‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 37 sur 325 · AGORA · texte numérisé non relu

AGORA

quoi ce mot signifie deux choses différentes, un marché et une assemblée.

Dans certains pays, en Thessahe par exemple , il existait deux agoras : l'une, pour les assemblées, était nommée place de la liberté (èXeuôspa àyopoc) ; l'autre était un marché proprement dit. (Arist., Pûlit., VII, xi, § 2.)

Cette séparation exista aussi à Sparte, et cela dès l'origine , en vertu des institutions de Lycurgue, qui, au dire dePlutarque, attachait la plus grande importance à ce que rien ne vînt troubler ou distraire les citoyens des affaires qui leur étaient soumises. On comprend dès lors l'utilité de deux agoras, car sans cela il eût été bien difficile aux citoyens de parler au milieu du bruit des marchands.

Certaines villes, Athènes notamment, avaient même des marchés distincts pour chaque industrie ; nous savons, en effet, que Périclès y fit construire une halle aux blés et aux farines («XcptTOTTÔjXti; cToot) {Schol. Aristoph, Acharn., p. 547), et certains marchés étaient divisés eux-mêmes par compartiments (xuxXoi), ainsi que nous l'apprend Pollux (VII, 11 ), dans la Nouvelle Comédie. Dans ces marchés, les marchands étaient installés autour de l'agora dans des boutiques , d'autres dans des baraquements mobiles , enfin sous de simples tentes.

Les femmes libres se gardaient bien de se rendre à ces marchés, ou même d'y envoyer les femmes attachées à leur service; c'étaient les hommes, des esclaves, qui étaient chargés de ce soin, et qu'à cause de cela on nommait àyopadT'/ii;. (Athen., IV, c. 70, 171.) Quelle a été l'origine des agoras ? M. G. Perrot {Essai sur le droit public d'Athènes, p. 4) nous l'exphque parfaitement pour la cité de Minerve :

A Athènes, dit-il , les assemblées paraissent être tenues dans la vallée qui se creuse à l'ouest de la citadelle , dans l'espace que laissent entre elles les collines du Musée, de l'Acropole, de l'Aréopage, et où l'on cherche ordinairement le Pnyx. Centre primitif de la cité naissante, cette vaste place fut ornée d'arbres par Cimon, le vainqueur des Perses. Peu à peu cette place s'entoura de nombreux édifices; c'était Là que s'ouvraient au public le palais du sénat (pouJ^suir^piov) et la plupart des tribunaux ; c'était là aussi que se trouvaient réunies, comme aujourd'hui dans toutes les villes d'Orient, les boutiques où s'achetaient

les objets nécessaires à la vie ; c'était là que la foule se pressait devant les comptoirs des changeurs et les échoppes des barbiers. L'agora resta pour Athènes ce qu'était le forum pour la ville aux sept collines, l'endroit où l'on se trouvait sans cesse ramené par la curiosité, par la politique, par les affaires , le point vers lequel affluait toute là vie ; pour tout dire, en un mot, ce fut toujours le cœur même de la cité. Mais à mesure que se développaient le commerce et l'activité d'Athènes , cette place s'encombrait de plus en plus. Il fallait pourtant un espace libre et commode pour les assemblées. C'est à cette fin que fut préparée une enceinte qu'on appelait le Pnyx, où se tenaient les assemblées ordinaires.

Nous avons donné cette longue citation non seulement pour montrer l'origine des ago-

Agora d' Antipliellus. a , 6, silos ; c , basilique.

ras , mais pour bien indiquer que la vie et le mouvement des Athéniens étaient concentrés sur l'agora ; ce fait caractéristique est fort bien indiqué par M. Perrot. Etudions maintenant ou plutôt signalons les principales agoras qui existent encore ou sur lesquelles nous avons des détails intéressants.

Nous devons avouer qu'il nous reste bien peu d'agoras grecques, et pour bien nous représenter ce qu'elles étaient réellement nous sommes obligés d'emprunter beaucoup de détails au formn des Romains.

AGLOUCLA.

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