‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 249 sur 325 · CHARPENTERIE · texte numérisé non relu

CHARPENTERIE

aux mots qui se rattachent à ces divers genres de charpente toutes les définitions désirables; dans le présent article, nous ne donnerons que des généralités sur la charpeuterie. D'après ce qui précède, on voit que les principaux objets à considérer dans la charpeuterie sont les iois et leur assemblage.

Bois. — Les pièces de bois ont une section rectangulaire quand elles doivent être placées horizontalement, et une section carrée quand elles doivent être employées debout. Elles sont de brin, c'est-à-dire équarries seulement iV la cognée, ou bien de sciage, c'est-à-dire refendues à la scie. Toute espèce de bois ne peut convenir pour la charpeuterie ; celle qu'on emploie le plus généralement en France, c'est le chêne, qui réunit presque toutes les qualités requises pour exécuter de la bonne charpente. Dans les pays méridionaux on emploie le chêne vert, dont le bois compact est d'une grande dureté, mais qui a le défaut d'être court. Le chêne offre l'avantage immense de se conserver parfaitement à l'air et dans l'eau. Après le chêne, le sapin est d'un très bon emploi ; le sapin rouge, originaire de la Norwège, offi-e plus de résistance que le sapin jaune, et la résine qu'il renferme empêche les vers de le piquer. Le sapin, par sa légèreté et sa roideur, sa facilité à se laisser travailler, est un bois précieux pour la charpente , surtout pour des pièces de longue portée. Les autres bois sont : le châtaignier, malheureusement sujet à la carie sèche; le hêtre, le platane, le pin, l'aune, le peuplier, l'acacia, le mélèze, l'orme, etc.

Pour prolonger la durée des bois de charpente, on a préconisé une quantité d'enduits et de compositions à base de coaltar, ou goudron de houille. L^n des meilleurs est sans contredit le goudron ordinaire ; mais toutes les substances sont plus ou moins inutiles quand elles ne sont pas nuisibles, car si les bois ne sont pas bien secs, elles ne servent qu'à emprisonner l'eau qu'ils contiennent, c'est-à-dire qu'elles aident à les pourrir; le meilleur mode de conservation est d'employer du bois extrêmement sec, c'està-dire dont la sève a été extraite, par le flottage, l'immersion, etc. (Yoy. Bois.)

Pratique, — Pour établir une charpente solide, un des principaux points, c'est de com-

biner les pièces de manière à ce que toutes soient réellement indispensables dans la place qu'elles occupent; en effet, dès qu'une pièce n'est pas d'une utilité absolue , le faible service qu'elle rend est annulé par la charge que son poids cause à la construction. En outre, pour arriver à une solidité parfîiite, il faut des assemblages faits avec une très grande précision. Le moindre mouvement oscillatoire provenant d'assemblages mal faits peut occasionner, dans un temps plus ou moins long, l'anéantissement de la charpente. Les assemblages à employer sont en assez grand nombre ; toutefois on peut les diviser en deux grandes classes : assemblages à tenon et mortaise, assemblages à entaille, de toutes formes. Dans le premier assemblage, la règle fondamentale est de ne pas affaiblir la pièce où l'assemblage se pratique; dans l'assemblage à entaille, s'il est oblique, il faut avoir soin que l'entaille ne fasse pas un angle trop aigu avec une des faces de la pièce de bois, car dans ce cas l'assemblage n'offi'irait aucune résistance. (Pour plus de détails sur les Assemblages, voy. ce mot.)

Comme science, la charpenterie comprend deux parties distinctes : la théorie et la ^^m/zqiie. — La théorie embrasse toutes les connaissances des principes de la géométrie et de la statique, du dessin, du trait, du tracé des Épures (voy. ce mot) ; l'étude des bois de construction, afin de pouvoir en faire un choix judicieux et savoir bien dispenser ses assemblages.

La pratique comprend le tracé sur bois d'après V épure des différentes coupes, des joints ; la manière de tailler les assemblages ; le levage et la mise en place des charpentes.

Il existe beaucoup d'ouvrages qui traitent de la charpenterie; nous donnons les principaux dans notre bibliographie.

Bibliographie. — Mathurin Jousse, le, Théâtre de V art (lu charpentier, petit in-fol., la Flèche, 1120;

— du même et de la Hire, VArt de la charpenterie, in-fol., Paris, 1751 ; — Lecamus deMézières, Traité de la force des bois, in-8°, 1782 ; — J.-H. Hassenfratz. Traité de Vart du charpentier, 'm-A° , Paris, 1804; — A.-R. Emy, Traité de Vart de la charpenterie, 2 vol. in-4° et atlas iu-fol., Paris, 1837-41;

— P. Ardent, Études théoriques et exp)érimentales sur V établissement des grandes charpentes à grande

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