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CHEVILLER

CHEVROX

vi'iers ;ï grimper au sommet de certains appareils. (Voy. ÉCIIELIER.)

CHEVILLER, v. a. — Assujettir des assemblages en menuiserie, en charpcnterie , à l'aide de chevilles.

CHEVILLETTE, s./. — Petite broche de fer semblable à un fort clou à tête plate, et dont se servent les charpentiers pour consolider des assemblages en charpente.

Dans les chemins de fer, les chevillettes sont des tiges de fer servant à fixer sur les traverses les coussinets des rails. Ces chevillettes sont

riy. 1 ut i. — Cliuvillettts.

à section ronde, octogonale, et mesurent de 0"',15 à O",!? de longueur siu- 0™,016 à O^OIS de diamètre ; notre figure montre les deux spécimens les plus employés.

CHÈVRE, s: f. — Machine qui sert aux maçons, aux charpentiers et aux seiTuriers à élever des fardeaux. Cette machine (voy. notre figure) se compose de deuxlongrines, nommées iras ou Wcoqs , formant un angle aigu, et dont l'écartement est maintenu par plusieurs traverses qui s'assemblent , à tenon et mortaise, dans ces montants ou longrines. Vers la partie inférieure des bras, à l'",60 du sol, est fixé l'arbre d'un treuil, cylindrique dans la partie sur laquelle s'enroule le câble et dans celles engagées dans les tourillons. En avant de ceuxci, il existe deux parties carrées sur l'arbre, dans lesquelles sont pratiqués les trous destinés à recevoir le bout des leviers servant à la manœuvre. Les traverses ou entretoises sont espacées de 0'°,90, ce qui forme une espèce d'échelle permettant de monter jusqu'au sommet de la machine , où se trouve une poulie tournant autour d'un boulon qui, traversant les bras, sert aussi à en relier la partie supérieure. — Équiper une chè\Te, c'est en assembler les diverses parties, afin de la mettre en état de fonctionner ; l'équipement terminé , on

dresse la chèvre, luju perpendiculairement, mais en lui donnant du nez, c'est-à-dire en la tenant inclinée (voy. notre figure , à droite), afin que les fardeaux en montant ne puissent heurter ni le treuil ni les traverses. Pour la maintenir dans cette position, on l'amarre avec trois cordages, dont deux, qu'on nomme liauhans,

Chèvre.

tirent en sens contraire de son inclinaison, et servent à maintenir la ohè^Te dans sa position. Le troisième cordage, placé à l'opposé des deux autres, est nommé contre-lmiiban-, il a pour objet de prévenir le renversement de la machine. Comme, de ces trois cordages, les haubans sont les seuls sur lesquels agisse le fardeau , on doit avoir l)ien soin de les amarrer à des objets environnants qui présentent une très grande solidité. Souvent le treuil des chè^Tes est commandé par des engrenages que l'on fait mouvoir à l'aide de manivelles ou de leviers en fer; un déclic, qui y est adapté, empêche les fardeaux de redescendre tout à coup quand on les élève, ce qui évite souvent bien des accidents.

CHEVRETTE, s. f. — Petit morceau de fer carré, recourbé à ses extrémités pour former pied ; c'est une espèce de petit chenet double en fer, qui se place dans les poêles , pour élever le bois et faciliter sa combustion.

CHEVRON, s. m. — Pièce de bois, de faible équarrissage, servant dans les combles à supporter les lattis ou les voligeages qui reçoivent la couverture. La grosseur de l'équarrissage varie suivant la dimension du comble et l'importance de l'édifice. Dans les maisons ^Drivées ,

CITEYEONXE. — CHIEX-AS8IS.

