‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 26 sur 325 · ACANTHE · texte numérisé non relu

ACANTHE

L'acanthe molle a des feuilles médiocrement étalées et découpées ; les Grecs l'employèrent moins que les deux autres ; les Romains, au contraire, semblent l'avoir préférée, puisqu'elle est presque la seule qu'ils aient appliquée à tout et partout , lorsqu'ils ne faisaient pas usage de la feuille d'olivier, sa rivale, avec laquelle il ne faut pas la confondre.

L'acanthe molle fut transformée par les Romains, et, pour augmenter la richesse de leur ornementation , ils y mêlèrent d'autres plantes ; ainsi modifiée, ils en convinrent des moulures, des modillons , des consoles , des frises d'entablement, etc., comme on peut le voir sur la cymaise du temple de Jupiter Sérapis à Pouzzoles, sur les frises du temple du Soleil et sur les rinceaux et consoles du forum de Trajan.

La troisième variété d'acanthe est Yacanthe frisée, qui n'est autre pour nous que le louillon-hlanc ou choit gras, et dont notre figure 1

Fig. 1. — Acauthe (temple de Vesta, à Tivoli).

montre un spécimen tiré du chapiteau du temple de Vesta; à Tivoli. La même acanthe se retrouve encore aux rosaces du plafond sous le portique du même temple , ainsi qu'aux chapiteaux de la basilique et du temple de la Fortune à Préneste ; mais où ce genre d'acanthe est admirablement caractérisé, c'est sur un chapiteau de Cori et de Vulci. (Yoy. Chapiteau, fig. 19.)

L'acanthe frisée fut moins employée que les deux autres par les artistes romains, on en rencontre cependant à Pompéi de nombreux spécimens sur des édifices exécutés par des artistes grecs. On la retrouve aussi sur un tombeau antique de Saint-Remi en Provence, mais ce monument romain accuse sous plus d'un rapport l'influence de l'art grec.

L'acanthe qui sans aucun doute a été la plus employée est un genre mixte que nous

poumons appeler V acanthe conventionnelle, et qui représente tantôt du laurier, comme aux chapiteaux du Panthéon d' Agrippa (fig. 2); tantôt de l'olivier, comme aux chapiteaux à

Fig. 2. — Acanthe (Panthéon d'AgrippaJ.

têtes de béliers de l'intérieur du temple de la Concorde (fig. 3 et planche XX) , à Rome.

Cette même acanthe conventionnelle se voit aussi sur les chapiteaux des temples de Mars Vengeur, de Jupiter Stator, d'Antonin et de Faustine, et sur les chapiteaux du portique d'Octavie et de l'arc de Titus.

Les anciens, une fois l'acanthe adoptée dans leur ornementation, la prodiguèrent dans les corniches et les fi-ises de leurs monuments ; on en voit des exemples aux bains romains dits temple de Diane et à la Maison-Carrée, à Nîmes; dans des frises d'entablement conservées à la villa Médicis ; enfin ils l'employèrent pour la décoration des vases, dont le plus célèbre peutêtre est celui de la galerie de Florence, qu'on nomme le vase des Médicis.

Fig. 3. — Acanthe (temple de la Concorde).

Mais là ne se borna point l'emploi de l'acanthe chez les anciens, ils l'utilisèrent dans la décoration : le char funèbre d'Alexanch-e pourrait en témoigner, puisque, au dn-e de Diodore de Sicile (XVIII, 26), des acanthes d'or surgissaient du milieu de chacune des colonnes de ce char et s'élevaient insensiblement jusqu'aux chapiteaux. (Quatremère de Quincy, Monuments

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