‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 111 sur 325 · AUGET · texte numérisé non relu

AUGET

dont l'usage se généralise de plus on plus, commencent à restreindre l'emploi de l'auget.

rig. 2. — Auget cintré (plancher en bois).

Cependant, même dans les planchers en fer, on exécute des augets ; ils sont soutenus par des fers carrés, nommés Fantons, Carillons, Côtes de vache (voy. ces mots), qui portent sur des entretoises accrochées aux solives en fer : tout cet ensemble se nomme Paillasse (voy. ce mot). Notre figure 3 montre la structure d'un plancher en fer : on y voit

Fia

■ Auget cintré (plancher en ferj.

les solives à droite et à gauche ; les fers parallèles à celles-ci sont les fantons ou carillons, et les fers transversaux les entretoises ; enfin on aperçoit, dans le fond, l'auget.

Pratique. — On emploie pour les augets du plâtre au panier (voy. Plâtre), qu'on doit gâcher pur et autant que possible bien serré. Que la surface sur laquelle on exécute les augets soit horizontale ou oblique, plane ou courbe, les moyens d'exécution sont les mêmes ; seulement les surfaces obliques, et surtout les surfaces courbes, présentent plus de difficulté et , nécessitent beaucoup plus de plâtre ; aussi accorde-t-on une plus-value d'évaluation pour ce travail. Les augets se construisent de deux manières : à la parisienne , et à Vitalienne. La première consiste à poser sous les solives un échafaudage qui maintient une sorte de faux plancher pro-^isoire sur lequel les maçons coulent le plâtre entre les solives, soit à la truelle, soit en versant l'augée tout entière. A^-ant la prise du plâtre, ils le lissent à la truelle, en

règlent l'épaisseur, qui doit avoir environ 0'",027. Lorsque les augets doivent être cintrés, on implante au préalable des clous à bateaux sur les jouées des solives, ce qui facilite l'adhérence du ])lâtre sur les solives en bois. La seconde, qui s'exécute entièrement par-dessous, est réservée pour les augets qu'on fait, après coup, sur un plancher dont les sohves sont restées apparentes. Ce dernier procédé est encore usité lorsque dans une réparation on conserve intact le dessus du plancher, ou la couverture d'un comble. Le plafonnage d'mi dessous d'escalier ne peut être fait autrement. Le procédé à l'italienne est aussi souvent remplacé par un gobetage jeté sur lattis jointif. Pour les augets à l'italienne, le cintrage et l'exécution sont simultanés. L'échafaud et le lattis pour plancher en bois, ou la paillasse pour plancher en fer, étant terminés, on prépare, sur l'échafaud et en face de chaque intervalle de solive, des planches d'une longueur et d'une largeur convenables et aussi ijlanes que possible. On se munit également d'étrésillons d'une longueur déterminée par la distance qui sépare l'échafaud du plafond; puis, après avoir bien remué et brassé le plâtre dans l'auge , on l'étalé sur une ou deux planches ayant la largem' et l'épaisseur de l'auget. La planche est alors soulevée par deux ouvriers qui l'appliquent -vivement contre le lattis du plafond et dans l'intervalle des solives.

Pendant ce temps, d'autres ouvriers j^lacent sous chacune des extrémités de la planche un étrésillon qui doit forcer sur celle-ci et l'échafaudage. Un troisième et quelquefois un quatrième étrésillon sont placés dans la partie moyenne de la planche , sur laquelle on frappe à coup de hachette pour mieux faire pénétrer le plâtre entre les lattes. Le décintrement s'opère aussitôt que le plâtre a fait prise. Les étrésillons et planches sont portés plus loin, pour servir au même usage.

L'exécution des augets à l'italienne présente, comme on le voit, assez de difficulté, et exige une grande habileté et prestesse de la part des ou\Tiers. Quand le travail a été bien exécuté, les dessous des augets sont bien plans et sans bavures.

Au fur et à mesure de leur exécution, on

AUCTVES.

