‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 149 sur 239 · TÊTIÈRE. — THÉÂTRE · texte numérisé non relu

TÊTIÈRE. — THÉÂTRE

de ces objets. Beaucoup d'ornements de scnlptare représentant des figures d'hommes^ d'animaux, se nomment également têtes : par exemple, les bucranes ou têtes de bœuf. (Voy. BucRANE.) On nomme têtês plates, têtes saillantes, des ornements de sculpture employés surtout pendant Uépoque romane et pendant répoque ogivale. (Voy. nos fig. 1 et 2.) Enfin ce terme s'applique aux objets les plus divers, comme nous allons le Toir; on nomme :

Tête de cabestan, la partie carrée de l'axe percée de trous dans lesquels on introduit des barres pour faire mouvoir un cabestan;

Tête de chat, un petit moellon très-mal fait, presque rond;

Tête de chevalement, la pièce principale d'un Chevai.ement (Voy. ce mot);

TÊTE DE CHAMPIGNON, la tête plate ou arrondie de certains clous ou de boulons;

Tête fbaisêe, une tête plate en dessus, conique en dessous, telle que la tête de certaines vis, de manière que celles-ci, pénétrant dans le bois ou dans le métal, ont leur tête qui aflleure le nu ;

Tête de pivot, la partie saillante d'un pivot à équerre;

Tête de pêne, la partie du pêne qui s'engage dans la gâche.

TÊTE PERDUE. — Uue poiutc, un boulon, une vis, un clou, sont engagés dans la pierre, le fer, le bois, à tête perdue, quand ils sont enfoncés au point que la tête ne fait pas saillie.

Tête plate. — On donne ce nom à des clous d'épingle, d'ardoise, à des clous à latte, qui ont leur tête plate. .

Tête de poteau. — Extrémité des poteaux.

Dans un pieu, c'est le bout qui tombe lors du recepage ; dans une caisse d'oranger, c'est la partie du poteau terminée en boule.

TÊTIÈRE, s.f. — Tête de cloison d'une serrure à travers laquelle passe le pêne.

TETON, s. m. — Petite éminence qui existe sur certains fwets ou fraises, dénommés pour cela forets à teton, fraises à ieton.

TÊTU, s. m. — Fort marteau à tête carrée qui sert à abattre la pierre, à faire un

FIg. 1. — Têtu ordinaire.

Abatage, (Voy. ce mot.) On emploie le têtu surtout pour les démolitions ; il en existe de

Pig. 2. — Téta à tête ronde.

diverses formes ; l'un d'eux est à tête carrée d'un côté et ronde de l'autre (Voy. nos figures.)

TÉTRA8TYLE, s. m. — On dit qu'un édifice est tétrastyle, quand sa façade comporte une ordonnance de quatre colonnes.

THEATRE, s. m. — Édifice consacré aux représentations scéniques. Ce terme est dérivé du grec OéaTpov (Oéaofjioti, je regarde). Après les temples, les théâtres ont été sans contredit les monuments les plus remarquables de l'antiquité. Nous ne parlerons dans cet article que du théâtre grec et du théâtre romain.

HiBTOEiQUB, — Le théâtre, qui remonte à

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une hante antiquité, tire son origine de la eontnme qu'avaient les anciens Grecs de faire chanter pour les fêtes dionysiaques des hymnes en l'honneur de Bacchus, autour de l'autel de ce dieu, sur lequel brûlaient des parfums, et qu'on nommait à cause de cela ihyméli. Le chanteur et les chœurs, ou seulement un récitateur, se tenaient d'un côté de l'autel, et les spectateurs de l'autre côté. Plus tard, au lieu d'un simple récit ou d'un chant, le poëte écrivit des dialogues qui étaient récités 'par plusieurs personnages qui s'adjoignaient souvent un répondant (Owoxpi- Tr,<;). Souvent ces dialogues se divisaient en deux parties : l'une sérieuse, représentée par

