‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 54 sur 239 · DIVERS MOTIFS DE DECORATION · texte numérisé non relu

DIVERS MOTIFS DE DECORATION

DE LA RtNAlSSANCE

RENAISSANCE (architectubb).

ce fait, car les transitions architectoniqnes s'opèrent de même chez tons les peuples^ et puisque l'Italie , l'initiatrice de la renaissance, avait passé par les transformations ^e nons venons de dire, il n'est pas étonnant que les autres peuples qui avaient appris d'elle le principal opérassent de même pour les détails secondaires. — Les premières nations qui adoptèrent le style nouveau furent la France et l'Espagne, puis l'Allemagne et l'Angleterre. — Les premiers monuments français dans lesquels ce style fit son apparition datent de Louis XII ; c'est le cardinal d'Amboise qui les fit construire : c'est une partie du château de Blois (l'aile orientale), le château de Graillon, les hôtels de viUe d'Orléaus et de Beaugency, l'hôtel Cujas et l'hôtel des frères Lallemand à Bourges. Sous François I*% le même style progresse; les plus beaux spécimens de l'architecture de cette épo que sont Fontainebleau et Ghambord. Notre vignette (fig. 3) montre la lanterne qui surmonte l'escalier principal de Chambord. Enfin, sous Henri II, l'architecture de la renaissance atteint à son apogée avec le Louvre, le château d'Anet, la grande galerie, dite de Henri II, à Fontainebleau, et quelques autres édifices. — Notre figure 4 montre un bénitier en pierre qui se trouve dans l'église de Bercy, à Paris, bénitier qui est un monument remarquable de la renaissance française ; notre planche LXXIX, divers moti& de décoration de la même époque peints en camaïeu, en or et en couleurs sur des fonds bleu, rouge grenat, or et gris. Ces motifs, tirés de V Ornement polychrome de M. Eacinet, ont été exécutés au château de Blois. — Comme complément de la renaissance française, voyez Française {Architedure), Façade et Maison, où nous avons dessiné quelques monuments de la renaissance. En Espagne, la renaissance fait son apparition dès le XV* siècle , mais c'est bien le pays de l'Europe où elle est le plus mêlée à d'autres styles : en effet, dans certains monuments on peut voir ce style mêlé à l'arabe, à l'ogival et an mauresque. A41 début, on le nomme style pkteresque (àepîaia, orfèvrerie) à cause de sa ressemblance avec l'orfcvrcric, qui est tiès- Burchargée d'ornementation. Un des promo-

teurs de ce style a été Alonzo Berruguete. Dans ce style sont construits, à Yalladolid, le collège Saint-Grégoire; à Sarragosse, le monastère d'Ëugrazia; à Tolède, les Enfants trouvés; à Salamanque, le grand collège et le palais archiépiscopal; à Cordoue, le cloître de la cathédrale; à Séville, le palais de l'archevêché, etc.

Dans les Pays-Bas, l'architecture de la renaissance ressemble beaucoup à son origine à celle de la France ; plus tard , elle se rapproche de la i-enaissance allemande, au style employé au château d'Heidelberg.

En Angleterre, l'architecture de la renaissance ne fait son apparition que sous le règne d'Edouard VI, c'est-à-dire au milieu du XYi® siècle, et encore à cette époque les Anglais ne firent que des édifices entièrement classiques, conmie le palais de Somerset-House, par exemple : voyez Anglaise (Architecture) ; ce n'est guère que dans le commencement du XVII*' siècle que parut à Oxford un style original de la renaissance, mais ce style n'a absolument rien produit de remarquable en Angleterre, c'est un mélange d'antique et dé Tudor.

En Allemagne, la renaissance ne pénétra que fort tard ; elle ne paraît que dans la seconde moitié du xvi* siècle. Les oeuvres les plus importantes dans ce style sont le château d'Heidelberg, constixiit de 1556 à 1559 ; l'hôtel de ville de Leipzig, le château de Stuttgard, la façade de l'hôtel de ville de Cologne, le vieux château de Munich, le Deutschherrenhau8 d'Andernach, la halle au drap de Brunswich, le palais du grand-duc à Bade, une partie de l'hôtel de ville de Brème; enfin différentes villes, telles que Dantzig, Nuremberg, Cologne, Hanovre, Minden, possèdent des maisons dans ce style, mais en général la renaissance allemande est lourde et surchargée d'ornements qui souvent manquent totalement de goût.

