BLOCAGE
(luite en poudre, donne le colialt ou bleu d'azur. Le lieu d'outremer est obtenu par le lapis-lazuli ; la cendre bleue est une combinaison de l)isulfate de cuivre et de potasse broyé avec de la chaux et du sel ammoniac. Ce bleu n'est guère employé que dans l'industrie des papiers peints.
La chimie moderne a découvert une quantité de bleus employés pour la teinture, la peintui'e ou l'aquarelle; nous n'avons pas à parler des premiers, mais nous citerons les noms des derniers : ce sont le smalt, le tournesol.
A l'exception des bleus d'origine tout à fait moderne , l'antiquité et le moyen âge ont connu et employé les bleus végétaux et minéraux dont nous avons parlé. On a même constaté dans les monuments égyptiens la présence du cobalt et d'un bleu un peu plus foncé, qui cependant n'est pas l'indigo ou le bleu de Prusse pâle. Ce même bleu a été employé dans la Polychromie (voy. ce mot) des Grecs , des Romains et des Arabes. Ceux-ci paraissent avoir employé en grand le bleu d'outremer, d'un ton plus vigoureux et plus durable. Ils le tiraient de l'Asie centrale. Ils en firent une application très étendue pour la décoration de leurs mosquées. En Occident, les architectes du moyeu âge cou'STirent aussi de bleu les voûtes de leurs églises, et, pour leur donner une ressemblance avec le ciel, ils les parsemèrent d'étoiles d'or et d'argent.
BLINDAG-E, s. m. — Quand on exécute des fouilles dans un terrain léger et sablonneux, dans des terres rapportées , on a souvent à craindre des éboulements ; aussi , pour mettre les ou\Tiers à l'abri des éboidis, on applique de chaque côté de la tranchée une sorte d'étalement particulier nommé hlmdage. Il se compose de planches-madi'iers ou plats-bords appliqués longitudinalement à la fouille et sur ses côtés (voy. notre figure). Ils sont posés jointifs, si le terrain est très meuble ; quelquefois même on pose des Fourrures (voy. ce mot) sur les joints dans les tranchées faites dans le sable. La charpente employée pour un blindage se compose de madi'iers longitudinaux dont ■nous avons parlé, de madriers verticaux.
nommés couches, appliqués sur ceux-ci et espacés de 1"',80 ou l'",4(», et qui sont soutenus par ([q^ fiches et des contre-fiches appuyant sur les couches , et sur des madriers, appelés coudas,
Blindage des terres.
posés sur le fond de la fouille. Les fiches et contre-fiches sont maintenues en place par des chevilles de fer plantées à leur extrémité.
BLOC, s. m. — Gros quartier de pierre ou de marbre tel qu'il sort de la caxTière. On nonnne Moc d! échantillon celui qui sur la can-ière a été ébauché suivant des dimensions données. Les Arases (voy. ce mot) des murs en fondation, avant lem' sortie de terre, sont couronnées de blocs de pierre nommés Libages (voy. ce mot).
Bloc (Traité en). — Se dit d'un marché de maçomierie, de serrurerie, de charpente, etc., qui ne stipule pas de détails ou sous-détails de prix ni de main-d'œmTe ,. ou de la quantité de fournitures à employer. Un traité ainsi comprit est toujours dangereux; car s'il fait bénéficier l'un des traitants, il porte souvent préjudice à l'autre.
BLOCAGE, s. m. — Menues pierres, ou moellonaille , qu'on jette, à bain de mortier, comme remplissage entre deux parements d'un mur, ou pour constituer un mur à l'aide de chaînes en pien-e ; ce dernier genre est Vopus incertum des Romains. (Voy. Appareil, fig. 9 et 10.)
La solidité du blocage, qui est une sorte de béton à gros matériaux, réside surtout dans la cohésion desamasse. On peut, comme le béton, le composer de pierres de toutes sortes, pour\Ti
BLOCAILLES.
BOIS
2fil
qu'elles soient dures et que le mortier de liaison soit de bonne qualité.
Blocage. — Pavement fait avec des pierres brutes, galets, meulières, caillasse, posés de champ, serrés avec des éclats de pieiTes de même nature. Les interstices sont remplis avec du sable et du gra\ier.