le dithyrambe; l'autre comique, ou comoSy ce qui donna naissance dans la suite à la tragédie et à la comédie. A l'origine de ces spectacles, les poètes n'eurent que des chars, des tréteaux, on des échafaudages en charpente (Upia) (Poil., V, c. xix) pour faire représenter leurs œuvres. Ce n'est qu'à l'époque de Thémistocle que l'on remplaça les tréteaux par des constructions temporaires qui présentèrent plus de durée et de solidité. Ainsi les commencements du théâtre comportèrent trois éléments essentiels, à savoir : la scènes Vauiel et Yestrade. Vers la soixante-dixième olympiade (500 ans avant J.-C), le théâtre d'Athènes était encore en planches, et Sui-

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Fig. 1. — Coupe dn théâtre de Pompéi.

das nous apprend qu'un jour, où l'on représentait une pièce de Pratinas, le théâtre s'écroula et que cet accident coûta la vie à beaucoup de personnes. Aussi, quelques années après, le poëte Eschyle engagea ses concitoyens à construire un théâtre en pierre. On adopta alors un type qui n'a guère varié et qui rappelle ceux que nous connaissons aujourd'hui et que nous décrivons plus loin. Les Athéniens choisirent pour architectes Démocrate et Anaxagore, qui établirent leur édifice au pied de 1' Acropole (Voy. ce mot) et posèrent les gradins en amphithéâtre sur les flancs mêmes de la colline, qui furent creusés en hémicycle. En avant de ces gradins se trouvait la scène (<jxy)v>î), toujours plus large que Vorchesire ou espace semi-circulaire qui

séparait celle-ci des gradins. La scène était rectangulaire et décorée de colonnes et de statues; elle était composée de trois corps de bâtiment, celui du fond, ou épiscénion, et ceux de droite et de gauche, qu'on nommait ailes. Le mur du fond de la scène était percé de trois portes. Celle du milieu, la plus grande, était nommée la royale (f^taïkno^i) ; elle était accompagnée, sur la droite, d'une sorte d'obélisque («yuisuO dédiée à Jupiter Aguatès; à gauche, d'une table sur laquelle on déposait les offrandes. Des deux autres portes, l'une représentait l'entrée d'une caverne ((TToîXaiov), et l'autre la porte d'une maison, aussi la nommait-on oTxoç evooÇoc Sur les deux ailes en retour d'équerre sur le fond de la scène, se trouvaient deux autres

DJCT. d'architecture. — T. IV,

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portes ; Tune était censée donner sur l'agora, et Tautre sur la campagne. L'espace qui séparait ces deux portes se nommait $po(Ao;, parce que cet espace recevait les chars qui arrivaient de la campagne, ainsi que tout ce qui venait du port ou de la ville par la porte de l'agora. A côté de ces deux portes, il en existait d'autres qui débouchaient sur des escaliers par lesquels les choreutes descendaient de la scène sur l'orchestre pour exécuter en chantant les mouvements cadencés

de la strophe et de Yantisirqp?ie, qui formaient une sorte de danse (Sp/(y\(ji<i). (Voy. Scène.) Enfin, sur les côtés de la scène, on voyait souvent des décorations triangulaires qu'on dirigeait de divers côtés, parce qu'elles tournaient sur des pivots ; on les désignait sous le nom de TCEpiàxToi. Tel était à peu près dans son ensemble le théâtre grec, qui différait fort peu du théâtre romain, comme nous allons bientôt le voir, ainsi que du théâtre étrusque. (Cf. Vitruve, VII, 7.) — En géné-

Fig. 3. — Flan restauré du théâtre de Marœllus, à Rome.

