‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 3)Chapitre 47 sur 73 · HOLA · texte numérisé non relu

HOLA

fectlonne son assouplissement et son équilibre ; par la continuité de ses actes, il lui fait connaître quelle est son influence sur lui , et à quel point il le domine ; domination qui n'a rien de révoltant pour le cheval, puisque , loin de le dégrader , elle augmente sa fierté naturelle par les poses les plus nobles et les plus gracieuses.

^Lelaconisme est d'autant mieux compris qu*il est perçu plus distinctement.

HOLA. On se sert de ce mot sonore, et assez vivement compris des chevaux , pour les arrêter sans le secours de la bride.

Le cheval que Ton met dans les piliers doit cesser toute espèce de sauts ou de mouvements, quand, par des répétitions fréquentes, on lui aura fait comprendre la valeur de ce mot holà.

Les personnes délicates qui n'auraient pas la force de calmer leurs chevaux, pourraient s'en faire dresser qui s'arrêteraient à la parole. Rien n'est plus facile que d'amener le cheval à ce point de compréhension et d'obéissance ; il suffit pour cela , chaque fois qu'on veut l'arrêter, d'accompagner ce mot des elfets de la main ; puis on les diminue au fur et à mesure que les résistances deviennent moindres, et bientôt le but de cette exclamation se grave tellement dans son intelligence, que holà suffît pour l'arrêter court. Lesdames perdront sans doute toute crainte qaand elles sauront qu'avec un seul mot elles peuvent soumettre à la docilité le coursier qui vainement tenterait de les intimider.

* U faut être sûr de soi-même pour imposer aux autres. .

HUIT-DB-CUIFFIIBS. 147

HOnmiE DE CHEVAL. On entend par hùmme de cheval celui qui joint à une solidité à toute épreuve l'usage libre de tous ses membres, ne les meut que par sa volonté, et sait en apprécier les effets.

On confond souvent, à tort, Thomme de cheval et récuyer. Le premier, comme je viens de le dire^ est un cavalier solide et habile; mais le second doit joindre à ces qualités toutes les connaissances acces' soires, requises non-seulement pour démontrer les principes dont se compose son art, mais pour la direction d'un manège. C'est à Fécuyer à former les hommes de cheval. ( Voyez ÉcurER.)

* L'habitude est une seconde nature.

HORS-DU-MONTOIR, c'est le côté droit du

cheval. ( Voyez montoir.)

* Ne revient pas au point de départ qui veut. HUIT-DE-CHIFFRESy c'est un air de manège

auquel on a donné ce nom parce qu'il en représente la figure.

£n effet , il se compose de deux changements de main successifs, dont on rejoint les points de départ en traversant les petits côtés du manège.

On fait des huit-de-chiffres de différentes grandeurs. Les premiers que Ton demande au cheval doivent couper le manège par deux changements de main de toute la grandeur de ses diagonales. A me-^ sure que le cheval acquiert de la précision , on en diminue la circonférence , jusqu'à ce qu'enfin on Texécute dans un cercle le plus petit possible.

Comme toutes ces difficultés ne doivent occasi<)|i— ner d'efforts ni au cavalier ni au cheval, je n*ai pas

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besoin de dire qud doit être repsemble ig» xxMttvemenu du premier pour que Texéçutiou m laisse riea à désirer.

Tout^beval assoupli et bien d'aplomb peut Caire des huit-de-chiffres. L'admiration qu'on accorde k cet air de manège doit être réservée tout entière pour le dresser qui Ta -conduit là.

* i.e silence est plus puissant qu'on ne pensa; les plus fortes passions échouent contre s^ force inerte.

INACTION. Ce mot, qui se rencontre dans un grand nombre d'articles de ce Dictionnaire, pourrait prêter à l'ambiguité, j'en dois l'explication.

J'entends par inaction , laisser le cheval les quO" tre jambes immobiles sur le sol, dans le but de faire flécbir l'encolure en tous sens, et da lui donner tout le liant qu'elle peut acquérir.

Cet exercice local est à l'éducation du cheval (qu'on me passe cette comparaison) ce qu'une bonne fondation est à un édifice.

M. de la Guérinière et tous les auteurs qui lui ont succédé jusqu'à ce jour, prétendent que le trot est l'allure la plus favorable pour donner une grande souplesse au cheval; cela pourrait être vrai si le cheval devait rester livré à Iiu-même , mais coiQme le cavalier qui l'assujettit doit être maître de tous ses mouvements , ce n'est pas avec une allure aussi décidée, une allure où le cheval fait un grand emplûLde force, et perd, par conséquent, de son équilibre, qu'on parviendra à être maître unique de &es

INDOMPTABLE. It9

mouremeMs : e'est dans ritidctioti , c*est au pas que Ton en sera le seul moteur , et qu'on le disposera , par un prompt assouplissement, a une belle exécution. En effet, au repos il a quatre points d'appui, du pâs il en a trois, sa base de sustentation est facile; son action étant nulle ou minime , il apprécie promplemenfc^reffet de Vos forces; n'ayant pas de directions à donner, vous ne permettrez aucun mouvement au détriment de la position , et ne combattrez que ceux qui font résistance ; bientôt Ils vous seront tous subordonnés; dès lors, le cheval répondra à des impulsions imperceptibles , et vous arriverez graduellement à donnera ses allures le gracieux et la cadence désirables.

* L'ignorance et la paresse ont fait accoucher la souris d une montagne.

INDOMPTABLE. H y a peu de chevaux qu'on ne puisse dompter quant au caractère. Les seuls qui offrent des difficultés réellement insurmontables sont les chevaux chatouilleux et les juments qu*on appelle pisseuses. Celles-ci ont un vice d'organisation sanguine ou musculaire qu'on ne peut cnanger, et qui les soustrait à l'action du cavaher.

Quant à ceux dont la résistance tient au moral, Térudition équestre parviendra certainement à les soumettre : il suffit de savoir employer, tour à tour et à propos, le châtiment et la récompense. Comment et dans quel moment? Voilà ce qu'on ne peut exprimer dans un livre. Ici la théorie ne peut pas suppléer à la pratique. Disons-le cependant , il ne faut employer les moyens de rigueur qu'après avoir acquis 1 intime conviction que l'opiniâtreté du cheval

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