‹ Dictionnaire raisonné d'équitationChapitre 50 sur 67 · MARTINGALE · texte numérisé non relu

MARTINGALE

tage poor obvier à la fiiiblesse au aux ▼ices de conformation, mais, qa'aa contraire, elle peut avoir les plus graves inconvénients.

Admettons que, par la &iblesae des Teins ou

des jarrets, le cheval élève la tète continuellement, où par saccades, afin de se soastrairé, par Faction de l'avanl-main, k la gése et i la souf* franco qu'une position forcée fait éprouver à l'arrière-main trop débile; dans ce cas, la martingale, avec sou seul mode d'action, offrira-t-elle au cavalier le moyen de renouveler à propos l'emploi de ses forces» et de donner à lanimal le rettcbement nécessaire? Non, évidemment; car cette eoarroie qui renchatne n'agira pas seulement sur l'effort que fait le cheval pour soulager l'arrièremain, mais elle lui donnera un point d[appui» allourdira raYant-main« prendra sur son action , et i' empêchera de seutir la différence des pressions que le cavalier donne, au mors* ce qui détruit le principe fondamental de toute ooiTection. £n un mot, elle ne lui donnera qu'un avis, quand il faudrait les multiplier à Tinfini.

Une main savanlu peut seule, dans co cas, avec le secours des aides inférieures, placer le cheval, et) par des pressions légères et adroites, ne per* mettre à lavant-main que la liberté justement nécessaire au degré de faiblesse des reins et des jarrets. En vain objectera-t-on qu on peut user de la martingale avec modération^ et de manière

Diyitizeo by

MABTIMGALE. 317

à ne point noire anx mouyemenls dé la nMiin ; de deux choses Tune, ou la martingale a un effet spécial, et alors il ne faut pas appeler à son secours oaioi de la bride» le cavalier est inutile, il

n'a plus qu'à se croiser les bras ; ou elle n'a pas d'effet spécial, et alors ce n est qu'un colifichet sans but réel, ou même, et cet avis est le mien, elle a de graves inconvénients, dans ces deux derniers cas, il &ut se hâter d'en abandonner l'usage.

Examinons ensuite le cas où la méchanceté donne au cheval les défauts contre lesquels on propose la martingale ; si le cheval se livre à ces mouvements défectueux, c'est qu'il a compris qu'il pouvait disposer à son gré de toutes ses forces ; alors» se croyant affranchi du joug du cava** lier, il se livre à des déplacements brusques et précipités, par lesquels il tâche de se débarrasser de ce qui le géne* Loin de diminuer cet inconvénient et les nombreux dangers qu'il entraîne, on les augmentera encore par T usage de la martingale ; car le cheval prendra sur celle courroie un point d'appui dangereux. Nous ne sauiious trop incHSier sur ce dernier inconvénient ; car dès rinstant où l'animal rencontre une opposition qui, par sa continuité, lui fait deviner un point d'appui, il s'en saisit, et,, fort de l'inertie de cette puissance qui lui sert à lutter avec avantage, puisqu'il n'en ressent aucune douleur, il livre au

21 s MÂRTlNGALB.

oâYaiier on oombst dont Tissue peut devenir tor

neste à celui-ci. Dans ce cas, son encolure con-f tractée» tendue» devient insensible à toute la feroe que la main poilrrait hii opposer. Quel moyen alors de résister à ses défenses? S'il rue, en vain âOQliendra*t'On les poignets pouir enlever l avant-main, et reporter son poids sur Tarrièremain; la martingale s'y oppose par son action, qui abaisse rencolure et attire ravunt-main vers la terre. Le cheval se cabre-t-il? inutilement vous relâchée les poignets et actionnée l'arrière-main pour ref)oHer le point d appui sur ravant-main ; la martingale» âur laquelle s'appuie l'animai, s'oppose k ce qu'il sente le relâchement du peî« gnet : il y a plus, la résistance qu'elle lui fournit tend à le fisLire se cabrer davantage, et l'expose à se renverser, puisqu'elle gêne les muscles exteiH seurs de i encolure, qui amèQeraieot le mouve-< ment en avant.

Que domande-t-on au cheval ignorant, nsal eonionué) li&ible ou méchant? Une position de latôte presque perpendiculaire an sol. Que fait la martingale, dont les attaches sont à la muserolle et au sangles? Elle agit néoessairement sur ton* tes les vertèbres du cou, et si elle ramine la 4éte, elle baisse l'encolure; cet inconvénient seul serait suffisant pour la fiiire proscrire, qeand il ne se^ ratt point accompagné des désavantages que nous avons signalés.

