MAQUIGNON
même privilège que les ftoires marchands oa négociants même, dont les réputations sont les mieux établies? ëq est-il un qui ne cherche à persuader i son acheteur qtie telle partie de marciiandise ne soit d'une qualité supérieure à ce qu elle est réellement ? Ne s'efforee^t-il pas de vendre le plus cher possible ? Peut-il en être autrement, et la qualité ne d(»l--eUe pas être ea rapport avec les chances pins ou moins nom*breuses de perte î Est-il un genre de commerce où elles soientpltts fréquentes» etoù les frais d'enr tretien soient plus coûteux? Cela doit me laiie insister avec plus de force sur rinjnstioe de la qualification de voleur appliquée i quiconque fait le métier de venàre des chevaox. Je dirai même que le marchand de chevaux se trouve* souvent forcé d'avoir recours à dey subterfuges, sous peine d'être bientôt ruiné. En eflfel» qnar rante chevaux de foire arrivent dans ses écuries; toute sa f(H*tune, peut-être, a été employée à ces achats. Mais, D'a4-il pas loî-niéme élé trompé 7 Sont-ce tous de boas chevaux avec lesquels il pourra augmenter son capital? Ou bien, a«t*il été assez Ttialbeiireux pour qu'un quart se trouve incapable d'aucun bou service? Cela peut arriver au plus habile , car le dieval le plus correct dans ses formes, n est pas toujours celui qui déploie le plus d'agilité dans ses mouvements ; en outre» le meilleur peut devenir une rosse quand il a subi
Oigitized by CoOgl(
MAQUIGIIOII» 2ii
la castration, ou quund il change de pays et de Doumiure. Dans ce cas» est-ce au marchand de dieyaux i être passible de ce dont ses connais* sanceâ bien positives nonl pu ie préserver? Non, certainement* et il doit tàdier de réparer autant que possible par la vente ce qu'il n'a pu prévenir ayant Tachât. D'ailleurs» Fanimal n'est-il pas présenté nu à l'acquéreur? N'est-il pas libre de confittlter tel connaisseur ou tel artiste vétérinaire qui lui convient? L'acheteur doit donc s'en prendre à lui seul de sou mauvais choix, puisqu'il peut» par rinspection la plus minutieuse, savoir à quoi s'en tenir sur les défauts ou les qualités du cheval qui lui est présenté. On m'objectera» sans 'doute, que Tamateur, quelque ha-* bitue qu'il soit à juger les proportions ou les tares des chevaux, n'a que des connaissances trèssecondaires, comparai! vcment à celles du marchand de chevaux. Quoique cette règle ne soit pas sans exception, je répondrai que celui qui ne s'y connaît pas, doit prendre conseil de quelqu'un qui s'y connaisse. Ai-je besoin, en outre, de relater tous les défauts qui surviennent aux chevaux par suite du peu de gradation que l'on met dans leur travail, ou du manque de soins hygiieuiques. Combien de lois un marchaud, après «voir cru vendre un bon chetal è l'un et un mé* diocre à 1 autre, n'a-t-il pas reçu des reproches du premier et des compliments du second? D'oà
212 i MAQUXGKON.
cela peut-il veDÎr? Quelquefois d'une erreur de
sa part, mais le plus souvent des traitements inefléehis quon iait eudurer aux chevaux, et qui changent leurs qualités en défauts. Il existe bien aux yeux des amateurs uae différence entre le gros marchand dé chèTaux, dont la réputation rend pour ainsi dire l'écurie enchantée, transfommut tous les chevaux* de quelques pays qu ils viennent, en chevaux anglais, et ce pauvre diable qui, sans moyens pécuniaires, doit se borner à faire des acquisitions de peu de valeur: pour moi, je n'en reconnais aucune , le premier profitera de la vogue dont il jouit pour vendre deux tiers au-dessus de sa valeur un cheval qui sera loin d'être exempt dedéiauts; e\ le second, pour gagner quelques louis, mettra en œuvre toutes les petites supercheries dont il pourra s'aviser, et qu'il serait trop loog d'énmnérer dans un simple article de Sicliuanaire. D'ailleurs, la différence, si elle existait, serait en faveur de celui que l'on appelle maquigffiofi : en ce que s'il vous trompe, ce n'est que pour u^e somme moins considérable.
