ABAQUE
sente un exemple de chapiteau corinthien pouvant recevoir la retombée de deux arcades.
Fig. 1.
Abaque.
L'existence de l'abaque, A, permet de placer en aa les points de retombée qui auraient dû, en l'absence de cette superfétation du chapiteau, se rapprocher jusqu'en dd.
Quelle que soit l'origine qu'on veuille donner à ce membre d'architecture, l'abaque dut composer primitivement à lui seul le chapiteau (fig. 2 et 3). Placé sur des colonnes en bois ou
Fig. 2. — Abaque primitif (plan).
Fig. 3. — Abaque primitif (élévation).
en pieiTe , il servait non seulement à les protéger, mais encore à offrir une assiette plus large que le sommet de la colonne.
Dans l'architecture égyptienne, l'abaque ne dépasse jamais la saillie de la colonne : c'est un fait caractéristique qui mérite d'être consigné ; le lecteur en trouvera des exemples au mot Chapiteau et dans le spécimen que nous donnons (fig. 4), qui est un chapiteau du palais de Ménephtah P"", à Karnac.
Dans le dorique grec, au contraire, ainsi que dans le toscan, il conserve toujours avec son importance son caractère primitif, et une large moulure appelée échine (i/Jvoq) forme, pour ainsi dire , encorbellement à l'abaque.
Il existe un exemple très fra[)pant de cette moulure formant encorbellement dans deux colonnes votives trouvées à l'acropole d'Athè-
nes. (L. Rossi, Annal. dell'Instit. dicorr. ardu, 1841, tav.d'agy. 100.) La forme archaïque de
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Fig. 4. — Abaque égyptien.
ces chapiteaux ainsi que les inscriptions gravées sur l'une d'elles témoignent hautement de l'ancienne origine de l'abaque. Notre figure 5 montre un spécimen de l'abaque de l'une de ces colonnes.
Fig. 5. — Abaque archaïque.
Les chapiteaux du Parthénon ne sont en définitive qu'un type perfectionné de ce chapiteau.
Vitruve (liv. IV, c. 7), en décrivant l'ordre toscan, donne à l'abaque le nom de plinthe (dcTrXtvôo;, brique), parce que, dit-il, dans cet ordre l'abaque conserve sa simplicité primitive et rappelle une brique.
L'abaque reçut un grand développement et joua un rôle important dans l'architectm'c byzantine, où il présente généralement la foiTne d'une pyramide quadrangulaire tron- (juée et renversée , dont les faces sont couvertes d'ornements riches et variés. Les chapiteaux eux-mêmes prirent cette forme pyramidale, la plus en rapport avec leur destination.
Le chapiteau cubique, qu'on rencontre assez fréquemment dans les églises romanes des