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V. a. — Contenir la Poussée (voy. ce mot

APtC DE CLOITRE.

ARC DE TRIOMPHE

d'un arc, d'une plate-bande avec un pilier, un arc-boutant ou un ctai.

ARC DE CLOITRE. — Voy. Voûte.

ARC DE TRIOMPHE, s. m. — L'arc de triomphe est un monument érigé en l'honneur des victoires remportées par un général, ou bien encore une construction élevée pour honorer un personnage ; de là deux genres d'arcs bien distincts : Yaix de triomphe proprement dit (arcus triumphalis) et Varc honorifique {fornix). Il est nécessaire d'établir cette distinction, car jusqu'ici la plupart des auteurs ont confondu en un seul les deux genres ; nous dirons même qu'on a donné le nom d'arc de triomphe à de simples portes de ville.

Cette distinction établie, nous réunirons néanmoins dans cet article tous les monuments qu'on a l'habitude d'appeler arcs de triomphe, sauf les portes de ville, bien entendu.

Les Grecs n'ont jamais élevé des arcs de triomphe (1) ; les Romains, au contraire, sont les créateiu's du genre. Ce fut Stertinius (Tit. Liv., XXXVIII, 27) qui le premier éleva des arcs de triomphe à Rome pour perpétuer le souvenir de ses victoires sur les Espagnols ; il fit construire le premier sur \q forum Boarium (lt)G av. J.-C), et le second tout près du grand cirque.

A l'origine, sous la république (2), les Romains élevèrent sur le passage des généraux vainqueurs des arcs de triomphe qui ne présentaient qu'un caractère provisoire ; c'étaient de grands arcs en charpente (Rosinus, Ant. Rom., I, x), recouverts d'arbustes verts et de fleurs, et ornés le plus souvent de trophées

(1) L'a?-c il' Adrkn, construit à Athènes, est un ouvrage romain .

(2) Quelques auteurs prétendent que, lors de la fondation de Eome , le nouveau peuple dédia à Romulus un arc de triomphe assez grossièrement construit, en briques, et que celui de Camille Vêtait en 2»erres presque hriites. (Quatremère de Quincy, JJict. d'Arck.) Rien n'est moins prouvé que cette assertion , qui malheureusement n'est appuj'ée sur aucun texte; il est probable que Quatremère reproduit la pensée d'un auteur moderne, llosinus. «lui dit (.1)/^. roin., I, X) : Primo rudes et simplices J'uere cmn pramia rirtutis essent, non amhitionis knocinia.

composés d'armes et du butin j^ris sur l'ennemi.

En 1!)0 av. J-.-C, 8cipion l'Africain construisit à Rome un troisième arc de triomphe sur le Clivius Capitohnus ; eufin, en 121, Fabius Maximus en érigea un quatrième sur la voie Sacrée. Il ne reste aucune trace de ces édifices.

Après les monuments que nous ^■enons de citer, parmi les plus célèbres et qui subsistent encore dans un état de conservation plus ou moins parfaite, nous signalerons :

L'arc de Drusus, à Rome (Nibbj, dans Nardini, Borna antica, p. 155), constjfuit sur la voie Appienne, en l'honneur de Claudius Drusus; il est pratiqué dans un mur continu, aussi fit-on plus tard passer dans son attique l'aqueduc qui alimentait les thermes de Caracalla. Ce monument, dont il reste quelques débris près de la porte Saint-Sébastien, est en travertin, sauf les archivoltes et la décoration qui sont en marbre blanc.

L'arc de Titus, à Rome (Canina, p. 2ul, tav. 188), érigé sous Domitien, au pied du Palatin , à l'endroit nommé Summa sacra via, et que nous considérons comme l'arc le plus élégant, l'arc typique de ce genre de monument. Notre figure 1 montre le plan de cet arc, et notre planche V l'élévation. Il n'a qu'une seule arcade, haute de 8"\25 sous clef, flanquée de quatre colonnes engagées dloi'dre

Fig. 1. — Plan de l'arc de Titus.

composite. Elevé en mémoire de la conquête de la Judée et de la prise de Jérusalem, ses bas-reliefs représentent la Victoire couronnant Titus, et le défilé des troupes chargées dés dépouilles enlevées à l'ennemi : parmi celles-ci figure le chandelier à sept branches du temple de Jérusalem. L'arc de Titus est construit tout en marbre blanc, sa hauteur est de 18 mètres, sa largeur de 14'^,50. En jetant les yeux sur notre planche V, on remarquera que les

Plaxciie V. — Arc de Titus, à Rome.

ARC DE TRIOMPHE

parties latérales sont on fort bon état : c'est qu'en effet les anciennes , détruites , ont été restaurées eu pien-e par le pape Pie VII.

L'arc de Septdie Sévère (Canina, p.

