CAMPHRE
CAMPHRE, s. m. — Résine légère, très volatile, blanche, cristallisant en aiguilles et (]ui possède une odeur particulière. Elle est employée dans la fabrication des vernis à l'espritde-vin ; elle les rend plus liants et les empêche de se gercer.
Campanile de Saiiit-Gtniiuiii l'Auxcrrois, à Paris.
CAMPO SAXTO. — Lieu saint, cimetière servant à la sépulture des hommes célèbres par leur talent ou leurs vertus. L'un des atmpi santiles plus connus est celui de Pise, bâti en 1278 par l'architecte Giovani Pisano.
CAN , s. m. — Terme employé par les charpentiers comme synonyme de Champ (voy. ce
— CAXAL.
mot) ; ainsi ils disent, poser de can, pour 2^oser de clLump.
CANAL , s. m. — Conduit par lequel peut
s'écouler de l'eau ou toute autre matière plus ou moins fluide.
Cours d'eau creusé par la main de l'homme dans l'intérêt de la salubrité, de l'agriculture ou du commerce. Les canaux sont donc tantôt des aqueducs d'approvisioimement , des égouts d'assainissement ou des tranchées pratiquées pour le dessèchement d'un marais, tantôt une dérivation d'un cours d'eau naturel dans le but d'irriguer des terres cultivées ; ce sont enfin des rivières artificielles propres à la navigation et faites pour mettre en communication deux cours d'eau.
Nous n'avons à nous occuper ici que des canaux de navigation. Pour les autres genres, nous renverrons le lecteur aux articles Aqueduc, Égout, Rigole, Dessèchement, etc. — L'avantage que les canaux peuvent fournir à la navigation a été apprécié dès une époque très reculée. Xous avons des exemples de peuples qui, même au début de leur civilisation, avaient songé à trancher des chaînes de montagnes, ou un isthme, pour mettre deux rivières ou deux mers en communication.
Depuis la plus haute antiquité la Chine possède, à l'aide de canaux, une navigation intérieure parfaitement étabUe. L'Egypte était, dit-on, sillonnée par 6,000 canaux qui portaient les eaux du Nil dans toutes les directions. Dès le vii*^ siècle avant l'ère vulgaire, Néchao entreprit le canal de jonction, entre le Nil et la mer. Rouge, qui fut continué sous les Ptolémées. Ces rois avaient, dit-on, entamé le canal de Suez. Les rois de Babylone et, après eux, les empereurs Trajan, Septime, Julien, creusèrent des canaux entre le Tigre et l'Euplu-ato. Les Grecs, à diverses époques, eurent la pensée de percer l'istlune de Corinthe ; Alexandre, CVsar, Auguste, Cahgula, Claude, Néron, y songèrent également.
En 794, Charlemagne voulut très sérieusement créer une voie navigable , à l'aide des affluents du Danube et du Rhin, entre la mer Noire et l'Océan. Les guerres l'empêchèrent de réahser ces projets, dont une partie fut exé-
CAXAL.
cutée en 1845 seulement par la construction du canal qui réunit le Mein au Danube. Au moyen âge, nous l'avons dit au mot Aqueduc, on ne s'occui^a point de canaux, sauf en Italie. Enfin dans ces temps modernes on a commencé à en créer d'assez nombreux , mais il en reste encore beaucoup à faire.
CoxsTRUCTiox. — La construction d'un canal comprend : les prises d'eau, le canal ou chenal, les écluses, les^Jonfs, les fossés oncanaiix de décharge, les chemins de haJage, de contrehalaf/e, etc. — La prise d'eau d'un canal se compose de la réunion de plusieurs sources importantes, ou mieux de la dérivation d'une partie des eaux d'une rivière.
Ce canal proprement dit peut n'être qu'un simple fossé avec berges gazonnées , si le terrain n'est pas perméable, ou si un simple CoR- ROYAGE (voy. ce mot) suffit pour le rendre tel. Mais souvent le fossé est entièrement formé de maçonnerie avec un bétonnage ou massif dans le fond du Radier (voy. ce mot), et des murs de revêtement et de soutènement pour les berges.
Les écluses au moyen desquelles on rachète la différence de niveau du sol se composent d'un bassin ou chambre d'écluse, construit comme le reste du chenal, et de deux portes iusquées. (Voy. Écluses.) — La maçonnerie d'un canal dans les fondations, le radier, les murs, etc., doit être de la meilleure qualité et telle que le réclament en général les constructions hydrauliques. (Voy. Hydraulique, Construction.)
Jurisprudence. — La jurisprudence distingue diverses espèces de canaux parmi ceux qui appartiennent à l'État ou à des particuliers : ce sont les canaux de navigation, ceux de flottage; les canaux de dérivation, ceux d'inùgation , enfin ceux de dessèchement. Aux mots Irrigatiox et DESsÉrHE:wEXT, nous nous occuperons des deux dernières espèces de canaux ; ici nous dirons quelques mots relatifs aux canaux de navigation, de flottage et de dérivation; au contraire, nous nous appesantirons davantage sur les canaux privés. Les canaux de navigatio7i et de flottage sont, en général, considérés comme accessoires des fleuves ou des rivières, et appartiennent à l'État
ou à des concessionnaires. Ainsi tout ce qui concerne leur entretien, leur curage, leur largeur, leur chemin de halage, etc., toutes ces questions sont réglées par la jurisprudence administrative, par les préfectures. (Dubreuil, Législation sur les eaux, t. II, n°^221 et 222 ; J. P., Jur. adm., t. IV, p. 217 ; Conseil d' État, ■27 avril 182(5, t. V, p. 19; Conseil d'État, 17 fév. 1830.)
Les canaux navigables et flottables appartiennent à la grande voirie ; aussi ce sont les conseils de préfecture qui répriment les contraventions qui se commettent sur ces canaux, puisque, comme nous venons de le dire, c'est l'autorité administrative qui a fait les arrêtés et règlements relatifs à leur entretien.
Les canaux privés sont ceux qui ne dépendent pas du domaine public ; le canal de dérivation pratiqué dans le but de conduire les eaux d'une source, d'une rivière, d'un fleuve à une usine pour l'employer comme force motrice, ce canal est, lui et ses berges, réputé appartenir au propriétaire de l'usine, à moins de preuves contraires. (Proudhon, Dom. puhlic, n. 1082 ; Daviel, t. III, n. 833 etsuiv.)
Un canal fait de main d'homme, alors qu'il n'est pas prouvé qu'il ait été creusé par l'État ni que l'entretien en soit à sa charge , ne peut être regardé comme faisant partie du domaine public, quand bien même ce canal serait alimenté par les eaux d'une rivière navigable. L'entretien et le curage du canal sont à la charge du propriétaire. (Daviel, t. III, n. 84:8 ; Rouen, 7 juin, 1844.)
Lorsqu'un canal appartient en commun à deux propriétaires riverains, il y a pour chacun communauté de droits et d'obligations : si l'un des copropriétaires veut se dispenser de contribuer à l'entretien , au curage ou autres réparations du canal, il le peut en abandonnant ses droits ; mais il perd en même temps toutes les prérogatives et tous les pri\'ilèges que lui donnait sa part de copropriété; toutefois, si l'intérêt public l'exigeait, il ne pourrait avoir la faculté d'abandonner.
Celui qui a la propriété d'un canal est réputé, jusqu'à preuve du contraire, avoir également la propriété des berges ou francs-bords , ainsi que des arbres qui y seraient plantés. —