il mesure de 0"',08 à C^jOH sur les deux côtés ; daus des usines ou des fabriques, dont les combles ont une o-rande portée, il atteint 0"',14 à (i"',15 de hauteur sur 0",08 à 0"",10 de largeur. Lorsque la Jiauteur du rampant de comble ne permet pas d'employer des che"STons d'une seule pièce , on les fait de plusieurs pièces allant d'une pa7ine à l'autre et chevauchés, ou mieux ajoutés bout à bout au moyen d'entailles en sifflet : il faut avoir soin que ces entailles portent sur les pannes. Quant à l'assujettissement des che^Tons il se fait avec de grands clous d'épingle, rarement avec des chevilles. Dans les bâtiments de peu d'importance, on pose le pied des che"STons dans le massif couronnant la corniche; daus ceux, au contraire, où l'on suit les règles d'une bonne construction, une plate-forme ou sablière entaillée reçoit le pied des chevrons. Dans d'autres constructions, le che^Ton est libre et fait saillie hors du mur. Cette disposition, assez usitée en Itahe, donne aux bâtiments un caractère rustique qui est en parfaite harmonie avec des édifices tels que manufactures , docks, entrepôts, usines et constructions rurales. Leur extrémité ou aljout est alors profilée en console ou en modillon. — Suivant les différentes positions qu'il occupe daus le comble, le chevron porte différentes désinences; on distingue les chevrons (le noue, de croiqje ou (Temj)ano?ij suivant qu'ils portent une noue, un arêtier ou une traverse ; les chevrons de ferme ou de lonyixni sont ceux qui portent si;r l'arbalétrier; ceux de jouée ou de fermette forment le comble d'une lucarne ou ses côtés.

Le chevron a été employé de toute antiquité ; en effet, la première demeure de l'homme n'a pu être couverte qu'à l'aide de chevrons ; c'est un fait incontestable, puisque dans les cabanes primitives, sculptées sur la pieiTC ou représentées en terre cuite, nous voyons des représentations de che^Tons. (Voy. les figures du mot Cabane.)

Cheyrox. — Ornement caractéristique de l'époque romane, qui consiste en un tore ou baguette courant en zigzag, ce qui lui a valu les dénominations de zigzags ou Batoxs rompus (voy. ce mot et les figm-es qui l'accompagnent). — Les che'STons peuvent être simples ou multiples, c'est-à-dire composés de plu-

sieurs che\Tons simples juxtaposés comme le montre notre figure ; on les nomme aussi , dans ce cas, tores guivrès, chevrons multiples. — Lorsque deux cours de chevrons sont disposés de manière à ce que leurs angles soient opposés et que leur réunion forme une suite de losanges ouverts ou fermés, on les nomme contre-chevrons (voy. Bâtons ro3IPUS, fîg. 2), et vulgairement contre-zigzags , ou tores contre-chevronnés ou contre-zigzagiiés. Les chevrons et contre-che- ATons ont disparu de l'ornementation aA-ec les dernières traditions de l'art roman qu'ils caractérisent, c'est-à-dire au commencement du XIII® siècle. Mais pendant l'époque romane cet ornement se rencontre très fréquemment sur les bandeaux , les bases , f iits et tailloirs des colonnes, mais principalement sur les archi- A'oltes. — En termes de blason , le chevi'on est une des pièces honorables de l'écu : on le considère comme le symbole de la constance et de la fermeté ; il affecte exactement la forme d'un A renversé. (Voy. Blason.)

CHEVRONNÉ, tE., part. passé.— Décoré de Chevrons (voy. ce mot).

CHEVRONNEE, v. a. — Mettre en place les chevrons d'un comble.

CHIEN, s. m. — Brettelure à grosses dents ; marteau de tailleur de pierre à grosse brettelure. (Voy. Bretture et Marteau.)

CHIEN-ASSIS, s. m. — Petite lucarne destinée à éclairer, mais surtout à donner de

Chieu-assis.

l'air dans un comble. Notre figure montre un type de chien-assis fréquemment employé dans

les édifices du moven âge.

CHIFFRE. — CHINOISE (arciiitecturk).

CHIFFRE, s. m. — Ornementer architecture, de serrurerie, de menuiserie, qu'on retrouve particulièrement sur les objets, les murailles et balustrades de l'époque de la renaissance. Cet ornement se compose d'un entrelacement de lettres fleuro nuées en bas-relief, "-ravées ou découpées à jour. Souvent les chiffres sont surmontés de couronnes. Dans la balustrade du pignon occidental de la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, on remarque, au milieu des fleurs de lis , des K, initiale de Karolus , parce que cette balustrade avait été refaite sous Charles VII.

Au Louvre, on peut voir les chiffi'es de Henri II et de Catherine de Médicis, de Henri IV, de Louis XIV, etc. Dans les châteaux de Chambord, de Blois, de Fontainebleau et autres résidences de la renaissance , on voit sur les murs, sur des panneaux de menuiserie, peints ou sculptés, le chiffre de François I*^"" une grande F, surmontée d'une salamandre couronnée, ou les chiffres de Henri II et Diane de Poitiers, de Henri IV et Gabrielle d'Estrées.

