‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 50 sur 325 · ALLIER · texte numérisé non relu

ALLIER

ALVEOLE.

ALLIER, V. a. — Combiner par la fusion deux ou plusieurs métaux, les réunir en une seule composition.

ALLIVREMENT,s. î?w. — Inscription au cadastre des pièces de territoire qu'il renferme ; on dit allivrements cadastraux.

ALLOCATION, s. f. — Action d'allouer une somme pour dépense. — En jurisprudence, c'est l'approbation donnée aux divers articles d'un compte, enfin l'attribution des biens du débiteur.

ALLONGE, s. f. — Pièce ajoutée à une chose pour l'allonger.

ALLOTEMENT, s. m. — Partage par lots. Terme d'ancienne jurisprudence.

ALLOTIR, 4». a. — Partager en lots, distribuer les lots. Terme d'ancienne jurisprudence.

ALLOUCHIER ou ALOUCHIER, s. m.

— Nom vulgaire de I'Alisier (voy. ce mot).

ALLUCHON. — Voy. Alichons.

ALLUMELLE, s.f. — Fourneau de charbon. Ne pas confondre avec Alumelle. (Voir ci-après.)

ALLU VION, s. f. — Accroissement de terrains résultant des dépôts terreux qu'abandonne une rivière.

L'alluvion profite aux propriétaires du fonds riverain, à moins qu'une route nationale, départementale ou un chemin vicinal ne sépare de la propriété le terrain provenant de l'alluvion; dans ce cas, elle appartient à l'État, au département, à la commune.

Pour de plus longs détails juridiques, voyez Atterrissement, que la jurisprudence confond avec alluvion.

ALMADIE, 5-. /. — Sorte de grande pirogue africaine.

ALMANDINE ou ALBANDINE, s.f. — Pierre précieuse , sorte de rubis. .

ALOIGNE. — Voy. Bouée.

ALQUIFOUX, s. m. ou GALÈNE, s.f. — Sulfure de plomb employé pour la couverte des vases en poterie, afin de les rendre imperméables. •

ALTAIQUE, adj. — Terme d'ethnologie.

Race altaique, race dont le berceau primitif a été les montagnes d'Altaï, en Sibérie.

ALTERNANCE, s.f. — Répétition alternative de deux objets ou de deux figures de différentes formes qui sont ainsi placés pour présenter un contraste ; ainsi , dans une doucine, un quart de rond ou toute autre moulure d'architecture, on alterne des perles avec des annelets ou des grains de lam'ier, des oves avec des feuilles ou des dards, etc.

ALTIMÉTRIE, s. f — Ce mot ancien est remplacé par Hypsométrie (voy. ce mot).

ALUMELLE, s.f. — Lame de couteau ou de sabre ; lames aiguisées d'un seul côté et quelquefois en biseau, telles que les ciseaux des menuisiers, les fers des rabots, etc.

ALLTN , s. m. — Sulfate acide d'alumine et de potasse ou d'ammoniaque. L'alun est soluble dans l'eau ; il entre dans la composition des stucs et dans la préparation des ladigeons.

Ce sel est encore employé en dissolution par les architectes pour encoller un papier qui n'est pas suffisamment collé, et sur lequel on ne pourrait laver ou faire des aquarelles.

ALUNER, V. a. — Passer une feuille à l'eau d'alun, pour l'empêcher de boire.

ALVÉOLE, s. m. — Petite cellule dans laquelle l'abeille dépose ses œufs ou son miel; cavité dans laquelle les dents sont enchâssées. Les sculpteurs emploient ce mot au figuré pom- désigner les points renforcés d'une rosace.

ALVEUS. — AMBALAR.

L'alvéole est aussi reproduit dans certains ornements du moyen âge.

ALVEUS. — Racine d'alvéole, terme d'antiquité : lit, fossé, sillon, auge, baquet ou sébile, table munie de rebords, coque ou carène de navire, ruche d'abeilles, cannelure de colonne ou pilastre, bassin propre aux ablutions, quelles qu'en soient la forme et les dimensions (Aucf. adHerrenn., IV, 10 ; Cic, pro Cœl., 28 ; Ovide, Met. , VIII, 652) ; enfin, Valveus était le bain d'eau chaude construit dans le plancher d'une chambre de bain, h^alveifs était situé à l'opposé du labrum. (Marquez, Case degli anUchi Romani) § 317 ; Vitruve, V, 10, 14.) Notre figure représente une coupe de Valveus dans les bains publics de Pompéi.

Alveus (Baius de Pompéi).

A, construction en brique recevant les tuyaux d'air chaud, un de ceux-ci se trouve sous Valveus B et quatre sous le dallage; G, siège (gradus) sm* lequel s'asseyait le baigneur (Vitr., loc. cit.); D, parapet ou rebord du bain (pluteus) (Vitr., loc. cit.).

