‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 35 sur 67 · CHEVAL · texte numérisé non relu

CHEVAL

ENTRER DANS LES COINS, c'est pénétrer autant que possible dans les angles du manège ; il faut au cheval beaucoup de souplesse pour qu'il puisse se contourner ainsi, et que les jambes de derrière suivent exactement la même ligne que celles de devant.

Du reste, le cavalier qui saura bien équilibrer sou cheval, arrivera iacilement à le &ire entrer dans les coins, car il aura dès lors vaincu une bien plus grande diliieuite.

ENTRETENIR, c est renouveler Faction du

cbeval, pour lui conserver une égale vitesse dans les allures.

Soit qu'il faille se sbi'n ir du mors pour le cal— iner, ou des jambes pour Tactiver^ les aides agissantes doivent toujours être modérées par les aides opposées, alin que l'impulsion qu'elles donnent ne change pas laction nécessaire à lallure et h une boa ne position.

Ainsi les changements de direction ne sont qu'imparfaitement exécutés quand le cheval ne conserve pas exaclement eu tournant la même vitesse qu'il avait en ligne droite.

ÉPAULE EN DEDANS (1') s exécute lorsqu'on

amène les épaules du cheval dans le manège, en

cooservani (oujourg 1^ jambeft da derrière sur la piste.

Si l'on est à maiû droite, ie cheval marcherai gauche, et conservera sa position oblique pour que 1q8 jambes de derrière cheminenl un peu plus que d'une piste et pas précisément de dent. A 1 approche (les angles, on (hiniiiuera lentement la marche des épaules, pour augmenter celle des hanches, afin de conserver an cheval le même degré (le vitesse , et le retrouver dans la même ' position après avoir passé les coins.

Tous les écuyers regardent cet air de manège comme Tun des plus aisés, surtout pour lesjeunes chevaux ; je né partage pas leur opinion : bien que les deux lignes que parcourent les jambes postérieures et antérieures ne soient pas parallèles , le cheval n'en aura pas moins une grande propension à résister, parce que, n'étant plus droit, il aura plus de facililtjs d'échapper au ramener, sans lequel la direction précise est imposible.

Je ne suis pas non plus de Tavis des écuyers qui regardent l'épaule en dedans comme Tair de manège par lequel il faille commencer les chevaux au travail de deux pistes.

Je lis dans un ouvrage en vogue, sur l'Épaule en dedans :

(( S'il arrive qu'un cheval se retienne, ou se » défende par malice, ne voulant point se rendre

» a la siyétion de cette leçon, il faudra la quitter

n pour qiK ]que temps» et iweair au principe du » trot étendu. »

Je ne oonoois pas qu*on pme ainsi sans inter* médiaire du trot à l'épaule en dedans, et de Tépaule en dedans à cette allure. Quant à moi, je le répète , je ne conseillerais pas de commencer le travail sur les hanches par Tépaule en dedans : le cheval n'ayant rien .qui l'arrête et limite son travail, il ne Texécute qu avec peine et incerti- . tude; il y a plus : le poiot d'appui qne ses jambes posiérieunis . rencontrent an mur lui donne le moyen de résister , et souvent il s'en empare. L'expérience m'a démontré que les lignes diagonales des changements de main faisaient coinprendre plus vite nos intentions au cheval. Voici comment je procède : Je fais marcher le cheval d'une piste sur une ligne» jusqu'à ce qu'il soit à trois ou quatre pas du mur opposé; puis je lui fais parcourir ce court espace de deux pistes. Je rarréte, le caresse; ensuite, je recommence en diminuant graduellement le terrain sur lequel il marche d'une piste ; si Ton suit bien cette grada* tien, le cheval se soumettra à ce nouveau travail sans diiiticulté aucum»

ÉPERON. Les éperonniers ont fabriqué plusieurs sortes d'éperons. Le nombre en eût été plus

restreint si l'on eut moins sacrifié à la mode; mais une foule de personnes qui ne motitent pat»

132 ^ ÊQUlTATlOlf.

à cheval, ont trouvé «gracieux d'avoir à leurs bottes de longues branches droites ou courbes, armées d'une infinité de petites pointes; on peut se contenter de rire d'une habitude qui, en définitivot ne fait de mal à personne. J'en dirai autant de ceux qui s'en servent, à la vérité, pour monter dans les promenades, mais qui, grâce à la position de leurs jambes, les rendent tonl à fait inofiensifs pour le cheval.

■ Le collet des éperons d'un homme dë cheyal doit avoir de vingt-sept à quarante millimètres de long. Les molettes doivent être rondes, giimies de pointes très-peu saillantes, leur action bien entendue produira tout 1 effet qu'on doit en attendre sur les chevaux froids, comme sur les dtevaux d'une nature irritable. [Voyez attaques.)

ÉQUITATION (1') est l'art de bien monter à cheval.

Traiter un pareil article comme il mériterait

de l'être, ce serait laire un livre toutentier. Jeme contenterai de citer les passages suivants sur l'origine de l'équitation et ses avantages hygiéniques, passages extr*aits de l'ouvrage intitulé : Gymtiaifîque médicale, par M. Charles Londe, D. M., dont je m'honore d*étre lami.

