DE L'ÉQUITATION
« Si, moins amateurs du vrai que du merveilleux, nous remontions, avec les mythologues, à l'origine de l'équitation, nous pourrions, après Virgile et ce grand poète grec qui lui servit de modèle,
rendbre gràc« à Napivoe d* npi» atoiv d^Boè le yal , et apprit Fart d*€Q faim «sa^D :
» ruguei QCtM'prtma/WmMilem
i» Ftf (iti eçtf tf m mogriio (eâ«« pereiMia Iricisnle. » (VïBÇ., e^wr^fo Uh. i?., 13 «t 13,)
» Mais si 9 prenant pour guidea des historiana d*une véracité moins éauivoque, nons Tenons à cour suHer Pline, nous condurops, avec Meveuriali, que Bellérophon, fils de Glancps, e|t, dans la GrAce, le premier qui trouva le secret de dompter un dkev et de s'en servir ; £quitationu primum imvenêorêm Bellerophontem exstitUse auctor est PUnius. (Mnc De arte gymnast, lib. m.)
» Bien certainement, avant Bellérophon, na avait déjà dressé des chevaux en Egypte, puisque récriture nous apprend que le roi Pharaon, qui fut englouti dans la mer Rouge, avait sous ses ordres une cavalerie fort nombreuse. Dans d*aatrei paja» au contraire, on n*a connu Içs chevaux que fort tard, etTAmérique, avant la découverte de Chrîi* tophe Colomb, n'avait encore aucune idée de oe quadrupède précieux , aujourd'hui si nécessaire à ses habitants^ Les Thessaliens, peuple voisin de ia Grèce, profitèrent bientôt de la découverte de Bell^ rophon , et devinrent de si bons cavaliers, qu'on les surnomma centaures. Enfin , du temps d'Hippocrate, presque tous les Scythes faisaient un grand usage du cheval , ce qui , sans doute , fournit au père de la médecine l'occasion de reconnaître plusieurs effets de Féquitation. Cet exercice, après le siècle d*Hip— pocrate , continua k se répandre de tous eôtés, ftt
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partie dM jeux , et fixa , sou» le pdiit dé yue fmpkf> lactique et thérapeutique, Fattentien d'une in&iité de médecius , parmi lesqueb nous retrouTona encoro Antyllus, Aëtius, Avioenna, Suétonins, et enfin Sydenham qui s*est montré panégyriste si enthou**^ siaste de Téquitation , qu'après en avoir vanté l'usage jusque dans les dernières périodes de la désorganio^ sation pulmonaire, il n'a pas eraint d'avancer encore que , si quelqu'un possédait un remède aussi efficace que l'est œt exercice, lorsqu'on le répète souvent » et qu'il voulût en faire un secret , il pourrait aisé^ ment amasser de grandes richesses, etc. Sane dm multumque meeum reputavi , quod m eut mnoteseeret meéHeamentumy quoi et eékture vêUet, mquê efiicas in podagrd u$ in ehrameis plerisque , ae est eqtiikk* tio congtam et aseidua , opee UU eœmde evmpUesimm faeiU aeewfnulare poeeet, (Svdbnbam. Tract deptn dag. p. 591.)
