BARDAGE
les pierres, les pièces de cliarpente et autres fardeaux. Il se fait à bras, à l'aide de PixcES, de Leviers, ou avec le Cric (voy. ces mots). Chaque fois que la pierre accomplit son mouvement de quartier, on doit la faire reposer
Jig. 1. — Pierre sur deux rouleaux.
sur un moellon formant cube, destiné à amortir sa chute, et à faciliter sa prise par l'arête inférieure, pour lui donner un nouveau quartier.
Pour barder les pierres au rouleau, il faut que le sol soit parfaitement aplani ; aussi c'est dans ce but (jue le trajet s'effectue sur un chemin formé de plats-bords. En effet, les rouleaux, étant légèrement fuselés, ne portent que sur leur milieu, et le plus faible obstacle ou la moindre inégalité du terrain ferait dévier les rouleaux de la direction que le Bar- DEUR (voy. ce mot) leur imprime. Ce simple point de contact, qui supprime un large frottement, facilite singulièrement la manœuvre et permet de modifier à chaque instant la direction du bardage ; cette modification s'obtient en frappant avec un maillet de bois sur l'une des extrémités du rouleau de tête, qui pivote sur lui-même. Nos croquis faciliteront l'intelligence de cette manœuvre. La figure 1
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Fig. 2. — A droite, dégagement d'un rouleau; à gauche, pierre en marclie.
fait voir un bloc de pierre sur deux rouleaux, au moment où il porte à peine sur le premier, ce qui permet de rouler la pierre ; notre figure 2 montre la même pierre de profil : ici l'un des rouleaux est dégagé, un paillasson reçoit l'angle de la pierre et amortit le contre -coup qu'elle rece^Tait en frappant directement sur le sol ; à gauche de la même figure , on voit la pierre en roulement. La figure 3 fait voir que, si les rouleaux sont parallèles au bloc, il avancera vers le point a; si le rouleau de tête
ol)lique à gauche, ou à droite, le même bloc se dirigera sur le point h, ou du côté opposé, car le mouvement est toujours normal à la direction des rouleaux.
Fig. 3.
■ Tlicorie du bardage : a, marche droite; b, marche oblique.
Le bardage au rouleau est employé dans bien des cas : ainsi le croquis (fig. 4) fait voir le bardage d'une statue et d'un vase ; on ])arde de même les blocs de marbre, les pièces de fonte , de bronze et de fer.
Quand le bardage s'effectue sur nn plan incliné ascendant, on fait avancer le fardeau à l'aide de innces, pendant que d'autres ouATiers le tirent avec une corde, soit à bras, soit à l'aide d'un treuil ; s'il s'effectue sur un plan incliné descendant, pour la construction de caves par exemple, la manœu\Tese fait inversement, c'est-à-dire que le fardeau est fixé à une corde retenue à bras ou par un treuil. Cette corde est aussi enroulée quelquefois autour d'un pieu de retenue, et le fardeau n'avance qu'au-
tant qu'on lâche de la corde. — Les pierres tendres, sujettes à s'écorner ou à s'épaufrer facilement, ne portent pas directement sur les rouleaux; im madrier, nommé poulain, leur sert de doublure.
Anciennement, dans beaucoup de contrées, les pierres étaient taillées et profilées dans un chantier éloigné de la construction où elles étaient employées ; il en est encore ainsi de nos jours, et dans ce cas elles sont menées à j^ied d'œu^TC sur un binard : il faut donc que le char-