Cet ouvrage , ex pi^ofmo^ renferme les notions les plus exactes sur la matière, et jouit d'une estime justement acquise.

fiQUirATIOM. 133 DB l'bQUITATION*

« Si, moins amateurs du vrai que du merveilleux, nous remontions, ayec les mythologues , k Toriginedel equitatioQ, uouspuurrioûs, après Virgile et ce grand poète grec qui lui servit de modèle, reiidi e grâce à Neptune de nous a voir donné le cheval, et appris Tart d'en faire usage :

• . . . . Tuque, o coi prima frmneDlem

Fudit equum mngDO lellus percussa tridente.

(VwG., Georg», lib, IV, 12 ei 13.)

» Hais si, prenant pour guides des historiens

(l'uue veracilé moins équivoque, nous venons à consulter Pline, nous conclurons, avecMercuriali, que Bellérophon, ûh de Glaueus, est, dans la Grèce, le premier qui trouva le secret de dompter un dieval et de s'en servir : Equitaiiam primum inventorem Bellerophonim exstitisse auctor ai Plinm. (Mbbc. Deartegymtmt. lib. m.)

» Bien certainement, avant Bellérophon, on avait déjà dressé des chevaux en Egypte , puisque rÉcriture nous apprend que le roi Pharaon, qui fut englouti dans la mer Kouge, avait sous ses ordres une cavalerie fortnombreuse. Dansd'autres pays, au contraire, on n'a connu les chevaux que -fort tard, et l'Amérique» avant la découverte de Christophe Colomb, n'avait encore aucune idée

de ce quadrupède précieux, aujourd'hui si nécessaire à ses habittiito. Les Thessaliens, peuple voisin de la Grèce, profilèrent bientôt de. la découverte de Beliérophon, et deviurent de si bous eavalim^ qo'oo leê «arnomma omtotiref . Eoftn^ du temps d'Hippocrale, presque tuus les Scythes faisaient un grand usage du cheval» ce qui , sans doute, fournit au père de la médecine l'occasion de reconnaître plusieurs effets de Téquitation* Cet exercice, après le siècle d'Hippocrate, continua a se répandre de tous côtés , fit partie des jeux, et fixa, sous le point de vne prophylactique et thérapeutique, l'attention d'une infinité de médecins, parmi lesquels nous retrouvons encore Antyllns, Aëtius, A\icenna, Sttétonliis, et enfin bydeDhamqui s est montré panégyriste si enthousiaste de l'équitation, qu'après m avoif vanté 1 usage jusque dans les dernières périodes de la dédotganisation pulmonaire « il na pas craint d'avancer encore que, si quelqu'un possédait on remède aussi etlicace que Test cet exercice, lorsqu'on le répète souvent, et qu'il voulût en hiré un secret, il pourrait aisément amasser de grandes rieheasea, etc« Sane diu rmliumque meeum repuUm, quod n cui innotesceret medicamentum , quod et cB" lare vêUet, mque effum in prodagra ut in ckronim plerisque, ae est equitatio cùrMmn et a»9iiua , ùpe$ ilk &i^inde amplissmas facile accimulare pomt. (Stdbnhaiii. Tract, depadag.^ p. 591.)

fiOtritàtioit. 1S5

» Dès etercices que nôus dvonsi décrits, l'équitation esl un de ceuit qui fut un peu négligé dann les gymnases, peo^ètre A causé des grandes dépenses qu'il occasionne, peut-être aussi parce que cette espèetf d'exercice ne remplissait pas én-

tièrement l'objet des anciens, qui n'avaient pas seulement pour but d'acquérir une santé stable et yigoureuse, maïs qui voulaient, en outre, donner à leur corps toute la force qu'il était susceptible d'acquérir', et d'oà résultait cette constitution prodigieuse qu'on nommait athlétique, ou une agilité dont on pourrait à peine se faire une idée de nos jours. Quoi qu'il en soit cependant, il existait chez les Grecs (rois espèces de courses de chevaux. Ceà courses différaient des nâtres , 1* parce qu'on les faisait toutes sans étriers, cetïe partie du harnais étant encore inconnue k cette époque; 2* parce qu'on devait, cofninè dans 1 exercice des chars, doubler la borne avant de * paraître devant les juges. Ces coursés différaient ensuite entre elles, en ce que, dans la première, on courait avec des chevaux de selle ; dans la seconde, avec des poulains montes comme des chevaux de ielle ; et dans la troisième, avec deux juments, dont l'une était montée, et l'autre menée en laisse. A la ûn de cette dernière course, le cavalier se jetait à terre en prenant les juments par la bride, et achevait ainsi de fournir sa carrière. Les courses de chevaux sont peut-être, de tous

156 ÉQUITAXION.

les eiercices que nous avons eanservés dés àn-

ciens, le seul qui, de nos jours, se fasse publiquement, et soit présidé par des magistrats ; encore faut-il avouer que ces courses modernes paraissent particulièrement instituées «pour conserver en France des races de coursiers légers, et que les prix qui së distribuent annuellement, au Champ ' de Mars, sont plutôt une récompense des soins qu'a pris le propriétaire de faire de bons élèves, qu'une palme décernée à l'adresse des écuyers. Venons maintenant à notre objet principal.