Beaucoup de clefs anciennes ont leurs anneaux formés par des chiffi-es.

CHIMÈRE, s.f. — Monstre de la Fable qui avait une tête de lion, un corps de chè^Te et une queue de dragon ou de serpent. Le nom de chimère ou grylle s'applique également à toute figure humaine réunie avec diverses parties d'animaux ; tels sont les centaures et les centauresses, les sphinx, les sirènes, les pégases, les griffons, les gargouilles. On voit au musée de Florence un bronze découvert à Arezzo, en 1544, qui représente une magnifique chimère.

Le moyen âge et la renaissance ont employé, soit en peinture, soit en sculptnre, une grande variété de chimères, et beaucoup de gargouilles de cette époque nous montrent des spécimens d'une originalité remarquable. Une chimère assez singulière est celle qui se trouve placée à l'angle de la balustrade ajourée qui décore la façade principale de Notre-Dame de Paris.

La Chimère était figurée sur les médailles de Corinthe, de Panticapée, de Sériphos et de Sicyone.

Par extension, dans le langage ordinaire , on

dcmne le nom de chimères à des monstres fantastiques, créés par l'imagination d'un artiste ; ainsi Ducerceau, Lepautre, Bérain et d'autres dessinateurs ont créé en grand nombre dans leurs compositions des Ures chimériques, qu'on nomme également chimères.

CHINOISE (Architecture). — Le génie de chaque peuple se révèle, dit-on, dans son architecture ; c'est en vertu de cette loi ethnographique que le peuple chinois, si différent des autres par ses mœurs, ses coutumes, son genre de vie , possède une architecture qui lui est propre et qu'on ne peut rattacher à aucun autre style ancien ou moderne. L'architecture chinoise, quel que soit le type de monument auquel elle appartient, présente un caractère de simplicité, de provisoire, (\m. a lieu de surprendi'e les peuples qui construisent des monuments solides , durables , qui semblent érigés en vue de défier les siècles.

De ce que l'architecture chinoise est toute différente de celle des autres peuples, certains auteurs ont prétendu que la monotone uniformité du style chinois à travers les âges, son manque d'ampleur, ses proportions bornées, ses formes vulgaires, ses matériaux mesquins, tout cet ensemble n'était que l'expression, la résultante des idées étroites et des courtes \T^ies de cette race. On ne peut, selon nous , se tromper plus grossièrement. Le peuple chinois, aujourd'hui que nous commençons à le connaître, n'est pas tel qu'on nous l'a représenté dans le passé ; sa littérature , ses arts , l'état avancé de ses sciences, témoignent que ce peuple est très savant, très érudit et même très artiste. Et si son architecture est toute différente de celle des Assyriens, des Egyptiens, des Grecs et des Romains, si elle ne présente qu'un caractère utilitaire et, pour ainsi dire, temporaire, c'est que le peuple chinois l'a bien voulu. Il avait même d'excellentes raisons pour agir ainsi ; car il ne faut pas oublier que l'architecture n'est pas seulement le reflet du génie d'un peuple, mais que les climats et les matériaux influent également sur le caractère de cet art. Or, en Chine, la fréquence et la violence des tremblements de terre, ainsi qu'une grande humidité de l'air qui corrode les ma-

CHINOISE (architecture).

tériaux, sont cause qu'on y construit des édifices bas , et qu'on emploie de la terre cuite émaillée. Telles sont les véritables causes du caractère sobre, temporaire et utilitaire de l'architecture chinoise, dont le style n'a jamais varié à aucune époque, de sorte que par le présent on peut juger du style passé.

Après ces généralités, nous envisagerons l'architecture chinoise dans ses édifices civils, dans ses monuments, ainsi que dans ses travaux publics.