Diyuizeo by

' La mors» par les vèm&, n'agit au oootraire que sur left premières vertèbres cermries ; en censéquence, ii peut seul ramener la téle à sa juste position « sans vicier anonnemeiit celle de l'enoo*

lure.

Rousseau a dit : A force de rassembler des machinée autour de nous^ nous n'en troovons pliia

en uous*mémes.

MÉCANISME. Le mot mécanisme s'applique

aux moyens physiques que le cavalier emploie pourobtentrdu chevallesmouvementsqull exige.

Le cavalier qui a exercé toutes les parties du corps du cheval, de manière à rendre ses articu*

latioDS sùupkf et h modifier à volonté toutes les

coutractions muscuiaires que nécessite un mouvement, aura &it beaucoup. C'est alors que le passage de rintelligence au mécanisme sera facile^ et que la pensée se répandra avec avantage jusqu'au bout des mains et des pieds. Cette transmission du moral au physique n'est justement possible que par une sage mise en pratique de tout ce qui constitue le mécanisme.

MÊLER UN CHEVAL» c'est embrouiller son travail de manière a ce qu'il ue sacho ce qu'on lui demande. C'est le dé&ut de ceux qui ne sa* vent qu'à moitié ; il serait difficile, en effet, que le cavalier qui n'a pas su se pénétrer de la suiio

MiBâiiu

nécessaire aux exercices de Téquitation, pût la . rendre compréhensible aux chevaux qu'il monte.

Ici , c'est donc encore sur lui-inêroe que le cavalier doit agir en premier lieu.

MENER SON CHEVAL SAGEMENT, c'est le conduire selon les règles de Tart^ c'est-à-dire, ne lui demander que ce qu'il peut faire, et le lui demander avec ménagement. Malheureusement, la manière de conduire un cheval tieàt le plus souvent au caractère du cavalier, et les principes sont inefficaces; la réflexion seule opère à cet égard.

METTRE DANS LA MAIN. Le cheval dans la

main est celui qui, soumis à la moindre opposition de main et de jambes, soutient son encolure, place sa tete, et dispose son corps de manière à être dans un équilibre parfait. La liaison intime entré la force de. chaque partie, peut seule don-, ner à leur action prestesse et régularité.

Mettre dam la main est donc donner à son cheval cette position indispensable pour tons les exercices. {Voyez ramener.)

MEZAIR (le) est une suite de sauts en avant, où les jambes de devant sont moins détachées du

sol que dans la courbette; aussi le cheval les fiiit-

il se succéder plus vivement.

MOIITEB* 221

C'est à Taide des piliers qu'on obtient toutes ces espèc»es de gambades. Comnie je n'admets de véritable instruction pour le cheval que celle qui lui est donnée sans moyens étrangers, je m abstiendrai de faire connaître les principes employés pour parvenir au mézair.

MIS. Un dieyal bien on mal rois eat on cheval

bien ou mal dressé. {Voyez dresser.)

MOLETTE. C'est rexlTÙinitemobiiu de l'éperon qui se trouve en contact avec les flancs du cheval.

J'ai déjà dil que la molette devait être ronde, garnie de légères entailles tout autour, de façon à ce qu'elles soient aussi inoffensives que possibloi laignillon nul. Ce qui en impose au cheval, c*est la position renfermée que lui fait prendre un véritable cavalier au moyen de l'ensemble de ses mouveijjcnts, ce sont les à-propos qui font tout; et c'.est l'intelligence du cavalier qui doit y pré-, sider. Les moyens simples sont préférés par 1 homme expérimenté, l'incapacité, au contraire, emploie toujours des procédés rigoureux pour arriver à ses fins; mais elle manque son but, car la nature n'est pas ingrate.

MONTER ENTRE LES PILIERS, se dit de l'action de l'élève qui monte le sauteur.

Les leçons données dans les piliers peuvent

23S Momonu

éti*e de quelque utilité, mais il iuut mettre une «Boesfiîre gradalion dans le eboix des santeurs pour qu'ils soient en rapport avec la lurce de l'élève, alin que ceiuUoi ne prenne pas l'habitude de se raocrocher et de se mamtenir en selle par fous les moyens possibles; ii faudrait, pour éviter cet inconvénient, bannir les selles à piqaer, ne fiiire usage qne de selles rasas ^ aToir un sauteur tellement bien dreâsé qu'il graduât ses mouvements de façon à ce que l'élève pût les suiyre avec de bonnes positions.