Je le répète donc, celui qui, sans s y connaître» veut acheter un cheval, doit s'attendre i être trompé en cela, comme en toute autre chose. Si le marchand ne Ta pas été, il serait une dupe s'il ne cherchait pas à tirer parti de sa marchandise en la vendant le plus cher possible. S'il l'a été, il doit chercher à fisiire supporter a l'acquéreur qui
mabtuigale. SIS
se présente tout ou partie de la perte qu'il a luimême éprouvée* U agit dans ce sens , comme quiconque veut se débarrasser d'un cheval qui fait mal son service. Que Ton dise .ckmc avec moi qu'il y a des maquignenlB dans tous les états, et que, s'ils sont plus nombreux dans le commerce de chevaux, c'est que de toutes les marchandises, celle-ci est la plus dif&cile à connaître, et celle qui présente le plus de chances de pertes.
MARCHER D£ 1)£UX PISTES. i^Voyez tuik
us BANCBBS.)
MARTINGALE (la). On entend par morlm-
gale une large courroie qui s'adapte à la muserolle, et correspond aux sangles*
Des écuyers ont encore recours à la martingale pour assurer la tète du cheval qui bat à la main, ou pour ramener le nez de celai qui réioigne trop, qui porte au vent» selon l expression consacrée.
On s'est imaginé à tort que Vemploi de ce moyen pouvait servir h corriger te cheval qui aurait le défaut de se cabrer; cette erreur est excusable quand on sait que, sur douze ou quinze ouvrages qui traitent de Téquitation, aucun n'a caractérisé l'effet de la martingale et les iacoiivénieotsqui en résultent; ils sont oepeiidant faciles à concevoir.
Le» obevaun baUeM à la mam^ portent te mz au vent , 1 ** par ignonnee , 2" par TÎce de «oui» formation ou par faiblesse, 3** par malice ou méehanoeté.
Supposons d abord que l'igDorance soit la seule eavae de cet faux rnooTements^ ce qoi arrive quand elle amène le cheval à prendre de mauvaises positions de téte et d' encolure, qui réagissent «uT les autres parties du corps; en seooiid lieu, que ce soit la suite de cette idée innée en lui» que des mouvements brusques le débarrassent des corps qui le gênent, et qu il essaye ainsi de se délivrer, soit du mors, soit des rânes, soit de tout autre obstacle.
Quel remède la martingale apportera-t*elle à ^ ces mauvaises habitudes? Comme elle n'agit que . dans le sens d'une ligue droite, elle aura pour seul but d'empécber une trop grande élévation de la téte ; mais s'opposera-t-elle à son mouvement dans les limiles mêmes de sa longueur ?
fixera4*elle. cette partie de Tanimal? Non, sans doute. Éclairera-t-elle son ignorance? Encore moins; oette espèce de lien, pkcé entre la téte et le poitrail, est une gène et non pas un avis. La seule idée qu elle, puisse £iire concevoir au cheval, c'est qu'il ne peut point éloigner son mz au delà d'une certaine borne.
Indiquer à Vanimal qu'il ne peut faire une chose n'est pas lui apprendre ce qu'il faut qu'il
, IfARTiNGALB* , 2i5.
fisse. Qud 66t le hnt du (sivalieF? de- raveHiv «
. qu'il fait bien ou mal; eh bicuil la martmgaiû lui dit, par son action penmaneste, qu'il Mi tout* jours mal. Je le demande, quand saura-t-il donc qu'il iiit bien, el surtout oe qu'il faut &ir6?. Avec 1t fBcirtingale» il élèvera moins la téte ; mais il ne cassera pas de battre à la toaio, seulement le mouTemeni s'exéenlera dans un moiiis grand espace.
. Si r6ea76r, apvis avoir débarrassé ranimai de
ce lien aussi incommode qu'inutile, s' al tache à lui fnce comprendre, par des pressions ménagées at^ adresse et opportunitét qu'il ne doit point se livrer à ces mouvements, le cheval les diminueraj et les œssera bientôt de lui-^méme par lé bien-* être qu'uu aura soin de lui faire éprouver en lui rendant im^naiblanirat la main» chaque fois qu'il reviendra dans la position oonvenable.
Comme il ne s'agit que des dc&uts produits par rignoranee, Téouyer ne manquera pas de recourir à Tensemble des aides, afin de coordonner» de mettre èn harmonie toutes les positions propres aux uiouvements; résultat qu'on n'obtiendra jamais à l'aide de la martingale^ puisqu'elle n'agit, je le répèle, que dans un sen»f et avec une forée égale et continue, force qui paralyse. même leâ» eflbts de la main.
Il n'est pas plus diliicile de démontrer que non<»sealementia martingale n'est d aucun avan^