Les annales chinoises rapportent que les premiers hommes de la Chine vivaient à l'état sauvage et n'avaient pour demeures que des cavernes ; celles-ci devenant insuffisantes, ils se créèrent des gîtes sur la fourche des arbres, afin d'échapper aux bêtes féroces; enfin ils habitèrent des cabanes, qu'ils réunirent en grand nombre dans des enceintes dont, pendant la nuit, ils fermaient les issues, afin de

Fig. 1. — Plan d'une maison chinoise.

a, cour ; 6, salon ; o, chambre.

prévenir les incursions des animaux sauvages et de dormir en toute sûreté. Vingt-cinq siècles avant notre ère , les Chinois n'eurent pas d'autres demeures : comme on le voit, c'est l'histoire de tous les peuples au début de leur civilisation ; mais à partir de cette époque ils inventèrent la brique et ils créèrent la maison telle qu'elle existe aujourd'hui, c'est-à-dire que la maison chinoise se compose de quatre murs, d'une porte et d'un toit. Dans le rectangle formé par les quatre murs, à l'aide de cloisons on créa (fig. 1) en a, une cour (/m), en h, un salon {taii) , en c, une chambre à coucher (che). Les murs, à l'origine, n'étaient percés d'aucune fenêtre ; les pièces étaient éclairées seulement par des ouvertures pratiquées sur le toit : ces ouvertures ne portaient pas de châssis, de sorte que la pluie et la neige pénétraient en même temps que le jour dans la maison. La cour, a, était oniée de vases de flem-s et d'arbustes ; et la première pièce qui donnait sur cette cour, le salon, l^ était exhaussé de

quelques marches au-dessus du sol de la cour. Tel est, dans toute sa simplicité, le plantype de la maison privée du Chinois ; quand la famille est considérable, on ajoute une

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Fig. 2. — Plan d"uue maison chinoise (2" type).

a. cour ; b, b, b, chambres ; c, cuisine ;

d, piùce pour les domestiques; e, couloir de dégagement.

maison à la suite de la première, et ainsi de suite jusqu'à douze ; d'où l'expression chinoise pour indiquer un homme riche : « Il a ime maison à douze cours. »

Il existe un second tji'jc, qui n'est guère plus

Fig. 3. — Coiu' d'une maison chinoise.

compliqué que le premier ; il possède une chambre et un salon de plus, ainsi qu'une cuisine et un couloir de service. (Voy. notre figure 2.)

La décoration est fort sobre ; notre figure 3 montre une cour avec ses vases de fleurs et ses bambous. Sur les montants de la porte sont accrochées aux murs des tablettes sur lesquelles sont inscrites des sentences de Confucius {Chue n-T sien). L'ensemble des pièces présente

■iU

CHINOISP] (architecture).

l'effet d'un hangar; pas de plafond, mais la charpente de la toiture est apparente, elle est peinte en noir ou en rouge, relevée de filets dorés dans les belles maisons, et elle supporte des tuiles vernissées en blanc. Le pavé est en carreaux de terre cuite rouge, ou de marbre à deux couleurs. Les colonnettes, quand il s'en trouve, sont droites et minces; elles sont ornées d'anneaux ou de clochettes. Le soubassement des pièces est garni de nattes ou de porcelaine dans une hauteur de 0'",95 à 0'°,98 en\aron.!

Le genre de maison que nous venons de décrire est à une seule rangée; un troisième type de maison est dit à deux rangées : c'est le même plan que celui de notre figure 2, rabattu sur le côté du couloir considéré comme charnière ; enfin le troisième type possède un corps de logis double, séparé par un jardin.

Les nombreux portiques qui relient entre eux les différents corps de bâtiment ont fait multiplier les colonnes, qui ne sont que des poteaux ou des points d'appui , car les colonnes chinoises n'ont ni bases ni chapiteaux; mais dans les palais elles sont décorées avec des incrustations de cuivre, d'ivoire, de nacre, et bariolées de peintures et de dorures. Le bois le plus employé est le bambou pour les colonnettes, les solives et autres ouvrages légers; pour des travaux, au contraire, qui doivent présenter une grande stabilité et fournir des points d'appui solides , on emploie une espèce de mélèze très commun, nommé nan-mou. La plupart des maisons sont à un étage, mais souvent elles en ont deux. Les Chinois sont très habiles dans l'art de travailler le bois.

L'architecture des jardins est des plus curieuses : les Chinois s'ingénient à créer des monstres avec des arbres qu'ils taillent, qu'ils serrent et qu'ils façonnent de mille manières, afin de leur faire prendre des formes burlesques.

