CORNICHE
construction formée d'une partie de voûte d'un seul côté et scr\'ant à porter un mur en ]iortc à faux. — On dit aussi corne de Ijœxif, mais oc terme est bien moins usité.
, CoRXE (Ouvrage à). ■ — Yoy. Militaire^ Architecture.
CORNETTE, s. /. — Fer méplat, incrusté dans l'encoignure d'un bâtiment pour la protéger contre le choc des essieux des véhicules.
CORNICHE, s.f. — Ce terme, dérivé du grec xopojvi'i; (faîte, sommet, couronne), désigne en effet un membre saillant d'architecture qui sert à couronner le faîte, le sommet d'un bâtiment quelconque. La corniche reçoit le pied des che^Tons du comble et abrite en même
<^ll^iniiiiiliiuiiniimiiii|iniiiiiiiiiiiiiiiill|llliillilllliliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiil^ Fig. 1. — Corniche intérieure (l'^'' type).
temps la face du mur inférieur. Par extension , on a appliqué ce nom à tout ornement en saillie composé de moulures, ornant une salle ou servant de couronnement à une face, en-
Fig. 2. — Corniche intérieure (2" type).
fin se trouvant sur un endroit quelconque d'un parement apparent et formant une ligne saillante d'architecture. (Voy. fig. 1 et 2.) • Les dispositions et la composition des corniches sont soumises à certaines règles presque invariables ; car, faisant partie intégrante de l'entablement des ordres d'architecture, elles ont des proportions déterminées. (Voy. EivTA-
liLEMEXT et Ordrks.) Mais, alors même qu il s'agit de couronner un édifice qui n'est pas décoré d'ordres d'architecture, il faut prendre
Fig. 3. — Corniche complète avec modillons, frise et architrave.
en considération la hauteur de l'édifice, sa décoration et son caractère. La hauteur de l'édifice , qu'on divise en un certain nombre de . parties, sert à établir la proportion générale de la corniche. Ainsi, aux palais Farnèse et Massimi, Michel -Ange, Vignole et Perruzzi
Fig. 4. — Corniche architravée (l'^'' tj-pc).
ont pris pour proportion de leurs corniches le vingt - quatrième de la hauteur totale de la façade, proportion qui peut paraître un peu faible, mais que ces architectes semblent avoir adoptée d'après celle de. la grande corniche extérieure du Panthéon , qui n'a que le vingtsixième de la hauteur totale du monument.
CORXIER (poteau). — CORNIÈRE.
Dans plusieurs palais de Palladio et de Scamozzi, la proportion, qui est d'environ un vino'tième, est eu général d'un effet satisfaisant. Ainsi, d'après les autorités que nous venons de citer, la hauteur de la corniche d'un édifice sans ordres d'architecture peut être fixée entre un dix-huitième et un vingt-unième de la hauteur totale du monument. — Quant à la composition et à la décoration de la corniche , elles doivent être en harmonie avec le caractère imprimé au monmnent.
Sur une façade il ne doit exister qu'une corniche ; c'est un contresens d'eu mettre une à
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Fig. 5. — C'jriiiclie architravce (2"= type).
chaque étage ; on doit séparer ceux-ci par des Baxdeaux (voy. ce mot) d'un profil simple et peu saillant.
Les corniches intérieures doivent suivre une progression de richesse bien entendue; et, comme eii pareil cas ce sont des lignes décoratives plutôt (jue de véritables corniches, elles ne doivent avoir une forte saillie que dans les appartements élevés.
CoRXiCHE ARCHiTRAVÉE. — Celle qui se lie directement à l'architrave et qui n'a pas de frise (fig. 4 et .5).
CORXIf'HE EN CHAXFREIX. — CcUc qui u'est
pas moulurée, qui est simplement épannelée.
CoRXiCHE ciXTRÉE. — Celle qui se contourne eu cintre, en arcade.
CoRXiCHE coxTixuE. — Celle qui dans toute son étendue n'est arrêtée par aucun ressaut ou n'est coupée par aucune baie.
CoRXiciiE COUPÉE. — Celle qui est interrompue, coupée dans son parcours.
CoRXiCHE RA3IPAXTE. — Celle qui suit un fronton aigu; si le fronton était circulaire, ce serait une corniche cintrée.
Corniche volante. — Corniche en bois rapportée.
CORNIER (Poteau), s. m. — Le qualificatif de cornier s'applique à tout objet placé à une encoignure ou sur une arête. Tel est dans un pan de bois le cas àè?, poteaux corniers, pièces qu'il ne faut pas confondre avec les poteaux de fond. (Yoj. Poteau.) Les premiers sont toujours placés sur un angle, saillant ou rentrant. Quant au mode de construction des poteaiLX corniers, il est absolument le même que celui des poteaux de fond; nous renverrons donc le lecteur à l'article cité ci-dessus.
