CHARGE. — CHARME
dans le bas un pivot qui roule dans une Cra- PAUDiNE (voy. ce mot) ; le haut est arrondi en cylindre, afin qu'il puisse entrer dans une BouKDOXNiÈRE (voy. Ce mot). Aussi appellet-on indifféremment hourdoymière la partie arrondie du chardonnet ou le cercle de fer qui l'enserre. — Dans l'architecture hydi'aulique, on nomme cfuirdonnets les feuilluresj qui dans une écluse reçoivent les poteaux tourillons des charpentes formant les ■\'antaux des portes.
CHARGE, s./. - — Dans la construction, on donne le nom de charge à des matières rapportées après coup pour compléter une épaisseur déterminée. Ainsi on rapporte sur les aires des planchers , sur l'extrados des voiîtes , une charge de menus gravois , pour y asseoir le can-elage ou pour l'exhausser. Dans d'autres cas, charge est spionyme de renformis ou bien ^^paisseur ; ainsi, en parlant d'un enduit épais, on dit que le mur est couvert d'une forte charge déplâtre, de ciment, etc., ou bien ce ravalement a été exécuté à 0°',04 de charge.
Charge. — Synonyme de poids; tout ce qui concerne ce mot dans ce sens est traité au mot Statique.
Charge, surcharge. — Voy. Exhaussement et Surcharge.
Charge (Tas de), s. m. — Portion de maçonnerie massive établie immédiatement au-dessous de la naissance des voûtes ; c'est le sommier ou le coussinet dans toute espèce de voûte. Philibert Delorme (IV, VIII) donne à ce mot une signification plus restreinte : « Ce sont, dit-il, les premières pierres que l'on voit sur les angles et monstrent le commencement et la naissance des 'brandies, des ogives, tiercerons, formerets et arcs-dovMeaux. » Ces cinq termes désignent les nervures des voûtes de l'époque ogivale, d'où il semblerait, d'après Delorme, que ce mot ne s'applique qu'à ce dernier genre, ce qui n'est pas exact. Du reste, ce mot de ias de charge a d'autres significations : ainsi une voûte ou iin arc sont appareillés en ias de charge quand les joints de lits sont en partie en coupe du côté de la douelle normalement à Vintrados, et partie de niveau du côté de V extrados. (Voy. Claveau.)
CHARGEMENT, s. m. — Opération qui consiste à mettre dans une hotte, un panier, une brouette, un tombereau ou une chaiTette, des terres ou autres matériaux. Le chargement des terres se fait à la pelle ; quand la fouille est peu profonde , on jette directement la teiTe dans les tombereaux ou brouettes ; dans le cas contraire, les terres sont jetées sur berge et de là dans les tombereaux.
Le chargement des tuiles, ardoises, moellons, briques , pieiTCS de taille , est fait à la main ; les charpentes sont transportées par les hommes, à bras ou à dos, pour être chargées.
CHARGER, V. a. — En peintm-e, c'est couvrir une surface d'un grand nombre de couches de coideur; en dorure, c'est étendi*e soit de l'or sur de l'or déjà appliqué, soit sm" une sm-face non encore dorée.
CHARGES (Cahier DES). — Voy. Cahier des charges.
CHARIOT, s. m. — Véhicule plat et sohde, porté sur deux roues d'un petit diamètre, dépourvu de ridelles et muni d'une flèche portant des traverses sur lesquelles agissent les hommes chargés de le mettre en mouvement. Le chariot sert au bardage de la pierre. Si la charge est trop forte, ou le parcours trop étendu, on attelle un cheval à la tête de la flèche, afin de soulager les hommes. (Voy. Bi- NARD, Diable.) — C'est aussi un plateau monté sur quatre roues, qui dans la construction des lignes ferrées sert à déterminer l'écartement de rails , et s'assurer, avant de fixer ceux-ci , s'ils sont bien parallèles. Ces chariots servent encore à transporter dans les chantiers de construction des matériaux à pied d'œu^Te.
En serrurerie , le chariot est un appareil de sonnettes qui réunit plusiem-s tirages.
