ASTRAGALE. — ATELIER
Je choisis les- emplacements pour les fondations; je posai les briques non cuites; la totalité des femmes jeta au milieu des amulettes préservatrices contre les démons , comme ablutions des injures occasionnées par le creusement en Flionneur des divinités Nisroch, Siri, Milita;... avec leur permission Buprême, je bâtis pour demeure de ma rovauté des salles en ivoire, en bois d'ébène, de tamarisque , de lentisque , de cèdre , de pin, de cyprès et de pistachier; au-dessus j'entassai de grandes poutres courbées en cèdre que j'ai reliées par des poutres droites en pin et en lentisque maintenues par des crampons de fer... J'ai ouvert vers les quatre régions huit portes...
Nous avons cité cette traduction pour faire voir qu'on est aujourd'hui parfaitement d'accord sur la manière dont les palais assyriens étaient couverts; en effet, ce texte démontre que les murs supportaient une charpente faite avec des bois plus ou moins précieux. Nous ajouterons cependant que quelques chambres, au dire de certains auteurs , étaient destinées à rester ouvertes , et ceux qui les habitaient, pour se garantir des pluies de l'hiver et des chaleurs de l'été, les recouvraient de peaux de veau marin. A l'extérieur, les monuments ninivites étaient revêtus de plaques de marbre , au moins sur la façade principale ; sur les façades latérales, au contraire, on employait souvent des briques émaillées pour remplacer la pieiTe qui , dans ce pays, était très friable et sujette à se détériorer promptement.
Selon nous , l'art assjTien a une grande valeur ; il peut trouver place cà côté des arts hindou, égyi^itien, étrusque et grec; et il est probable qu'il a eu une influence marquée sur ce dernier, car les sculptures de Sélinonte et certains bas-reliefs ninivites paraissent avoir entre eux un degré de parenté tel qu'en plusiem-s endroits les premières semblent n'être que la copie des seconds. (Voy. Babylonienne et Persane, Architecture.)
Bibliographie. — Monuments de Ninive découverts et décrits "par M.P.-E. Botta, mesurés et dess. par M. E. Flandin, 5 vol. in-fol. Paris, 1849-50; The monuments of Nineveh, etc. Les monuments de Ninive gravés d'après les desnins faits sur tes lieux, par Austen-Henri Layard, 2 vol. in-fol. sans texte, Londres, 1853 ; Ninive et l'Assyrie, par Victor Place,
avec des Essais de Restauration par Félix Tliomas, 3 vol. in-fol. Paris, 18G7-70.
ASTRAGALE, s. m. — Moulure qui sépare le fût d'une colonne et son chapiteau. Il est assez difficile de dire si ce membre d'architecture appartient au chapiteau ou au fût. Dans l'antiquité l'astragale faisait toujours partie de ce dernier, tandis que dans le moyen âge il constituait in^^-ariablement la base du chapiteau.
Dans l'architecture antique, l'astragale se composait presque toujours d'un petit tore ou baguette réuîii au fût par un congé et un ca^-et ou adoucissement ; au moyen âge, au contraire, l'astragale se composait indifféremment d'un gros tore, d'un filet, d'un chanfrein, de faces planes, courbes on annelées.
L'astragale se place aussi quelquefois dans les bases de colonnes , notamment dans la base attique, oîi de doubles astragales accompagnées d'un filet séparent les scoties.
L'ét}ano]ogie de ce mot est assez curieuse ; astragale est dérivé de àcTpayaXoi; , qui désigne l'os saillant du talon, ou plutôt du tarse,
ATELIER, s. m. — Local dans lequel des artistes ou des ouM'iers traînaillent en commun aux différents ouvrages de leur art ; par extension, ce terme exprime la réunion même de ces individiis. Atelier est synonyme de chantier, quand le travail s'exécute en plein d'air.
Il est bien é\àdent qu'un atelier doit être proportionné au nombre d'ou\Tiers qui y travaillent, et en rapport avec le genre d'ou\Tage qui s'y fait. Un atelier, quel qu'il soit, doit satisfaire à toutes les conditions de salubrité : ainsi l'air devra y être attiré abondamment par une ventilation directe en été et combinée avec le système de chauffage en hiver (voy. Chauffage et Ventilation), la lumière du jour y pénétrer largement, et l'éclairage être abondant et coml)iné avec la ventilation.