Au moyen âge, surtout pendant le xv'' et le xvi'^ siècle , alors que les maisons en bois étaient nombreuses et richement décorées de sculptures, les poteaux corniers, par leur position et leur importance dans la construction reçurent ordinaiiement une ornementation plus riche que les autres parties de la façade et figurèrent assez souvent l'arbre généalogique dit de Jessé, tel que celui qu'on voit à Paris, à l'angle de la rue des Prêcheurs.
Aujourd'hui, dans les constructions en pans de bois, les poteaux corniers sont armés d'équerres en fer dont les branches sont clouées et boulonnées sur les sablières et les chapeaux.
CORNIÈRE, s. f. — Fer laminé dont le profil est un angle droit, dont les côtés ou les branches sont égales ou inégales. Il y a des
Fer cornière.
cornières dont l'angle intérieur est à vive arête, d'autres sont renfoncées d'un congé. Les fers cornières rendent de- très grands services, car leur emploi dans les constructions est très multiple ; mais ils sont surtout employés pour
COROLLITIQUE. — CORROYER.
réunir des plaques de tôle pour faire des poitrails et des poutres en fer. L'assemblage des fers cornières et des tôles se fait à l'aide de rivets. (Voy. notre figure.)
En couverture, on nomme cornière une rangée de tuiles, à la jonction de deux pentes de toit, qui sert à l'écoulement des eaux pluviales ; dans les couvertures en plomb, en zinc, en ardoise , la rangée de tuiles est remplacée par un canal de plomb qui suit la pente de l'angle formé par la jonction des deux pentes,
COROLLITIQUE. — Voy. Colonne,
CORPORATION, s. f. — Réunion d'individus appartenant au même métier; anciennement on la nommait maîtrise. Pour devenir maître, il fallait avoir été compagnon (voy. Compagnonnage) et avoir produit un Chefd'œuvre (voy. ce mot).
CORPS, s. m. — Toute partie de construction qui par sa saillie excède le nu du mur; si cette partie est un corps de logis très saillant, on le nomme Avant-corps (voy. ce mot ). — On nomme corps de fond tout corps partant du pied d'une construction, qu'il s'élève ou non avec empâtement ou retraite.
Corps de bâtiment. — Un bâtiment seul et isolé, ou compris dans un ensemble.
Corps de garde. — Un petit bâtiment destiné à loger des soldats de garde. Ce local est situé à rez-de-chaussée, il est généralement isolé, il contient une chambre d'officier, une salle avec lits de camp pour les gardes et deux petites jîièces, servant de violon, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes qu'on a pu arrêter.
Corps de logis, — Partie d'un bâtiment isolé ou attenant à un autre qui sert de logement,
. CORRECTE, s. m. — Nom du chef d'atelier, du commis des menuisiers , et qui correspond au gâcheur des charpentiers. Comme ce dernier, le correcte doit connaître le travail pratiquement, et pour cela il doit avoir travaillé comme compagnon pendant un certain temps. De même que le gâcheur, le correcte doit être versé dans la géométrie élémentaire ;
il doit également connaître le trait de charpente et de menuiserie, puisque c'est lui qui trace les épures et qui en surveille l'exécution et l'application à l'atelier.
CORRIDOR, s. m. — Galerie longue et étroite, ou large allée, qui sert de dégagement à une série de pièces ou à plusieurs appartements,
CORROI, s. m. — Enduit de terre glaise ou de chaux et de ciment que l'on emploie contre les infiltrations dans les travaux hydrauliques, tels que l)assins, réservoirs, aqueducs,
La couche de corroi dont on garnit aussi le fond des canaux, rivières artificielles, viviers, etc., s'oppose par son impénétrabilité aux infiltrations des eaux. La matière préparée et non encore employée porte également le nom de corroi.
L'épaisseur des corrois varie suivant la nature du sol destiné à les recevoir, suivant aussi la hauteur et par conséquent le poids de la masse d'eau qui doit les recouvrir, ou à l'u'ruption de laquelle ils doivent s'opposer.
Il est peu de travaux qui réclament autant de soin que l'application d'un corroi. Un des points essentiels, c'est d'en prévenir le fendillement, accident qui se manifeste sou vent lorsqu'on vide les bassins. Le fendillement résulte du retrait considérable de l'argile en se desséchant. Pour obvier à cet inconvénient, on mélange une assez grande quantité de sable avec l'argile, dont il divise les molécules. On a aussi obtenu de bons résultats en introduisant une certaine proportion de chaux éteinte dans la pâte du corroi.
CORROYER, V. a. — Pétrir de la terre glaise pour en former un corroi; c'est aussi mélanger et pétrir longuement, avec le rabot ou broyon , de la chaux avec du sable , du ciment , du caillou, etc., pour en faire du mortier ou du béton.
En termes de menuiserie, c'est dégrossir, dresser, équarrir et blanchir une pièce de bois avec la varlope ou le rabot.
En termes de serrurerie , ce mot est synonyme
CORVEE.