BLOCAILLES, s. f. pi — Petites pierres ou moellons, provenant des débris des gros blocs de carrière qui par leur dimension ou la défectuosité de leur forme ou de leur constitution ne peuvent être employées comme pierres d'appareil.
BLOCHET, s. m. — Pièce horizontale d'une ferme de comble recevant le pied de l'arbalétrier et dont l'extrémité est moisée dans la jambe de force. (Voy. Ferme.)
Les blochets se posent sur le haut des murs ou sur les plates-formes avec lesquelles ils sont assemblés ainsi qu'avec les jambes de force.
— On nomme Hochet d'arêUer celui qui se trouve à l'angle d'un comble et qui reçoit le tenon de l'arêtier : Hochet mordant, celui qui s'assemble à queue d'aronde avec le che\Ton.
BLOCKHAUS, s. m. — Fortin élevé, construit en bois sur une poutre, sur un mât, sur un bout de colonne ; il y a aussi des blockaus élevés en maçonnerie.
BLOQUER, V. a. — Placer des pierres les unes contre les autres sans prendre d'autres précautions que de les serrer aussi bien que possible. Elever un mur eu moellons au di'oit d'une paroi verticale de terre ou entre deux parois, comme dans une rigole ou tranchée. Le parement brut qui en résulte est dit parement blocjué. — Exécuter le blocarje d'un mur en pien-e de taille , c'est-à-dire en remplir l'intérieur conune il est dit au mot Blocage.
— Paver en petits blocs bruts de caillasse ou de meulière, ou autre pierre dure, en posant les blocs de champ et en remplissant les interstices de Garxls (voy. ce mot et Blocage).
BŒUF (Œil-de-). — Voy. Œil-de-bœuf.
BOIER, s. m. — Synonyme d'égout, cloaque. (Voy. Égout.)
BOIS, s. m. — Partie intérieure des arbres qui présente un tissu plus ou moins serré, plus ou moins solide. Le bois est un des matériaux les plus importants dans l'art de bâtir. Il est très difficile de bien le connaître , car les bois de construction sont sujets à tant de maladies, ont tant de défauts qui les rendent vicieux, (pi'il faut être du métier pour juger de leur véritable valeur.
Quand on scie un tronc d'arbre perpendiculairement à son axe, on distingue deux parties d'un aspect différent : l'une, de peu d'épaisseur, assez tendre, qui est Vécorce; l'autre, composée de fibres plus serrées et plus dures, qui est le lois. Ces deux parties sont formées de couches concentriques : la couche adjacente à l'écorce est le lilter; les couches rapprochées de celle-ci se nomment auhier on faux l>ois; les dernières, jusqu'au centre, sont le lois , le l)oisfait, le lois parfait.
Avant d'employer le bois dans les constructions, on supprime l'écorce, car elle engendre la pourriture, en donnant asile aux vers rongeurs. On supprime également l'aubier, car il présente presque les mêmes incon^'énients que l'écorce. On distingue parfaitement ce faux lois du bois fait à sa couleur plus pâle. — Plus un arbre est âgé , plus le nombre de ses couches concentriques est considérable, de même que les espèces o\\ essences qui ont les couches fines et serrées sont plus résistantes que celles qui les ont lâches et tendres. Quand, à l'aide de la scie, on refend un arbre parallèlement à son axe , on obtient , dans les plans qui passent par le centre, et suivant l'essence ou l'espèce, des surfaces lisses et brillantes, (ju'on nomme mailles ou miroirs; celles-ci diminuent à mesure que les plans parallèles au diamètre s'éloignent du centre.
Défauts du bois. — Les arbres sont sujets à des maladies et à des défauts nombreux , qui doivent faire rejeter de toute bonne construction ceux qui en sont atteints, à cause des accidents qui en résultent. Les principales maladies des bois sont : V échcmffement , qui est le premier degré de la décomposition des bois ; il
BOIS
s'annonce par l'odeui- clésagréaljle qu'il dégage et par la présence de taches d'un blanc verdâtre ou rougeâtrc, suivant l'espèce. Cette altération provient de plusieurs causes : défaut de ventilation du local qui renferme le bois, emmagasinement des ])ois provenant de coupes trop récemment faites, etc.