rai, les théâtres étaient accompagnés de portiques sous lesquels le public se promenait pendant les entr'actes. Parmi les ruines les plus célèbres des théâtres grecs, nous citerons, en Orèce, le théâtre d'Hérode Atticus, dont notre planche LXXXIX montre la façade. Il s'élevait au pied de l'acropole d'Athènes. Nous avons dessiné notre planche d'après la magnifique restauration de notre excellent confrère M. Daumet. Mentionnons aussi les théâtres d'Argos, d'Épidaure, de Sonium, de Mégalopolis^ de Chéroûée) de Sparte et de Delphes; en Asie Mineure > les

ruines des théâtres d'Aizani, d'Éphèse, de Milet, de Théos, '^de Smyme, de Onide, de Mira, de Telmissus, de Thrallus, de Jassus, d'Héraclée, de Laodicée, de Patara, de Stratonice, de Tlos, etc. — On nommait Odéons (Voy. ce mot) les théâtres qui servaient exclusivement aux représentations musicales.

Notre planche XC montre le quartier des théâtres à Pompéi^ tandis que notre planche XCI montre l'élévation du grand théâtre de Pompéi, dont notre figure 1 fait voir la coupe. Nous avons dessiné tout ce qui est relatif à

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ce théâtre d'après la restauration de M. Bonnet, architecte de la ville de Paris.

Théâtres romains. — Les premiers jeux scéniques furent exécutés à Rome sur des échafauds (pegmaia), c'est-à-dire sur une scène mobile qu'on éleva temporairement dans les cirques. (Tac, Ann., XIV, 22 ; Auson., Prolog, ad lud. sept, sapienLy v. 14 «/ seq,) Les premiers théâtres en pierre ne firent leur apparition qu'en l'an 599; c'est alors que

Fig. 2 bU. — Travée de la favodc du théâtre de Marcellna.

l'hémicjle ou cuvea se garnit de sièges, contrairement à l'ancien usage, qui, voulant former des hommes robustes et les endurcir à la peine et à la fatigue, n'admettait pas de sièges dans ces lieux de plaisir. (Tite-Live, HtsL, liv. 48 ; Pline, Etst. naL,XVIl, 25 ; Appien, J5«//. civ., I, 28; Velleius Paterc, 1, 15; August., de CiviL Det, I, 31.) Du reste, les Grecs, dans les temps primitifs, se tenaientdekout pendant les spectacles; Homère (Odi/sscr, ÎIII,v.380) nous apprend que les jeunes gens, debout, applaudissaient tournés vers la scène. — Voici les dispositions que l'on retrouve le

plus généralement dans les théâtres romains, notamment dans le théâtre de Marcellus, à Rome (fig. 2 et 2 bis), dans celui d'Herculanum et dans ceux de Pompéi. La forme générale est demi-circulaire ; le fond du demi-cercle était arrêté par le bâtiment formant la scène et ses dépendances; la cavea était formée par les gradins (gradus, patpa, fô^aç) étages les uns au-dessus des autres. L'aire en hémicycle située entre la scène et la cavea (xoiXov) se nommait, comme dans le théâtre grec, orclmin, mot dérivé du grec opxefoOai (danser). La cavea était divisée en deux ou trois étages

Fig. 3. — Théâtre de Panne.

de gradins, suivant l'importance du théâtre, par des passages appelés, comme dans les amphithéâtres, pricinctions (^la^coiiatta, prœcindiones, baltei, mœniana). Des escaliers {scal<B, ascenstcs) permettaient d'accéder à chaque étage des gradins ; ces escaliers, pratiqués verticalement, formaient comme des rayons dont le point de départ était le centre de l'orchestre. L'espace compris entre deux de ces escaliers avait la forme d'un coin ; aussi le nommait-on cuneus (xipxiç), et le spectateur arrivant en retard, et ne trouvant pas de place, était appelé excunatus, c'est-à-dire

Planche XC. — Quartier des théâtres, à Pompai.

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hors da coin : il restait dans la porte donnant snr Tescalier.

