ABAQUE
bords du Rhin, paraît une dérivation du goût byzantin. Sa forme est celle d'une demi-calotte
Rg. 6. — Abnque du chapiteau cubiqite.
sphérique dont la partie courbe tronquée est coupée à quatre pans.
Notre figure 6 en montre un spécimen, dans lequel l'abaque est une simple plinthe biseautée.
Notre figure 7 en représente un tyi^e bilobé, avec une riche ornementation, dans lequel l'a-
Fig. 7. — Abaque du cliapiteau cubique.
baque, fort et robuste, rappelle avec sa moulure inférieure celui de notre figure 5. Ce chapiteau est tiré de l'abbaye de Marmoutiers (Alsace). Nous avons donné ces deux exemples, parce que ces chapiteaux sont caractéristiques et tyjDiques et n'ont pas d'analogue dans l'architecture antique.
Dans l'architecture arabe, les abaques sont puissants , décorés d'arabesques et souvent superposés au nombre de deux ou trois.
Dans les pays occidentaux, l'abaque conserva jusqu'à la fin du xii'^ siècle la forme pyramidale que lui avaient assignée les architectes byzantins, mais il fut toujours d'une forme moins élevée. Il eut sa face lisse, ou décorée d'ornements alors fort en usage , tels que Billet- TES, Échiquiers, Écailles,. Enroulements, Arabesques (voy. ces mots), ou de combinaisons géométriques, etc. Quelquefois même des inscriptions concourent à son ornementa-
tion. Bientôt leur profil se fouille et se décore de moulures de plus en plus nombreuses. Puis , leur plan quittant la forme du carré, les angles des abaques furent tronqués; enfin ils prirent la forme d'un octogone régulier.
Au XIII® siècle, on rencontre fréquemment des abaques circulaires en Angleterre et en Normandie, à Bayeux, à Coutances, au Mont- Saint-Michel-en-Mer ; partout ailleurs ils sont rares, bien que cependant on en trouve encore sur divers édifices du commencement du xiv^ siècle : par exemple, sur la porte de l'ancien collège de Bayeux, à Paris.
Avec le xiv® siècle , l'abaque perdit de son importance ; sa saillie fut réduite et , cessant de former une assise séparée, il ne fut, pour ainsi dire, qu'une bague ou simple bracelet.
Au xvi° siècle, alors qu'on chercha de nouveau à se pénétrer de l'esprit de l'architecture antique , on tenta de reprendre l'usage de l'abaque, et depuis il n'a plus été abandonné, tant il a sa raison d'être.
Ce qui prouve encore combien l'abaque fut m\ membre nécessaire, c'est son existence sur les culots, recevant la retombée des voûtes, et cela dans des conditions identiques à celles des chapiteaux. (Yoy. Culot.)
Les abaques sont quelquefois triangulaires , lorsque les chapiteaux qu'ils surmontent sont faits pour porter des trépieds.
Les Romains donnaient aussi ce nom d'abaque à tout revêtement décoratif en lave ou en marbre qui affectait une forme triangulaire.
En archéologie, le mot abaque a plusieurs significations :
I. On donne ce nom à une table ou tablette légèrement évidée que l'on remplissait de sable fin , sur lequel on traçait des nombres à l'aide d'une pointe, ou même avec le doigt; cette tablette servait à enseigner le calcul.
Quelques passages de certains auteurs indiquent aussi que l'abaque servait aux géomètres. (Pers., 1, 131; Plutarch., Caio min., 70; Apul., ApoL, p. 126.)
IL Table à calcul en bois ou en pierre, sur laquelle il existait des divisions indiquant différents ordres d'unités. On y plaçait des marques, des cailloux {calculi, '^r^-jjoi) , ce qui faci-