ASSURANCE
On appelle assise de lihage celle qui couronne les fondements d'un mur de maçonnerie; assise de retraite, le premier rang posé en retraite sur la partie Lasse d'un mur, lorsque celle-ci présente une plus forte épaisseur (voY. Retraite) : c'est aussi le rang de pierres posé en retraite sous un mur à la retombée d'une voûte, sous un pilier, etc. ; assise de parpaing, l'assise dont les pierres ont l'épaisseur du mur et qui par conséquent a deux parements, comme cela a lieu pour les murs cVécJriffre, les cloisons et les pans de bois au rez-de-chaussée : on dit également assise parpaigne; assise de revêtement, les assises qui n'ont qu'un parement et qui servent soit à retenir les terres, soit à tout autre usage ; assises réglées ) les assises ayant même hauteur et même largeur, sur une profondeur variable du reste; assise de retombée, d'extrados, de bahut, en besace, en boutisse, de corbeau, en encorbettement. (Voy. Retombée, Extrados, Bahut, Besace, Boutisse, Corbeau, Excorbellemext.)
L'expression hauteur d'assise signifie la hauteur approximative d'une assise de moyenne dimension. Cette hautem- varie suivant la nature des matériaux; elle est d'environ 0",80, U'",35, 0",-40 et quelquefois plus pour les pien-es de taille, et de 0"',15 à U™,-20 pour les moellons.
ASSOMMOIR, s. m. — Yoy. Mâchicoulis
et MOUCHARABY.
ASSOUCHEMEXT, s. m. — Ensemble des pieiTes (jui dans un fronton forment la base du triangle. Elles sont en général de grande dimension ; aussi à cause de cela sont-elles dites pierres (Tèchantillon.
ASSUJETTIR, V. a. — An'êter, fixer une chose, des matériaux, de manière à ce qu'ils ne puissent accomplir aucun mouvement ; on assujettit des pierres au moyen de crampons de fer ou de bronze, des ban^eaux de grilles à l'aide de scellements ou de traverses, etc.
ASSURANCE, s. /. — Contrat dit police, par lequel une des parties {V assureur) s'en-
DICT. d'architecture. — T, I.
gage envers l'autre partie (Vassuré), et cela moyennant une prime, à lui payer la valeur d'une certaine propriété, si celle-ci vient à être détruite par quelque cause fortuite et involontaire. Ce genre de contrat est fondé d'après le principe des probabilités ; c'est une sorte d'association entre l'assureur et l'assuré. Il existe aujourd'hui des compagnies d'assurance contre Vincendie, quelle que soit la cause qui l'ait produit, contre V explosion de gaz, contre les accidents de toute nature, la maladie, \'à mort accidentelle. Il y en a d'agricoles et de maritimes, et d'autres (jui assurent contre la grêle. Nous n'avons à nous occuper ici que des assurances qui touchent à la propriété, et de celles qui règlent le sort des ouvriers et des entrepreneurs.
Un des modes d'assurance le plus logique, le plus raisonnable, c'est Vassurance mutuelle : un exemple en fera comprendre le mécanisme. MiUe propriétaires se rémiissent en association pom- garantir mutuellement leurs propriétés contre l'incendie. Une de ces mille propriétés est détruite par le feu : le propriétaire , qui eût été ruiné, s'il se fût trouvé seul à supporter la perte , trouve, grâce à l'association, une répara- ' tion du dommage, et chacun de ses coassociés, en payant sa quote-part, soit ici la millième partie, n'a à verser qu'une somme bien minime, qui constitue ce que l'on nomme la prune. Si, au lieu de mille propriétaires, l'association en compte dix mille, cent mille, etc., on voit combien sera légère la prime que chacun d'eux payera pom* s'é\nter une ruine complète.
Il y a quelques années on a appliqué aux ouvriers l'assurance, qui n'existait auparavant que pour les immeubles, mais nous devons ajouter que les rouages de ce genre d'assurance sont encore si compli(iués que les ouvriers ne s'assurent pas volontiers. Ils ne contractent d'engagement que forcés par leurs patrons, qui eux-mêmes le sont souvent à leur tour par une des clauses de leurs cahiers des charges. Espérons que le temps améliorera ce genre d'institution éminemment utile pour la société, sm'tout pom' la classe ouvrière. D'après la loi, l'entrepreneur est responsable des accidents qui atteignent SCS ouM'iers, employés, ou domestiques; il est également responsable des accidents causés
ASSYRIENNE (architkctuue).
par ceux-ci envers des tieis. Pour se soustraire à la responsabilité civile qui lui incombe, l'entrei)reneur a recours aux compagnies d'assurance. L'assurance peut se présenter sous deux formes : elle est personnelle , ou collective ; c'est cette dernière qui est la plus en usage. La j)rime de l'assurance collective est payée au moyen d'une caisse alimentée : 1° par des retciuies faites sur le traitement ou salaire des employés ou des ouvriers; 2° par des versements de l'entreprise. Les ou\Tiers versent chaque mois la part contributive de leur prime, et, de son côté, l'entrepreneur donne une somme égale au complément de la prime totale.