CHARME, s. m. — Arbre dont le bois est employé à divers usages ; on s'en sert pour des manches d'outils, pour des poulies, essieux, etc. Cet arbre sert encore dans l'ornementation des jardins à faire des tonnelles et des berceaux de verdure, ce qui a fait donner le nom de charmilles à ces réduits; mais on emploie
CHARXIER. — CHARNOX.
éfralomont, pour faire des charmilles, cVautres arbres donnant nu ombrage épais.
CHARXIER, s. m. — Garde-manger ou office, dans lequel ou conserve les viandes fraîches et salées; les anciens le nommaient carnarmm. (Plaut., Caj)., 5, 4, 22 ; Suet., JVero, 54 ; Petr., SaL, Viô, 4; id., 13G, 1 ; Plin., H. AL, XVIII, GO : id., XIX, 19, 3.) — C'était aussi, dans les amphithéâtres, une chambre située près des Carcères (voy. ce mot), dans laquelle on déposait les cadavres des hommes et des animaux tués dans l'arène.
CHARNIERS. — Portiques situés autour des églises ou dans leur voisinage, sous lesquels on entassait les ossements des morts. Cet usage d'entasser les ossements remonte aux premiers temps du christianisme, quand les chrétiens voulaient tous reposer dans l'enceinte des villes, auprès des basiliques sacrées. Le peii de terrain dont ils disposaient autour de ces édifices les obligeait à déterrer les ossements desséchés pour donner place à de nouvelles sépultures ; de là l'usage des charniers : du reste, c'est une expression impropre , puisqu'on ne relevait que des os et non de la chair, carno; aussi appelaiton avec plus de raison ces succursales de cimetières. Ossuaires (voy. ce mot). ■
CHARNIÈRE, s. f. — Petite pièce de quincaillerie en tôle ou en cuivre, employée dans la ferrure des portes, croisées, abatants, etc.
Fig. 1. — Charnière longue renforcée.
— C'est un assemblage mobile de deux platines de métal, pourvues sur l'une de leurs rives de cJiarnons réunis par un axe appelé broche; celle-ci est une espèce de (joupillc. L'une des branches de la charnière est placée sur une par-
DICT. D'aRCHITECTUUE. — T. I.
tie dormante, montant ou traverse ; l'autre, sur
la partie mobile, fenêtre, porte ou couvercle.
Les charnières sont de diverses formes ; on
Fig. 2. — Charnière coudée.
distingue la charnière ordinaire en tôle ; les charnières renforcées (fig. 1) , longues ou en feuillure, carrées, à pans, en cuivre, à nœud
Fig. 3. — Charnicre à briquet ou à coq.
carré; elles sont ordinairement à section droite, mais on en fait aussi à hélice : on emploie cellesci pour faire refermer les portes d'elles-mêmes.
Fig. 4. — Charnière longue à coq et à nœuds soudés.
Il existe aussi des charnières coudées (fig. 2), à lonle, à hriquet, ou à coq (fig. 3), à trcqipe, à nœud soudé (fig. 4) ; elles servent à ferrer les trappes, les volets de boutique, etc. Les charnières à tête de compas servent à ferrer les échelles ; ceUes dites à nœud de compas sont pour les vantaux brisés de grille ; enfin il y a des charnières particulières qu'on nomme Couplets (voy. ce mot).
CHARNON, s. m. — Anneau servant à réimir les deux platines d'une charnière, au moyen d'une goupille nommée Iroche. La plus simple des charnières a cinq broches, trois sur une partie,. et deux sur l'autre.
CHARPENTE. — CHARPEXTERIE.
CHARPENTE, s.f. — La charpente d'un bâtiment est l'enseml^le des ouvrages de charpenterie qui entrent dans la construction; tels sont : \q?, plancher s, pans de lois, combles, poitrails, etc. — Les escaliers, lucarnes, etc., bien qu'ils soient exécutés par des charpentiers, ne peuvent être considérées comme des charpentes. — Autrefois on n'exécutait des charpentes qu'en bois; aujourd'hui on en fait lîeaucoup en fer ; celles-ci même se substitueront entièrement un jour à la charpente en bois dans les constructions de quelque importance. (Voj. Chaepentekie.)
