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TABLEAU COMPARATIF DES PRINCIPALES DIMENSIONS DE DIVERS AMPHITHÉÂTRES

Amphithéâtres (le

Pouzzoles. . .

Rome

Capouc

Vérone ....

Tarrngoue . .

El-Djem (a).

Pola

Ailes

Pompéi ....

>'imcs

Graud axe

Petit axe

Grand axe

de

l'arène.

Petit axe

de

r,arène.

extérieur.

extérieur.

Épaisseur des constnictioup.

Les amphithéâtres étaient ordinairement

(1) In Var. , lib. IV : Dwitîarum profuso flumine cogitavit œdijîcium Jiei-i , unde caput ■urbium potiitsset.

(a) Cet amphithéâtre a dû posséder quatre étages, comme le Colisée j il n'en subsiste plus que trois aujourd'hui.

AMPHITHEATRE.

placés hors des villes, pour faciliter l'arrivée des bêtes féroces qui servaient aux spectacles ainsi que l'enlèvement des victimes. C'était aussi pour obliger les citoyens à faire de longues courses pour s'y rendi'e, car les lois romaines avaient toujours en vue de maintenir la vigueur et la santé du corps , afin d'obtenir de robustes soldats ; et lorsque les censeurs Messala et C. Cassius avaient essayé de faire construire un théâtre en bois où tous les spectateurs étaient assis, Scipion Nasica insista si fortement auprès du sénat, qu'il obtint un décret qui en ordonna la démolition. (Yelléius Paterculus, lib. II, cap. 15.) Ce décret portait, en outre, qu'à Rome et à un mille de son enceinte il était défendu de construire aucun théâtre où l'on pût assister assis , afin de ne pas amollir l'humeur guerrière, la virilité du peuple romain. (Val. JMax., lib. I, cap. 15.) /^'architecture des amphithéâtres, d'un caraCtèreToùrd ^ solide, comportait généralement deux ou plusieurs ordres superposés. De même que dans les théâtres et plus encore que dans ceux-ci, on y remarque un emploi fréquent de l'arc et de la voûte. On peut même dire que c'est dans les amphithéâtres autant que dans les thermes que les Romains ont déployé toute leur science de constructem's, et il faut reconnaître que les premiers ils l'ont développée et poussée à un haut degré de perfection.

Ordinairement bâtis en pierres d'un bel appareil, les amphithéâtres d'une date postériem-e au ii" siècle après J.-C. furent le plus souvent, surtout dans les provinces de l'empire, construits en petit appareil , ainsi que le prouvent les laiines qui existent sur divers points de la France. (Voy. Arèxes, § Lutèce.)

La dimension des amphithéâtres était subordonnée à l'importance de la ville qu'ils desservaient. Il n'était pas pennis à tous , comme à l'immense Colisée de Rome, de contenir 8u,0ou spectatem-s, la plupart ne pouvaient en admettre que 20,000, 10,000, et même un chiffi'e inférieur ; mais, quelle que fût leur importance, leur fonne générale était invariablement celle d'une ellipse plus ou moins allongée, comme l'indique notre figure 1.

L'arène ou sol inférieur épousait la même

courbe; elle était percée de distance en distance, mais principalement dans les extrémités de son grand axe, par des loges (carceres) qui renfermaient les animaux destinés aux combats.

Jje sol de l'arène, comme l'indique son nom, était sablé. Il était légèrement convexe , pour faciliter l'écoulement des eaux pluviales qui se rendaient dans un canal (euripe) situé au bas du jjodium. Ce canal aboutissait à des aqueducs souterrains qui conduisaient toutes ces eaux au dehors.

Dans certains amphithéâtres, il existait d'autres canaux pour amener l'eau nécessaire à la transformation de l'arène en un vaste bassin où se donnaient des naumachies on combats navals.

