BRONZE
l'argent. Le bronze fut employé par les anciens à tous ' les usages auxquels nous appliquons aujourd'hui le fer, non. qu'ils ne connussent ce métal, mais parce qu'ils le travaillaient mal, et que le bronze était d'un travail plus facile. Il faut dire aussi que les anciens avaient su donner à cet alliage une trempe que nous avons perdue, et qui avait permis aux Egyptiens et aux Grecs d'en faire des armes. Dans les outils et les ustensiles, ils lui donnaient une couleur blanche qui les faisait ressembler à de l'argent. Dès la plus haute antiquité, le bronze servit à fabriquer des instrmnents de culte, des tables pom' y graver des traités, des lois et des actes publics. Les Hindous, les Perses et les Babyloniens connaissaient l'art
Fig. 2. — Détail d'une clôture eu bronze à Aix-la-Chapclle.
de fondi-e des statues de bronze; à diverses expositions universelles, nous avons pu voir d'anciens bronzes japonais et chinois dont l'antiquité se perd dans la nuit des temps. Le BritisTo lliiseum possède une tête d'Osiris de l'art égyptien. — Chez les Grecs, on ne commença à fondre des statues que vers la 42^ olympiade, c'est-à-dire 456 ans avant J.-C. Au dire de Pausanias, ce serait Léarque de Rhégium qui aurait fait pour Sparte la première statue en bronze. Les Eomains, au contraire, eurent des statues de bronze longtemps avant, puisque, au dire de Denys d'Halicarnasse, Romulus fit placer sa statue couronnée par la Victoire sur un quadrige ; le tout était en airain.
On a cru trop longtemps que l'art de fondre le bronze avait été apporté en France par des
Italiens au xvi'' siècle : c'est une grave erreur, puisque dès le Xii*^ siècle on a fondu des monuments funéraires ; nous citerons notamment le tombeau de Charles le Chauve, à Saint- Denis. Du reste, il existait à Paris dès le xiii^ siècle une corporation de mouleurs, fondeurs et ciseleurs , dont on peut voir les règlements dans le h\Te d'Etienne Boileau.
Nous n'essayerons même pas d'esquisser brièvement une nomenclature des œuvres en bronze fondues dans ces temps modernes; nous nous bornerons à citer les plus remarquables et les plus connues, celles enfin de nature à intéresser le lecteur. — Citons en premier lieu un des chefs-d'œuvre de l'art français au xvi" siècle, le monument de Jeanne d'Arc à Orléans, fondu en 1.571 par Hector
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!iilip;"r'[i:ii;Biiiïiir!i!ii[ii:Ti:iiin()|!'|['3'ïii!'ii,'i" Fig. 3. — Détail d'un vantail eu broiizu u -Vix-la-Cliapelle.
Lescot ; la majeure partie des vases, groupes et statues réi^andus dans les parcs de Versailles, de Saint- Cloud et des Tuileries, qui sortent des fonderies de l'Arsenal, fondées en 1G84 par Louvois et dirigées par les frères KeUer ; la statue équestre de Louis XIV, place des Victoires, coulée d'un seul jet en 16 99 ; la colonne de la place Vendôme, érigée en 1806 ; la colonne de la place de la Bastille, un des plus beaux monuments modernes (1839) (voir, au luot Chapiteau , celui de cette colonne) ; enfin les portes de l'éghse de la Madeleine, à Paris, fondues en 1840 par Eck et Durand. — Nos figures 1 , 2 , 3 , montrent des déta'ils de clôtures et de vantaux en bronze de l'église de Notre- Dame, h Aix-la-Chapelle. Au mot Clôture, nous donnons un ensemble de ces détails ; pour