CHARPENTER, v. a. — Tailler du bois de charpente, afin de le mettre en état d'être assemblé.
CHARPENTERIE, s.f. — Art de tailler et d'assembler le bois pour faire des charpentes ; on emploie comme synonyme de ce mot celui de charpente, qui cependant (voir cidessus) a une signification plus restreinte. Nous conformant à un usage très invétéré, nous emploierons dans le présent article indifféremment ces deux mots. — La charpenterie est une partie très importante de l'art de bâtir, et de tout temps elle a été l'objet d'une sérieuse étude pour les architectes ; on peut même avancer que la charpenterie a donné naissance à l'architecture, puisque le maître des constructions, l'architecte, signifie maître charpentier (apx^iTÉxTiiov.) (Voy. Akchitecte.)
Du reste, les temples construits en pieiTe ou en marbre n'étaient guère qu'une imitation des monuments élevés primitivement en bois. Les Romains furent très habiles dans l'art de la charpenterie, puisqu'ils construisirent des amphithéâtres pouvant contenir jusqu'à quarante et quarante-cinq mille spectateurs ; mais leur charpente, lourde et massive comme Celle des Grecs, avait le défaut de surcharger les murs; aussi, quoique les Romains aient employé pour les l)esoins de leurs constructions des charpentes assez compliquées, il faut bien reconnaître qu'ils ne poussèrent point l'art de la charpenterie aussi loin que celui de la maçonnerie. Ils attachaient cependant au premier de ces arts une grande importance, si nous eu
jugeons par les deux chapitres (0 et 10, liv. II) que VitruA'e consacre dans son li^Te à décrire les divers bois dont on faisait usage de son temps pour la charpente. Il a aussi grand soin d'énumérer les qualités spéciales des l)ois, ainsi que l'époque d'abatage des arbres. (Voy. Bois.)
Pendant l'époque ogivale, la pente très inclinée des combles, ainsi que la légèreté de la couverture, permirent aux architectes du moyen âge de mettre en œuvre des bois de plus faible équarrissage q;ie ceux employés parles Romains, qui avaient des toits plats chargés de lourdes tuiles de terre cuite, ou même de marbre : ils employèrent aussi du châtaignier et du chêne^ plus résistants que le sapin, le mélèze ou le cèdre employés par les anciens. Ces mêmes architectes du moyen âge firent de forts assemblages qui les dispensèrent d'avoir recours au fer pour relier entre elles les pièces de bois. Du reste, ils étaient très avancés dans l'art de la charpenterie ; la charpente de Notre-Dame de Paris et de la cathédrale de Chartres, de \Tais chefs-d'œuvre dans le genre, sont encore Jà pour en témoigner bien des siècles après leur construction. Les charpentes en fer fournirontelles une aussi longue carrière ? L'avenir pouiTa seul répondre à cette question.
Il y a lieu de distinguer ici les diverses classes de charpenterie; ce sont : la charpente civile, qui embrasse les travaux exécutés pour les travaux intérieurs ou extérieurs des bâtiments terrestres, tels que les Paxs de bois, les Planchers, les Escaliers, les Beffrois, les Combles, les Échafaudages, les Étaiements, les Cintres (voy. ces mots) ;
La charpente mécanique, comprenant la constructioii des machines et des engins de toutes sortes destinés à mouvoir, élever, déplacer ou transporter des fardeaux considérables, tels que Grues, " Chèvres, Locomobiles. Treuils, Cabestans, etc. (voy. ces mots) ;
La charpente hydraulique, embrassant la construction des ouvrages qui s'exécutent dans l'eau, tels que Barrages, Estacades, Ba-
TARDEAUX, ENCAISSEMENTS, DiGUES et PONTS
(voy. ces mots) ;
La charpente navale, ou la construction des navires.
Dans notre ou^Tage, le lecteur trouvera