AMAIGRIR, V. a. — Diminuer l'épaisseur d'une pièce de bois, de charpente, d'une pierre etc. ; on dit aussi démaigrir.

AMALGAME, s. m. — Alliage de métaux dans la composition duquel entre le mercure ; le tain des glaces est un amalgame composé de dix parties de mercure pour une ou deux parties d'étain.

A^MAXDE, s.f. — Ornement architectural, dont le nom indique suffisamment la forme. L'amande entre ordinairement dans la composition des chapelets ou baguettes sculptées.

Comme figure géométrique, l'amande est le résultat de l'intersection de deux cercles, dont les centres sont intérieurs ou extérieurs à la figm-e, mais toujours rapprochés de la courbe

opposée à celle qu'ils servent à décrire. Cette figure a été employée dans l'ornementation de différentes époques de l'architecture et dans diverses conditions.

AIMAXDIER, .V. m. — Arbre de la famille des rosacées, qui produit les amandes. Sou bois, richement coloré, n'est pas employé dans les constructions, mais seulement dans la marqueterie.

AMARQUE, s. f.

Bouée.)

Bouée ou balise. (Voy,

AMARRAGE , s. m. '— Action d'attacher

avec des coi'dages.

AMARRE, s. /. — Cordage servait à attacher, à fixer. Ce mot désigne aussi deux morceaux de bois percés, au milieu, d'une ouverture par où l'on fait passer le bout d'un moulinet.

AMARRER, v. a. — Attacher au moyen de cordages.

AMASSETTE, s.f. — Palette, lame dont se servent les peintres pour amasser sur le marbre les couleurs bi'oyées ; sorte de grand couteau à palette.

AMATEUR, s. m. — Celui qui a de l'amour pour les arts sans les cultiver ou, du moins, sans en pratiquer aucun. Il existe des amateurs de peinture, de musique, d'estampes, d'antiquités, de curiosités, etc.

AMATIR, V. a. — Rendre mat, ne pas polir, ou enlever le poli d'un métal. En dorure, on laisse mates certaines parties des cadres ou de leur ornementation pour olitenir plus d'effet : les cadres dorés sont mats, on rend brillantes certaines de leurs parties en les brunissant. (Voy. Brunir, Brunis^sage.)

AMBALAM, s. m. — Arbre des Indes, dont le bois ferme et lisse sert en charpenterie.

AMBALAR, s. m. — Sorte de brouette qui sert à transporter la pâte dans les papeteries.

AMBATTAGE. — AMBULATOIRE.

AMBATTAGE, s. m. — Opération par laquelle on garnit une roue de son bandage ou d'un cercle qui en tient lieu.

AMBITE, adj. — Verre qui après l'affinage perd sa transparence, et semble rempli de Bulles, Bouillons ou Loupes (voy- ces mots).

AMBITUS. — Espace libre qu'un propriétaire, dans l'antiquité, était obligé de laisser autour de sa maison pour la séparer de celle du voisin. (Tacite, A7in., XV, 43.) Bachelet et Dezobry, dans leur Dictionnaire des lettres et des beaux-arfs, donnent à ce mot une signification que nous n'avons rencontrée nulle part ; ces auteurs prétendent que, « chez les Grecs et les Romains, Vambitus était une petite niche dans les tombeaux souterrains, où l'on plaçait tme urne. Au moyen âge, ces niches s'agrandirent pour recevoir des cercueils et prirent le nom (Tenfeus. »

AMBON, s. m. — Tribune de pierre ou de marbre, à laquelle on parvenait par des degrés et qui était autrefois placée dans la basilique chrétienne.

On a longuement discuté l'étymologie de ce mot : les uns le font venir du grec oitj.?o)\i , lieu élevé, ou de àvaêai'veiv, monter ; d'autres, du latin timbio, j'entoure, parce que l'ambon entoure la personne. Nous ne serions pas éloigné de nous ranger au dernier avis qui prétend que ces tri-

Fig. 1. — Plan (le Tanibon de r église Saint-Laurent hors les murs, à Rome.

buiies étaient ainsi nommées parce qu'il en existait généralement deux dans chaque église, ce qui expliquerait parfaitement son étymologie latine {ambo , tous les deux ) ; dans l'un on lisait l'épître, et dans l'autre l'évangile de la messe.

L'ambon, tcu. dire de Batissier {Eléments

d'ardiéologie nationale, p. 355), pouvait être assez grand pour qu'il y eût un autel, comme celui de l'église de Saint- Jean, à Lyon.