Parmi les monuments les plus remarquables de la Chine, on doit citer les greniers d'abondance, et surtout les arcs de triomphe. On en élève un nombre considérable en l'honneur des empereurs, des généraux, des mandarins, des lettrés , et de tous ceux qui ont rendu quelques services au pays. Ces arcs, généralement en bois, forment une grande baie isolée, ou

flanquée de deux arcs plus petits, et ils sont tous couronnés d'un toit avec les bords relevés, et de galeries ajourées, ornées de clochettes et autres bibelots. Les palais et les pagodes ne présentent pas une architecture particulière; ces édifices ont de plus grandes porportions que les maisons privées, voilà toute la différence. — Mais là oîi le peuple chinois est vraiment grand, c'est dans ses travaux publics : les canaux de navigation et d'imgation sont très nombreux et, sous tous les rapports, remarquables; beaucoup de leurs ponts sont d'une hardiesse de construction surprenante. Le pont de Tsin-tchéou, par exemple, a 1,125 mètres de longueur; les piles, éloignées les unes des autres de 15"',25, sont reliées entre elles par des pierres de même longueur, qui forment le tablier du pont. D'autres ponts sont en bois, et ils sont suspendus à des piles ou à des rochers à l'aide de grandes chaînes ; quelquefois ces ponts ont leurs têtes décorées d'arcs de triomphe, principalement dans la province de Kiang-Xan.

Mais, parmi tous ces ti-avaux publics, le plus prodigieux est, sans contredit, celui de. la grande muraille. Cette construction est attribuée à Tsin-chi-hoang-ti, empereur qui régnait trois cents ans av. J.-C. Cependant quelques historiens prétendent que l'ancienne muraille a été ruinée et que la construction de celle qu'on voit aujourd'hui n'est pas antérieure au xv*' siècle ; mais, quelle que soit la date de ce gigantesque travail , il n'en est pas moins des plus curieux. La grande muraille de même que ses tours carrées sont crénelées. Elle se développe sur une longueur de 2,400 kilomètres envii'on, en suivant toutes les sinuosités du terrain; sa plate-forme est assez large pour permettre à six cavaliers d'y courir de front ; on y arrive par des degrés de pierres ou de briques ménagés de distance en distance entre les parapets. Il n'a pas fallu moins de cinq à six millions d'hommes travaillant pendant dix ans pour élever cette muraille , dont le soubassement est en pierres et le reste en briques ; dans quelques parties, à l'extrémité occidentale surtout, la muraille n'est qu'en terre.

Bibliographie. — Il existe peu de livres sur

CHIPOLIX. — CHORAGIQUES (moxu.aients).

l'architecture chinoise ; nous ne connaissons guère qu'un volume de Y. Chambers, intitulé : Dessins des édifices chinois, in-fol., Londres, 1737.

CHIPOLIN , s. m.

Peinture à la colle

qu'on obtient au moyen d'un grand nombre de couches de blanc d'apprêt, ainsi que de plusiem's couches de vernis poncées et adoucies.

CHIQUETER, v. a. — C'est, à l'aide d'un pinceau à chiqueter (voy. Brosse), faire des mouchetures sur un soubassement en peinture, afin d'imiter le marbre , le granit ; avec le pinceau on frappe sur un morceau de bois de façon à projeter les mouchetures sur la partie à chiqueter.

CHLORURE DE CHAUX, s. m. — Composé de chlore et de chaux, employé comme désinfectant. Le chlorure de chaux sert aussi, à l'aide du bois de charme, à fabriquer l'ivoire artificiel, qui lui-même, à l'aide d'une coloration, fait de l'ébène artificiel.

CHŒUR, s. m. — Partie d'une église, en tête de la nef, dans laquelle se tiennent les prêtres , les chantres et les clercs. On nomme ainsi cette partie de l'église parce qu'on y chante autour de l'autel , comme autrefois , dans l'ancienne Grèce, on exécutait des danses solennelles accompagnées de chants autour des autels des dieux et des déesses. Dans les premières basiliques chrétiennes, il n'y avait pas de chœur, parce que les chantres se tenaient eu avant de l'abside, et n'étaient séparés du public que par une simple balustrade.

Dans les églises romanes le chœur est encore fort réduit, quand l'église en possède : il n'a qu'une ou deux travées ; au xii" et au xiii" siècle, il prend beaucoup plus d'extension, il atteint même en longueur le tiers ou la moitié de la longueur de la nef.