202, ta V. 193 ; Snaresii, Arc. Sept. Sev., Rome, 1670, in-fol. ; J. Gailhabaud, Mon. anc. et mod., I; Arcs de triomplie, Bellori, pi. 9 et 14), élevé également sur la voie Sacrée, au pied du Palatin, en l'honneur de Septime et de ses fils, Caracalla et Géta, pour célébrer la victoire de ces princes sur les Parthes et les Arabes. Cet arc fut construit par le sénat en 207 ; il est en marbre pentélique et à trois arcades, une grande flanquée de deux petites. Chaque façade est décorée de quatre colonnes dégagées ; le style de ce monument et sa décoration commencent à sentir déjà la décadence. L'arc du CaiTousel à Paris, dont nous parlerons plus loin , est une imitation de l'arc de Septime Sévère.

L'arc de Galliex, élevé en l'honneur de cet empereur, en 260, par un simple particulier du nom d'Aurélius Victor, est situé près de l'église Saint -Eusèbe, et se trouve dans un assez bon état de conservation.

L'arc de Constantin fut érigé en mémoire de cet empereur pom- perpétuer le souvenir de sa victoire sur jMaxence. Cet arc , situé entre le Palatin et le Colisée, sur la voie Triomphale, est eu marbre blanc et possède trois arcades, comme le montre notre plan (fig. 2). La composition de l'arc de Constantin est fort belle, mais sa décoration atteste l'impuissance du

-mi'

Fig. 2. — l'iau de rare de Constantin, à Rome.

Bas-Empire dans l'art décoratif; en effet, les colonnes cannelées, les entablements, les basreliefs et les sculptures proviennent en grande pallie de l'arc de Trajan.

La hauteur totale de l'arc est de 22 mètres ; il est large de 25 mètres, et l'arcade centrale mesure, sous la clef, 11™,40 ,de hauteur sur

DICT. D'ARCHITECTUKE. — T. I.

G'", 5'-' de largeur. Tout le monument est en marbre blanc.

Citons encore Vcirc de Dolahella et de SUanus, situé près de l'église Saint- Jean et Saint- Paul, qui a été construit l'an 10 de J.-C.

Les arcs honoraires étaient fort nombreux, car il en existait non seulement à Rome et en Italie, mais encore dans les diverses provinces de l'empire. Nous en signalerons un fort remarquable en Afrique : c'est celui de Thébessa , érigé en l'honneur de Septime Sévère.

En France , il existe encore beaucoup d'arcs romains. L'arc de Besançon, appelé très anciennement j?or/e de Mars, et au x'= siècle porte Noire, n'a qu'une seule arcade, large de ô'^jôS et haute de 10 mètres. Cet arc est orné de huit colonnes sur chaque face; quatre ornent la partie inférieure et sont surmontées des quatre autres. Les archéologues ne sont pas d'accord pour désigner le nom de celui qui a fait ériger ce monument : les uns nomment Virginius Ruf us , vainqueur de Vindex ; les autres, Marc-Aurèle; ceux-ci, Aurélien, ou Crispus, fils de Constantin le Grand ; enfin ceux-là, l'empereur Julien.

L'arc de Langres, enclavé dans les murs de la xàlle, possède deux arcades, ce qui a fait dire à quelques archéologues qu'il avait été élevé en l'honneur des deux Gordien , vers l'an 240. Ce monument est à peu près complet dans son ensemble ; sur la face nord-est , il mesure l'J'",9G de large sur 13'",70 de haut; il est décoré de cinq pilastres corinthiens , dont deux de chaque côté du monument et un cinquième au milieu, séparant les deux arcades, qui mesurent 9°',:^2 de hauteur sous clef et 4",2(J de largeur dans œuvre.

A Saint-Chamas, en Provence, il existe de chaque côté du pont Flavien , construit sur la Touloubre, deux arcs honoraires qui n'ont qu'une seule arcade, dont l'archivolte repose sur des pieds-droits en forme d'ANTES (voy. ce mot). A Autun, il existe aussi deux arcs romains connus sous les noms de porte d'Arroux et porte Saint- Ajidrè. — La porte d'Ar- ROUX mesure 17 mètres de hauteur sur 19 de largeur; elle est formée de quatre arcades, deux grandes au centre et deux petites de chaque côté. La porte Saint- André, haute

ARC DE TRIOMPHE

de 20 mètres, large de 14, est percée de deux grandes arcades, flanquées de deux tours faisant une saillie d'environ un mètre ; ces tours ont chacune une petite arcade.

La PORTE DE César, à Reims, est aussi un arc romain élevé en l'honneur de J. César, soit sous le règne d'Auguste, soit par l'empereur Julien. Cet arc a une largeur de 28 mètres, et sa hauteur, non compris l'attique, qui est

très ruiné, est de 11 mètres. L'arcade centrale, dite des Saisons, à cause des has-reliefs de sa voûte , mesure '.) mètres de hauteur sur 4"',rj0 de largeur ; les deux autres arcades, dites de Léda et de Romulus, ont !) mètres d'élévation sur 3"',1!) de krgeur.

