‹ Dictionnaire raisonné d'équitation (volume 3)Chapitre 49 sur 73 · INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

INTELLIGENCE

ii*apprend qu*à force de conviction et d'habitode.

Le cheval a la perception comme il <a la sensation, la comparaison et le souvenir; il a donc le jugement et la mémoire ; il a donc Y intelligence. Voilà pourquoi Técuyer doit ne point agir en aveugle sur son cheval , et ne pas oublier que chacun de ses actes agit aussitôt , non-seulement sur. le sens physique, mais aussi sur la mémoire de Tanimal. Il faut tenir compte de cette organisation essentielle du cheval, ne jamais passer que du connu à Tinconnu, ne point le soumettre à de mauvais traitements, £t ne point abandonner à des mains inhabiles les commencements de son éducation; les mauvaises habitudes exerceraient nécessairement une fâcheuse influence sur les suites de cette éducation.

Ceux qui se figurent que le châtiment et la récompense suffisent pour dresser un cheval , commettent une grave erreur. Ces deux moyens ne peuvent produire de bons résultats que s'ils sont employés à propos; Téperon et le fouet, le sucre et les caresses, n'obtiendront rien, si les uns et les autres ne sont ménagés avec discernement. Il en est de même pour les écoliers : \epain sec et le cachot ne leur apprennent ni le grec ni le latin ; il faut d'abord parler à leur intelligence.

Comment , sans l'usage de la parole , s'adresser à cette faculté du cheval? Rien de plus facile, si l'on examine avec quelque attention la manière dont les idées pénètrent dans une intelligence quelconque. Pour faire concevoir une pensée à quelqu'un , on commence par lui présenter toutes les idées qui peuvent l'y conduire; on s'empare des forces de son

IBâ urriiLiaiNcft.

«ipfitt bn les dUpow^ on les dirige de teU« sorte qu'il ne ptlissè échapper à l'impression qn'on sollîcite« Ayec le eheral , il fant uti travail tont à fait semblable. Que lui demande^^on ? des mputemeuts. La manière de Vj amener consiste k disposer ses forces de façon k ce qu'il ne puisse faire que le moureibent qu'on exige. La position est le langage qui parle au cheval, qui est intelligible pour lui; elle explique et fait naître le mouvement $ comme le raisonnement explique et fait naitre la peuséOi

Ici se trouve la source d'une erreur qu'il est temps de reltver. Tandis que certains écuyers ne font du cbevd ^'une machine ) d'autres, au contraire^ basent sur son intelligence toute la facilité de son éducation ; ainsi les chevaux andalotis passent pour les génies dé l'espèce , parce qu'on les dresse plus promptement et avec plus de facilité que les autres chevaux. Cette conséquence est fausse; cette promptitude d'éducation tient moins à l'intelligence des chevaux andalous qu'i leur conformation physique.

La chose indispensable dans l'éducation du che^ val est l'équilibre $ qu'on n'obtient que par une bonne position» Ceux-là donc qui tiennent déjà de la nature cette bonne position , refusée ft d'autres, sont nécessairement plus disposés à récetoir une instruction protnpte et facile.

Il faut distinguer ce qui tient k rorganisation physique de ce qui dépend de l'organisation ititellectuelle; J'ai étudié attèntivemetit Tun et l'autre, et J'ai conclu de mes observations que, si le physique du cheval influe sur la lohgueur de son éducation, son moral seul doit en déterminer le mode.

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D'ane paft, j'ai remarqué que ailes cheTtmi mturdleinênt bien faits obéissent plus aisément ^ cetix d'une conformation inférieure, qui ne sont pas tarés, peuretit aassi être ramenés à un degré d'équilibre suffisant pour qu'une main habile puisse en tirer bon parti; j'ai donc reconnu cette vérité que tous lescbevaux, une fois bien posés, obéissant sans difficulté ^ s'ils sont bien conduits.

D'autre part , j'ai vu que le cheval apprécie les bons et les mauvais traitements; qu'il reeonnait l'habileté ou l'incapacité dé son cavalier; qu'il discerne ses fautes propres de celles qu'on lui fait faire. J'ai vu que ses bonnes ou mauvaises qualités dépendent autant des circonstances de son éducation que de son nalarel, et j'en ai conclu qu'il faut le dominer, mais seulement par une supériorité d'intelligence, et en lui faisant sentir que ce qu'on exige do lui est le moyen le plus propre pour arriver à tel ou tel résultat.

* L'émancipation a des circonstances de gravité que l'on se rappelle totitê la vie*

LACHER LA MAIN A BON CflBVALy c'est l'abandonner k lui-même* Plus d'un amateur se figure faire acte dé courage et de haute équitation, en laissant flotter les rênes et en se confiant ainsi à son coursier.

C'est un tort grave et qui prouve autant d'ignorance qae d'imprévoyance dans le cavalier; car, non-seulement le cheval perd^ dans cet abandon, ses bonnes habitudes, et par^dessus tout celle de la

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