CORDEAU
tiers; il faut donc en tenir conipte dans l'emploi des cordes très longues, sujettes à être accidentellement et subitement mouillées par une forte averse.
Étudions maintenant la raideur des cordes au point de vue de la résistance. Lorsqu'on surmonte une résistance Q au moyen d'une corde qui s'enroule sur une poulie ou sur un tambour, en outre de Q, la puissance p doit vaincre une résistance R, due à la raideur de la corde, c'est-à-dire à la difficulté que l'on éprouve pour infléchir cette corde. Il résulte des expériences de divers praticiens que R est inversement porjDortionnel au diamètre de la poulie, et qu'on a (d étant le diamètre de la poulie ou du tambour). A, quantité ou raideur constante pour une même corde; bq, quantité ou raideur variable porportionnelle à Q:
R = ^(A + BQ).
En discutant les résultantes ci-dessus rapportées, le général Morin a conclu que :
1" Pour les cordes en chanvre non goudronnées, dites cordes Hanches, sèches ou imbibées d'eau, en bon état, A et b varient à peu près proportionnellement au carré du diamètre de la corde;
2" Que, pour ces mêmes cordes à demi usées, A et B varient à peu près proportionnellement comme les puissances 1, 5, c'est-à-dire comme les racines du carré du diamètre des cordes ;
3" Que, pour les cordes goudronnées, B est proportionnel au nombre des fils du carré de la corde.
De cette discussion, M. Morin a conclu les formules suivantes, dans lesquelles n désigne le nombre des fils de la corde :
1" Cordes blanches :
d'où :
+ 0,000363 «Q kilogr.
2" Cordes goudronnées :
d'où
-f 0,0004181 nQ kilogr.
Supposons qu'on veuille connaître la résistance due à la raideur d'une corde ])lanche neuve de 0'",02.54 de diamètre, s'enroulant sur une poulie de 0"\40 de diamètre et élevant un poids de 500 kilogrammes.
Remplaçant dans la première formule les lettres A et b par leur valem- correspondante, on a , en faisant D = 0,40 et A = 500 :
^^ (0,5787504 + 0,017424 X 500) = 25 kilogr. 26.
Les cordes blanches imbibées d'eau ont une raideur sensiblement plus grande que quand elles sont sèches, surtout lorsque leur diamètre est un peu fort.
On diminue beaucoup la raideur des cordes en les imprégnant d'un corps gras ou en les frottant de savon, mais nous avons vu que ce moyen diminue beaucoup leur résistance.
CORDE, s.f. — Ligne droite sous-tendant un arc. — C'est aussi un tortis fait de matières textiles, mais principalement de chanvre.
Corde a nœuds. — Grosse corde à laquelle on fait des nœuds. Ce genre de corde est employé dans les travaux du bâtiment par les fumistes, les couvreurs, les peintres, les badigeonneurs, pour exécuter des travaux sur des murs de façade. Les nœuds servent à grimper après la corde à l'aide de crochets, des étriers ou jambières ; et , une fois arrivé à une hauteur voulue, les mêmes nœuds servent avec les mêmes crochets à arrêter la sellette sur laquelle l'ouvi'ier est assis. Pour les travaux des clochers, les ouvriers emi:)loient une corde à nœuds plus légère , qu'on nomme fouet.
CORDEALT, s. m. — Petite corde dont se servent les charpentiers pour Mttrc la ligne, c'est-à-dire pour tracer des lignes droites sur les pièces de bois. Le cordeau, qu'on nomme également ligjie, est frotté d'une poudre colorante , blanche , noire ou rouge ; on tend le cordeau entre les deux extrémités de la ligne à tracer, on soulève légèrement dans un
CORDELIERE. — CORXE IVABAQUE.
plan perpendiculaire à la face de la ligne à tracer : la corde en frappant le bois détache de la poudre colorante qui marque le trait. (Yoj. Battre.)
Les jardiniers emploient également le cordeau pour tracer des allées à l'aide de piquets.
CORDELIÈRE, s. f. — Baguette sculptée en forme de grosse corde. Cet ornement a été très employé à l'époque romane. (Voy. Cable et les figures qui accompagnent ce mot.)
CORDOX, s. m. — Assise de pierre saillante et généralement taillée en gros tore, le cordon diffère du bandeau en ce qu'il n'indique pas toujours un plancher, un étage, une arase. Cependant, dans les murs de revêtement et de soutènement, le cordon se trouve placé au sommet du mur dont il forme l'arase ; dans ce cas, il indique la ligne de démarcation entre le mur lui-même ou la hauteur du sol et le parapet.
En serrurerie , ce terme sert à désigner l'ensemble des pièces nécessaires au tirage d'une sonnette, fils de fer ou de laiton, cordon proprement dit, bascule, mouvement, ressort de rappel , aile de mouche , etc.
CoEDOX DE PORTE cocHÈRE. — Ensemble des pièces faisant ouvrir cette porte.
CORINTHIEN (Ordre). — Un des ordres d'architecture, le plus riche et le plus orné; il est décoré de feuilles d'acanthe, de laurier, de persil, d'olivier, etc. (Voy. Ordres et Chapiteau.)
CORMIER, s. m. — Cet arbre, de la famille des rosacées, se nomme également sorbier cultivé; sa hauteur varie de 15 à 30 mètres. Son bois, fin, dur et compact, de couleur rougeâtre, est fort estimé pour les rouages et autres parties de la charpenterie des machines. Il sert aussi à monter les outils du menuisier ; il fournit des fûts de varlopes, de rabots, de bouvets, etc. La racine du cormier est employée pour faire des manches de couteau et des cuiUers de cuisine.
CORNADIS, s. m. — Les ruminants gas-
pillent beaucoup leur nourriture; aussi, pour éviter cette déperdition qui parfois est considérable, on emploie un agencement particulier de mangeoire, nommé cornadis , qui fait réaliser de notables économies à l'éleveur.
Fig. 1. — Cornadis à cloison pleine (face et profil).
Cet agencement oblige l'animal qui veut prendre sa nourriture à passer le cou à travers une fenêtre pratiquée dans une cloison pleine ou ajourée. Or, comme la mangeoire se trouve immédiatement au-dessous de cette cloison,
Fig. 2. — Cornadis à claire-voie (face et profil).
l'animal, en mangeant, ne peut fouler aux pieds sa nourriture, car celle qui s'échappe de ses dents tombe dans l'auge.
On a diversement construit les cornadis; nos figures donnent de face et de profil deux types : l'un (fig. 1) est une cloison pleine, tandis que l'autre (fig. 2) est une cloison à clairevoie, — Nos profils montrent le couloir de service par lequel on donne la nourriture aux animaux.
CORNE D'ABAQUE, s. f. — Encoignure à pans coupés du tailloir d'un chapiteau corinthien ou composite. Le chapiteau ionique possède également des cornes, et même le centre de la volute porte quelquefois une petite corne. Citons comme exemple le chapiteau du forum triangulaire de Pompéi. (Voy. Chapiteau, fig. 14.)
Corne de vache. — Espèce de voussure servant à évaser l'ouverture d'un tunnel, mais surtout d'une arche de pont; c'est une