ACCROUPI
se touclieut, et quelquefois ne sont pas séparées.
Au point de vue esthétique, les arcliitectes ne sont pas d'accord sur l'opportunité d'avoir dans un monument des colonnes accouplées; les uns trouvent que ce motif n'est pas logique, les autres pensent qu'il ne pèche pas contre le goût et l'admettent volontiers.
Perrault , dans ses commentaires de Vitruve (Uv. I, III, p. 79), défend chaudement les colonnes accouplées. L'auteur de la colonnade du Lou'STe ne pouvait faire moins, et nous devons ajouter que nous partageons entièrement Vaxis de PeiTault. En effet, cette décoration, pour n'être pas classique, n'en est pas moins fort belle. Elle est même logique et rationnelle dans beaucoup de cas , ce qui de\Tait la faire accepter même par les artistes les plus difficiles.
Ainsi, quand les colonnes servent à fortifier les angles d'un édifice , ou bien lorsqu'elles supportent des portiques ou se combinent avec des arcades, comme on le voit dans la plupart des dômes , les colonnes accouplées donnent de solides points d'appui , autrement élégants que de lourds massifs ou piliers en maçonnerie.
Les colonnes accouplées sont encore d'un effet utile et d'une bonne décoration lorsqu'elles reçoivent la retombée des arcs-doubleaux, ou qu'elles supportent les principales pièces de bois qui composent les compartiments d'un plafond.
Comme preuve à l'appui de notre dire , nous citerons des exemples de l'emploi utile et très décoratif de colomies accouplées ; ce sont à Paris le Louvre et l'Opéra ; le château de Versailles, la cour du palais Borghèse.
Du reste, de grands architectes en ont fait usage et , indépendamment de ceux déjà désignés, nous citerons Bramante, Michel- Ange, San Gallo, Serlio, Palladio, Scamozzi, Philibert Delorme, Jean Goujon, du Cerceau, Metzeau, de Brosse , Lemercier et Mansard.
L'architecture orientale a souvent employé avec goiit et discernement les colonnes accouplées.
Aujourd'hui on accouple souvent des colonnes en fonte, afin de soutenir les poitrails d'une certaine largeur et portée. Ces colonnes sont surtout employées pour les devantures de
boutiques et de magasins , et doivent être établies d'après les prescriptions et règlements administratifs, qui varient suivant les localités et que pour cette raison nous ne donnerons pas.
De même que les colonnes, on accouple aussi les pilastres.
Accouplées (Têtes). — On nomme ainsi deux têtes adossées sur le même socle ou le même buste.
Il est probable que la première statue fut un buste posé sur une gaine quadrangulaire ; en Grèce, on appelait ces gaines , des Hernies (voy. ce mot). Beaucoup d'hermès, au lieu d'une tête, en possédaient deux (Lucien, Jiipite)- tragœdus, éd. Tib. Hemster, t. II, p. 691) : on les nommait ÔiirpôffWTCoç; trois (Philochare) , xpixÉcpaXoç ; OU même quatre (Eustathius, Comment, ad Homeri Tliad., I, xxiv, v. 333, p. 1353, 8).
Ces hermès servaient à indiquer aux passants la direction des chemins et des routes, et remplaçaient avec avantage, au point de vue de l'art, nos vulgaires poteaux.
On voit également sur les médailles et les pierres gravées des têtes accouplées, qu'il ne faut pas confondre avec les têtes Affrontées (voy. ce mot).
ACCOUPLEMENT, s. m. — Ou entend par ce mot l'action de réunir fort près des colonnes ou des pilastres. Ce. mot est aujourd'hui fort peu usité.
ACCOUPLER, V. a. — Disposer des colonnes ou des pilastres deux à deux le plus près possible, de telle sorte que leur base et leur chapiteau soient très rapprochés, se touchent presque. On trouvera au mot Colonxe la différence qui existe entre des colonnes accouplées, doublées et cantonnées. On accouple deux fers à T, en les reliant avec des brides ou des boulons, afin d'en former un filet, un poitrail, une poutre, etc.