Nous n'en dirons pas plus long ; nous n'expliquerons pas sur quelles bases sont calculées les primes, les indemnités allouées en cas d'accident ou même de mort, etc., mais nous conseillerons aux architectes d'exiger de leurs entrepreneurs l'assurance de leurs ou\Tiers, et cela par une clause des cahiers des charges.
ASSYRIENNE (Architecture). — Les écrivains anciens ne nous ont donné que fort peu de détails sur l'Assyrie, vaste pays qui s'étendait entre le Tigre et la rive droite de l'Euphrate. Nous savons que Ninive passait pour la plus grande cité qui eût jamais existé, et pour un des plus anciens centres de civilisation. Si nous jugeons l'architecture assp'ienne par les débris (|ui nous en restent, nous voyons que l'AssjTie a été le berceau d'un art original très vivace, qui s'est manifesté à trois époques distinctes pendant lesquelles l'influence de Ninive, de Babylone et de Persépolis a été tour à tour prépondérante. Nous étudierons l'architecture des deux dernières villes à leur place, nous ne nous occuperons ici que de l'architecture des Ninivites.
Les palais de Ninive sont généralement bâtis sur des collines naturelles ou artificielles. Leurs murs, qui ont plusieurs mètres d'épaisseur, sont formés d'une sorte de pisé revêtu de dalles en marbre sculpté dans les appartements de réception, et de gypse marmoréen dans le harem, c'est-à-dire dans les appartements privés. A l'intérieur de ces palais il y a de grandes cours, et les différents corps de bâti-
ment communiquent entre eux par des couloirs. Les portes pi'incipales étaient ornées de taureaux ailes à figure humaine. Aux entrées secondaires, on voyait des taureaux ou des lions posés parallèlement au couloir. Ce deniier avait ici deux mètres de largeur, et son dallage était couvert d'inscriptions et d'arabesques. Il nous reste peu de chose de Ninive, et c'est seulement par les fouilles exécutées aux en^nrons de cette ville par Botta, consul de France à Mossoul (1) (1842), que nous avons pu nous faire une idée de l'architecture assyrienne. Antérieurement à cette date, des voyageurs avaient bien visité les bords de l'Euphrate et du Tigre ; ils avaient rapporté des objets de curiosité, des cachets, des cylindres ; mais rien ne pouvait faire présager que les saisies recou^Taient assez de monuments de l'art assyi'ien pour permettre de reconstituer une civilisation qui a occupé une si grande place dans l'histoire. Au début de ses fouilles. Botta s'avança du côté de Korsabad, village situé à 16 kilomètres .de Mossoul ; c'est dans cet emplacement qu'ayant creusé quelques puits , il trouva un palais considérable aA'ec des bas-reliefs représentant des scènes de la \ie publique et privée des Assyriens. Quelques années après, Place continua les fouilles de Botta et découvrit la première statue assyi'ienne qui ait été exhmnée. Enfin l'Anglais Layard entreprit à son tour des fouilles à quelques kilomètres de Korsabad, près du village de Nemroud, et il eut l'honneur de décomTÎr le palais de Sardanapale III, construit sept cents ans avant notre ère.
Les plus beaux débris et bas-reliefs de l'architecture ass}Tienne sont aujourd'hui dans les musées de Londres et du Louatc, et la plupart de nos lectem's ont sans aucun 'doute admiré les grands taureaux ailés qui sont dans la salle assjTienne de notre grand musée national. Ces bas-reliefs portent des inscriptions en caractères cunéifonnes ; l'une d'elles a été ainsi traduite \yAV Oppert :
(1) Les travaux et les découvertes de Botta ont été consignés dans le Journal asiatique , n°^ de iiiillet et septembre 1843, ainsi que dans divers ouvrages dont nous donnons la nomenclature à la bibliographie de cet article.