'L'atelier d'architecture est un lieu où des commis architectes travaillent pour le compte de leur patron , ou bien un local où des élèves . étudient sous la direction d'un architecte professem- ; c'est même sous cette dernière acception qu'est prise l'expression atelier cVarchi-
ATHEXEE.
ATLAXTE.
tectiire, car dans le premier cas ou dit plutôt burecm de l'architecte. Le chef d'atelier d'architecture se nomme le massier, parce qu'il est le trésorier de l'atelier. — Les ateliers de peintre et de sculpteur doivent être vastes, largement éclairés par le haut et autant que possible du côté du nord. Les ateliers de peintre peuvent être construits soit au rez-dechaussée, soit dans les étages, surtout dans les étages supérieurs des maisons, car ils jouissent plus longuement de la lumière du jour. Les ateliers de sculpteur, au contraire, doivent être situés au rez-de-chaussée, car les blocs de pierre ou de marbre ne pourraient être hissés , même au premier étage, sans de grandes difficultés, et chargeraient les planchers. Une grande porte permettra l'entrée et la sortie des statues ou bas-reliefs , ainsi que le bardage des matériaux.
LÉGISLATION. — Il existe des lois et des ordonnances qui régissent l'administration et la police des ateliers, notamment pour le repos du dimanche et pour le travail des enfants ; nous n'avons pas à nous en occuper ici, mais nous devons donner l'ordonnance de police du 1 1 décembre 1852, relative aux mesures à prendre contre l'incendie ; ces mesures doivent être connues des architectes, sans quoi ils encourraient de graves responsabilités.
Titre IV, art. 20. — Les charrons, menuisiers, carrossiers et autres ouvriers qui s'occuperaient en même temps de travailler le bois et le fer sont tenus, s'ils exercent les deux professions dans la même maison, d'y avoir deux ateliers entièrement séparés par un mur, à moins qu'entre la forge et l'endroit où l'on travaille et où l'on dépose le bois il n'y ait une distance de 10 mètres au moins.
Art. 21. — Dans les ateliers de menuiserie ou d'ébénisterie et de peinture en décors, les forges ou les fourneaux dits sorhonnes, destinés à chauffer les colles , ne seront établis que sous des huttes en matériaux incombustibles.
L'âtre sera entouré d'un mur en brique de 25 centimètres de hauteur au-dessus du foyer, et ce foyer sera disposé de manière à être clos pendant l'absence des ouvi-iers par une fermeture en tôle.
Dans ces mêmes ateliers, on ne pourra faire usage des chandeliers en bois, et les copeaux seront enlevés chaque soir et renfermés dans un local isolé, autant que possible, desdits ateliers.'
Ateliers dangereux, ixcoipiODES ou
INSALUBRES. — Voy. ÉTABLISSEMENTS DAN- GEREUX, INCOiDIODES OU INSALUBRES.
ATHEXEE, s. m. — Xoni donné à divers édifices consacrés à Minerve ('A6r^vrj); c'était chez les anciens un lieu pul)lic où l'on étudiait les sciences, les lettres et les arts. Tel fut à Rome l'édifice bâti .sur le Capitole par Adrien (135 après J.-C). C'est dans l'Athénée que les littérateurs venaient lire ou déclamer leurs œuvres devant une assemblée nombreuse. Il y a eu des athénées à Alexandi'ie, à Lyon, à Paris et dans d'autres villes. L'athénée de Lyon jouit longtemps d'une grande célébrité, à cause des professeurs qui y enseignaient ; il avait été fondé par Caligula. L'athénée de Paris, fondé en 1785. par Pilâtre de Rozier, prit successivement les noms de Musée, Lycée de Paris, Lycée l'épuMicain. Des cours publics y étaient professés par Fourcroy, Chénier, Chaptal, Monge, Cmier, Marmontel, Garât, Lemercier, La Harpe et Ginguené. En 1792, un second athénée fut fondé avec la coopération de Berthollet , Condorcet , Dalayrac , Darcet, Daubenton, Fourcroy, Lalande, Lavoisier, Lesueur, Millin, Yauquelin et Vicq-d'Azir.