» bes exercices que nous avons décrits, l'équi-* lation est un de ceux qui fut un peu négligé dans les gymnases, peut-être à cause des grandes dépenses qu'il occasionne, peut-être aussi parce que cette espèce d'exercice ne remplissait pas entièrem^it l'objet des anciens, qui n'avaient pas «eulemeat pour but d-acquérir une santé stable et vigoureuse, mais qui voulaient, en outre, donner à leur corps toute la force qu'il était susceptible d'acquérir, et d'oà résultait cette constitution prodi^euse qu'on nommait athlétique ^ ou une agilité dont on pourrait à peine se faire une idée de nos jours. Quoi qu'il en soit cependant, il existait chez les Grecs trois espèces de courses dechevaux. Ces courses diffiâraient
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des nôtres, i^ parce qa*on les faisait toutes sans étriers , cette partie du harnais étant encore inconnue k cette époque; 2® parce qu'on devait, comme dans Texercice des chars, doubler la borne avant de paraître devant les juges. Ces courses différaient ensuite entre elles , en ce que , dans la première, on courait avec des chevaux de selle; dans la seconde. avec des poulains montés comme des chevaux de selle; et dans la troisième , avec deux juments, dont Tune était montée, et Tautre menée en laisse. A la fin de cette dernière course, le cavalier se jetait à terre en prenant les juments par la bride , et achevait ainsi de fournir sa carrière. Les courses de chevaux sont peut-être, de tous les exercices que nous avons conservés des anciens, le seul qui, de nos jours, se fasse publiquement, et soit présidé par des magistrats ; encore faut-il avouer que ces courses modernes paraissent particulièrement instituées pour conserver en France des races de coursiers légers, et que les prix qui se distribuent annuellement, au Champ-de-Mars, sont plutôt une récompense des soins qu'a pris le propriétaire de faire de bons élèves, qn'fine palme décernée à Tadresse des écuyers. Venons maintenant à notre objet principal.
» L'équitation communique aux organes la force dont ils ont besoin pour s'acquitter convenablement des fonctions qui leur sont confiées, régularise, si je puis m'exprimer ainsi, tous les actes de la vie , sans les accélérer beaucoup. Equitatio puîsum par^m auget, a dit Haller dans ses Éléments de Physiologie. L*équitation exerce la plus grande influence sur la nutrition et Tassimilation, et c'est en assurant
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une ample et juste répartition des principes nourriciers (que les exercices actifs ont l'inconvénient de trop dissiper) , et en développant ces constitutions pléthoriques et replètes, signes ce^rtains d'une santé robuste et d'organes bien nourris, qu'elle parvient à réprimer, je dirai presque à étouffer cette prédominance de la sensibilité , qui cause des désordres si grands et si faussement attribués à la faiblesse des nerfs.
)) Le mouvement général qu'imprime l'exercice modéré du cheval est un des moyens les dIus propres à fortifier la presque universalité def organes du corps humain , et c'est cette propriété , tonique par excellence, qui le rend si avantageux aux perspnnes faibles, aux convalescents, surtout à ceux chez qui de longues maladies auraient occasionné une diminution générale des forces ; ce sont surtout les gens de lettres qui doivent pratiquer cet exercice : ils y trouveront un moyen propre à opposer aux dangers de leur genre de vie; car la position qu'exige l'équitation et les mouvements qu'elle détermine, étant très-favorables à la libre expansion des poumons, détruisent avec efiicacité l'effet nuisible de la position nécessitée par les travaux de cabinet. Cet exercice est d'ailleurs un des plus propres à reposer le cerveau , puisque , sans fatiguer les membres , sans consumer d'influx nerveux , il apporte dans les mouvements vitaux qui se dirigent vers l'encéphale une diversion salutaire, mais trop peu considérable pour empêcher cet organe de reprendre bientôt avec la même énergie son action accoutumée. »
* Le temps fait toujours justice des erreurs ac-
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créditées; son jugement est lent, m«ii irrévocable.
E8BRILLADE. secousse que les écuyers du temps de Louis Xllf donnaient avec une seule rêne à un cheval désobéissant , pour l'obliger à tourner.
Ce mauvais procédé ne se pratique plus par lef gens qui raisonnent leur art. On a reconnu que ces espèces de saccades ne peuvent rien apprendre an cheval , et que c'est par une série de pressions progressives basées sur ses résistances qu'on lui indi-< que , en le plaçant, ce qu'il doit faire.
* Une étourderie de jeunesse n'est pas toujours sans cons*^quence.
EftCAPADE y action subite d'un cheval qui sa livre à un instant de fougue.