ACCOURSE, s.f. — Galerie extérieure par laquelle on communique à un appartement.
ACCROUPI, lE, im-t. passé. — Assis sur
ACCRUE. — acip:r.
ses talons, et aussi ag-eiionillé. Les fif>'ures accroupies servent pour la décoration des niches ; une des plus belles et des plus répandues est \m.Q Vénus accroupie ou Vénus de Cnide, attribuée à Praxitèle.
ACCRUE, s. f. — Agrandissement d'un terrain par le retrait des eaux, par l'extension des bois. — Pour la jurisprudence, voyez Al-
LUVION.
ACENS, s. m. — Terme d'anciennes coutumes. — Terre, bois, propriété quelconque tenue à cens.
ACENSER, V. a.
Terme d'anciennes
coutumes. — Tenir à cens, donner à cens, c'està-dire sous la redevance d'une rente.
ACÉRÉ, ^'Ei, part, passé. — Rendu tranchant par l'acier, fer acéré, pointe acérée.
ACÉRER, V. a. (Serr.) — C'est souder un morceau d'acier à l'extrémité d'un outil en fer, pour en rendre la pointe tranchante et susceptible de s'affiiter convenablement.
ACÉRIN, s. m. (Serr.) — Fer qui tient de la nature de l'acier et se durcit à la trempe. Les ouvriers disent aciéreux.
ACÉRURE, s.f. (Serr.) — Morceau d'acier préparé pour être soudé à l'extrémité d'une pièce qu'on veut acérer.
ACERRA. — Petit coffret en bronze dans lequel les Romains mettaient la farine, mêlée de sel, qui servait polir les sacrifices. L'acerra a été employé dans la décoration des frises de certains temples ; on le voit aussi sur la colonne Trajane et sur l'arc de Constantin.
ACHE, s.f. — L'ache est une plante de la famille des ombellif ères , dont la feuille est à trois lobes recoupés. Elle a été employée dans l'ornementation de l'architecture (fig. 1) pendant le moyen âge comme crête de couronnement ou comme balustrade ; mais elle a été plus
particulièrement appliquée à la décoration des couronnes nobiliaires, comme celles des ducs et
Fig. 1. — Crête d'ache.
des marquis (fig. 2), Il existe plusieurs variétés
Fig. 2. — Couronne avec feuiUes d'ache.
de cette plante , mais celle qui est la plus employée ressemble à de grosses feuilles de persil. L'étymologie de ce mot vient (Tapium^ du grec àrciov.
ACIDE, s. m. — Substance qui peut se combiner avec un autre corps (une base) , pour former un sel. Les acides ont en général une saveur aigrelette et rougissent la teinture de tournesol. Us servent à décaper les métaux, c'est-à-dire à enlever les couches d'oxyde qui les recouvi'ent. Les acides sont surtout employés par les corps d'états qui travaillent les métaux. Ceux dont l'usage est le plus fréquent sont les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique ou muriatique, que les ouvriers appellent huile de vitriol, eau-forte, esprit-de-sel.
ACIER, s. m. — L'acier est un composé de fer et de carbone susceptible d'acquérir par la trempe, c'est-à-dire par un refroidissement subit , lorsqu'il a été porté à une température élevée, un grand degré de dureté et de ténacité. Ce sont ces propriétés remarquables qui le rendent propre à la confection des outils et autres engins.
L'acier est blanc grisâtre ; sa cassure est compacte, unie et possède un reflet métallique, moins brillant cependant que cehii de la cassure du fer. Sa texture est grenue, fine, égale et serrée.
ACIERAGE.
ACOMAS.
On distingue plusieurs sortes d'acier : T^cier naturel j appelé aussi acier de forge et acier de fonte; il s'obtient soit en fondant ensemble des fontes et des vieux fers, et cela dans des proportions convenables, soit en affinant incomplètement la fonte dans des creusets au contact de l'air. Cet acier est moins cher que les autres, il est moins fragile et se laisse travailler aisément à chaud : aussi est-il employé pour les instruments aratoires, les outils et les
annes grossières.
