‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 150 sur 239 · THEORIE · texte numérisé non relu

THEORIE

Cette condition, outre les avantages qu'elle présente au point de vue de la ventilation, est éminemment favorable à Tacoustique.

D'après le D' Tripier, son système de ventilation aurait donné au théâtre de Toulon en 1862 des résultats satisfaisants. Cependant il a dû y apporter quelques modifications de détail, qui lui parurent nécessaires et avantageuses, dont la plus importante consistait dans la substitution d'une évacuation en nappe , au lieu d'une évacuation par des tuyaux ; notre fig. 12 montre cette disposition.

— Dans une brochure explicative, le D' Tripier donne ainsi l'analyse de ses projets : « Les figures 11, 12, 13, représentent le projet modifié que j'avais en octobre 1861 remis à mon ami Ch. Garnier, architecte du nouvel Opéra. La question de l'éclairage n'étant pas résolue à cette époque, la partie supérieure de l'épure est donnée en double; une des dispositions (fig. 12) répond à l'adoption d'un système périphérique, l'autre (fig. 13) à l'adoption d'un lustre central. Ce projet ne fut pas accepté par le ministre d'État alors chargé des théâtres ; mais il a été adopté par M. Charpentier pour la nouvelle salle des Bouffes. » .

Bibliographie. — Bulengerus, de Theatro ludisque scenicUj lib. II, 1 vol. in-8«, 1603 ; — Onophrio Panvinio, de Ludis drcensibusj libri 11; — de Triumphia liber untw, quihua universafereRomano^ rum veterum sacra ritusque declarantur, etc., cum notiê J, Argoli et additamento N. PinelU, 1 vol. in-fol., Patavii, 1642; — Motta, TraUato sopra la strutiura de teatri e scena^ 1 vol. in-fol., Guastalla, 1676; — Boindin, Diêcours sur la forme et la construction du théâtre des anciens^ dans les Mém, de VAcad, des inscriptions, t. I et IV ; — Poleni, degli Teatri antiqui, 1 vol. in-8**, Vicence, 1735 ; .. J. Carpi, Opère del teatro anOco et modemoj 1 vol. in-fol., Vérone, 1769 ; — Dumont, Parallèle des plans des plus belles salles de spectacle d'Italie et de France^ avec des détails de machines théâtrales, 1 vol. in-fol., Paris, 1774; — Roubo, Traité de la construction des théâtres, 1 vol. in-fol., Paris, 1776 ; — Cosme Morelli, Pianta e spaccato del nuovo teatro d'Imola, 1 voL in-fol., Roma, 1780; — Patte, Essai sur l'architecture théâtrale, 1 vol. in-4o, Paris, 1782 ; — J.-L. Bianconi et Angiola Uggori, Descrbsione dei Circhi, particolarmente di quello di Caracalla, etc., 1 vol. in-fol., Roma, 1789 ; — Ricati, délia Construssione de' teatri, 1 vol. in-4o, Bassano, 1790 ; — Sannders, Treatise on theaira, 1 vol. in-4<», Londres, 1790 ;

— Boullet, Essai sur Vart de construire les théâtres, 1 vol. in-8°, Paris, an VIII; ** A»'L.-T.

Vaudoyer, Description du théâtre de Marcelku, à Borne, rétabli, etc., 1 vol. în-4% Paris, 1812; — Nibby, del Circo volgarmenie dette di OaraccUla, 1 vol. in-4<*, Roma, 1825 ; — J. Ferrario, Storia e descrizione de' principali teatri anOcki e moderni, 1 vol. in-8o. Milan, 1830; — Alexis Donnet, Orgiazzi et Eaufmann, Architectonographie des théâtres, ou parallèle historique et critique de ces édifices, 1 vol. in.8«, Paris, 1837-40; — Clément Contant, Parallèle des principaux théâtres modernes de V Europe et des machines théâtrales françaises, allemandes et anglaises, 1 vol. in-fol., Paris, 1842 (il existe aussi une édition in-4" de cet ouvrage) ; — Memoria historico-artistico del teatro real de Madrid, 1 vol. in-4^ Madrid, 1850; — F. Wieseler, Theatergèbaude und Denkmaler des Biihnenwesen, etc., 1 vol. in-fol., Grottingue, 1851 ; — E. Trélat, le Théâtre et r Architecte, brochure in-8°, Paris, 1860 ; — B. Bosc, le Théâtre, étude sur sa construction et sur les divers problèmes qui s y rattachent, 1 vol. in-8», Nîmes, 1862 ; — G. Davioud, Théâtres de la place du Châtelet, 1 vol. in-fol. , Paris, 1862-72; — Ch. Garnier, le Théâtre, 1 vol. in-8*, Paris, 1871 ; du même, l'Opéra de Paris (en cours de publication).