La forme des amlions variait beaucoup : il en existait de ronds, de caiTés et de formes polygonales. Leur soubassement affectait diverses foiTnes : c'étaient tantôt de gi-ands ciboires soutenus par des colonnettes, tantôt de véritables chaires à prêcher; du reste, jusqu'au xjii" siècle, ils remplaçaient celles-ci. Le plus ancien ambon dont l'origine soit certaine est celui de l'église du Saint-Esprit, à Ravenne : il date du iv^ siècle ; un des plus modernes, au contraire, est celui de Saint-Pancras, à Rome: il porte la date de 1249. Nous donnons ici le plan et l'élévation de l'ambon de l'église Saint-Laurent hors les murs, à Rome.

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Fig. 2. — Ambon de Téglise Saint-Laurent hors les murs, à Kome.

A partir du xiV siècle, l'ambon disparaît et on lui substitue le jubé.

AMBOUTIR, V. a. — Voy. Eiiboutir.

AMBOUTLSSOIR, s. m. — Poinçon d'acier trempé qui sert à faire les têtes de clous.

AMBRE, s. m. — Nom donné à deux substances différentes, V ambre gris, dont nous n'avons pas à nous occuper, et V ambre jaune, dont le véritable nom est SucciN (voy. ce mot).

AMBULANCE, s.f. — Établissement hospitalier temporaire formé près des corps d'armée pour en suivre le mouvement, et destiné à recevoir les blessés et les malades. (Voy. Hospitaliers, Établissements.)

AMBULATOIRE, s. m. — Ancien mot

AME. — AMÉRICAINE (architecture).

qui désignait un lieu, un local destiné à la promenade (de amlulatorhim, ambuîare) : par exemple, une galerie de cloître, un préau cou. vert ou découvert. On dit aussi Promenoir (voy. ce mot).

Ambulatoire , adj. — Terme de jm-isprudence aneienne. Qui n'a pas de siège fixe.

AME , s. f. — Dans les poutres en métal , qui ont en général la forme d'un double T , on appelle ainsi la partie verticale, a, qui est réunie aux tôles, ij c, par des fers cornières, d, avec des rivets ou des boulons. Dans une poutre en bois formée de trois pièces Accolées (voy. ce

Ame (poutre en fer).

mot), c'est la pièce intermédiaire qui est l'âme.

L'«me d'im cordage est la réunion d'un certain nombre de fils que l'on met au milieu des différents torons dont se compose le cordage.

L'ame d'une serrure est le coi-ps de la serrure.

Comme on peut le voir, le mot âme désigne, pour ainsi dire, dans les arts et métiers, le centre, la force d'un objet.

AMELET,s. wi.

ome les chapiteaux.

Petit listel ou filet qui

AMÉLIOPtATIOX, s. f. — Changement en mieux ; augmentation ou réparation qu'on fait à un édifice, à une maison. — En termes de droit, on dit amélioration voluptuaire, d'agrément, etc.

BICT. d'auchitecture. — T. :.

L'améhoration est un di'oit de l'usufruitier.

Art. 599 {Code civil'). — Le propriétaire ne peut , par son fait ou de quelque manière que ce soit , nuire aux droits de l'usufruitier.

De son côté , l'usufruitier ne peut à la cessation de l'usufruit réclamer aucune indemnité pour les améliorations qu'il prétendrait avoir faites, encore que la valeur de la chose en fût augmentée.

Il peut cependant, ou ses héritiers, enlever les glaces, tableaux et autres ornements qu'il aurait fait placer, mais à la charge de rétablir les lieux dans leur premier état.

AMÉNAGER, v. a. — Aménager un arbre, c'est le débiter en bois de charpente.

AMENDE , s. f. — C'est, en matière de voirie, une peine pécuniaire prononcée pour tout acte de désobéissance aux lois , règlements et ordonnances établis ou édictés. « Toute contravention, dit Pernot, dans son Guide du construdeiir, est réprimée et poursuivie suivant les voies de droit.

« Les propriétaires ne sont pas seuls passibles des condamnations qui peuvent être prononcées; le constructeur l'est également pour ce qui le concerne, et avec d'autant plus de raison qu'il est censé mieux connaître que le propriétaire lui-même les règles administratives auxquelles l'exercice de sa profession l'assujettit. »

AMENUISEMENT, s. m. mise à l'épaisseur des planches.

Rabotage ;

AMENUISER, v. a. — Rendre plus menu.

Amenuiser une planche , c'est la raboter pour lui donner une épaisseur voulue.

AMÉRICAINE (Architecture). — Bien des archéologues ont rapporté l'origine des antiques constructions américaines à une influence étrangère. Nous pensons que c'est une grave erreur facile à prouver : en effet, les constructions américaines récemment découvertes ne présentent aucune analogie avec les monuments d'une civilisation étrangère ; elles n'ont ni le caractère cyclopéen, ni le caractère des moniunents grecs ou romains, enfin elles sont loin de ressembler aux édifices hindous et

AMETHYSTE. — AMONT.

