‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 210 sur 325 · CAISSON · texte numérisé non relu

CAISSON

au noir. Le caillou, qu'on noinme aussi silex, pierre à feu, parce que sous le choc du briquet il produit des étincelles, se trouve ordinairement à la surface du sol, ou dans des roches crayeuses.

Le caillou s'emploie pour des massifs de construction, dans les pays où l'on n'a pas d'autres matériaux. Les meilleurs cailloux sont enveloppés d'une gangue crayeuse; ce sont aussi ceux qui présentent des formes irrégulières. Les cailloux concassés et mélangés avec de la chaux hydraulique donnent le béton, qui est employé pour des constructions faites par encaissement ou en blocage, et pour massifs et fondations. (Voy. Béton.)

Les cailloux concassés servent également pour l'empierrement des routes. (Voy. Chaussée.)

Les cailloux des bords de la mer se nomment ffalefs.

CAILLOUASSE. — Voy. Caillasse.

CAILLOUTAGE, s. m. — Maçonnerie faite à l'aide de cailloux noyés dans un mortier hydi'aulique. — Peinture imitant une maçonnerie de cailloux.

CAILLOUTLS, s. m. — Aire ou sol formé de cailloux battus ou fortement comprimés. On établit ainsi les chaussées à la Mac- Adam, qu'on nomme aujoiird'hui chaussées d'empierrement. (Voy. Chaussée.) •

CAISSE, s.f. — Moules, panneaux ou coffres servant à couler des blocs de béton, à élever des murs en pisé, etc. ; d'où l'expression, construction 2Jar encaissement.

Espèce de coffi-c découvert, composé de montants et de traverses sur lesquels sont assujetties de fortes planches. Les quatre montants dépassent le fond et les bords supérieurs de la caisse; dans le bas ils lui servent de pied, et ces mêmes montants sont couronnés de boules. Ces caisses servent à culti\er des orangers, des gr(;na(liers et d'autres arbustes. Par un agencement spécial obtenu à l'aide de barres de fer méplat, on peut dépauneauter ces caisses,

pour dépoter les arbustes, enlever la terre usée et la remplacer par de la terre neuve.

CAISSON, s. m. — Compartiment creux, formé sur la surface d'un i)lafond plat ou courbe, ou sur des voûtes sphériques. Les caissons affectent diverses formes : ils sont carrés, en losange (fig. 1), circulaires, ovales, hexagonaux (fig. 2), polygonaux, etc. Le centre des caissons est souvent orné d'une rosace, comme

Fig. 1. — Caissons en losange.

au temple de Mars Vengeur, à Rome, par exemple (fig. 8). Ce terme est dérivé de caisse, nom qu'on donnait autrefois aux caissons, parce qu'ils ressemblent en effet à un petit coffre refouillé dans la masse du plafond. La naissance du caisson s'explique facilement. Il est né de l'assemblage des solives du plancher ; aussi , de

Fig. 2. — Caissons on bois de forme hexagonale.

toutes les formes de caisson, celles qui se rapl)rocheront le plus du système de la charpente d'un i^lancher seront toujours préférables aux autres combinaisons, comme étant plus conformes à la vérité et au bon goût. Or, de toutes les manières d'établir les solives d'un plancher, celle qui tend à former un échiquier est la plus simi)Ie et la plus naturelle. La forme de losange (fig. 1 et 4) aura moins de soHdité, parce (pi'cUc exigera plus de longueur

CAISSOX.

dans les solives centrales du plafond, tandis que la plus grande, force se trouvera dans les angles, qui en ont le moins besoin ; \mi' contre.

Fig. 3, — Eosace de caisson (temple de Mars Vengeur, à Rome.)

le point central, qui exige le plus de solidité, sera le plus faible. Tout démontre donc la préférence qu'on doit accorder à la forme carrée,

Fig. 4. — Caissons formés par des solives posées en diagonale.

qui représente parfaitement le renfoncement produit par les intervalles des solives assemblées à angle droit. Si les caissons sont cir-

1 Mil

Fig. 6. — Caissons à degrés.

culaires, ce qui produit un bel effet, il ne faudra pas craindre d'exprimer franchement que le cercle se trouve inscrit dans un carré. On fera de même pour les caissons de forme hexagonale et polygonale quelconque. .

Quelquefois le caisson ne forme qu'un renfoncement simple; d'autres fois, ce dernier a plusieurs degrés qui diminuent de largeur et

Fig. 6. — Caissons d'un tombeau de Chiusi (ancienne Clusium).

d'épaisseur à mesure qu'ils approchent du fond (fig. 5). Ces degrés ont pour objet d'ôter aux caissons la trop grande crudité qui résulterait de leur profondeur, s'ils faisaient un angle droit avec les solives des plafonds ou les montants des voûtes. Un certain principe d'harmonie établit une gradation dans les caissons de chaque ordre. Ainsi l'ordonnance dorique exige des caissons renfoncés carrément et sans degrés ; l'ionique admet un ou deux degrés ; le corinthien , le plus riche et le plus varié, trois.

L'emploi du caisson remonte à une haute antiquité; des monuments archaïques de l'Etrmie, des tombeaux, nous en fomiiissent plusieurs exemples. Nos figures G et 7 montrent des exemples de caissons figurés sur la pierre dans des tombeaux trouvés à Chiusi (ancienne Clusium). Un de ces plafonds (fig. G) est incliné, et l'autre (fig. 7) est en partie courbe et en partie incliné. Dans des temps plus reculés, dans l'extrême Orient, en Asie, les caissons étaient également employés. Les

Fig. 7. — Caissons d'un tombeau de Cliiusi (ancienne Clusium).

Grecs et les Romains ont utilisé ce genre de décoration; ces derniers en ont créé d'extrêmement riches, dans la plupart de leurs monuments. Ils en ont même fait en métal (Pausan., liv. X, ch. v) ; décorés d'or, d'argent et d'ivoire.

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