Théâtres modbbnes. — Il est bien difficile de préciser à quelle époqne remontent Torigine et la construction des premiers théâtres modernes. Les premières représentations scéniques du moyen âge, les mystères, avaient lieu dans les églises ou sur les places publiques des cathédrales {panm). On dressait pour la circonstance des échafaudages. Ijc sujet des pièces de théâtre du moyen âge était tiré de l'Ancien et du Nouveau Testa-

Fig. 4. — Théfttre de la Scala, & Milan.

ment ou bien encore de la Vie des saints. Ce sont donc les églises qui ont été, pour ainsi dire, les premiers théâtres, car le christianisme, ne pouvant déraciner ce goût païen chez le peuple, détourna à son profit cette passion et donna «une direction nouvelle à Tart théâtral. On mit en drame la passion de Jésus-Christ, on en fit une trilogie, consacrée à la Nativité, à la Passion et à la Résurrection. Ces essais de théâtre religieux datent du x* siècle. Ce fut une religieuse de Gandersheim, nommée Aroswitha ou Hroswitha, qui composa diverses tragédies qu'elle

joua avec des religieuses de son ordre. Il existe un grand nombre de ces mystères dans nos diverses bibliothèques nationales; ainsi la Bibliothèque nationale de la rue Richelieu possède un manuscrit du xv* siècle, presque identique, qui contient plus de quarante drames en rhonneur de la Vierge. Un autre, extrêmement curieux et plus ancien, du xi* siècle, qui provient de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, est écrit en trois langues; il est intitulé : Mystères des Vierges folles et des Vierges sages; Jésus y parle latin, les Vierges

Fig. 5. — Thé&trc do Carlo- Felice, à Gènes.

sages en français, enfin les Vierges folles en provençal. A l'origine de ce théâtre religieux, c'étaient des prêtres et des clercs qui interprétaient les rôles ; plus tard ils s'adjoignirent des ouvriers, des étudiants et des gens du peuple, qui servaient comme figurants. Dès 1398 ou 1400, il se forma à Paris une troupe régulière de comédiens qui exploita un théâtre au bourg Saint-Maur. Cette troupe s'intitula Confrérie de la Passion, et en 1402 elle fut autorisée par Charles VI à s'établir à l'hôpital de la Trinité, situé près de l'ancienne porte Saint-Denis; elle fonctionna

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dans le même local environ quarante-six ans ; on le lui enleva vers 1539, et elle se transporta alors à Thôtel de Flandre. Cette confrérie existait encore dans les premières années du règne de Louis XIII, mais elle céda son privilège aux comédiens de Thôtel de Bourgogne, qui commençaient à représenter de véritables pièces, et qui devaient bientôt jouer les chefs-d'œuvre de notre théâtre classique et fonder la Comédie française.

Ce fut au XVI® siècle que des architectes

Fig. 6. — Théâtre de Son-Oarlo, À Naples.

italiens commencèrent à édifier des théâtres fixes et exclusivement appropriés aux représentations. C'est alors que Bramante éleva à l'extrémité de la grande cour du Vatican un théâtre en pierre sur le plan des théâtres antiques. Palladio éleva sur les mômes données, en 1580, celui de Vicence. — En 1620, ou même 1618, d'après certains auteurs, J.-B. Aleotti construit le théâtre de Parme, qu'on peut considérer comme la transition entre les théâtres antiques et nos Ihéâtres modernes (fig. 3). C'est un hémicycle dont les lignes latérales sont prolongées bien au delà

du centre ; le parterre est entouré d'un vaste amphithéâtre, lequel est surmonté de deux galeries décorées de colonnes et d'arcadeg; un acrotère couronne ces galeries, et les figures qui le surmontent semblent porter le plafond de la salle. L'avant-scène présente deux rangs de niches superposées décorées de colonnettes qui rappellent une partie de la décoration des scènes antiques; enfin, à côté des faces en retour de l'avant-scène, Aleotti a placé deux arcs de triomphe surmontés de statues équestres. — A partir du XVII® siècle, l'Italie et la France adoptent le système des théâtres modernes, c'est-à-dire qu'on remplaça les gradins des amphithéâtres par des balcons et des galeries; on donna

Plg. 7. — Théâtre de Pétersbourg.

