AMOUR. — AMPHITHÉÂTRE
sidérer comme tels certaines formes d'arcs couronnant des baies.
Nous n'entrerons pas ici dans l'examen de ces divers genres d'amortissements , un article spécial leur étant consacré dans le cours de cet ouvrage ; nous dirons seulement que dans l'ar-
Fig. 2, — Amortissement du tombeau de Dreux-Brézê (XYl"! siècle).
cliitecture des xiii®, xiv*" et xv® siècles, il existe sur les pignons , les frontons et les pinacles, un genre d'amortissement très élégant et appartenant en propre à l'architecture de ces
Fig. 3. — Amortissement à la Bibliothèque nationale de Paris.
époques : c'est une sorte de bouquet de feuillage d'un galbe agréable et souvent d'une
grande richesse, qui présente une certaine variété de composition et de caractère, suivant les diverses époques qu'il caractérise (voy. fig. 1 et 2).
Les Ailerons (voy. ce mot), si communément employés dans l'architecture jésuitique pour racheter la différence existant entre les parties latérales d'une façade et la partie centrale plus élevée , peuvent également être considérés comme des amortissements de ces parties latérales. Notre figure 3 montre un spécimen d'amortissement en forme d'aileron.
AMOUR. — Voy. Plâtre.
AMPHIPROSTYLE, s. m. — Édifice doublement prostyle f qui a deux faces pareilles, c'est-à-dire qui a un portique à ses faces antérieure et postérieure.
Quelques auteurs, s'autorisant d'un passage de Yitruve (1. III, c. 1), ont pensé qu'un temple amphiprostyle ne devait avoir que quatre colonnes à chaque portique ; c'est là une grande erreur, puisque certains temples prosti/îes ont plus de quatre colonnes (celui de Minerve Poliade à Athènes, par exemjDle) : il est donc évident qu'un de ces portiques , reproduit sur les deux faces d'un temple, fera de celui-ci un temple ampMprostyle. (Yoy. Temple.)
AMPHITHÉÂTRE, s. m. — Disposition par étages ou gradins suivant un plan incliné. C'est ainsi qu'on dit d'une ville qu'elle est bâtie en amphithéâtre , lorsqu'elle est située sur la croupe ou versant d'une montagne. On dit aussi, sièges disjwsés en amphithéâtre , etc.
Amphithéâtre. — Le même nom s'applique aux édifices ou parties d'édifice qui présentent des séries de sièges disposés en amphithéâtre, quelles que soient d'ailleurs leurs formes et leur destination.
Telle était notamment la disposition intérieure du théâtre des anciens et, à certains égards, celle des nôtres; mais c'est principalement dans leurs amphithéâtres qu'ils en firent la plus franche et la plus large application.
Les amphithéâtres étaient des monuments vastes et somptueux, construits sur un plan elliptique, et dont le pourtour intérieur était oc-
AMPHITHEATRE.
cupc par des gi-adins ou rangées concentriques élevées en retraite les uns au-dessus des autres, de manière à laisser voir aux spectateurs une partie libre et centrale nommée arène (voy.
Fig. 1. — Plan d'un amphithéâtre antique. A, rez-de-chaussée; B, gradins des étages.
fig. 1). C'est sur celle-ci que se donnaient les combats de gladiateurs et de bêtes féroces, dont le sang coulait à grands flots pour le plus grand plaisir des spectatem-s.
Avant de décrire ces édifices, nous jetterons un coup d'œil sur leur origine et sur leur histoire. Antérieurement à la conquête romaine, les Grecs n'avaient d'autres jeux que ceux qui avaient pour but de maintenir la force , la viguem-, l'agilité et la souplesse du corps, et les spectacles cruels où tant d'innocentes victimes étaient sacrifiées pour le seul plaisir des yeux répugnaient à leur bonne et sensible nature. Aussi, tout le temps de leur puissance, ils ne construisirent aucun amphithéâtre; mais, après leur assujettissement, ils furent contraints d'accepter les goûts du vainqueur. Seule , Athènes refusa de suivre l'exemple des autres villes du Péloponèse. Un jour, dans une assemblée, on proposa aux Athéniens de construire un amphithéâtre ; un vertueux citoyen osa s'écrier : « Si tu y consens, peuple d'Athènes, commence par détruire l'autel que nos pères ont élevé à la ]\Iiséricorde. yy Et il n'y eut pas d'amphithçâtre à Athènes.
De ce fait incontestable et attesté par des historiens , quelques auteurs ont tiré la conséquence que les Romain.? avaient construit les premiers des amphithéâtres. Or des faits his-
toriques ne permettent pas d'adopter cette supposition.
liCs Etrusques, peuples aborigènes de l'Italie, étaient parvenus à un haut degré de civilisation bien avant l'existence de Rome et des beaux temps de la Grèce ; aussi les Romains , qui empruntèrent beaucoup, si ce n'est tout, aux Etrusques, leur prirent-ils tous leurs jeux; or les villes étrusques, Capoue, Pouzzoles, Cumes, Atalle, Pompéi, possédaient des amphithéâtres bien avant la conquête romaine : c'est Velléius Paterculus (lib. I , cap. 7) qui nous l'apprend. Athénée va plus loin encore, et il prétend que les Romains empruntèrent aux Etrusques non seulement la forme de leurs amphithéâtres, mais qu'ils firent venir de l'Étrurie des ouvriers pour les construire et des gladiateurs pour s'y exercer.
Les Etrusques établirent leurs amphithéâtres sur le penchant d'une colline où ils n'avaient plus qu'à tailler des gradins. Lorsque le terrain qu'ils avaient choisi était plat , ils creusaient dans le sol une excavation poiu* l'approprier à cette nouvelle destination.
Les premiers amphithéâtres construits d'après les règles de l'architecture , et non creusés dans le sol ou adossés à une montagne , ne firent leur apparition à Rome que fort tard sous les empereurs, comme nous le verrons plus bas. Les Romains les firent d'abord en bois, ce qui donna lieu à de graves accidents.
Au dire de Phne (1. XXXVI, c. 16), cet agréable conteur, mais au récit duquel il ne faut pas toujours avoir une foi aveugle, un tribun du peuple, Caïus Scribonianus Curio, à l'occasion des jeux qu'il donna pour les funérailles de son père, avait fait dresser deux théâtres en bois, contigus, tournant à volonté sur des pivots, de manière à ce qu'ils vinssent se réunir sur leur partie droite. Les deux bâtiments, chargés de spectateurs, n'en faisaient j^lus qu'un seul, par un grand effort de mécanique.
Auguste, au dire de Suétone {Î7i Vesp., cap. 10), avait eu l'intention de construire un amphithéâtre en pierre, mais il ne l'exécuta jamais. Ce fut cependant sous son règne (l'an 734 de Rome) que Statilius Taurus en construisit un à ses frais dans le Champ de Mars, et il
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