AUTEL
JMUsaière, mais avec cette orthograi)lie c'est plutôt 1111 terme de marine.
AUTEL , s. m. — Du latin altare, dealfa ara, l^late-forme élevée, ou simplement lieu haut. Dès que l'homme eut reconnu l'existence de la Divinité et qu'il en eut apprécié la puissance, il voulut l'honorer et se la rendre propice par des ofFi'andes. Une pien'e fichée en terre, mie table de pierre ou un tertre de gazon durent être les premiers autels sur lesquels l'homme offrit des sacrifices. — L'autel conserva un caractère grossier chez les peuplades sauvages, tandis que chez les peuples civilisés il revêtit les formes décoratives les plus diverses et devint un véritable objet d'art.
Parmi les autels primitifs, il faut mentionner les menhirs et peut-être d'autres Monuments CELTIQUES (voy. cc mot) que la religion de nos ancêtres avait consacrés au culte druidique. Les curieux monmnents du Mexique nommés téocalli n'étaient peut-être que des autels ou des éminences leur servant de support. (Voy. Mexicaine, Architecture.) Ce qui accréditerait cette supposition, c'est que les autels du feu, retrouvés dans l'Asie, principalement en Perse, présentent des analogies frappantes avec les téocalli.
Les anciens plaçaient leurs autels tantôt dans des temples, tantôt en plein air. Chez les Grecs, les autels des dieux de l'Olympe, des dieux célestes supérieurs, se dressaient dans des lieux hauts {altl), d'oîi "vient peut-être la deuxième étymologie à'altare. Au contraire, les autels élevés aux dieux de la terre étaient à hauteur d'homme et ceux des dieux infernaux au fond d'un trou (scrohiculus) ou d'une fosse ; ce qui a fait dire à Ovide (Jlètaïu., 8, V. 245) que, dans un sacrifice à Phitoii, les prêtres, au lieu de recueillir le sang des victimes dans des coupes, le laissaient couler dans des fosses creusées en terre. Les autels chrétiens furent toujours placés sur le sol ou exhaussés d'un petit nombre de degrés seulement.
I. Autels antiques. — La forme des autels antiqiies varia selon leur destination spéciale plus encore qu'à cause de l'art de tel ou tel peuple. Ceux qui servaient aux libations
étaient creusés en foiTne de plateau ou de petit bassin ; d'autres, affectés aux sacrifices d'animaux ou destinés à recevoir des offi'andes, avaient une surface plane.
Les autels des ])euples asiatiques et des Egy]itiens étaient généralement coniques ou cylindriques, posés sur une base formée de l)ieds de griffons, couverte d'hiérogly^ihes ou de caractères cunéiformes. Ils étaient ordinairement en basalte. Ceux des Grecs et des Romains, faits de pieiTc, de marbre ou de bronze, étaient de forme triangulaire, quadrangulaire ou cyliiidri(]ue , composés d'un coi^is ou dé avec liase et corniche. Xotre figure 1 montre un plan d'autel triangulaire ; notre figure -2, un autel grec ; notre figure 3, un autel
Fig. 1. — Plan d'un autel triangulaire.
romain, d'après un monmnent antique du Louvi'e. Souvent cette dernière partie de l'autel formait un entablement complet. Sa frise était
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Fig. 2. — Autel grec circulaire.
alors ornée de trigiyphes ou de bucranes rattachés les uns aux autres par des guirlandes. La partie supérieure de l'autel s'amortissait souvent en forme d'adoucissement, ou en-