Des excroissances (agarics ou champignons) se déveloi^pent parfois sur les bois et produisent une 20ourriture sèche, nomme carie. Quand on emploie dans les constructions des bois trop verts, c'est-à-dire des bois mis en œuvre avant leur entière dessiccation, ils sont sujets à la vermoulure. Comme son nom l'indique, cette maladie est produite par de petits vers qui prennent naissance dans les bois échauffés. — Outre ces défauts apparents, qui résultent de causes postérieures à l'abatage de l'arbre, il en est d'autres qui prennent leur origine tandis qu'il est encore debout ; ce sont : les gélivurcs, fentes dirigées du centre de l'arbre vers la circonférence ; elles sont produites par de fortes gelées ; si les fentes sont très nombreuses, on dit que l'arbre est cadrané ou étoile; la roulure, solution de continuité entre les couches annuelles; \q^ gerçures, fentes transversales à la longueur des fibres. Si un arbre a des couches d'aubier interposées entre des couches de lois parfait, on dit qu'il est à donble aubier; il doit être rejeté conune impropre aux constructions. S'il est à la fois à double aubier et à gélivures, on le nomme gélif entrelardé; il est dit dois bouge, lorsque le vent l'a courbé.
Les maladies des arbres leur occasionnent des loupes ou exosfoses, qui sont recherchées pour la marqueterie, parce que ces bois, très compacts en certains points, produisent des dessins très variés et parfois originaux ; mais cette excroissance épuise l'arbre, qui ne fait que du mauvais bois; des dépôts, abcès, écoulements de sève, gouttières, qui proviennent d'un excédent de sève : celle-ci perce l'écorce, s'écoule sur l'arbre et le pourrit sur son parcours.
Les arbres trop vieux sont dits sur le retour; ils se couvrent de moisissures, moiisses, agarics, champignons , qui altèrent jirofondément leur composition. Les arbres ainsi attaqués sont sujets à la pourriture et n'ont aucune élasticité.
CONSERVATIOX DES BOIS. — On. a cherché de nombreux moyens pour conserver les bois de construction et pour augmenter leur durée, leur force et leur résistance, qui sont les principales qualités du ])ois. On a étudié successivement l'influence que pouvait avoir le mode d'abatage et d'écorcement, l'immersion, le flottage et l'injection. Avant d'aborder ces diverses opérations, décrivons la méthode ordinaire de conserver les bois sans avoir recours aux moyens artificiels.
En attendant leur mise en œuvre, les bois doivent être placés dans une situation telle que leur dessiccation les bonifie. On doit les protéger contre les coups de soleil et les effets de trop grandes chaleurs : ce sont autant de causes qui les font fendre ou tout au moins gercer. On évitera de les faire passer par des alternatives de sécheresse ou d'humidité. On les empile ordinairement sous des hangars, de façon que l'air puisse librement circuler autour de chaque pièce. C'est dans ce but qu'on pose sur le sol les premières pièces de bois sur des chantiers dont les traverses sont assez rapprochées pour empêcher les bois de ployer sous leur propre charge. On empile un deuxième rang sur le premier, puis un troisième et un quatrième, s'il y a lieu, en intercalant des épingles ou tasseaux entre chaque rangée.
ÉCORCEMENT, ÉcORÇAGE. — L'écorçagc a été fort controversé parmi les sylviculteurs ; les uns sont pour, les autres sont contre. Ce désaccord provient de l'élimination de l'un des éléments les plus importants de la discussion : le laps de temps écoulé entre l'écorcement et l'abatage. Si l'on tenait compte de cette donnée, on arriverait aux résultats les plus divers, suivant que l'on ferait intervenir les phénomènes de la circulation intérieure avant ou après l'abatage de l'arbre. Xous trouvons cette opération mauvaise, mais iious conseillerons à ceux qui tiennent quand même à écorcer d'abattre les arbres avant le 15 avril. Malheureusement aujourd'hui l'exploitation a lieu en tout temps, principalement lorsque la sève est en mouvement ascensionnel : c'est là un tort, car les bois coupés pendant cette période ne sèchent jamais qu'imparfaitement, surtout s'ils
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ne sont point flottés. Si l'on fait la conpe dans une saison défavorable, c'est pour écorcer, ou par négligence, ou par ignorance.
Pour éviter l'infériorité du bois comme qualité, il faudi'ait réglementer les coupes et défendi'e l'abatage à d'autres époques que celles indiquées par les usages forestiers. La meilleure serait en novembre.
