‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 38 sur 325 · AGRAFE · texte numérisé non relu

AGRAFE

Yitruve (V, 1) nous apprend que, « chez les Grecs, la place publique était carrée, et que tout autour de celle-ci il régnait des doubles portiques fort larges, dont les colonnes rappro. cliées soutenaient des architraves de pierre ou de marbre avec des galeries au-dessus. »

M. Texier {Voyage en Asie 3Iineiire,t. I, pi. 62; t. III, -pi. 29) aurait retrouvé eu Asie Mineure trois agoras : la première à Pessinunte , qui est une restauration bien hypothétique de cet auteur; la seconde à Guide, qui formait un carré presque parfait : elle était entourée de portiques d'ordre ionique, et avait sur le quai, du côté du port, une rangée de portes; enfin la troisième à Antiphellus ; nous en donnons ci -contre le plan et ci -dessous la description d'après M. Texier. {Voyage en Asie Mineure, t. III, pi. 191, 192.)

L'agora, dit-il, s'étend suv une terrasse au pied de la colline de l'Acropole ; les miu-s sont en appareil polygonal ; les colonnes des portiques sont çà et là couchées par terre. Au centre s'élève un piédestal rectangulaire, supporté sur trois marches en pierre de taille ; la face supérieure est percée de quatre trous qui retenaient une statue de bronze. On observe au nord de l'agora plusieurs salles , taillées dans le roc , qui dépendaient des magasins souten-ains; en avant de ces chambres sont six silos creusés dans le sol : ce sont des greniers de forme ovoïde de sept mètres de haut sur cinq de large; c'est une preuve qu'Antiphellus faisait un grand commerce de grains.

On peut voir par cet exemple qu'un agora pouvait servir non seulement de marché, mais encore d'entrepôt pour les grains.

Xous n'en dirons pas davantage sur les agoras, mais ceux de nos lecteurs qui désireraient des renseignements plus complets pourront consulter, à part les travaux cités dans le cours de cet article, les ouvrages des écrivains ou des explorateurs suivants :

StuartctRevett,.4n%.rZ'J.//^è;2es; — Canina, Arch. greca; — Sprat and Forbes, Travels in Licia; — E. Cartius , Ueber die Marlcte Hellcn Stadte, 18-18 ; — du même, Attische Studien, 18G5, II; — Guhl, Lebender Griechen, 2" éd., p. 115-120; — Ott. Millier, Ueber die Athcn. Agora, 1839; — Becker, ChariJdes, 2''éd., t. II, p. 12-1: à 160; — "Westennann, iii Pauly's

Real-Encyclo;p., t. I, 2'" éd., p. 577 à 580; — Grote, Eist. de la Grèce, t. II, p. 301 de la traduct. franc. ; — Wachsmuth, HcUen. Alierthums Kiinde, 2" éd., t. I, p. 345; — lîiichsenschiitz, Besitz and Eriverb, Halle, 1869, p. 470 et s.; — C. Bursian, de Fora athcn., Zurich, 1865.

AGLOUCLA ou BOIS D'AIGLE, s. m.

— Bois d'un gris noirâtre, originaire de l'Inde, employé dans la tabletterie. Il répand une odeur agréable lorsqu'on l'approche du feu.

AGRAFE, s. f. — Synonyme aujourd'hui peu usité de Tirant et de Harpon (voy. ces mots). On emploie davantage ce mot dans le sens de crampo7i. C'est un morceau de fer ou de bronze, recourbé à ses deux extrémités ou affectant la forme d'une double queue d'aronde, qui sert à relier les pierres entre elles pour empêcher leur désunion, leur disjonction.

Dans les travaux de peu d'importance ou faits avec économie, on se sert d'agrafes en bois en queue d'aronde.

Autrefois on donnait aussi le nom (Tagrafes aux clés des arcs lorsqu'elles étaient sculptées en forme de console.

En marbrerie, on emploie des agrafes qui ont une de leurs extrémités coudée et l'autre en queue de carpe. Ces agrafes servent à relier les chambranles des cheminées avec les jambages. Pour les travaux de marbrerie, on se sert d'agrafes en cui\Te ou en bronze, ou tout au moins on a soin de les galvaniser avant leur emploi, afin d'éviter les fâcheux effets que produirait leur oxydation.

En seiTurerie, l'agrafe est une boucle de fer à patte ou à vis fixée à un volet intérieur de boutique ou d'appartement, et qui , accrochée par l'un des pannetons de l'espagnolette de la porte ou de la fenêtre, permet de fenner à la fois celles-ci et le volet. Ce genre d'agrafe se nomme aussi, à cause de sa position , contre-panneton.

En couverture, les agrafes sont de petites bandes de zinc ou de tôle galvanisée clouées sur le voligeage à la partie inférieure d'une lame de zinc, s'engagcant sous le rebord

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