THÉORIE, «. /. — Partie spéculative d'une science, d'un art, qui n'est, pour ainsi dire, qu*une idée sans manifestation, une règle sans application. La théorie est donc l'opposé de la Peatiqub (Voy. ce mot); elle constitue l'ensemble des connaissances nécessaires à la culture d'un art ou d'une science. On n'acquiert la théorie que par l'étude. Bien qu'il n'existe qu'un genre de théorie, Quatremère de Quincy {Dict. d'arch., v** Théorie) en distingue trois : la théorie des faits et des exemples, qu'il dénomme la théorie pratique ; la théorie des règles et des préceptes, qu'il appelle théorie didactique; enfin la théorie des principes ou des raisons, qu'il nomme théoris métaphysique, n serait difficile d'écrire un pareil galimatias pour expliquer un terme aussi simple. En effet, la théorie des faits et des exemples, des règles et des préceptes, des principes ou des raisons, toutes ces théories de Quatremère ne constituent qu'une seule et même chose, la t?Uorie proprement dite, la contre-partie de la pratique, autrement dit l'ensemble de toutes les connaissances qui permettent d'établir des règles et des données

THÉRIOLÉENS (vases). — THEEMES.

nécessaires à la pratique d'an art on d'une science. Une théorie n'est vraie ^ n'est exacte ij[a'aubant que Yanalyse et la synthèse de certains faits ont été pratiquées d'unemanière scrupuleuse 9 complète et dans un ordre méthodique ; en dehors de cela, il n'y a point de théorie, mais seulement des erreurs. Quand on a analysé un fait et qu'on l'a rapporté aux lois qui le régissent et l'expliquent, la synthèse doit reproduire le même fait : tel est le caractère de la théorie.

Dans l'art de bâtir, la théorie comprend rensemble des règles et des principes qui permettent d'élever d'une manière certaine des constructions solides. La théorie prévoit tous les cas difSciles, résout tous les problèmes, de sorte que le constructeur qui connaît bien la théorie de l'art de bâtir et en applique les règles dans la pratique ne rencontre aucun obstacle, ou du moins se trouve fortement armé pour les surmonter. C'est pourquoi la théorie est si utile aux praticiens et les rend très-rapidement capables d'exercer leur art. (Voy. Pratique.) — Les Grecs donnaient le nom de théories à des députations de jeunes garçons et de jeunes filles conduites par des théorès ou ambassadeurs, qu'on envoyait à Délos, à Delphes ou à Tempe pour honorer certaines divinités. Pendant le temps qui s'écoulait entre le départ et le retour de ces théories, c'est-à-dire pendant trente jours, il était défendu par une loi de mettre à mort aucun condamné. «

THÉEICLÉENS (Vases). — Vases qui, dans les festins, servaient à boire; d'après les unSy on les nommait ainsi à cause de leur décoration qui représentait des animaux (Oi^peç) peints ou sculptés, ou, suivant d'autres, parce qu'ils auraient été inventés par un certain Thériclès.