à la scène beaucoup plus de profondeur, on éleva les combles, on établit des étages souterrains, afin de donner toutes les facilités possibles pour manœuvrer les machines théâtrales. En général, les théâtres de l'Earope sont aujourd'hui construits sur plan presque identique : celui de la salle de spectacle est de forme elliptique ; quant à l'aménagement de la salle, dans le midi de TEnrope, surtout en Italie, on ne voit que des loges sans galeries ; dans le Nord, au contraire, celles-ci dominent. Le grand secret de TAcousTiQUE (Voy. ce mot) réside probablement

THÉÂTRE

dans raménagement très-différent des salles dn Nord et des salles du Midi. Si dans nos théâtres de France» par exemple^ Taconstique laisse tant à désirer, nons l'attribnons en grande partie anx balcons et galeries qni font saillie dans la salle, à l'onvertare de la scène, à l'exiguïté deç couloirs qni entourent la salle, etc., etc. Les théâtres italiens, au contraire, ne sacrifient rien à la décoration ; Taspect en est froid et sévère , mais Tacoustique y est excellente.

L'un des premiers théâtres importants construits en France a été celui du Palais- Royal ;

Fig. 8. — Théâtre de Bordeaux.

il fat élevé par ordre de Richelieu, et n'existe plus aujourd'hui. Gaspard Vigarani construisit sous Louis XIV le théâtre des Tuileries ; il occupait le pavillon de Marsan. L'architecte Louis construisit le Théâtre-Français et le théâtre de Bordeaux; Lenoir, l'ancien théâtre de la Porte-Saint-Martin, remplacé aujourd'hui par celui de la Morandière ; Magne, le théâtre du Vaudeville; Cusin, celui de la Gaîté; Davioud, celui de la place du Châtelet; Delalande, celui de la Renaissance; enfin Gamier, l'Opéra actuel, qui est une des «œuvres les plus considérables de notre époque, qui peut être critiquée et qui l'a été en effet beaucoup, car, comme toute

œuvre humaine, elle n'est point par&ite; mais, somme toute, c'est l'œuvre d'un artiste de race et qui surpasse de beaucoup les théâtres élevés dans ces temps modernes.

Notre figure 4 montre le plan du théâtre de la Scala, à Milan ; dans notre figure 5, on voit le plan de Carlo-Felice, à Gênes; dans notre figure 6, le plan de San-Carlo, à Naples : c'est un des plus grands que nous connaissions. Notre figure 7 montre le plan du théâtre de Pétersbourg, tandis que notre figure 8 feit voir le plan d'un théâtre très-renommé, celui de Bordeaux, construit par l'architecte Louis; enfin notre figure 9, le plan de l'Opéra de Paris.

Chauffage et ventilation des théâtres. — Le théâtre est sans contredit le montunent le plus difficile à chauffer et à ventiler, parce qu'ici on n'a plus affaire à une enceinte dose d'une manière permanente, et que le cube à chauffer et à ventiler, ainsi que le nombre des personnes, sont extrêmement variables. — En outre, l'ouverture du rideau de la scène, celle des portes de loges et des galeries, la grande capacité de la scène et de la salle, de même que le mouvement, le vaet-vient continuel, en un mot, tout le déplacement qui se produit dans un théâtre, font qu'il n'est pas possible de pouvoir fixer même des données moyennes pour installer un bon système de chauffage et de ventilation.