La concavité que présentait dans son ensemble l'intérieur d'un amphithéâtre portait le nom général de cavea. L'ensemble des gradins qui en occupaient les parois était divisé en précincUons par des paliers concentriques. Ces précinctions étaient au nombre de trois et même de quatre dans les grands amphithéâtres. La première et la dernière exceptées , elles se composaient généralement d'une douzaine de gradins {mœniana). La première précinction , qui avait quatre ou cinq gradins , s'élevait autour du podium, espèce de large palier pratiqué audessus des carceres. Le podium entourait l'arène. Dans une partie réservée du podium, située en général sur le grand axe de l'ellipse, l'empereur, ou son représentant dans les provinces, avait une loge. A di'oite et à gauche de celleci prenaient place les sénateurs, les magistrats , les vestales , en un mot, ce que nous appelons aujourd'hui les autorités. Le reste du podium était occupé par les patriciens, la noblesse d'alors.

Au-dessus des gradins du podium s'asseyaient les chevaliers, puis le peuple, et enfin les femmes et les esclaves, qui se tenaient au haut de la cavea. Cette partie supérieure de l'amphithéâtre affectait quelquefois la forme d'un portique, sous lequel les spectateurs étaient à l'abri des rayons brûlants du soleil.

^Malgré une élévation de 4 à 5 mètres audessus du sol de l'arène, malgré aussi les rets ou treillis qui défendaient le podium de l'approche des bêtes féroces, on fut encore oblige,

AMPHITHEATRE.

pour se préserver de la fureur des éléphants, des lions et des tigres, qui plus d'une fois franchirent ces obstacles, on fut encore obligé, disons-nous, d'élargir l'euripe et d'en faire un fossé large et profond pratiqué au pied du podium, afin de l'isoler complètement de l'arène. (Suétone, Cœs., 39 ; VYmG,Hid. nat., VIII, 7.) Dans quelques amphithéâtres , on scella même une grille avec des dards sur l'appui du podium; on y fixait quelquefois des rouleaux en ivoire sur un axe mobile , de façon que l'animal furieux , ' voulant s'accrocher sur ces rouleaux, était rejeté en arrière.

Les moyens d'entrée, de circulation et de dégagement étaient fort bien compris et aussi complets que possible pour satisfaire à toutes les exigences, et empêcher la confusion parmi la foule compacte des individus qui étaient venus s'asseoir sur les gradins de l'amphithéâtre.

Indépendamment des paliers concentriques divisant la cavea en précinctions , celle-ci était coupée et divisée par des cunei ou escaliers disposés comme l'indique le plan (fig. 1); ces cunei étaient taillés dans les gradins euxmêmes.

Fig. 3. — Coupe d'ampliithéâtre.

Des escaliers intérieurs (scaïœ) et des galeries pratiquées sous la cavea et en communication directe avec le dehors, donnaient accès sur les couloirs des précinctions , au moyen de bouches ou vomitoires, comme le montrent la figure 4 et la coupe (fig. 3).

Au-dessus de l'amphithéâtre on tendait , au moyen de cordages, un velarium pour préserver les spectateurs de l'ardeur du soleil. C'étaient des marins qui en faisaient la manœu^'re.

D'abord le vélum ou velarium ne fut qu'une toile grossière, plus tard le raffinement du luxe y employa des étoffes d'une grande richesse, dont quelques-unes étaient brodées d'or.

Ces toiles^ étaient fixées à des mâts {mali)

placés au sommet de l'édifice (voy. fig. 2) contre sa face extérieure, où ils étaient retenus par de fortes consoles en pierre percées pour les recevoir.

Fig. 4. — Conduit pour la canalisation des eaux.

Les canalisations pour les eaux pluviales étaient admirablement comprises ; nous les avons étudiées dans l'amphithéâtre de Nîmes, le seul peut-être où les traces d'égouts soient assez visibles et assez conservées pour qu'on puisse

MIIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIlillllllllllllllllllllIlllIIIIIIM'

Fig. 5. — Elévation et plan d'un regard de conduit pour les eaux.

s'en rendre un compte exact. Dans cet amphithéâtre, cinquante-six tuyaux de descente, engagés dans l'épaisseur des maçonneries et creusés dans la pierre qui portait les grands escaliers, servaient à l'écoulement des eaux plu-

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