‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachentChapitre 51 sur 325 · AMORCE. — AMORTISSEMENT · texte numérisé non relu

AMORCE. — AMORTISSEMENT

d'iui mur : « Le bas du mur sera repris en sousœuvre, depuis le sol jusqu'à 1"',80 de hauteur et les parties en amont seront conservées et simplement rejointoyées. »

AMORCE, s.f. — Pierre saillante ou Harpe (voy. ce mot) ménagée lors de l'édification d'un mur, pour ser\nr à y lier ou rattacher une construction ultérieure, mur ou voûte.

Dans les reconstructions et les restitutions, les ARRACHE3IENTS (voy. ce mot) servent d'amorces pour rétablir les parties détruites.

On nomme aussi amorce le commencement d'mie rue, d'mi mur, dont il n'existe qu'une petite partie construite.

Enfin l'amorce est la mèche qui sert à mettre le feu à une mine dans l'exploitation des carrières.

AMORCER, V. a. — Ménager une saillie (telle que des harpes dans la maçonnerie) pour exécuter postérieurement un ouvrage dont l'amorce est le commencement ; commencer à percer dans une pièce de bois ou de fer un trou qu'on achève avec la Tarière ou le Laceret (voy. ces mots) ; on amorce ordinairement avec I'Ebauchoir (voy. ce mot).

Ce teiTue, synonyme àQ pointer , est très usité en seiTurerie ; il a même dans cet art plusieurs significations; ainsi faire une entaille dans le fer avec une langue-de-carpe aux endroits qui doivent être percés , de même que rougir un fer pour y introduire et y souder un autre morceau de fer ou d'acier, tailler en foxine de coin, cela se nomme amorcer; enfin la troisième signification est appUquée à l'étirage en bec de flûte de deux bouts de fer que l'on veut souder après les avoir refoulés : la longueur du bec de flûte est en raison de la grosseur du fer.

Amorcer. — Tremper une plaque de cuivre dans une forte dissolution d'or, de platine ou d'argent.

AMORÇOIR, s. m. — Petit outil ou tarière dont l'artisan qui travaille en bois, mais principalement le chai-pentier et le charron, se sert pour commencer des trous qu'il achève avec d'autres outils.

AMORTISSEMENT, s. m. — Ce mot est synonyme de terminaison. En effet, tout ou- \Tage couronnant un bâtiment ou une partie de bâtiment se noimne ainsi. Il est peu de portions d'édifice qui aient aussi varié dans leurs formes que l'amortissement. Cependant il en est quelques-unes que l'usage a en quelque sorte consacrées, et qui pour la plupart ont été employées à diverses époques. Ces amortissements affectent naturellement des styles différents.

Mais , quels qu'ils soient , les amortissements doivent toujours être en rapport avec le style et la décoration de l'édifice , et surtout ils doivent être proportionnés à l'ensemble qu'ils couronnent.

Il ne faut jamais perdre de vue que l'amortissement est en quelque sorte le front de l'édifice et la vraie place où l'on peut exprimer en grande partie sa destination.

Cette pensée est si vraie, si juste, que l'amortissement le plus fréquent de l'architecture classique a reçu le nom de Fronton (voy. ce mot).

Fig. 1. — Amortissement du xin« siècle courouuant un pignon.

Comme nous venons de le dire, les amortissements sont de forme et de nature diverses : ainsi un fronton, im pignon, un comhle orné, xmattique sui- un bâtiment, une/ècZfC sur un clocher, un coq ou une croix sur une flèche, une crête, un épi ou une girouette sur un comble, une mitre sur un tuyau de cheminée, une terrasse sur une tour, une lalustrade ou un coiironnement crénelé sur une terrasse, etc., etc., sont des amortissements. On' peut même cou-

Page 1