» L'équitation communique aux organes la force dont ils ont besoin pour s acquitter convenablement des fonctions qui leur sont conûees, régularise» si je puis m exprimer ainsi, tous les actes de la vie, sans les accélérer beaucoup : Equitatio pulsum parum augetj a dit Haller dans ses ÉUmenU de Physiologie. L'équitation exerce là plus grande influence sur la nutrition et Fassimilation, et c'est en assurant une ample et juste répartition des principes nourriciers (que les exercices actifs ont l'inconvénient de trop dissiper), et en développant ces constitutions pléthoriques et replètes, signes certains d u au santé robuste et d'organes bien nourris, .qu'elle parvient à réprimer, je dirai presque à étoufler, cette prédominance de la sensibilité, qui cause des désor* dres si grands et si fiiussement attribués & la fai-* blesse des ner&.

manLAJNL ' 137

» Le mouvement général qu'imprime l'exercice modéré du cheval est un des moyens les plus propres è fortifier la presque universalité

des organes du corps humain, et c'est cette pro-

priétét tonique par ezœUence, qui le rend si

avantageux aux personnes faibles, aux convalescents, surtout à ceux chez qui de longues maladies auraient occasioimé une diminution générale des forces ; ce sont surtout les gens de lettres qui doivent pratiquer cet exercicé : ils y trouveront un moyen propre à opposer aux dangers de leur genre de vie; car la position qu'exige réquitation et les mouvements qu'elle détermine étant très-tavorables à la libre eipausion des poumons, détruisent avec efficacité l'effet nuisible de la position nécessitée par les travaux de cabinet. Cet exercice est d ailleurs un des plus propres à reposer le ceiveau, puisque, sans fatiguer les membres, sans consumer d'influx nerveux, il apporte dans les mouvements vitaux qui se dirigent vers l'encéphale, une diversion salutaire, mais trop peu considérable pour empêcher .cet organe de reprendi e bientôt avec la même énergie son action accoutumée. »

ESBRILLâDë , secousse que les écuyers du leinps de Louis XIII donnaient avec une seule

réne à un cheval desobéissant, pour 1 obliger à tourner.

Ge mauvais procédé ne sa pratique plus par les gens qui raisonnent leur art On a reoonnu que ces espèces de saccades ne peuyent rien ap<« prendre au eheyaU el que c'est par une série de pressions progressives basées sur ses résistances qu'on lui indique, en le plaçant^ oe qu'il doit fiiiie«

ESCAPADE, action subite d'un cheval qui se lîtrre k un instant de fougue*

Un cheval vif, qui ne travaille pas assez, est sujet à ces sortes de gaietés, qu'il est, au reste , facile de réprimer, s*il sait répondre aux effets du mors et des jambes.

li est essentiel, pour la santé et la dubordina* . tiou du ciieval, de le promener ciiaque jour, ou au moins tous les deux jours. Le oheval trouve à ces promenades un exercice salutaire, et le cavalier un moyen d étude qu'il doit saisir aveo eoH pressement.

ESCAVESSADE , mot inusité , qui signilki

donner au cheval des secousses violentes avec le . oa ves6on ou les rênes de la bride. ( Yuyn naESSBK*)

ESTRAPADE, saut de mouton très-vif que fait, le eheval* Les jeunes chevaux y aont le^l plus sujets. L'estrapade est une défense peu dangereuse; cependant, il n'en est pas qu'un bon cavalier doive négliger; d'abord parce.qu'il peut être sur*

* ÊTUSBft. IM

pris déstgréablement, ensuite parée qu'il ne fait pas preuve de science en se oonieoiaut seul^-* ment de suivre le oheval.

ESTRAPASSËA, c'est &ire trayailler le ohe^

val au delà de ses furces, et lui demander des choses qu'il ne peut eiécuter* C'est un défisiut or« dinaire aux gens qui mettent' plus d'ambition que de raison dans leurs exercices. Us contraC' tent le cheval, pour obtenir de lui, par la vie** lence, ce. que le temps et le savoir seuls peuvent amener; qu'en résulte-t-il? Us exténuent ces pauvres animaux^ dont, avec un peu plus d'ex« périence, ils auraient tiré de bons services sans fatiguer leur organisation.

A ce défaut il n'est qu un remède : apprendre,

ÉTRIERS. Les élriers servent à reposer les jambes, et non à donner un point d'appui pour soutenir le corps.

Les personnes qui basent leur solidité sur la bonté des étrivières sont toujours incertaines et dangereusement placées.

Mais le cavalier solide par principes ne lais-< sera que cinquante-cinq millimètres de longueur de moins aux élriers qu'aux jambes, i extension de ces dernières lui servant à mieux embrasser son cheval.

lies réactions du cheval seront moins sensibles

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