CIRE. — CIRQUE
CIRE, s. f. — Substance fabriquée par les abeilles et qui sert à divers usages. Elle est employée dans la peinture à la cire (voy. Encaustique), par les doreurs, qui s'en servent pour donner au bronze la teinte d'or rouge. La cire des doreurs est composée de jaune, d'ocre rouge, de vert-de-gris et d'alun. — Les marbriers emploient également une cire pour recoller les éclats de marbre qui se produisent dans la taille, pour boucher les fissures et les trous dans toutes sortes de marbres. Les raccords avec cette cire sont faits avec tant d'habileté que souvent l'œil le plus exercé n'aperçoit rien.
CIRQUE, s. m. — Genre d'édifice particulier aux Romains, qui correspondait au stade des Grecs. Il existait cependant une différence
assez sensible entre ces deux genres d'édifices : le cirque était plus grand que le stade et renfermait, en outre, dans son axe une barrière {spina) et des Carcères (voy. ce mot). — A son origine, le cirque romain n'était qu'un espace plat et découvert, autour duquel on élevait, seulement pour les jours de courses, des échafaudages en bois. (Polyb., XXX, 13, 2.) Cependant, môme avant l'expulsion des rois, on construisit en dehors de l'enceiiite de Rome un cirque permanent qui subsista jusqu'à la dissolution définitive de l'empire. Le plan était une forme oblongue (fig. 1); la ligne des courses est marquée en a, a, le point de départ des chevaux était en d, quand ils sortaient des carcères, c; au milieu de celles-ci se trouvait la porte t, par laquelle passait le cortège du cirque avant le commencement des coursés :
Fis
• Plan d'un cirque antique.
cette porte était dans l'axe de la ligne a. En face de celle-ci, dans la partie circulaire, se trouvait la porte triomphale {forta triumplialis), par laquelle sortaient les vainqueurs. Les chevaux sortant des carcères se rendaient sur le point e, où se trouvait la corde blanchie à la craie {cdha Unea), fixée entre deux petits piUers de marbre (Jiermukr). On ne détachait cette corde
Fig. 2. — Plan des carcères d'un cirque.
qu'au moment où les chevaux se trouvaient rangés de front, et qu'on avait donné le signal du départ. La tribune de l'empereur se trouvait au point m; trois autres portes existaient en p, p, p; l'une d'elles, celle qui est en face de Valba Unea (e), était appelée pr/a libitinen-
sis : c'est par là qu'on emportait les conducteurs blessés ou tués. Les gradins ^^ g, sont placés tout autour, sauf au devant des carcères ; enfin la spina se trouve en s, s, (Liv. I, 35 ; Varro, L. L., V, 135 ; Dionys., III, G8.) Les carcères étaient flanquées de tours 7i, n; notre figure 2
Pig. 3. — Vue d'un petit cirque, d'après une aucieuue gravure.
montre à une plus grande échelle les carcères. La spina servait de soubassement à des obélisques, à des pyramides, à des l)ornes (metœ), à des statues et à des édicules. I^a dimension des cirques fut , comme celle des amphithéâtres, très variée ; mais cependant on leur
CISAILLEMENT. — CISEAU
donnait toujours assez de longueur pour fournir aux courses une carrière étendue. Quant à l'architecture, elle ressemblait beaucoup à celle des amphithéâtres, comme le lecteur peut s'en convaincre en jetant les yeux sur notre figure 3.
Aujourd'hui on donne le nom de cirques à des salles circulaires qui servent à donner des représentations équestres. Paris possède deux cirques : l'un d'été, aux Champs-Elysées ; l'autre d'hiver, boulevard des Filles-du-Calvaire. Ces cirques sont construits sur un plan polygonal ; leurs fermes, en charpente, sont de grande portée et méritent une mention particulière.
CISAILLEMENT. — Voy. Eésistance.
CISAILLES, s. f. pi. — Gros ciseaux servant à couper à froid les feuilles de métal. Il existe plusieurs genres de cisailles; les plus grandes sont fixes et se manœuvrent à l'aide d'un balancier à bras ou mû par la vapeur, et les
FJg. 1 et 2.
Cisailles.
feuilles de métal sont approchées des cisailles ; d'autres, plus petites, sont formées par de courtes lames demi-elliptiques et se manœuvrent à la main : de ces dernières, les unes ont la forme des sécateurs de jardin (voy. nos fig. 1 et 2), d'autres ont l'une de leurs branches pourvue d'un coude qui permet de les fixer dans un étau ou dans un trou ménagé sur un Établi (voy. ce inot).
CISEAL', s. m. — Instrument en acier et tranchant, (pii sei"t à plusieurs corps d'états; d'oii plusieurs genres de ciseaux. Ceux du tailleur de pierre (fig. 1 et 2), servent, l'Un, a, à louver la pierre, et l'autre, b, à la ciseler. Le tailleur
Fig. 1 et 2. — Ciseaux à louver et à ciseler.
de pierre emploie aussi le ciseau à bourrelet ou à maillet, dit aussi ciseau plat, qui sert à remplacer les aspérités laissées sur la pierre par le travail du poinçon, de la gradine ou de la boucharde, par une suite de ciselures plus ou moins rapprochées.
Le ciseau du menuiser est un outil , à manche de bois, dont le fer n'a qu'un biseau, du reste semblable au Fermoir (voy. ce mot). Le manche de ce ciseau est cylindrique ou à plusiem"s pans ; le fer, plat, est élargi du côté du tranchant. La partie supérieure est renforcée et porte une emhase sur laquelle se trouve la soie ou pointe, qui est engagée dans le manche. (Voy. Bec-d'ane.)
Les ciseaux du serrurier lui servent à couper le fer à chaud et à froid; les premiers sont
Jj'ig. 3. — • Cisean du ferreur (serrurerie).
dits ciseaux à chaud ou tranches, les seconds se nomment Burins (voy. ce mot). Cet ou^Tier emploie encore le Bec-d'ane (voy. ce mot) et le ciseau à ferrer, qui présente deux formes : l'une ressemble au ciseau du tailleur de pierre (fig. 2), l'autre est une tige de fer carrée, avec les arêtes abattues, qui se termine par une lame plate et large (fig. 3).
Le ciseau du plombier est un instrument
CISELET. — CITERNE.
qui lui sert à aviver et gratter le plouib , afiu de faciliter la prise de la soudure.
CISEliET, s. m. — Petit ciseau qui sert au marbrier pour tailler les moulures et pour travailler l'épaisseur des marbres minces.
CISELURE, s. f. — L'art de la ciselure n'est pas étranger aux travaux d'architecture, mais il n'est qu'accessoire ; ainsi on cisèle le bronze, la fonte et d'autres métaux, afin de donner plus de finesse aux reliefs. (Voy. Fonte.)
Pour la taille des pierres ce mot est peu employé, il est synonyme àa plumée; on l'applique cependant à cette taille au ciseau, faite sm* les parements de pierre, près de leurs arêtes, pour en dresser le parement. (Voy. Taille de