AUSSTERE.

doit piquer légèrement à la hachette le dessous des augets, pom- faciliter l'adhérence du crépi qui doit être exécuté ultérieurement. Ce pi- (]uage est exécuté par le compagnon pendant (jue son garçon gâche le plâtre. Dans les planchère en bois , à solives posées de champ et espacées, tels qu'on en fait beaucoup en province, un mètre superficiel d'augets se compose d'environ 0",7.5 de surface d'augets ; le surplus, 0"\25, représente la surface des solives.

Dans certaines contrées où l'on emploie des solives caiTées et posées tant pleines que vides, la surface réelle des augets varie de 0"\50 à O",!!") par mètre carré de plafond. Un mètre superficiel d'augets plats ordinaires exige 0'",025 cubes de plâtre, y compris un vingtième de déchets , un sixième d'heure de maçon et aide, non compris l'établissement de l'échafaud.

Pour les augets cintrés, la quantité de plâtre est presque double. Pour ceux à l'italienne , elle n'est que d'un dixième environ plus forte, mais pour ceux-ci la main-d'œmTe est plus considérable d'un cinquième.

AuGET. ^ Jouées des massifs de Moello- XAiLLE (voy. ce mot), dans lesquelles sont scellées les lamljourdes d'un parquet, mais seulement quand ces jouées sont cintrées (fig. 4), pour donner plus de solidité au massif. On

Fig. 4. — Auget de lambourde.

fait aussi ces augets avec des petits plâtras et plâtre de chaque côté des lambourdes.

AuoET. — Yasc long contenant du plâtre, que les plombiers portent avec eux lorsqu'ils vont poser des tuyaux.

Auget. — A"oy. Abreuvoir, § 2 et ;3.

AUGIVES (Croix ou Croisée d'), s./.— Nom que portaient autrefois les nervures saillantes et diagonales des voûtes d'arête. (Voy. Ogive.)

AULNE ou AUNE, s, m. — {AInvs, fam.

des amentacées.) Arbre dont le bois blanc est très léger ; il croît dans les terrains humides et au bord des eaux ; sa hauteur moyenne est de 24 mètres, son diamètre de 0™,75. Son bois se corrompt facilement à l'air, mais sous l'eau il peut durer longtemps sans s'altérer; aussi est-il employé pour pilotis, tuyaux de conduite, de pompe, etc. Les loupes d'aune sont employées en ébénisterie pour remplacer l'ébène, car ce bois prend fort bien le noir et se polit admiral)lement.

Sa densité est de 0,55;"), et après trois mois de coupe de (»,()80.

AUMONERIE, s.f. — Étabhssement hospitalier desserW par des moines, et qui dans les premiers temps du moyen âge existait dans le voisinage et en dehors des portes de villes. Les amnôneries recevaient et hébergeaient les voyageurs et pèlerins, qui donnaient une amnône pour témoigner de leur reconnaissance envers les moines : c'était tout simplement le moyen d'acquitter les frais qu'on devait , aussi ne pouvait-on s'en dispenser. Par la suite les aimiôneries devinrent des collégiales ou des hôpitaux. — Dans les abbayes ou les monastères, on donnait ce nom à un bâtiment séparé des autres constructions et dans lequel on distribuait les amnônes. (Voy. Abbaye, Monastère.)

AURORE , s.f. — Couleur obtenue à l'aide du jaune de Naples et de mine orange, ou orange mars.

AUSSIERE, s. f. — Cordage ordinaire employé dans l'industrie du bâtiment. Elle est à ti-ois ou quatre torons, rarement plus, et chaque toron se compose d'un nombre de fils qui varie de o à 80 , suivant le diamètre du fil. Les aussières sont fabriquées de plusieurs manières : tantôt elles sont formées uniquement de torons, tantôt ces derniers sont commis autour d'une âme. Suivant leur diamètre et leur usage, les aussières portent div'crses dénominations, telles que h'f/nes ou cordeau, cordar/e h main, troiissières , haulans ou cordage proprement dit, enfin, câhleau, câhh ou câhlef. (Voir ces mots à Cordage.) On écrit aussi

Page 1