Bibliographie. — L.-B. Alberti, de Re œdificatoria, libres X, 1 vol. in-fol., Florence, 1486; — Ducerceau (Jacques Androuet), les Plus excellents Bâtiments de France y etc., 2 vol. in-fol., Paris, 1576-79 ; — Le Muet (Pierre), Manière de bien lasUr, etc., 1 vol. petit in-fol., Paris, 1686; — G

EENARD. — RENFLEMENT*

Gaye, Oarieggio inedito tTArHaH dei secoUXIV, XV, XVI, 3 vol. in-S», Firenze, 1840 ; — de la Sanssaye, Histoire du château de Blok , 1 vol. in-fol., Paris , 1840 ; — de Laborde, la Renaissance des arts à la cour de France, 1 vol. m-8«, Paris, 1856; — Ad. Berty, la Renaissance monumentale en France, 1 vol. in-4®, Paris, 1868; du même, les Grandt Architectes français de la renaissance, 1 vol. în-18, Paris, 1860 ; — E. Rouyer, VArt archUeciural en France depuis François I^ jusqu*à Louis XIV, 1 vol. îii-4», Paris, 1869.

RENARD, 8. m. — Fissure par laquelle s'échappe l'eau d'un aqueduc, d'un bassin, d'un canal , d'une conduite d'eau , d'une source. C'est parce qu'elle est quelquefois difficile à découvrir qu'on la nomme renard. — On nonmie de même de petites pierres qui servent à maintenir tendues deux lignes (cordelettes) qui passent sur les lattes fixées dans une position voulue. C'est donc à l'aide des renards que les ouvriers guident les cordeaux qui leur servent à élever un mur dans une même épaisseur déterminée. — En charpenterie, on donne .ce nom à un petit châssis assemblé en retour d'équerre dans le sommier inférieur de la scie de long; le renard, qui a environ 0",60 de longueur et qui fait une saillie de 0",11 du sommier^ sert à maintenir la scie par le bas. — Enfin, on nomme renard un mur Orbe (Voy. ce mot) orné de décorations feintes, et qu'on élève pour faire symétrie au mur d'un édifice qui se trouve en face du renard.

RENARDIÈRE, «./. — Fourneau d'affinage. C'est aussi dans les fourneaux une des régions placées au niveau des tuyères.

. RENCONTRE DES BOIS.— Opération de Y établissement des bois de charpente ; elle consiste à battre les lignes de contre-jauge, à tracer les tenons et mortaises, puis à rabattre les lignes de repère , traits ramenérés, etc., afin de pouvoir rembarrer, s'il le faut, toutes les lignes d'établissement sur la face de dessus des bois. (Voy. Marque, § Marques des bois, et Rembarrer.)

RENDAGE, s. m. — Quantité de chaux

que rend dans une journée un four à chaux toujours allumé.

RENDEMENT DYNAMIQUE. — Quantité de force produite : par exemple, une locomobile a un rendement dynamique de dix chevaux-vapeur.

RENDRE, V. a. — Avant de terminer un projet de construction, les architectes font de nombreuses études. Pour aller plus rapidement, ils étudient leurs projets sur papier dioptique; quand ces travaux préparatoires sont terminés, pour présenter convenablement leurs projets, les architectes en font le rendu, c'est-à-dire qu'ils le rendent, qu'ils le dessinent sur papier fort, sur bulle ou whatman, au crayon, à la plume, à l'encre de Chine, à la sépia ou à l'aquarelle : c'est ce travail définitif qui se nomme le rendu du projet.

RENDU D'ARCHITECTURE. — Voy.

le terme précédent.

RENDUIRE, V. a. — Enduire de nouveap.

Après avoir fait des enduits partiels sur un mur pour boucher certains trous, c'est appliquer un enduit général.

RÉNETTE, s. /. — Instrument du charpentier qui lui sert à tracer des lignes sur les pièces de bois et à donner de la voie aux scies ; on écrit aussi Rainette. (Voy. ce mot.)