HONTOIR désigne le eôté gauehe du cbeval, et hors du montoir est le coté droit. Rendre facile an moRtoÎTi c'est aoeoutumer un cbeval à être tranquille quand on le monte.

J'ai entendu des gens qui s'occupaient de dresser des cbevaux dire sérieusement qu'un cbeval dont ils vantaient les qualités n'avait qu'un seul défaut, celui d'être dif&oile au montotr. Il semblait, è les entendre, que ce fdt un vice înoorrigibie. J ai iâit venir un cbeval de ce genre, qui chercbait à ruer k Tapprodie deTbomme; je lui ai fait mettre ua caveçon dont je tenais moi-iuéme la longe, et en moins d'une demi-beure, avec une douzaine d'applications vigoureuses de cette espèce de collier de force, entremêlées de caresses quand il ruait moine, je lai rendu sage et i ai oorrigé de cette mauvaise babitude.

Digiiizeo by ^OOgle

Le moyeQ géra, le même pour Jes chevaux trop ardeata, pour oma. qui se cabrent etc.

MORS (du) ET DE SES EFFETS. Le mors se compose de Irois pièces qui» ptr leur combinaison, n'en font qu'une. Il esî formé de deux branches et de i eaiLouciiure qui se subdivise en deux canons et un cinlvsiaa milien, appelé IHmlé dê la

langue. Les aaueaux et autres ouverture^ qui se trouvent dans le haut et le bas des branches sont destinée, dans la partie supérieure, à recevoir les montants^ et dans la partie luiérieure les rênes de JUt bride.

Tant d'auteurs ont déjà défini le mers et décrit

toutes ses parties» que je n eutreiai pas dans des détails qui ne seraient que des répétitions; je me

contenlcrai de faire coiiuaitre ses diverses proportions.

Las éperonniers et selliers ont profité de

l'igaorance ou de la frivolité de la plupart des cavaliers pour changer la forme des mors et leur . donner des dimensions qui, presque toujours, sont devenues nuisibles aux chevaux, et contraires au parti qu'on voulait tirer d'eux. Mais on se gardai t bien de convenir de ces inconvénients, que combattait d'ailleurs l attrait puissant de la nouveauté, ou que n'entrevoyait pas l'inexpérience de» acheteurs. On a donc suivi les diflerentes modes que Tavidité des spéculateurs accréditait,

22ê MOBS. ^

et bientôt des mors simples, mais utiles, ont été remplacés par des mors composés, brillauts» mais dangereux.

Le principe que je vais émettre ne laissera pas de surprendre sans douté ; car il ne s* agU de rien moins que d'adopter un seul mors pour tous les chevaux^ quels que soient d'ailleurs leur couibrmation et len? état de sensibiHié*

Voici la forme et les proportions du mors auquel je donne la préférence :

Branches droites, de la longueur de dix-sept centimètres, à partir de l'oeil du mors jusqu à l'extrémité des branches ; circonférence du canon« six centimètres; liberté de la langue, de la largeur de cinq centimètres à peu près dans sa partie inférieure^ et de vingt-sept millimètres dans la partie supérieure.

On comprendra sans peine qu'en disant que la même forme convient à tous les chevaux, je n entends point parler de la largeur; sous ce rapport, il faut admettre différentes dimensions» seluu la bouche des chevaux, afin qu'ils n'y vacillent point, et que les parties qui doivent aivoir un point d'appui fixe le conservent toujours exactement.

Quoique le mors ci-<lessus détaillé soit trèsdoux, je puis affirmer qu'il peut suffire à rendre légers et à soumettre à la plus passive obéissance les chevaux les plus froids, les plus sujets à s'em-

porter, et ceux mâmes qui oflirent Je plas lé-

sistance. * • Les barres sur lesquelie» le mors agit sont deux

os recouverts d'un périoste et d'une gencive.

