‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 53 sur 239 · II 1 1 1 K II · texte numérisé non relu

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Fig. 1. — Portion de la façade da palaU Thiène, à Yioenoe.

ments de cette époque, dont ceux qui subsistent encore font aujourd'hui notre admiration. A Florence, Cosme se fait construire vers 1430, par Michelozzi, le palais Ricardi ; le même architecte conmience l'église du cou- Ycnt Saint-Marc, et vers 1450 il restaure le palais Vecchio, dont la cour intérieure avec ses colonnes si richement ornementées fait partie de son"teuvre. Cinq ans auparavant, Brunelleschi avait commencé l'église Saint-Laurent. L.Pittî érige avec Brunelleschi, vers 1445, le monument encore dénommé /?atof« Pitti, que B. Ammanati est chargé de terminer en 1566

ou 1568 ; la chapelle des Pazzi, située dans le cloître de Santa-Croce, est également l'œuvre du même architecte. En 1460, L.-B. Albertf construit aussi à Florence le palais Bucellai ; en 1488, Benedetto da Majano élève le palais Strozzi ; en 1490, Giuliano di San-6allo, le palais Gondi. L'élan était donné ; non-seulement la Toscane, mais encore toute l'Italie, se couvrent de palais et de monuments en style florentin, dénommé le cinque-cento ou le style du XV* siècle. Vers 1450 ou 1452, L.-B. Alberti commence l'église de Saint-François de Eimini. Pierre Lombard,* vers 1480, élève à Venise le porche de la petite église des Miracles. On retrouve le style de la renaissance classique au portail de l'église de Saint-Marc ; à Milan, à la coupole Sainte-Marie des Grâces; à Rome, dans les façades du palais Giraud, dans celle du palais de la Cancellerie, à la cour et à la

Fig. 3. — Coar da palais

aile Colonne, à Borne.

tribune du Belvédère au Vatican. Dans tous les édifices que nous venons de mentionner ou du moins dans bien des parties de ces édifices, le style classique domine, nous venons de le dire ; mais plus tard l'imagination des artistes travaille, la verve s'excite, et le classique est fort arrangé, et bien souvent d'une façon qui n'est pas très-heureuse. San-Gallo, Michel- Ange et Carlo Mademo, dans la construction de Saint- Pierre, délaissent les dessins de Bramante et créent une renaissance à eux. Et si le palais Farnèse, de San-Gallo, est très-remarquable, l'étage supérieur do la

RENAISSANCE (architecture).

cour, ajouté par Michel- Ange, de même que la porte Pie, da même artiste, sont loin de mériter des éloges; leur style s'écarte de

Pig. 8. — Lanterne da ohAteaa de Chambord.

l'antique, mais il est fort bizarre. Du reste, peu avant la fin du xv° siècle, le cinque-cênto, dans certaines parties de l'Italie, en France, en Allemagne et en Angleterre, avait déjà passé par de singulièlres transformations; il se trou-

vait mêlé au romano-byzantin et à Togival, car ce ne fut que graduellement qu'on arriva à créer un style original qui n'emprunta rien aux styles qui l'avaient précédé. Ainsi, dans beaucoup de monuments dits goUiiques du xv^ et même, mais plus rarement, du commencement du xvj* siècle, nous voyons des cartouches, des médaillons, des arabesques, des rinceaux de feuillages, en un mot, toute une ornementation, imités des monuments de l'ancienne Rome ; il n'est pas rare de voir aussi un arc ogival dans un plein cintre portant sur des pilastres ou des colonnes antiques : par exemple, à l'église de Saint-François à Eimini dont nous venons de parler, nous voyons à l'intérieur plusieurs rangs de pilastres antiques qui servent de supports à des arcades ogivales, décorées elles-mêmes de feuillages et de moulures antiques. A Ancône, un momunent un peu antérieur à l'église de Rimini, le portique du palais du Gouvernement, nous montre également des arcades ogivales qui reposent sur des colonnes d'ordre composite. An grand hôpital de Milan, les fenêtres de forme ogivale sont décorées de rinceaux et d'arabes-

Fig. 4. — Bénitier à Téglise de Bercy, à Paris.

ques. Si de l'Italie nous passons en France, en Espagne, dans les Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne, nous trouvons les mêmes singularités, les mêmes anomalies, pourrionsnous dire. Il n'y a rien de surprenant dans

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