Dès le xiii*^ -siècle, le chœur se décora de magnifiques stalles pour les prêtres, les chanoines, les officiants. Ces stalles étaient adossées contre des murs qui étaient décorés, du côté opposé, de magnifiques bas-reliefs ou de panneaux de l)ois sculptés. Dans certaines églises

de cette époque, le devant du chœur était même fermé par un Jubé (voy, ce mot).

Le désir d'agrandir les églises et de démasquer le chœur fit démolir beaucoup de jubés et un grand nombre de clôtures et de basreliefs situés entre les piliers des chœurs. (Voy. Stalles.)

Dans les monastères de femmes , on appelait cliœur une salle attenante à l'église, mais qui en était séparée par un grillage et quelquefois couverte de rideaux. Cet usage s'est encore conservé dans certaines localités; ainsi; à l'église de l'Abbaye-aux-Dames , à Caen, les religieuses n'entendent les offices que dans un second chœur situé dans l'abside, et fermé par une clôture et des rideaux. (Voy. Église.)

CHORAGIQUES (Monuments). — Monuments érigés dans l'ancienne Athènes par les cJtorèges qui avaient remporté des prix de musique. Les chorèges étaient les chefs de chœ'urs d'enfants et d'adolescents fournis par chacune des dix tribus de l'Attique, pour la célébration des fête& solennelles. Pour être chorège, il fallait avoir plus de quarante aiis et posséder une grande fortune , car on devait pourvoir à la nourriture , à l'instruction , aux costumes des choristes, ainsi qu'au local nécessaire aux répétitions. Aussi, quoique les fonctions de chorège donnassent accès aux plus hauts emplois de la république, il arrivait souvent qu'aucun citoyen ne voulait se charger des frais considérables que nécessitait cette charge. Dans ce cas, l'Etat nommait d'office un ou deux citoyens, qui supportaient en commun les frais. Les personnes du chorège et des choristes étaient inviolables. Des concours étaient établis entre les diverses tribus de l'Attique, et les choristes s'y préparaient longtemps à l'avance. Le jour de la lutte arrivé, le vainqueur recevait comme prix un trépied de bronze ciselé par un habile artiste (1). Une

(1) Dès les temps héroïques, le trépied était considéré, en Grèce, comme la plus noble des récompenses des jeux publics. Homère (//iacZe, ch. XXIII) fait dire à Achille, présidant les funérailles de Patrocle : « Les trépieds doivent être disputés d'abord, comme étant les plus grands prix. »

CirORAGIQUES (monuments).

inscription .gravée sur le trépied indiquait le nom de la tribu qui avait remporté la victoire, ainsi que celle du chorège qui avait fait les frais du concours, du poète qui avait écrit le poème, enfin le nom de l'archonte. Ces trépieds étaient surmontés d'anneaux servant d'anses pour les transporter; on les nommait -cpiTroSc;

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rig. 1. — Monument choragique de Lysicrates.

ioToj£VT£i; (trépieds à oreilles). Comme c'était un très grand honneur de remporter une pareiUe récompense, les vainqueurs faisaient élever une colonne ou un petit édicule, afin de l'exposer publiquement. Une large rue d'Athènes possédait de ces colonnes en si grand nombre qu'elle avait été nommée la me des Trépieds. — En général les colonnes chora-

giques étaient surmontées de chapiteaux dont l'abaque était triangulaire ; on en voit encore aujourd'hui à l'acropole d'Athènes. (Xous les avons indiqués en A au mot Acropole, pi. I, p. 30.) Il existe aujourd'hui fort peu de monuments choragiqucs; le plus important, et par cela même le plus célèbre, est celui de Lysicrates , que montre notre figure et qu'on a surnommé à tort la lanterne de Dèmosihene , ou même de Diogene. Ce monument a subi de graves mutilations , et il serait aujourd'hui entièrement ruiné , sans les travaux qu'y exécuta à ses frais en 1832 un architecte français, Jules Goury ; il a été érigé 335 ans av. J.-C. Cette date est déterminée parle nom de l'archonte qui se voit gravé sur l'architrave, à la fin de l'inscription en trois lignes que voici :

« Lysicrates de Cycine, fils de Lysithides, avait fait les déi^enses du chœur.

« Le prix pour le chœur des jeunes gens avait été remporté par la tribu acamantide. Théon était le joueur de flûte.