Jj acier de cémentation, ou acier poule, est produit en faisant absorber au fer, en le chauffant au rouge pendant longtemps, une certaine quantité de carbone, absorption obtenue au moyen du charbon en poudre, dans lequel plonge le fer chauffé.
h'acier de cémentation possède plus de dureté que l'acier naturel, mais il se travaille moins bien à chaud et à froid ; il sert à faire des outils qui doivent être très durs, comme les bm-ins, les râpes, les hmes, etc.
Un troisième acier, c'est V acier fo?idu, qu'on obtient en soumettant le précédent acier à une fusion parfaite. Cet acier est employé pour la bijouterie, pour la fabrication des instruments de chirurgie, etc.
Par un traitement particulier de la fonte, on obtient, depuis quelques années, une substance qui ressemble beaucoup à l'acier, mais qui n'est pas propre à la fabrication des outils ; elle sert pour des objets de quincaillerie : cette substance est connue sous le nom iVacier Bes- ■semer.
Enfin l'acier est encore dit laminé, étiré, martelé et corroyé, suivant qu'il a subi différentes opérations au laminoir, au marteaupilon, etc.
Historique. — L'acier a été connu et employé dans l'antiquité la plus reculée ; les basreliefs égyptiens ainsi que les autres sculptures de ce grand peuple ne peuvent laisser subsister aucun doute à cet égard, puisque les poii)hyi-es, les granits, les basaltes même , n'ont pu être travaillés et ciselés qu'avec des outils en acier.
Un passage d'Homère (Odyss., IX) prouve que les anciens trempaient les haches et les scies pour leur donner une plus grande dureté.
Plutaniuc {Dialoyue de la cess. orac.) dit que «c la chaleur donne de la force à l'âme, comme la trempe, de la dureté à l'acier. » Plus loin, en parlant d'une coupe formée de lamelles de fer soudées, le même auteur ajoute : «. Ce qui a permis de faire cette coupe, c'est le feu, qui a amolli la matière; le fer, et l'eau, qui a servi à la trempe de ce dernier. »
Les anciens connaissaient aussi, comme nous , diverses espèces d'acier, qui suivant leur provenance étaient plus ou moins estimées. Au dire de Pline (XXXIV, 41), la première qualité (la meilleure marque, dirait le conunerce moderne) était l'acier de la Sérique, puis celui des Parthes.
Le peuple juif devait aussi connaître l'acier, puisque le prophète Ezéchiel (ch. xxvii, v. li)) parle d'une sorte de fer fabriqué {ferreimi fahrefactum ), qu'on importait de Tyr, comme un objet précieux ; or ce fer fabriqué ne peut être, selon nous , que de l'acier, qu'on utilisait pour la fabrication des bijoux et des objets de luxe.
ACIERAGE, s. m. — Procédé qui consiste à recouwir de fer, à l'aide de la pile, des planches de cuivi'e gravées , afin de leur permettre un tirage, pour ainsi dire, illimité; car chacun sait que Vessmjage des planches en taille-douce les use rapidement, si le métal employé est mou, comme le sont le cuivre, le zinc, par exemple.
Si, au contraire, on tire suk des planches aciérées, quand l'aciérage est usé, on peut le remplacer indéfiniment et conserver à la taille du métal tout son irillant.
ACIÉREUX, EUSE, adj. — Qui peut être converti en acier : fer aciéreux , fonte aciéreuse. Ce terme n'est guère employé que par les ouvriers, au lieu et place d'AcÉRiN (voy. ce mot).
ACOMAS ou ACOMAT, s. m. — Arbre de première grandeur, originaire de l'Amérique méridionale. Cet arbre, de la famille des rosacées, a ses rameaux grisâtres et ponctués ; ses fleurs sont blanches et en grappes, ses fruits jaunes et amers. Le bois de l'acomat est l)on