RENFAITAGE, s. m. — Action derenfaîter, raccommoder le faîte d'un toit.

RENFAITER, v. a. — Raccommoder le faîtage d'un toit ; d'où le terme renfattage qui exprime cette opération.

RENFLEMENT,*, m.— En architecture, ce terme ne s'applique qu'au renflement ds la colonne, ce que, d'après Vitruve, les Grecs nommaient Ivxadiç, et que nous appelons aussi galbe; c'est une petite augmentation du diamètre d'une colonne qui va en s'accentuant de l'extrémité supérieure du fût de la colonne jusqu'au tiers de sa hauteur totale. Il existe

RENFONCEMENT. - RENIYELLEMENT.

divers procédés pour tracser cette courbe, pour galber la colonne.

RENFONCEMENT, s. m. — Évidement peu profond sur le parement d'un mur, tel qu'une arcade, une niche feinte ou une table creuse. — On nomme renfoncement de soffite l'espace compris entre les saillies que forment les soliyes d'un plancher; quand celles-ci sont entre-croisées dans le but de décorer le plafond et qu'elles forment des compartiments rectangulaires, on nomme ces renfancemenie Caisboks. (Voy. ce mot.) — On donne aussi ce nom à la partie d'un théâtre qui en fait la profondeur, ainsi qu'à l'eflfet de perspective qui fiût paraître une chose plus éloignée et plus enfoncée qu'elle ne Test réellement.

RENFORCE, ÉE, adj. — En général, toute pièce qui est plus forte qu'une pièce ordinaire. Ce terme s'emploie surtout pour les objets de quincaillerie; ainsi on dit : une presse renforcée; une équerre, une charnière renforcées.

RENFORCER, v. a. — Rendre plus fort, donner plus de force, plus de solidité à un ouvrage quelconque. On peut obtenir ce résultat par divers moyens : par exemple, on peut renforcer une construction ou une partie d'une construction, soit par des éperons, soit par des contre-murs, soit en remplaçant de mauTais matériaux par des matériaux neufs, soit en boulonnant sa charpente, en la reliant avec des liens et des armatures en /er, etc.

RENFORMIR, v. a. — Faire un renformis, c'est-à-dire redresser au moyen d'un crépissage plus ou moins épais une surface qu'il s'agit d'enduire. Quelques auteurs donnent comme synonyme de ce mot celui de renformer; c'est une grave erreur, car ce dernier terme signifie remettre sur la forme et ne s'emploie jamais sur les chantiers pour renformir.

RENFORMIS, s. m. — Surépaisseur de mortier ou de plâtre ajoutée à un mur qui boucle et qui rentre. Quand un vieux mur est crevassé, bouclé ou rentré, on hache la surface

Dior. D'aBOHITSCTVRE. — T. IV.

à renformir, on l'humecte avec de l'eau, puis on applique du gros plâtre en le laissant le plus brut possible à la surface, afin que le crépi puisse adhérer parfaitement. Quand l'épaisseur d'un renformis excède 0™,05 d'épaisseur, on a soin d'y ajouter des éclats de briques, de tuileaux, des plâtras, etc.; on scelle ces débris dans le plâtre au fur et à mesure de son application. On fait des renformis sur la surface des murs, d'un pan de bois, d'un plafond, etc. Généralement l'épaisseur du crépi et de Tenduit est d'environ 0"^,022 pour un mur, un pan de bois, une cloison, et de O'^yOSO pour un plafond; l'épaisseur excédante du plâtre à poser sur les surfaces pour les obtenir parfaitement planes constitue ce qu'on nonmie le renformis.

RENFORT, s. m. — Sorte, d'épaulement que l'on pratique au collet d'un tenon et à la partie correspondante des arêtes de sa mortaise. Les renforts servent à consolider les assemblages. On distingue le renfort ordinaire, qui affecte la forme d'un prisme triangulaire et le renfort carré, dont le tenon et l'épaulement sont rectangulaires. Divers assemblages, le mors'd'âne par exemple, sont des renforts. — En serrurerie, on nomme renfort toute pièce que l'on soude à un ouvrage pour le renforcer, le fortifier.