« Lysiadès , Athénien , était le poète ; Evanète, l'archonte. );

Le monument choragique de Lysicrates est d'autant plus intéressant à étudier qu'il présente dans son ensemble plusieurs particularités des plus remarquables. A part sa

Fig. 2. — Chapiteau du monument de Lysicrates.

forme, qui est des plus élégantes et qui présente un caractère spécial, nous devons signaler son chapiteau, qui est un exemple unique de l'ordre corinthien grec, et qui nous permet de constater la finesse et le goût avec lesquels cet ordre était traité en Grèce, bien avant son apparition chez les Romains (voy. fig. 2). L'examen de la colonnade nous a fourni aussi

CHORAGIUM. — CHUTE.

un renseignement précieux, c'est que les cliapiteaux n'étaient qu'épannelés du côté du mur, ce qui a permis de constater que le système d'épannelage des Grecs était à peu près semblable à celui de nos jours pour la préparation des travaux de sculpture.

A l'acropole d'Athènes, plus bas que les deux colonnes choragiques dont nous avons parlé plus haut (voy. Pkin de V Acropole, p. 30), sur le bord d'une route tracée à mi-côte, il existait un autre monument choragique , celui de Thrasyllus , qui avait été construit en l'an 308 avant notre ère ; aujourd'hui on n'y voit que la grotte de Thrasyllus. Ce monument existait encore au XVII® siècle. Stuart et Revett nous donnent

Fig. 3 — Trépieil choragique sur les vases peints.

même l'inscription qui se trouvait au milieu de l'architrave ; elle était ainsi conçue :

« Thrasyllus, fils de Thrasyllus de Décélia, a consacré un trépied en reconnaissance de la ■victoire qu'il a remportée pour la tribu Hippothoontide, avec un chœur d'hommes.

Evius de Chalcis était musicien ; Xtechmeus était archonte, et Karchidamus, fils de Sotis, était le poète. »

Aujourd'hui la grotte de Thrasyllus a été convertie en chapelle.

Beaucoup de vases peints montrent dans leur décoration des trépieds choragiques ; notre figure 3 offre un exemple de ceux-ci.

On devrait dh-e plutôt choréyique, le grec yopTiYixo'ç étant plus usité que /^opay^xoi;.

CHORAGIUM. — Vaste pièce située derrière la scène dans les théâtres antifiues. C'était

DICT. D'aRCHITECTUKE. — T. I.

là que l'on gardait les accessoires. (Festus, s. v. • Plaut., CapL, Prol., (50 ; Vitruve, V, *J, 1 ; Demosth., de Falsa légal., 200.) Cette pièce servait encore aux répétitions des chœurs. (Voy. Théâtre.)

Choragium. — Espèce de ressort dans les machines hydrauliques de l'antiquité. (Vitruv., X, 8, 1.)

CHORÈGE. — Voy. Choragiques, Monuments.

CHOU (Feuilles de). — Ornements fréquemment employés aux xv* et xvi*^ siècles dans les édifices gothiques. Les sculpteurs de l'époque ogivale flamboyante et du commencement de la renaissance imitèrent surtout les feuilles du chou frisé , et ils en tirèrent un excellent parti pour décorer des rampants de pignons, des arcades, des arêtes de pyramides et de pinacles; ils l'employèrent aussi en Crochets (voy. ce mot). Les feuilles de chou mêlées à celles du chardon produisent un très bel effet. (Voy. Flore architecturale.)

CHRÉTIENNE (Architecture). — Voy.

Byzantine, Jésuitique, Latine, Ogivale, Romane , Architecture.

CHROMATE, s. m. — Nom générique des sels formés i^ar la combinaison de l'acide chromique avec des bases salifiables. — En peinture, on emploie des chromâtes d'argent, de mercure, de plomb, de zinc, etc. Avec les chromâtes d'argent et de mercure on obtient des rouges pourpres, qui sont très brillants, mais d'mi prix fort élevé. Avec les chromâtes de plomb , de baryte , de chaux et de zinc, on obtient des jaunes plus ou moins intenses.

CHROME (Jaune de). — Couleur obtenue à l'aide de Chromâtes (voy. ce mot).

CHUTE, s. f. — En sculpture, c'est un culot, un bouquet pendant de feuilles, de fleurs ou de fruits , ou bien un bouquet de ces trois éléments décoratifs réunis ensemble. ■ — En architecture hydraulique, c'est une différence de niveaiLx entre deux biefs d'un canal.

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