COMBLE
Les deux pentes d'au comble qui se rencontrent forment un ans-le rentrant et un ano-le saillant : le premier se nomme Noue, et le second Arêtier (voy, ces mots).
Le comhh en carène (fig-. 8) présente l'aspect de la carène d'un vaisseau, c'est-à-dire d'un na- A'irc renversé ; il était fort usité dans l'antiquité , et à Rome un quartier, situé entre le mont Esquilin et la porte Capène, se nommait Ca-
Fig. 7. — Comble en croupe avec sa couverture.
rinœ, parce que ses maisons étaient surmontées de ce genre de comble.
Le comhle moisé est celui dont les fermes sont en lois de sciage et dont l'entrait et les arbalétriers sont moisés.
Fig. 8.
Comble en carène.
Le comble lierné est un comble cintré fait de lois de sciage ou de phts-lords , dont les courbes sont liées par des traA'erses appelées Lier- NES (voj. ce mot).
Le comlle sphérique ou en dôme est celui dont la surface affecte la forme d'une calotte sphérique ou elliptique ; le comlle conique (fig. 9) est celui qui a la forme d'mi cône. Il est construit naturellement sur un plan circulaire. Ces deux genres de combles se composent de principaux chevrons en demi-ferme assemblés par le haut sur un poinçon commun placé au centre, et par le bas dans une sablière ou plate-forme circulaire, et les deux cours, très souvent doubles, de cette plate-forme sont réunis par des Blochets (voy. ce mot).
L'intervalle entre les principaux chevrons est rempli par d'autres, dont le nombre diminue en raison de la circonférence qui se rétrécit de plus en plus en arrivant vers le sommet, terminé par le poinçon qui fait à lui seul l'extrémité du cône. Notre figure 9 fait parfaitement comprendre le système de construction que nous venons de décrire.
Il nous reste à parler de trois systèmes de combles qui ont une certaine célébrité. — Le premier en date (xv!*" siècle) est le comble dit à la Piiilibert Belorme, du nom de son inventeur. Ce système consiste à établir des courbes en planches doubles, maintenues par des liernes et assemblées sur la sablière. Chaque courbe sert en même temps de ferme et de
Fig. 9. — Comble conique.
chevron. Le comble à la Philibert Delorme n'est en somme qu'une voûte plein cintre en bois ; le plus grand qui ait été construit est celui qui couvrait anciennement la halle au blé de Paris, qu'un incendie a détruit et qui a été reconstruit en fer tel qu'il existe aujourd'hui. (Voy. Fer.aie.)
Le second système, beaucoup plus récent, c'est celui du colonel Emy ; il consiste dans l'emploi de madriers longs et étroits superposés les uns aux autres comme les feuilles de ressort d'une voiture. Ces madriers mesurent 0"',055 d'épaisseur, 0'",13 de largeur, sur 12 à 13 mètres de longueur. Toutes les fermes, ou plutôt tous les arcs sont placés à 9 mètres" de distance l'un de l'autre et maintenus par des moises horizon-
COMBLER. — C0MMÉM0RA.TIF8 (monuments).
talcs et des moises pendantes qui tendent au centre. Le système du colonel Emy est surtout avantageux pour les combles d'une grande portée, et sous ce rapport il est un des plus grands perfectionnements apportés de nos jours à l'art de la charpenterie.
Le troisième système, imaginé par l'Anglais Haldworth, ressemble beaucoup au précédent. Il consiste en courbes formées par des poutrelles , dans lesquelles on donne deux traits de scie dans le sens de la longueur et jusqu'à 0™,75 environ de leurs extrémités. Ces poutrelles, ayant subi cette préparation, sont placées dans une étuve à vapeur, courbées, enfin boulonnées suivant l'arc voulu. Une ferme se compose de deux arcs assemblés par le bas dans un tirant et par le haut dans un poinçon.
A part les dénominations qui précèdent, on désigne encore les combles sous les divers noms suivants :
Comble a pignon. — Celui qui est soutenu par un mur pignon en face.
Comble a potence. — Comble ou appentis porté sur le mûr contre lequel il est adossé.
Comble a teb,easse, comble tronqué. — Celui qui se termine en terrasse.
Comble en équerre. — Celui dont l'angle au sommet est droit, et qui tient le milieu entre un comble aigu et un comble surbaissé.
Comble plat ou surbaissé. — Celui dont la hauteur est proportionnelle à la hauteur d'un fronton triangulaire.
Comble en patte d'oie. — Espèce d'auvent à pans et à deux ou trois arêtiers.
Comble pointu. — Celui dont les côtés font un angle très aigu, de 60 degrés au moins : C'est une variété de comble à deux égouts.
C03IBLE VITRÉ. — Grand châssis vitré à une ou plusieurs pentes , souvent destiné à couvrir une cour, un magasin. Les petits combles vitrés s'appellent Lanternes, Lanternons (voy. ces mots).
Combles en fer. — Aujourd'hui, on commence à employer des combles en fer, qui ont l'avantage d'être légers et à l'abri des incendies. Chaque ferme a un tirant formé de deux éléments principaux, savoir : un arc de 0'»,25 à 0'°,-40 de flèche et plus suivant la portée, et une corde ou tirant terminé par des
talons contre lesquels l'arc vient buter. Ces deux parties essentielles sont maintenues par des liens. De ce tirant partent des aiguilles verticales destinées à supporter toutes les pièces qui composent la partie rampante du comble et en outre celles qui relient tout le système. (Voy. Ferme.)