^ THËEMES, s. m. pî. — Ce mot, dérivé du grec ôsptxai, signifie sources cTe^iu chatide, eaux thermales; pn l'employa pour désigner un établissement de bains chauds, que la chaleur en fût naturelle ou artificielle ; dans la suite, le mot thermes fut transporté au bâtiment qui comprenait un établissement de bains complet.

des piscines, des bassins d'eau froide, ainsi que des bains chauds et des bains de vapeur. Dans ce sens général, ce mot n'est donc que le synonyme de Bains. (Voy. ce mot.) Dès la fin de la république, les thermes prirent une importance considérable, car l'usage des bains était devenu un besoin incessant pour le plébéien, de même que pour le patricien : le Komain passait son existence au bain ; aussi les thermes devinrent-ils le centre de tous les plaisirs, on y trouvait des palestres, des gymnases, des exèdres, des éphébées, des sphéristères, des xystes. Dès l'époque de Pompée, il y avait eu à Eome des bains, mais c'est Agrippa qui le premier créa les thermes; le panthéon de Rome {ilBotunda)y qui fait encore aujourd'hui notre admiration, n'est qu'une salle des thermes d^ Agrippa. (Pline, E. N., XXXIV, 19, 6 ; XXXV, 6; XXXVI, 64.) Pour flatter les goûts et les passions du peuple, les em{)ereurs suivirent l'exemple d' Agrippa et ils élevèrent des thermes splendides, car ces établissements , qui reçurent les dépouilles du monde entier pour leur décoration, peuvent témoigner de tout le luxe et de toute la magnificence dont l'art romain était susceptible. Nous venons de mentionner une partie des lieux de plaisir que renfermaient les thermes ; mais il y avait, en outre, des salons de conversation et de discussion, des bibliothèques, des galeries de statues et de tableaux, de vrais musées, des portiques, des pergoles, c'est-à-dire des promenades ombragées, d'autres à ciel ouvert : en un mot, les thermes renfermaient tout ce qui pouvait contribuer aux exercices du corps, aux jouissances matérielles et intellectuelles de cette population romaine gorgée des richesses du monde conquis. (Suet., (7a/., S ; Nero^ 12 ; Martial, III, 20, 25 ; V, 44 ; III, 32, 34 ; IX, 76 ; XII, 83; Eutrope, VII, 9 ; Capitol., Gord., Z2.) Les thermes les plus célèbres de Bome, dont, sauf trois, il ne reste que fort peu de ruines, sont ceux d' Agrippa (construits 10 ans après J.-C), de Néron (64), de Vespasien (68), de Titus (75), de Domitien (90), de Trajan (110), d'Adrien (120), de Commode (188),d'Antonin-Caracal]a(217),d'Alexandre- Sévère (280), de Philippe (245), de Dèce (^250), d'Aurélien (272), de Dioclétien (295;,

THERMES

de Constantin (324). — Les thermes de Rome dont il reste des ruines assez considérables sont : ceux de Titus, sur le mont Esquilin, dans lesquels on a retrouvé le fameux groupe du Laocoon; ceux de Caracalla, dont notre planche XCII montre le plan ; dans ces thermes fameux^ dénommés aussi ihêrmœ Antoniancty on a découvert les statues de THercttle Famèse, de la Flora Famèse, et le groupe de Dircé .attaché par Amphion à un taureau sauvage, dit le Taureau Farnèse : ces chefsd'œuvre de la statuaire sont aujourd'hui au musée national de Naples; enfin les thermes de Dioclétien, qui couvrent une partie du Viminal et du Quirinal, et dans Tune des salles desquels Michel- Ange a pu créer Tune des plus grandes églises de Rome après Saint- Pierre, Santa-Maria-degli-Angeli- Elle fut inaugurée le 5 août 1562 ; le transsept actuel était alors la grande nef: c'est Vanvitelli qui fit cette transformation malheureuse en 1749.

Au commencement de l'empire, les hommes et les femmes se baignaient en commun ; mais Adrien reconnut les abus d'un tel état de choses, il ordonna que les hommes seraient séparés des femmes : il j eut donc, comme dans nos pauvres établissements de bains, la partie réservée aux hommes, qu'on nomma halnea virilia, et celle des femmes, halnea muliehria. Une loi, dite îex Censoria, régla tout ce qui concernait l'administration intérieure des thermes ; mais, sous Héliogabale, cette loi tomba complètement en désuétude, et les désordres les plus effrénés se commirent dans les thermes jusqu'à Tavénement de Marc-Aurèle.

