‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 227 sur 325 · CARRELAGE · texte numérisé non relu

CARRELAGE

gTandir ou la diminuer à volonté. On procède à la mise aux carreaux de plusieurs manières : soit en traçant sur l'original des lignes verticales et horizontales avec de la craie ; soit en y fixant des ficelles, dans les deux sens de façon à produire des carreaux ; soit enfin en traçant sur du papier à calquer des carreaux qu'on applique sur l'original. Sur le papier ou sur la toile sur lesquels ou veut reproduire le dessin qu'on a quadrillé, on trace des carreaux de même dimension, si la copie doit être de même dimension que l'original ; ou des carreaux plus grands ou plus petits, mais en nombre égal, suivant que la copie doit être plus grande ou plus petite que l'original.

CARREFOUR, s. m. — Pointe de croisement, au moins de trois rues, chemins ou routes, qui forme une petite place irrégulière.

CARRELAGE, s. m. — Exécution d'un pavement formé de cari'eaux juxtaposés ; par suite, le nom de carrelage a été donné au pavement lui-même. Ce travail est exécuté le plus souvent par des ou^Tiers spéciaux ; mais quand il est de peu d'importance, les maçons le font eux-mêmes. En province, il n'y a guère d'ouvriers carreleurs , quoique dans le centre , dans le midi et dans mie partie de l'ouest, la plupart des habitations soient encore carrelées : ce sont les maçons qui exécutent les carrelages.

Pour carreler une pièce, l'ou^Tier commence par araser son sol de niveau, puis il régularise convenablement la forme sur laquelle les carreaux doivent être posés, en répandant sur l'aire en plâtre de la poussière provenant de démolition d'omTages en plâtre , ou de la recoupe de pierres. Au plâtre eml^loyé pour le carrelage rou\Tier mêle ordinairement une certaine quantité de suie, afin d'en retarder la prise et d'avoir le temps d'arranger les can-eaux sur la couche de plâtre, qu'il étend au fur et à mesure de la pose.

Le niveau des pièces s'établit ordinairement à celui des seuils, pour les rez-de-chaussée; pour les étages, le niveau est arasé à celui des marches palières de l'escalier. L'ouvrier, après avoir parfaitement arrêté le niveau , en tenant compte de l'épaisseur du plâtre et du carreau,

pose de distance en distance quelques carreaux qui lui servent de repères ; il place un cordeau AB (fig. 1) au milieu de la largeur de la pièce, et dans le sens de sa longueur : il fait alors gâcher du plâtre ; puis il pose un premier rang de carreaux , suivant le cordeau. Une règle "en

Fig. 1 . — Carrelage. AB, conleau.

chêne d'environ l'",20 de longueur, 0'",12 de largeur sur 0'",03 de section, qu'on nomme latle à carreler, sert à frapper sur les carreaux et à les amener tous au niveau des repères.

Lorsque le premier rang est terminé, l'ou- \Tier continue son travail ; mais , au lieu de sui\Te la ligne parallèle au cordeau, il procède par bandes obliques, sur lesquelles il

Fig. 2. — a, pointe ; c, pièce.

frappe toujours avec sa batte, en la faisant glisser sur les carreaux déjà posés jusqu'à un cordeau placé à un mètre environ du premier rang. Il pose de la sorte les autres bandes , en se tenant toujours à genoux devant son travail , et en faisant au fur et à mesure sa forme ou chape de plâtre à la main et pour employer le moins de plâtre possible. Il doit éviter de faire de grands joints, des balèwes, et de barbouiller les carreaux de plâtre.

Lorsque toute la pièce est carrelée, l'ouvrier fait le raccord le long des murs avec des morceaux de carreau. Ceux-ci (fig. 2), quand ils sont coupés comme en a , prennent le nom de pointes, et comme c, le nom de pièces. Quand le caiTelage est bien sec, on le passe au grès, afin de le polir et dresser les surfaces des carreaux qui auraient du gauche : ce dressage est indis-

CARRELER. — CARRIERE.

pensable (juand les pièces doivent être encaustiquées et frottées.

Les carreaux des foyers de cheminée sont ordinairement carrés ; on les raccorde avec le carrelage de la pièce par un joint droit qui se trouve dans l'alignement du jambage de la cheminée, c'est-à-dire au droit du foyer.

