‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 14 sur 325 · ABAT ON. — ABATTOIR · texte numérisé non relu

ABAT ON. — ABATTOIR

disposition pour raccorder la décoration intérieure et extérieure d'un édifice, comme l'a fait l'architecte Lcmercier aux baies des vitraux du dôme de la Sorbonne.

II. On appelle aussi aiaf-Jour un cofîi'e en bois qui s'applique extérieurement à une fenêtre ; ce coffi'e, plus large au sommet qu'à sa base, laisse pénétrer le jour par en haut. Les joues de ce coffi'e sont en menuiserie pleine, mais les faces sont souvent faites avec des lames de persiennes.

Fig. 3. — Abat- jour.

On utilise ces abat-jour dans les fenêtres des rez-de-chaussée pour les écoles, afin que les enfants ne soient point distraits par la vue de la rue. On les utilise aussi dans les prisons et dans les monastères, pour empêcher les personnes enfermées dans ces établissements de communiquer avec le dehors. Ce mot est invariable au pluriel; on écrit des aiat-joîir. (Voy. Ebrase:u:ext , Soupirail, Glacis.)

ABATON, s. m. — De àêaToç, inaccessus, inaccessible. — Edifice de Rhodes dont l'entrée était défendue à tous les citoyens , parce qu'il renfermait un trophée et des bronzes que la reine Arthémise y avait fait enfermer en mémoire de son triomphe sur cette ville.

ABAT-SOX, s. m. — On nomme ainsi des lames de bois recouvertes de plomb, de zinc ou d'ardoises, qui, posées dans les baies d'un clocher, empêchent la pluie d'atteindre les beffrois. Ces lames sont aussi disposées de façon à renvoyer le son des cloches vers le sol.

Sans remonter à l'origine des cloches, l'usage des abat-son est fort ancien. Ils apparaissent vers le xii'^ ou le xiii* siècle. A cette époque, les abat-son étaient fort bien décorés, à en

juger \x\v les exemples qu'on trouve dans les anciens manuscrits, tandis que ceux construits postérieurement sont nus et d'une grande lourdeur. Leur disposition présente môme l'inconvénient de couper et mas(|uer en partie l'architecture des clochers.

Les abat-son, étant des constructions secondaires, sont subordonnés à la disposition, à la forme et à la décoration des clochers.

Pour des exemples, voir les figures au mot Clocher.

ABATTOIR, s. m. — Ensemble de constructions ou établissement affecté à l'abatage et au dépeçage des animaux destinés à l'alimentation de l'homme.

Avant la création, assez récente, du reste, des abattoirs, les bestiaux étaient égorgés dans l'intérieur des villes, où les bouchers possédaient des tueries ou écorcheries particulières. On comprend les graves inconvénients que devait présenter un tel état de choses sous le rapport de l'hygiène et de la salubrité publiques surtout dans les cités populeuses.

Les abattoirs doivent être situés aux extrémités des villes, et même hors des murs ou rayons d'enceinte, si c'est possible. Lorsqu'on peut les établir sur les bords d'une rivière ou d'un fleuve, on doit le faire ; mais il est indispensable que ce soit en aval de la ville. Il est utile que ces établissements soient isolés et entourés d'un mur d'enceinte suffisamment élevé et percé d'une ou deux portes au plus, car un plus grand nombre pourrait nuire à la surveillance des entrées et des sorties. Enfin l'accès doit en être facile, afin d'éviter l'encombrement, lors de l'introduction des bestiaux.

Généralement, près des abords des abattoirs il existe un grand parc entouré de clôtures et possédant un ou plusieurs abreuvoirs ; ce parc sert de marché aux bestiaux.

Ces conditions élémentaires une fois remplies, il n'est pas moins essentiel que l'intérieur des abattoirs soit distribué de telle sorte que toutes les opérations puissent s'y pratiquer sans se nuire les unes aux autres.

A Paris, les inconvénients signalés précédemment présentaient plus de gravité que partout ailleurs ; cependant, malgré de noml)reuses

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