ATLAXTE, s. m. — Figure ou demifiofure d'homme soutenant un entablement et remplaçant des colonnes ou des pilastres. On a sans doute désigné ainsi ces cariatides en souvenir d'Atlas, personnage mythologique, qui avait pour mission de porter la terre sur ses épaules. On nomme encore ces mêmes figures télamons.
On donne chez nous, dit Vitruve (vi, 7), le nom de télamons à des espèces de figures viriles qu'on emploie à soutenir des- corniches ; les Grecs les appellent "AiXav-^ç; car Atlas est représenté dans l'histoire comme soutenant le monde , et c'est pour cela que les peintres et les sculpteurs le montrent dans cette attitude.
On appelle encore ces figures persiques, parce qu'il existait à Sparte un portique dont les soutiens étaient formés par les statues représentant les principaux chefs des Perses que les Grecs avaient vaincus. Le temple de Jupiter Oljanpien à Agrigente possédait dans sou
ATRAMEXTUM.
intérieur un second ordre, formé d'atlantes, et qui supportait la toiture de l'édifice. Ces statues ne mesuraient pas moins de 8 mètres d'élévation.
Fazello rapporte {de Rehits siculis) qu'il est fait mention dans un poëme du xv'' siècle de trois figures gigantesques dont le cou et les épaules servaient de support. Il ajoute que la chute de ces trois colosses eut lieu le 3 décembre 1401. (Voy. Quatremère de Quincy, Dict. d'Arch., au mot Agrigexte.)
Fig. 1. — Atlante d'Agrigcnte.
Xotre figure 1 montre un de ces atlantes ; il est tiré de i'ouM.*age de Hittorf et Zanth ( Arc//, antique de la Sicile, ou Recueil des plus tnléressants monuments d'arc//., etc,^ gr. in-fol. Paris, 1S2G).
Le théâtre de Bacchus, à Athènes, nous offre deux spécimens d'atlantes. {Bullet. de l'Acad. des inscrip., 18GÎ), p. 23 et suiv.) Xotre fig. 2 représente à quelque chose près un des atlantes de ce théâtre, dont le musée du Louxra possède quatre statues et le musée de Stockholm une cinquième. Dans le même théâtre? des silènes un genou en terre soutenaient l'entablement du proscenium. {3Ionume?ifs inéd. de l'inst. arch., t. 9, p. Î)!J.) A Pompéi il existait des atlantes en teiTC cuite dans le tepida-
rium d'un de ses thermes; ces statuettes, qui ne mesuraient que 0",G5 de hauteur, jiréscur talent divers t)q3es et séparaient de petites niches rectangulaires qui sans doute servaient à renfermer le linge ou des ustensiles de toilette et des parfums. Aux thermes de Corneto, il existait des figures du même genre. (Raoul Rochette, Mémoire sur les repr. fig. d'Atlas.) Le musée de Munich possède un atlante agenouillé provenant du petit théâtre de Pom-
Fig. 2. — Atlante du théâtre de Bacchus (musée du LouTre).
péi ; il en existait deux pareils, qui étaient placés aux deux extrémités d'une des précinctions. (Xiccohni , Case di Pompei.)
Les anciens plaçaient également des atlantes comme décoration sur les côtés des navires. Le fameux vaisseau d'Hiéron II de Syracuse nous en fournit un exemple. (.4 then. , t. 5 , c. 42 , p. 208; t. 2, p. 301, éd. ScJiaiv.) (Voy. Ca-
lîIATinES.)
ATRAMEXTUM. — Vernis dont les peintres de l'antiquité couvraient leurs tableaux. (Pline, Hist. nat., xxxv, 30, 18.) X^ir (|ue les cordonniers employaient pour noircir leur cuir {ib., XXXIV, 32) ; enfin ce mot signifiait encre. (Cic, ad Q. F., ii, l.-i.)