Les Romains passaient leur existence au bain, nous venons de le dire ; en eftét, en hiver, ils prenaient deux bains par jour, et, en été, jusqu'à cinq et six dans une même journée. Ils avaient une robe spéciale pour le bain. On paya d'abord une faible rétribution pour se baigner, un qiiadrans : c'était une petite monnaie de cuivre du poids de trois onces (unctœ) et valant, comme son nom Pindique, le quart d'un as; plus tard, l'entrée des bains fut gratuite. liC son de la cloche d'airain, comme le dit Martial dans les deux vers suivants, annonçait à la foule disséminée dans les divers locaux des jeux, mais principale-

ment au sphéristère, que les bains étaient

prêts :

Redde pilam, sonatees thennarom; ludere pergis? Yirgine, via Bolft latns abire domam.

Si maintenant nous pénétrons dans la partie des thermes, dans laquelle on prend des bains, voici les locaux que nous y trouvons et les opérations qui s'y pratiquent. — On trouve d'abord, après le vestibule d'entrée, une salle pour se déshabiller (spoliatorium, apodyté- Hum). (Pline, i?jp.,V, 61) ; des esclaves {capsam) y gardent les vêtements. On passait ensuite dans une salle qui contenait des armoires dans lesquelles étaient enfermées les huiles et les essences pour s'oindre le corps; cette salle se nommait Yonctuaire (unctuarium) et correspondait à l'iXaiaOcffiov des Grecs. Là, des esclaves chargés d'oindre répandaient sur le corps des gens venant se baigner des parfams et de l'huile qu'ils versaient goutte à goutte avec un vase nommé pour cela guttus; les esclaves chargés de ce soin portaient différents noms ; on les nommait aUpiœ,unctuarii, reunctores. Quand on s'était fait oindre et parfumer, on passait dans le sphéristère {spharûierium) pour y jouer à la balle, ou dans le coryceum pour y pousser et repousser à coups de poing un sac suspendu au plafond, lequel sac renfermait du sable, du son ou des grains. Cet exercice servait à amener la transpiration et à activer la circulation du sang. Quand le joueur avait fait assez d'exercice, il entrait dans le bain chaud/caU^rnim, caKr2a lavaUo), qui était tout près du sphéristère et du coryceum. Autour du bain chaud, on voyait une galerie {schola) qui se terminait vers le bassin par un mur d'appui. Cette galerie présentait deux gradins sur lesquels les personnes qni ne se baignaient point venaient s'asseoir pour causer; l'espace libre qui restait entre le bassin et la galerie, et qui servait à la circulation» se nommait alveuê. Ce dernier terme a des significations assez diverses. (Voy. Alvbus.) Souvent la salle du bain chaud comportait, inscrustées dans son sol, des baignoires (2airtf» aïvei salia). Dans certains thermes, les baigneurs se plaçaient sur les marches du bain chaud, qu'on nomme aussi lavacrum oceammj

THERMES

et des esclaves yersaient snr leurs épaules et sur leur dos des yases remplis d'eau chaude; ce grand bassin pouvait contenir jusqu'à douze ou seize personnes à la fois. Au-dessous de ce lavacrum, il y avait un autre bassin d'eau chaude où le baigneur se lavait une seconde fois ; puis il passait dans le iepidanum. Après le bain chaud, disons-nous, on pouvait passer dans le bain tiède {tep%dar%um\ qu'on nommait aussi vaportum quand il était chauffé à l'aide de la

vapeur de l'eau en ébuUition. (Voy. Hypocaus- TB.) Ordinairement, le baigneur se promenait quelques instants dans cette sorte d'étuve ou la traversait à pas lents, avant de pénétrer dans le bain froid (Jrigidarium)y dans lequel on pouvait nager dans la piscina natalis. Lefrigidarium se trouvait après le iepidarium, aussi ce dernier était-il désigné, à cause de sa position, ceïla média (chambre du milieu); dans les petits bains qui n'avaient pas de

Fig. 1. — Laoonloam nstaaré de Pompôi.