L'arc de Saixt-Remy, en Provence, n'a qu'une seule arcade ; il est endommagé : les basreliefs qui l'ornaient sont très frustes, ceux

Fig. 3. — Arc Je triomphe à Orange (France).

situés sur la face occidentale sont seuls visibles.

L'arc d'Orange (fig. 3) est un des monuments honoraires de l'art romain les plus remarquables parmi ceux qui existent en France ; il mesure 19 mètres de hauteur sur 21 mètres de largeur ; il est percé de trois arcades en plein cintre ; l'arcade centrale a 5 mètres d'ouverture et 9 mètres de hauteur sous clef. Quatre colonnes corinthiennes cannelées décorent cha-

que face, et les deux qui flanquent l'arcade la face principale soutiennent un fronton triangulaire, encastré dans un attique qui est lui-même couronné d'une magnifique corniche. L'ensemble du monmnent est d'une très grande richesse ; des bas-reliefs fort bien sculptés et dessinés en augmentent encore l'effet.

On est loin d'être d'accord sur l'époque de sa construction ; cependant l'opinion la plus ac-

ARC DE TRIOMPHE

créditée, et qui nous paraît aussi la plus sérieuse, tendrait à faire remonter la construction de cet arc à l'an 10 av. J.-C. Il aurait été érigé en riionnenr d'Auguste, qui avait rendu l'Egypte et la Gaule tributaires de Rome.

Nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désireraient plus de détails sur ce monument aux ouvrages spéciaux qui ont traité de l'arc de triomphe d'Orange et que nous indiquerons à la bibliographie de cet article.

En Espagne, nous ne connaissons qu'un arc honoraire, c'est Varc de Barra ^ près de

Fig. 4. — Arc de Trajaii à Aucune (Italie) .

A^endrell, en Catalogne, qui fut érigé en l'honneur de Trajan. Cet arc est orné sur chacune de ses faces de quatre pilastres corinthiens; le temps, qui l'a bien éprouvé, a écorné les angles de son entablement d'une manière très sensible.

En Italie, il existe encore des arcs honoraires dans plusieurs villes :

L'arc d'Axcone, que nous donnons (fig. 4), a été élevé en l'honneur de Trajan, qui avait restauré le port d'Ancône ; il aurait été construit par Apollodore de Damas. (L'Arco eretto

a Nerva Trajano nel porto d'Ancona; 1734, Canina, p. 201, 1. 189.) C'est un des plus élégants et des mieux conservés de ceux que nous a légués l'antiquité. Il est tout en mar1)re blanc de Paros, et les joints sont appareillés avec tant de perfection qu'on croirait que le monument est d'un seul bloc. « Tous les membres et les diverses parties de cet édifice, dit Serlio, sont d'une proportion si belle et si remarquable, il y règne un si grand accord, une telle entente, une si juste harmonie, que l'œil le plus vulgaire en demeure agréablement frappé, tandis que les amateurs d'art, ceux qui savent apprécier, sont non seulement ravis de la belle ordonnance qu'ils admirent, mais sont contraints de louer et de remercier l'architecte d'avoir produit une œuvre dans laquelle notre siècle puisse s'instruire et découvrir les règles du beau. »

Nous partageons complètement l'appréciation de Serlio sur cet arc ; c'est un des monur ments qui nous ont le plus séduit par leur élégance et leurs l)elles proportions ; nous l'avons revu, il y a quelques années, et, en le comparant aux monuments analogues existant sur le sol de la France et de l'Italie, nous pouvons dire qu'il ne peut redouter aucune comparaison ; ajoutons que sa position au milieu de la jetée du port en relève encore, si c'est possible, la beauté.

L'époque précise de sa construction est constatée par l'inscription qu'il porte et que nous donnons ci-dessous ; cette même inscription nous apprend aussi qu'il avait été également élevé pour honorer Plotine et Marciana, la femme et la sœur de Trajan. Yoici l'inscription que, faute d'espace, nous n'avons pu donner sur notre dessin :

IMP. CAESARI. DIVI. NERVAE. TRAIANO. OPTIMO, ADG.

GEUMANIC. DACICO. PONT. MAX. TR. POT. XVHI. IMP. r\' COSS. Vl.

P.P. PROVIDENTISSIMO. PRINCIPI. SENATUS. P.Q.R.Q0OD. ACCESSUM.

ITALIAE. HOC. ETIAM. ADDITO. EX. PECUNIA. SUA. PORTU. TDTIOREM.

NAVIGAXTIBUS. REDDIDEUIT.

On lit de chaque côté de la grande inscription, à gauche : à droite :

PLOTINAE

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