Dans les rez-de-chaussée, on pose les carreaux sur du mortier de chaux et de sable ; on fait de même dans les contrées privées de plâtre, ou bien dans lesquelles il est mauvais ou d'un prix très élevé. Le carrelage se donne généralement à la tâche : on alloue aux tâcherons, suivant la dimension des pièces, 0 fr. 35 à 0 fr. 40 le mètre carré, mais les entrepreneurs fournissent le plâtre, les carreaux, le décintroir pour le décarrelage, et la hachette pour décrotter les carreaux. — En employant des carreaux hexagonaux de 0'",16 de côté, il faut pour un mètre carré quarante carreaux, un demi-sac de plâtre et une heure de compagnon avec son aide.

CARRELER, v. a. — Paver avec des carreaux (voy. Carrelage) ; revêtir de carreaux non seulement des surfaces horizontales , mais encore des parois verticales.

CARRELET, s. m. — Lime du seiTurier à section rectangulaire , taillée sur les quatre faces ; elle est moitié moins forte que le carreau.

CARRELETTE, s.f. — Lime du seri'urier de même forme que le carre au et le carrelet, mais beaucoup moins forte.

CARRELEUR, s. m. — Fabricant de carreaux, entrepreneur de carrelage, et ouvrier qui prépare et qui pose des carreaux en terre cuite, en pierre ou en marbre. Cependant les ouvi'iers qui exécutent les dallages en pierre et en marbre prennent le nom de marbriers. Les outils du carreleur sont : Vauge, la truelle, la liachette, des règles, un panier plat à deux anses et à claire-voie, qui sert à tamiser la poussière.

CARRÉMENT, adv. — Terme très employé par les ouvriers, mais surtout par les charpentiers, comme synonyme dC angle droit.

CARRIER, s. m. — Ouvi-ier employé à l'exploitation des carrières et qui porte différentes épithètes, suivant la matière qu'il extrait. Ainsi on appelle grésiers, marbriers , 2'>lâtrier s, ardoisiers , etc., ceux qui exploitent le grès, le marbre, le plâtre, l'ardoise. Les caniers emploient des coins, des masses, des leviers pour attaquer les blocs et les diviser. Ils se servent de la tarière pour percer des trous de mine, quand il faut faire sauter des quartiers de roche ; ils utilisent également des crics, des rouleaux et des grues. Aujourd'hui les appareils employés dans les carrières sont très perfectionnés ; les pien'es tendres sont extraites de la carrière en blocs énormes par des machines qui les scient et les débitent sur place.

CARRIÈRE, s.f. — Lieu d'où l'on extrait les matériaux de construction, tels que la pierre à bâtir, les pierres à chaux et à plâtre, le marbre, l'ardoise, le granit, le grès, le sable, la marne qui sert à la fabrication des briques, etc. On qualifie aussi ces carrières de marbrières, plâtrières, ardoisières, mamières et grèsières. Suivant la disposition qu'affectent dans le sein de la terre les matières à exploiter, on pratique des carrières à ciel ouvert, des galeries ou des puits.

Quand les matières sont à peu de distance de la surface du sol ou en masses isolées , on enlève la couverte, et on exploite à ciel ouvert. Si elles sont disposées par couches ou par bancs à une profondeur telle que les frais de découverte doivent augmenter considérablement la main-d'œu\Te , on les exploite au moyen de galeries souterraines. C'est ce qui a lieu surtout pour les matériaux qui , dans le sein de la terre, sont déposés par bancs superposés, comme pour les pierres à bâtir et à plâtre. Le banc supérieur est alors ménagé, pour former ce qu'on appelle le ciel de la carrière , et de nombreux piliers, construits en maçomierie ou réservés dans la masse, le soutiennent de distance en distance. Quelquefois on ouvre ces sortes de carrières dans le flanc des colhnes, comme à Montmartre dans Paris et à Saint- Leu (Oise). Sur des plateaux de collines, comme à Montrouge, à Châtillon-lez-Bagneux , à Saint-Nom, et dans d'autres localités, on des-

^o&cà. Bea<ix(i,de]

Branciin, iitK.

Page 1