spoliaiorfum,}e tepidariumen remplissait l'office. — Enfin les bains des thermes comportaient trois salles : le grand bain ou bain en commanÇbaptisieriuin), le bain de vapeur sèche {concameraia sudatio), enfin le îacanieum ou salle servant à chauffer, ainsi nommée parce qu'elle avait été imaginée en Laconie. Ce dernier local était souvent confondu avec le sudaiorium on concamerata sudaito, dont nous venons de parler. (Voy. Laconicum.) Le laconicum était une salle voûtée au milieu de laquelle un vaste bassin rempli d'eau bouillante émettait des vapeurs qui, lorsqu'elles étaient trop considérables, s'échappaient par un oeulus percé dans la voûte et qu'on fermait au moyen

Dldfr. D'AROHinOTURB. — T. IT.

du clipeus. Notre figure 1 montre le laconicum restauré de Pompéi.

Pendant le bain, des esclaves rendaient aux baigneurs divers services : ainsi, quand un baigneur sortait du bain, on l'enveloppait du sindon ou couverture fine et légère ; quand il sortait de l'étuve , des esclaves (alipi) l'épilaient ou d'autres [tractaiores) le massaient. Une fois le massage ou l'épilage terminé, les mêmes esclaves armés des strigiles, sorte de racloir en airain, en corne ou en ivoire, raclaient le baigneur; ensuite les unctarii le parfumaient de diverses essences, suivant les diverses parties du corps où elles étaient appliquées : après quoi le baigneur revenait dans

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Yapodyterium pour s'habiller; là un esclave lui remettait ses habits, qui avaient été soigneusement enfermés dans une case. Une fois habillé, le Romain pouvait retourner aux jeux ou rentrer dans sa maison, en pouvant dire, comme Titus, qu'il avait bien rempli sa journée, surtout s'il avait pris cinq à six bains. Comme le lecteur peut en juger par ce rapide aperçu, c'était un grand travail que le bain d'un Romain, mais on ne doit pas oublier qu'on était en pleine décadence ; aussi, si nous lisions une lettre de Sénèque {Ep. SQ) dans laquelle le philosophe ' décrit les bains de Scipion l'Africain, nous serions frappés de l'énorme différence qui existait entre les bains

si simples des anciens Romains et les thermes de l'ère impériale.

Du reste, si le lecteur veut bien jeter les yeux sur notre planche XCII, qui représente une restauration des thermes d'Antonin Caracalla, il se rendra parfaitement compte de la richesse, du luxe, ainsi que du confort qui existait dans ce genre d'établissements. En A,Â, nous trouvons des péristyles découverts; en B,B, des péristyles d'entrée ; en C,C, des apodyteria; en D,D, des pièces où se tenaient les esclaves chargés de déshabiller les baigneurs (capsarit); en E,E, les eîœothesta; en F,F, les canisteria, c'est-à-dire des locaux dans lesquels on agitait une poussière fine pour cou-

Fig. 2. — Plan des thennet de Jurançon. A, galerie; B, atrium; C, étuve; B, tepldarium; D, frigidarium; H, hypocanstc;

L, M, salles à baignoires.

vrir le corps des lutteurs ; en G,G, des salles de conversation; en H, le frigidarium; en I, la grande salle centrale ou xyste découvert, qui avait à droite et à gauche des emplacementa K,K, destinés aux spectateurs. Nous voyons en L un deuxième tepidarium; en M, un caldarium; en N,N, deux autres tepidaria; en 0,0, des frigidaria; en P, un petit tepidariîim; en Q,Q, des mdatoria; en R,R, des vestibules donnant accès dans les bâtiments en aile, et notamment aux bibliothèques 8,8 ; en T,T, des exèdres ; en U,U, des salles découvertes pour les exercices; en V,V, des frigidaria ; en X,X, des cours de service ; en W, W, des epliehea.

