CARCHESIUM. — CARIATIDE
au-dessous de laquelle on traçait une ligne blanche.
C'était le point de départ des courses. (Pline, XXXV, 53 ; Cassiodore, Varier., III, 51.) Une seconde ligne, tirée du côté opposé de la sjnna^ marquait le but. Nous donnons dans notre figure une élévation des carcères d'un cirque, d'après un bas-relief du Musée britannique. On voit entre chaque porte à claire-voie une sorte de gaine en forme de terme , ainsi qu'une corniche saillante au-dessus des arcades. (Voy. Saint-Nom, t. II, p. 65.) (Voy. Amphithéa- TEE, Cirque et Stade.)
CARCHESIUM. — Grue que les anciens employaient dans leurs constructions pour élever des poutres, et pour charger et décharger les navires dans les ports. (Vitruve, X, 2, 10.)
CARDERONNER, v. a. — Tracer, pousser un quart de rond. Ce terme signifie surtout rabattre les arêtes [d'une poutre, d'une solive, en y poussant un quart de rond.
CARIATIDE, s. /. — Figure de femme di'apée faisant fonction de colonne, de pilier, de pilastre. Elle peut être exécutée en ronde bosse et en bas-relief. L'emploi des cariatides remonte à une haute antiquité. Les monuments de l'Egypte, de la Perse et de la Grèce en offrent de nombreux exemples. Cependant, d'après Vitruve (1. I, 1), les cariatides auraient pris naissance dans la Grèce. Voici comment le raconte l'architecte romain :
Il (l'architecte) pourra apprendre, à ceux qui ignorent pourquoi cela se fait ainsi , que les habitants de Carie, petite ville du Péloponèse, se joignirent autrefois aux Perses , qui faisaient la gueixe aux autres peuples de la Grèce , et que les Grecs , ayant par leurs victoires glorieusement mis fin à cette guerre, la déclarèrent ensuite aux Cariâtes. Leur ville ayant été prise et ruinée, tous les hommes furent passés au fil de l'épée et les femmes emmenées captives ; et , pour les traiter avec plus d'ignominie, on ne leur permit pas de quitter les robes et les ornements qu'elles avaient l'habitude de porter, afin que non seulement elles fussent ainsi menées en triomphe, mais qu'elles eussent la honte de s'y voir en quelque sorte menées toute leur vie, paraissant toujours en même état qu'elles
DICT. d'architecture. — T. I,
étaient le jour du triomplie. Or, pour laisser un exemple éternel de la punition que l'on avait fait subir aux Cariâtes , et pour apprendre à la postérité quel avait été leur châtiment, les architectes de cette époque mirent, au lieu de colonnes, ces sortes de statues aux édifices publics.
D'après cette citation, ce nom de cariatide ne serait applicable qu'à des statues de femmes. Toutefois l'histoire, aussi bien que les monuments, et Vitruve lui-même, établissent qu'on
Fig. 1. — Cariatide du Pandrosium.
employait aussi des statues d'hommes, qu'on nommait Atlantes et Télamons (voy. ces mots). Dans le langage moderne, on n'établit pas cette distinction; on nomme indifféremment cariatides des statues remplaçant des colonnes ou des piliers, qu'elles représentent des femmes ou des hommes. Le même fait, cité par Vitruve à l'occasion des statues représentant les captifs tombés au pouvoir des Grecs après la bataille de Platée, et (\m furent employées à la décoration du portique persan