Immersiox. — L'immersion a pour but de chasser la sève des l)ois immergés, et par suite d'activer leur dessiccation. On expulse plus rapidement la sève en plongeant les bois dans une eau à 30 degrés centigrades. On ne peut pas toujours pratiquer cette opération sans dépense, mais parfois le voisinage d'une usine ou d'une fabrique à vapeur permet de l'exécuter sans frais.
Flottage. — Comme l'écorçage , le flottage a été aussi fort controversé ; il peut rendre cependant des services incontestables pour la conservation et la prompte dessiccation des lx)is. Xous devons ajouter pourtant qu'il existe des monuments fort anciens, qui remontent aux V* et VI^ siècles, et dans lesquels les bois de charpente sont parfaitement conservés, quoique n'ayant jamais été flottés; ce sont principalement des châtaigniers.
IxjECTioxs. — Pour augmenter la durée des bois, on a empl(5}'é diverses substances empjTeumatiques , telles que créosote, acide pp'oligneux, goudron, coaltar; on a également essayé des injections salines. Ce qui paraît avoir le plus d'efficacité , ce sont les solutions au sulfate de cuiATe, injectées par le procédé de Boucherie. On a également employé des solutions de chlorhydrate de zinc ; les bois injectés par ce dernier procédé peuvent être peints et encollés, tandis que ceux injectés au sulfate de cuiATC ne prennent que difficilement la peinture, et encore celle-ci finit avec le temps par s.'écailler et se détacher entièrement. Le chlorhydrate de zinc a l'avantage aussi d'être, de tous les sels métalliques, celui que le commerce livre à très bas ])rix.
Bois de coxsthuctiox. — H y ti une très grande variété de bois propres aux constructions ; on peut les diviser en deux catégories : les Ijois dure, et les bois tendres ou bois lianes. jMais nous devons faire observer (|u'on
ne peut établir une classification rigoureuse, car il existe, par exemple', des chênes durs et des chênes tendres, de même que les sapins, classés dans les bois tendres, ont certaines de leurs variétés, les sapins rouges, qu'on peut considérer comme bois durs. Xous ne donnerons pas ici une nomenclature des bois, nous ne parlerons pas non plus des divers usages auxquels ils sont employés dans les constructions ; le lecteur trouvera dans le cours de ce Dictionnaire tout ce qui sera de nature à l'intéresser , aux mots Acacia, Aîiandier, Arbousier, Buis, Chêne, Orme, Noyer, Sapin, Gri- SARD , etc. ; nous nous occuperons immédiatement des termes employés pour désigner les bois de commerce, les bois ouATés, ainsi que de leur équarrissage et de la manière de les débiter.
Bois de commerce. — Au point de xvlQ commercial, les bois se divisent en nombreuses catégories : le lois flotté est celui qui a été transporté par un cours d'eau, ou qui a séjourné dans cet élément par un moyen quelconque; le lois en grume, celui qui a été dépouillé de son branchage, mais qui n'a pas été équaii'i : il sert pour pilotis, pour constructions pittoresques ; le lois d' équarrissage ou carré, employé dans la charpente : ce sont des lilles ou tronçons qui présentent des surfaces planes, grâce à l'enlèvement des DossES (voy. ce mot); le lois cféchaiitillon, qui a les dimensions demandées par le commerce ; le lois de Irin, de fente, ou de tige , qui promeut d'un arbre de grosseur insuffisante pour faire une pièce de bois d'échantillon ; le lois de sciage, débité et refendu à la scie.
Bois ouvrés. — On nomme lois refait 'celui qui est dressé et équarri à vive arête, soit au rabot, soit à la Bisaigue (voy. ce mot) ; lois Iccvé, refait ou corrogé, bois sur les faces duquel on a fait disparaître les traces de la scie ; lois llanclii à la scie , celui lavé sur ses faces avec cet instrument. • — Enfin, suivant ses qualités ou ses défauts, il est dit : lois sain, s'il n'a pas de défauts ; lois flaclieux, s'il contient desy/«c/;es, des parties d'aubier; lois gras, celui qui , ayant poussé avec beaucoup de rapidité, a les fibres lâches.
Équarrissage. — Pour équarrir les bois, n doit, de préférence à la cognée, employer
BOISER