Un cheval vif, qui ne travaille pas assez, est sujet à ces sortes de gaietés, qu'il est, au reste, facile de réprimer, s'il sait répondre aux effets du mors et des jambes.
Il est essentiel , pour la santé et la subordination du cheval, de le promener chaque jour, ou au moins tous les deux jours. Le cheval trouve à ces prome* nadesun exercice salutaire, et le cavalier un moyen d'étude qu'il doit saisir avec empressement.
* Le bourru brusque tout ce qu'il rencontre ^ aussi est-il peu écouté , ou tourné en ridicule.
ESCAVE8SADE , mot inusité, qui signifie donner au cheval des secousses violentes avecle cave^n ou les rênes de la bride. ( Voyeg drbssir.)
* Nos aïeux ont transmis leurs faeéties sans songer à l'abus qu'on pourrait en faire.
ESTRAPA9B , saut de mouton très-vif que fait le efaeval. Les jeunes chevaux y sont les plus sujets.
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L'estrapade est uitte défense )pea dangereose; cependant^ il n*en est pas qu'un bon cavalier ddye négUger, d'abord parce qu'il peut être surpris désagréa-blementi ensuite parce qu'il ne fait pas preuve de science en se contentant seulement de suivre le cfaevaL
* Le sot orgueil salit tout ce qu'il touche et parodie les plus nobles actions.
ESTRAPAS8EA, e'est faire travailler le cheval au^-delà de ses forces^ et lui dema^oder desdlioses qu'il ne peut exécuter. C'eat un défaut ordinaire aut gens qui mettent plus d'ambition que de raisob dans leurs exercices. Us contractent le cheval, pour obtenir de lui^ par la violence, ce que le temps et le savoir seuls peuvent amener; qu'en résulte-t-il? Ils exténuent ces pauvres animanx , dont, avec un peu plus d'expérience, ib auraient tiré de bons services sans fatiguer leur organisation.
 ce défaut il n'est qu'un remède : apprendre.
* Il ne faut devoir son bien-être qu'à soi-iûème. ÉTRIERB* Les étriers servent à reposer lesjam-
.bes, et non à donner un point d'appui pour soutenir le corps.
Les personnes qui basent leur solidité sur la bonté des étrivières sont toujours incertaines et dangereusement placées.
Mais le cavalier solide par principes ne laissera que deux pouces de longueur de moins aux étriers qu'aux jambes, l'extension de ces dernières lui servant à mieux embrasser son cheval.
Les réactions du cheval seront moins sensibles quand, par un juste emploi de force ^ on aura plus
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de poids sur la seUe. Alors les fesses y seront plus adhérentes, les genoux se porteront moins en avant, et leur immobilité empêchera le pied de quitter Fétrier, qui ne doit être chaussé que jusqu'à la naissance des doigts. Le talon sera un peu plus bas, ce ,qui s'obtiendra aisément si la jambe tombe sans force.
La plupart des élèves se figurent que les étrkrs attirent les jambes en avant ; c'est une erreur : les jambes descendent comme les étriers, perpendiculairement; mais ce qui les porte en avant, c'est la forte tension que Ton donne aux muscles pour peser sur rétrier.
* La culture bien comprise embellit la nature ; mal comprise, elle la détériore; Thomme est donc un envoyé de Dieu ou du diable.
FAÇONNER UN CHEVAL, c'est le rendre régulier et gracieux dans ses exercices.
* Un esprit bien trempé a peu de faiblesses.
FAIRE LA RÉVÉRENCE , se dit d'un cheval qui fait un faux pas.
Quand un cheval est sujet à ces génuflexions, c'est au cavalier à le placer et à le soutenir dans la main et les jambes, pour ne laisser porter à l'avantmain que le moins de poids possible.
* FAIRE VALOIR UN CHEVAL. Rehausser le talent des autres, c'est augmenter le sien propre.
* Il faut une expérience bien acquise pour ne pas retomber dans les folies du jeune âge.