égyptiens dont on les rapproche. Les Hindous plaçaient le sanctuaire de leurs idoles dans des grottes ou cavernes souterraines; les Américains, au contraire, élevèrent leurs édifices sacrés sur des éminences naturelles ou artificielles, et jusqu'à ce jour on n'a trouvé aucune trace de sanctuaires souterrains.

Il existe bien dans l'antique Amérique des pyramides, comme en Egypte, mais ces monuments sont loin de présenter les mêmes formes. Tandis que les pyramides égy^îtiennes , carrées à leur base, s'élèvent en diminuant jusqu'à leur sommet et possèdent des chambres intérieures, les pyi-amides américaines sont en général oblongues et, au lieu d'avoir des arêtes vives, elles sont arrondies aux quatre coins. Elles n'ont ni souterrain ni ouvertures, et servent uniquement de base à des édifices, tandis que les pyi-amides égyptiennes constituent elles-mêmes des édifices complets. Les Egyptiens employaient pour leur construction des pierres d'un appareil colossal, les Américains des pierres de moyen appareil.

Devant ces faits, nous sommes bien obligé de conclure que les monuments antiques de l'Amérique sont absolument indigènes, ne se rattachent à aucune tradition étrangère, sont bien les produits d'une civilisation isolée et possèdent un caractère original qui leur est propre, qui n'a rien de commun avec celui des autres parties du monde.

L'Amérique moderne, au contraire, n'a pas d'art qui lui soit propre, les Européens y ont transporté l'art respectif de leur pays. Nous ne nous étendi-ons pas plus longuement sur ce sujet, puisque nous reparlons de l'architecture américaine au mot Péruvienne et surtout Mexicaine ; car c'est au Mexique que se retrouvent les plus beaux restes de l'architecture antique des Américains ; cependant nous donnerons immédiatement une notice des Uyyqs, dans lesquels nos lecteurs pourront étudier l'architecture américaine.

Bibliographie. — Cabrera, Description des ruines de Palanqué, en anglais, Londres, 1822, un vol. in-4°; — Warden, Recherches sur les antiquités de V Amérique septentrionale, dans le tome II des Mémoires de la Soc. de géog. , Paris, 1825; — Lord Kingsborough, Antiquities of Mexico, 4 vol. in-fol.,

1831; — C. Nebel, Voyage pittoresque et archéolog. dans la partie la 'pltis intéressante du Mexique, infol., Paris, 183G; — Frédéric de Waldeck, Voyage piittoresque et archéologique dans la province de Yucatan, Amérique centrale, pendant les années 1834 et 1836, Paris, 1 vol. in-fol., 1838; — Stepliens, Incidents of travel in central America, Chiapas and Yucatan, 1838; — J. D. von Braunschweig, Ueher die alt-americanischen Denhmaler, in-8°, Berlin, 1840; — Stepliens, Incidents of travel in Yucatan, 1842; — Bradfort, Amencan Antiquities, iu-8**, Londres, 1842.

AMÉTHYSTE, s. f. — Pierre précieuse de couleur violette ; quartz hyalin. — Fausse améthyste, spath fluor violet.

AMEUBLEMENT, s. m. — Ensemble des meubles qui garnissent une pièce , un appartement, une maison. Chez les anciens, le luxe de l'ameublement a été poussé jusqu'à l'extravagance; on s'en ferait difl&cilement une idée sans leurs écrits et certaines parties de lem* mobilier qui sont parvenues jusqu'à nous. On peut consulter à ce sujet : le Palais de Scaurus, par Mazois ; Rome au siècle d'Auguste, par Dezobry; l'Antiquité expliquée,. -çzv Montfaucon ; les Collectionneurs de l'antiquité, par Bonnafé, et notre Dictionnaire de la curiosité, au mot Mobilier.

AMOISE. — Voy. Moïse.

AMOLETTES, s.f.pl. — Trous quadi-angulaires pratiqués dans la tête des cabestans, et qui sont destinés à recevoir les bouts de barres qui doivent mettre ces machines en action.

AMONT, s. m. — Le point d'où descend le fleuve. Le côté d'atnont d'un pont est celui qui est opposé au courant et qui en reçoit le choc ; le côté à''aval, au contraire, est celui qui est à l'abri du courant.

Dans une pile de pont, l'avant-bec est en amont et Farrière-bec en aval.

En général, on dit qu'une chose est en amont d'une autre, quand elle est placée audessus. Ainsi on établit des brise-glace en amont des palées pour les garantir du choc de la débâcle des glaces. On dit aussi d'une reprise en sous-œu'^Te à faire dans la partie basse

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