Quoique les combles en fer coûtent environ deux ou trois fois plus que les combles en bois, nous n'hésitons pas à en recommander l'emploi pour les monuments qui ont à redouter les incendies, tels que théâtres, musées, bibliothèques.
Combles en fonte. — On a aussi exécuté des combles en fonte ; nous en avons certains exemples dans les bâtiments industriels et dans les gares et halles de chemins de fer. Une ferme en fonte se compose ordinairement de deux parties symétriques, dont la ligne de séparation est sur l'axe des poinçons; on rapproche les deux parties dont le point de contact est sur le poinçon, et c'est sur ce dernier que se fait le boulonnement. Aujourd'hui, grâce à une parfaite 'entente des combles en fer, l'emploi des combles en fonte tend à disparaître. ( Voy.CouvERTURB.) — Pour la législation de ce mot, voyez Façade, Maison, etc.
COMBLER, V. a. — Remplir une cavité avec des matériaux rapportés.
COMMANDERIE, s.f. — Espèce de monastère habité par des frères appartenant aux ordres chevaliers et hospitaliers. Les commanderies 'étaient construites sur un plan identique à celui des monastères, mais elles présentaient en outre un certain caractère militaire , qui se révélait par la présence d'une tour seigneuriale ou donjon que ne possédaient point les autres établissements monastiques. (Voy. Monastère, Tour, Préceptoriales.)
COMMÉMORATIFS (Monuments.) — Monuments élevés pour perpétuer le souvenir de certains événements mémorables, survenus dans l'histoire d'une nation. Les édifices de ce genre sont répandus en très grand nombre sur la surface du globe ; car l'homme, à quelque civilisation qu'il ait appartenu, a ton-
COMMÉMORATIFS (monuments).
jours tenu à rappeler à ses descendants le souvenir d'un événement ou d'une catastrophe, d'une victoire ou d'une défaite. C'est pour satisfaire à ce désir qu'il a érigé des monuments commémoratifs , qui affectent des formes très variées : ce sont de simples pierres, des colonnes , des édicules , des ponts , des pyramides, des portes, des arcs de triomphe. Il ne peut entrer dans le cadre de cet ouvrage de
Fig. 1. — Pierre commémorative de CUampigiiy.
donner une nomenclature des monuments commémoratifs répartis sur la surface du globe, nous devons nous borner simplement à l'énumération de quelques-uns de ceux qui existent sur le sol de notre pays.
Autour de Paris, pour perpétuer le souvenir des combats qui se sont li\Tés sous les murs de la grande cité pendant la guerre de 1870-71, on a érigé des pierres commémoratives qui ont beaucoup de caractère. Notre figure 1 montre le monument érigé à Champigny par notre confrère E. Vaudremer; notre figure 2, celui de Buzenval, construit par notre
confrère Charles Chipiez, professeur d'architecture ; notre figure 3 , celui de Châtillon , dont l'auteur est M. Bi'uneau. La ville de Paris avait mis au concours la construction de ces pierres commémoratives, et, parmi les
Fig. 2. — Pierre commémorative de Buzenval.
projets exposés qui n'ont pas été adoptés par le jury, nous avons remarqué un fort beau projet de M. Thierry-Ladi-ange , professeur d'architecture. Notre figure i représente l'œu-
Fig. 3. — Pierre commémorative de Châtillon.
vre de notre confrère. C'est une tente qui abrite les soldats morts sous Paris pour la défense de la France.
A l'intérieur de Paris, il existe aussi des monuments commémoratifs : l'arc de triomphe de l'Etoile ; le monument de la place de Clichy, érigé en l'honneur de Moiicey, en souvenir de sa défense de Paris, par notre confrère
liii COMMISSURE. — COMMODO Eï IXCOMMODO (exquête de).
Ed. Guillaume. Citons avec éloge, la colonne en bronze de la Craiidc Armée, et surtout celle de la place de la Bastille. Ce dernier monument possède à nos yeux un très grand mérite : c'est une œuvre tout à fait originale, car elle no ressemble à aucun autre monument de Fanticjuité ni des temps modernes; c'est l'œuvre de M. Duc, notre émi-
nent confrère. Ce qui est surtout admirable dans la colonne de Juillet, c'est que sa fine ornementation est fort l)ien appropriée à sa destination et au métal qui la compose. Cette grande colonne de bronze, de 50"',33 de hauteur, pèse 179,500 kilogrammes; son chapiteau, dont les faces mesurent 5 mètres, a 2™,70 de hauteur, et pèse 12,000 kilogrammes (nous
Fig. 4. — Pierre comm('morative des combats lirrés sous Paris. (Projet de M. Thierry-Ladrauge.)
l'avons donné au mot ChapIïëaU, fig. oS). Parmi les monmnents commémoratifs français, citons : le plan de l'Aiguille, à Vienne (Isère); l'arc de triomphe de Marseille, connu sous le nom de porte d^Aix. Le premier de ces monuments est aussi désigné sous le titre de tombeau de Vespasien ou d' Alexandre-Sévère. La tradition rapporte que Pilate, exilé de Judée, l'aurait fait construire. Qnant à l'arc
de triomphe de Marseille, il a été érige pour célébrer les hauts faits du duc d'Angouléme, le Vainqueur dû Trocadéro.
COMMISSURE, s./. — Au xvi' siècle, ce mot servait à désigner un joint.
COMMODO ET INCOMMODO (Enquête de). — Enquête faite dans le but de recher-