On a reconnu aujourd'hui que le moyen le plus pratique pour obtenir des résultats satis&isants, c'était de diviser un théâtre en trois parties qu'on chauffe et qu'on ventile avec des appareils plus ou moins puissants suivant les capacités au service desquelles ces appareils sont affectés ; on arrive ainsi à pouvoir unifier la température d'un théâtre. Quant au mode de chauffage, on peut utiliser indifféremment les calorifères à air chaud, à l'eau chaude et à la vapeur, soit séparément, soit concuiTemment, pour chauffer l'ensemble de l'édifice. Nous devons ajouter cependant que si l'on veut utiliser à la fois plusieurs modes de chauffage, on doit placer des calorifères à air chaud pour la salle et les locaux qui l'enveloppent, et employer l'eau chaude ou la vapeur pour la scène et

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seg dépendances, ainsi que pour le bâtiment d'administration. Si, au contraire, on ne veut employer qu'un seul mode, on fera bien d'arrêter son choix sur la vapeur. Mais quel que soit le mode adopté, les couloirs, foyers, vestibules, escaliers, et autres dépendances

qui enveloppent la salle, doivent être chauffés à 18% et cela d'une manière constante, une heure avant le commencement du spectacle et jusque vers une heure avant la fin.

La température de la salle doit s'élever à 20% celle de la scène -à 15*» ou 17^ La tem-

Fig. 9. — Théâtre de l'Opéra, & Paris.

pérature des divers locaux réglée de cette façon, les courants d'air des différentes parties de l'édifice concourent vers un point unique, la cheminée d'appel du lustre, qui, quoi qu'on ait pu dire, est encore, selon nous, jusqu'ici, le meilleur mode de ventilation. C'est d'Arcet qui le premier a mis ce moyen en pratique.

On a fait à Paris des essais désastreux pour supprimer la cheminée du lustre, et pour cela on a employé des procédés d'éclairage tellement ruineux qu'on a dû y renoncer. Aujourd'hui, dans ces mêmes théâtres, on a rétabli la ventilation par le plafond de la salle, comme cela se pratique dans presque tous les théâtres. Nous devons ajouter cependant

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qu'il existe un autre mode de ventilation, imaginé par le D' Tripier, qui mérite d'être étudié. Dans ce projet (fig. 10), contrairement à ce qui se pratique ordinairement dans les théâtres, l'extraction se fait par appel en conire-bas. Cet air, pris dans la salle par les bouches A, A, a',a',- est conduit par les canaux a, situés sous le parterre et compris dans l'épaisseur des planchers, dans une cheminée

Fig. 10. — YentilAtioQ par appel en oontre-bas.

d'appel BB. L'appel peut être déterminé soit par un propulseur mécanique, soit par un poêle à air ou à eau, chauffé à l'eau ou à la vapeur, soit enfin par des becs de gaz, qui servent en même temps pour l'éclairage. — L'air neuf, pris en H, à la partie supérieure de la façade du théâtre, serait amené dans la

Fig. 11. — Ventilation par le système Tripier.

salle en J, au devant et au-dessus du rideau, par un large conduit circulaire II, posé sous le plancher du grenier. Le mouvement de l'air frais par cette voie pourrait être déterminé par un propulseur, si c'était nécessaire. Il serait toujours facile de disposer la prise

d'air de manière que l'arrivée spontanée de l'air frais en J ait toujours lieu. Il suffirait pour cela de séparer du reste du grenier, par une cloison K, une chambre à air frais L, portant à sa partie supérieure deux ailes de pa-

Fig. 13. — Évacoation de l'air vicié en napiKS.

pillon H', dont l'ouverture plus ou moins grande réglerait l'accès de l'air du dehors.

L'économie de ce système peut être ainsi résumée (1) :

Tandis qu'aujourd'hui révacuation de l'air vicié se fait par un courant central et son renouvellement par des courants entrants périphériques, l'évacuation se fait, dans le système proposé par le D' Tripier, par la périphérie, et le renouvellement par un courant entrant, qu'on peut considérer

Fig. 13. — Variante dn projet précédent.

comme central, nn\ ou par deux courants nn' et m, diriges tous deux de la scène vers la salle.

(1) Ce qui suit, de même que les figures intercalées dans le texte, est tiré de notre Traité de chauffage et de ventilation, pages 280 et sniy.

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