‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 148 sur 325 · BAS-RELIEF · texte numérisé non relu

BAS-RELIEF

bas-reliefs méplats. Ce mode crexéciition exige un grand savoir du dessin, et c'est peut-être là une des causes qui ont fait des Grecs des dessinateurs aussi élégants et aussi corrects. Bientôt , surpassant leurs maîtres , ils donnèrent aux figures un relief plus réel en reculant le champ ou fond, opération qui n'exigea pas d'abord un talent supérieur, mais qui constitua le bas-relief tel que nous le comprenons aujourd'hui. Pendant longtemps cependant leurs figures , bien que détachées du fond , conservèrent u}i relief aplati qu'on remarque encore au Parthénon d'Athènes (fig. 1) et sur d'autres

Fig. 1. — Bas-relief du Parthénon.

édifices appartenant à l'époque la plus florissante de leur architecture. Les Romains, au contraire, se rapprochèrent davantage de la nature, et tirèrent tout le parti possible de la sculpture en bas-relief.

Dès l'antiquité la plus reculée (c'est aujourd'hui un fait indubitable), les bas-reliefs étaient souvent rehaussés de couleur, et cet usage de peindre les sculptures pour en faire valoir les saillies ou pom* essayer de représenter et d'imiter plus complètement la nature a été en faveur chez les Egyptiens, les Assyriens, les Grecs, et chez le^ peuples modernes, jusqu'au seizième siècle compris. — Les l)as-reliefs ont été et sont encore employés le plus ordinairement à la décoration des monuments d'architecture ; ils sont sculptés dans la masse même de la pieiTe, au lieu et place qu'ils doivent occuper. Souvent au.ssi ils sont exécutés sur des tables ou l)locs isolés, qui s'appliquent après

coup et par encastrement à leur place définitive. Ce procédé, qui facilite le fini de l'exécution , a cependant le grave inconvénient d'empêcher de juger de l'eff^et que les bas-reliefs produiront une fois en place. Ceux qui spnt sculptés sur des panneaux de menuiserie ou sur des parois de murs ne doivent offrir ni fortes saillies ni plans multipliés, sous peine de rompre l'harmonie des lignes de l'architecture. Du reste, si ces bas-reliefs étaient fouillés trop profondément, la vue en serait péniblement affectée, car la paroi d'un mur portant un pareil bas-relief semblerait manquer de solidité. Les grands frontons des moniiments, qui ne sont vus qu'à distance , peuvent seuls recevoir des sujets sculptés en haut relief, et les personnages qu'ils représentent y occuper plusieurs plans. Les sculpteurs de l'antiquité et les modernes qui ont suivi leurs traces n'ont guère admis qu'un plan, rarement deux, dans leurs bas-reliefs : ainsi le relief des frises du Parthénon est très aplati ; les figures sont toutes situées sur un même plan , et sont très souvent séparées les unes des autres, afin que l'ombre portée , qui est ici une ombre véritable , ne cache pas par parties le bas-relief.

A très peu d'exceptions près, les artistes grecs ont admis plus de deux plans ; quelques sarcophages romains du Bas-Empire possèdent des bas-reliefs qui ont trois et quatre plans. On peut voir au musée Pio-Clémentin un des plus beaux spécimens de bas-relief antique : il est du sculpteur Archélaûs de Priène ; il représente l'apothéose d'Homère. Parmi les basreliefs romains remarquables, nous mentionnerons ceux de la colonne Trajane, ceux de l'arc de Titus. — Le style roman, à son origine, n'a guère produit, surtout dans le Nord, que des bas-reliefs grossiers, d'un dessin très incorrect ; cependant, aux ix'^ et x^ siècles, les sculpteurs romans ont fourni des œuvres meilleures, dessinées assez correctement, sinon avec un go vit parfait. Le moyen âge a très largement utilisé le bas-relief pour la décoration de ses monuments, et les sculpteurs de cette épocpie ont empranté leurs sujets aux scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Les xi° et xii^ siècles n'ont pu créer des bas-reliefs remarquables, et, quoiqu'à cette

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