesquels les propriétaires ont été jjoursuivis et condamnés non-seulement pour le préjudice porté aux immeubles atteints par l'explosion, mais les négociants ont dû rembourser les sommes dépensées pour le remplacement des vitres brisées chez tous les voisins. II. Des précautions a prendre contre

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