RENIFL ARD, s. m. — Petit appareil qu'on place dans certaines conduites et qui sert à les purger des eaux de condensation ; aussi le nomme-t-on souvent purgeur. Dans le chauffage à la vapeur, dans les coudes placés à l'extrémité de pentes ou de longs tuyaux, on place des reniflards ou purgeurs. Dans les canalisations de gaz, l'hydrogène fournit souvent une certaine quantité d'eau; il restitue, du reste, celle qu'il entraîne en traversant le compteur. Aussi place-t-on dans le bas des principales conduites des reniflards, que les gaziers appellent souvent siphons.

RENIVELER, v. a. — Niveler de nou- Teau; faire un renivellement.

RENIVELLEMENT, s. m. — Action do

EENTON. — RÉPARATION.

reniveler. Dans les grands travanx de remblai , certaines parties tassent plus les unes qae les antresy aussi est-on obligé souvent de procéder à un renivellement.

RENTON, 8. m. — Joint en coupe oblique de deux pièces de bois qui doivent se prolonger sur une même ligne; les cours de pannes ou de sablières sont souvent assemblés en renion.

RENTRANT, TE, adj\ — Qui rentre. On applique ce terme à des objets divers, mais surtout aux angles : Tangle rentrant est formé, par exemple, par deux murs qui forment un creux ; c'est Topposé de l'angle saillant, qui fait un coin. ( Voy. Angle.)

RENVERSÉ (Arc).— Yoy. AKC,p. 121, 1. 1.

RENVOI, s. m. — Tringle de fer ou de laiton qui sert à transmettre le mouvement d'un cordon de sonnette.

RÉPARATION, s. f. — Restauration ou remise en bon état des parties dégradées d'une construction quelconque. Les réparations sont rendues nécessaires par diverses causes, et, suivant leur nature, elles incombent à différentes personnes, comme nous allons le voir dans la législation et la jurisprudence de ce terme.

LlÊGISLATION ET JURISPRUDENCE. -— LeS

répamtions sont rendues nécessaires : 1° par les cas fortuits ; 2" par le fait du voisin; 3® par les incendies. On nomme cas fortuit tout événement qu'aucune des parties n'a occasionné et n'a pu empêcher. « Il faut donc, dit Lepage (t. II, p. 103), d'après cette définition, comprendre dans les cas fortuits ceux qui arrivent par force majeure, c'est-à-dire les événements qui ont pour cause une force quelconque à laquelle on n'a pu résister, et qu'on n'a pas été maître d'éviter. L'autorité qui ordonne ou défend est une force majeure, une attaque de voleurs est une force majeure ; tandis que la découverte d'un trésor, le débordement d'une rivière sont des cas fortuits. » Et plus loin (page 107) le même

auteur ajoute : c Lorsque le changement opéré par le cas fortuit est irréparable, ou s'il ne peut être réparé qu'en détériorant l'héritage voisin, il faut que la perte reste à celui que Févénement a frappé, sans qu'il puisse forcer son voisin à soufl^ que les lieux soient remis dans leur ancien état. » Si des terres, des matériaux, sont apportés par lé débordement d'un cours d'eau, peut-on retirer les objets apportés ? Nous répondons par l'aflSrmative ; mais, dans ce cas, il y a lieu de dédommager le propriétaire sur le terrain duquel il faut accéder, et le dédonmiagement doit comprendre d'abord le préjudice causé par le travail nécessité par les objets à retirer, et s'étendre en outre aux pertes occasionnées par l'anivée inattendue de ces objets. Nous avons traité longuement cette question au mot Accession, où nous renvoyons le lecteur, et nous passons immédiatement aux accidents arrivés par le frflt du voisin. — Nous n'avons à considérer ici les accidents qu'autant qu'ils peuvent occasionner des réparations aux héritages. Il y a lieu de distinguer : 1** quels sont les ouvrages qu'on peut faire chez soi sans être responsable de ce qu'il pourra advenir; 2^ les précautions à prendre contre le voisin dont l'édifice menace ruine ; 3^ en quoi consistent les dommages-intérêts résultant d'un accident causé par le voisin ou tout autre. I. Quels sont les ouvrages qu'on peut

Page 1