On voit par cette longue nomenclature que les thermes de Rome étaient des édifices im-

portants; ajoutons que, dans les provinces, les mêmes monuments étaient également considérables. Il existait des thermes à Badenviller, à Trêves, à Nîmes, à Vienne, à Verdes, à Lillebonne, à Landunum^ à Cahors, à Jurançon, à Saintes, à Valognes, à Crennes, à Luxeuil, à Mansigné, à Poitiers, à Drevant, à Trignères, à Bagneux, à Bourbon-l'Archarobault, à Néris, à Arles-sur-Tecq, peutêtre à Paris ; enfin dans un grand nombre d'autres localités, soit en France ou à l'étranger. Ne pouvant donner la description de tous ces thermes plus ou moins célèbres, et qui, du reste, sont loin d'avoir la même importance et d'oflPrir le même intérêt, nou0 nous bornerons à signaler à l'attention de nos lecteurs ceux qui par leur célébrité même sont plus

THERMES

intéressants; ce sont les thermes de Jurançon, de Nîmes, de Poitiers, enfin de Paris. Thermes db Jurançon. — Découverts en 1850, ces thennes ayaient été seulement dénommés dans le principe Mosaïqttes du pont

Fig. 8. — Mosaïque des thennes de Jurançon.

dOly, parce qu'on avait découvert des mosaïques sur le territoire de Jurançon, près le pont d'Oly. Les restes de ces ruines se composent de quinze salles environ (fig. 2), dont la majeure partie ont conservé leurs mosaï-

Fig. 4. — Mosaïque des thermes de Jurançon.

ques; nos figures 3 et 4 en montrent des spécimens. La légende de notre figure 2 fait connaître au lecteur la destination des principales salles.

Thermes de Nîmes. — Deux inscriptions trouvées dans la source même de la fontaine de Nîmes prouvent que ces thermes ont été commencés 25 ans avant l'ère vulgaire. Quelques années plus tard, c'est-à-dire 19 ans av. J.-C, Agrippa fut envoyé dans les Gaules; pour apaiser des soulèvements qui, du reste, se montraient assez fréquemment, et afin de s'attirer la bienveillance des Gaulois et les ramaniser, Agrippa continua l'œuvre commencée par Auguste et créa des thermes su-

perbes. Par suite de diverses révolutions, ces thermes restèrent ensevelis dans le sol jusqu'au xviii® siècle. En 1738, on commença les fouilles; quelques années après, on fit des projets de restauration ; malheureusement on adopta un projet qui démolissait les anciennes ruines pour n'en conserver que les fondations, comme bases des nouvelles constructions qu'on voulait ériger. Os fut un ingénieur des fortifications qui fut chargé d'exécuter les travaux; cette simple révélation suffit pour expliquer ce qu'ils devaient être. Voici, du reste, ce que dit un auteur de la localité à ce sujet, Pellet, (Essai sur les thermes de Nemaustis, p. 23 et suiv.) :

Architecte de fortifications, M. Maréchal renferma dans de grands fossés les eaux limpides de notre fontaine ; il éleva des terrasses en forme de bastions, et crut sans doute faire beaucoup pour Tart en établissant les nouvelles constructions sur les bases antiques des monuments découverts. Ainsi, ce fut par arrêt du 26 octobre 1744 que cet architecte patenté^ juré et assermenté^ obtint l'autorisation de dégrader avec discernement et le choix de mauvais goût^ un des plus beaux monum^its de V antiquité^ en substituant à sa simplicité majestueuse les chicorées et les chérubins bouffis du siècle de Louis XV, De là ces constructions étranges qu'on appelle aujourd'hui la Fontaine^ où l'artiste chercherait vrainement les bains antiques de Nemausus.

Ce fut réellement une grande perte pour l'art et pour la ville de Nîmes ; du reste, un homme d'un talent et d'un goût incontestables pour tout ce qui se rattache à l'art, Winckelmann écrivait de Rome à son ami Clérisseau, en 1758, au sujet de ces thermes, ce qui suit :

Combien je regrette, mon ami, que vous ne soyez pas arrivé à Nîmes avant la restauration qu'on a faite des anciens bains ! Vous auriez pu voir ce monument en entier, d'après tout ce qui restait ; maintenant il vous sera presque impossible. 0 barbarie ! on a détruit ces restes précieux, on a renversé, avec de la poudre, ces masses anciennes que le temps avait respectées; et pourquoi? pour les revêtir à la française : la fureur de détruire l'emporte encore sur celle de faire de nouvelles constructions. Nation frivole ! change à ton gré tes productions légères, mais laisse au moins res* pecter les beautés que tu ne veux point imiter !

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