' Ces parties sont plus ou moins saillantes, plus ou moiqs rondes ; mais ni cette it>ndéur ni cette saillie ne sont des raisons pour faire subir des variations de forme au mors» et surtout pour m admettre un plus dur pour les barres charnues. Quelle que soit leur conformation, le mors dont, je prescris l'usage produira tout l'effet désirable ; car il est ci rone do croire que la résistance que les chevaux nous opposent ait sa cause dans la

> conformation de leur bouche. La sensibilité de cette pariie est invariable. Admettons, pour un instant, que les barres du cheval soient bien cmformées, c*e8t4-dire ni trop ni trop peu charnues. A mon sens, des pressions légères éveilleront bientôt l'irritabilité de ces parties. Supposons que, puur obtenir ces résultats, il nous faille employer cinquante grammes de force; supposons encore maintenant que ces mêmes barres soient chargées 4' un centimètre de chair en plus (ce qui ne varie jamais davantage)» et que chaque centimètre augmente l'insensibilité de vingt-cinq granuues, ce que je suppose encore, sans l'admet^ tre; eh bien I ce maximum réduira le tout i cin<* quante grammes. Quel sera l'homme, méiiie le

moins solidement placé a cheval, qui ne pourra

dMpoyp d'âne anadi peiite Écoe? 11 £iut iom

imputer cette résistance à une cause tout autre, puisque parfois le» obavaus oppOMOt dea mistances la Ueë» que toutes las forces d'un oavaliaf bien cousUlué et solidement placé à cheval aa sont pas suffisantes pour les arrêter.

C*esl donc ailleurs qu'il fiiut eberoher las moyens d opposilioa du (cheval ; U tant jeter les yeuxsurleaautres parties da son eorpst et observer

■ ' attentivement si des lares, un vice de conforma-»

tiou, une mauvaise attitude» ne oontribuent pas plus que tout la reste à amenër cette résistance^ En effet, la iorce que l'animai oppose est toujours le résultat d'un manque d'équilibre; o'est pomr moi une vérité incontestable, sanctionnée par l'aipérienee. Que de personnes ont été emportées par leurs chevaut, et se plaignaient de la dureté de ieur bouche (expreshion ijautiie et fausse) 1 J'ai monté ces mêmes chevaux, et, en peu de temps, au grand étonnement de leurs mattrea, ils ont cède à toutes mes exigences sans ïs^ moindre opposition, ety pour cela, je n'ai mis cm vsaga que des forces proportionnées el einpioyées à propos,

Je le demande^ est*ee la bouche qui, dans ce court espace, a retrouvé aa sensibilité? Cela est impossible; on ne peut, instantanément, faire ressentir une force de cinquante grammes quand une puissance de deux cents ne produisait aucun ^ # V # effet .; le cheval ne pourrait passer immédiaie-

ment d'une inseuâibiiitû ^usêi granda à autaat dlrritabilité, surtout s'il avait un vioe de coofbr* malion ; c'est donc Ja position qui, étant rectifiée, la mis dans rimpossibilité d'opposer la résistance attribuée à tort h riosensibilité de sa bouche*

Détruisons celte erreur trop accréditée, et rem- (dsQoiis l'expression bouêhe dn/re par celle de dur à la main. Une expression a souvent dans les arts plus d'influence qu'on ne ^ense sur le moded'agir de œux qui les professent; celle-ci, par exemple, a laissé l'équitalion de deux siècles en arriè)re; l'expression quej'y substitue aura le double aViiH tage de rectifier une idée fausse» et d'indiquer le m(>jen d arriver pluâ toi au but.

On comprendra alors que ce n'est plus la fonne

du mors qu'il faut changer, et qu li ne s'agit ni d'allonger les branches, ni de diminuer l'épais*» seur des canons, puisqu'on a dû reconnaître que la bouche n'est pour rieu dans la résistance du cbeval et qu'un mors doux produit autant d'effel qu'un mors dur. Ce dernier d'ailleurs ne peut occasionner que des résultats fâcheux , tels que de comprimer plus fortement le cheval et de 1 ameiiei à des défenses plus dangereuses.

Cette vérité une fois admise, on s'occupera spécialement de ramener le cheval à la bonne position, en le travaiiiant dans 1 inaation et au pas. J'ai acquis, même avec les chevaux les plus difûcileSi la certitude que c'était ujuius la ioice

que le bon unge do mors qui, en déterminant la

juste position du cheval, le soumetlait à uolre . volonté et lui donnait ce qu^on appelle si inipio* premen l une houehe senîibk.

Four mon propre compte, j'atteste que j'ai rencontré des chevaux qui , malgré la rondeur des barres et l'épaisseur de la gencive, ont toujours eu ces partiesd'une extrèmesensibilité; etcomme chacun peut se convaincre de cette vérité, je persiste à dire que la dureté que Ton croit rencontrer dans la bouche ne dépend pas de la disposition des barres et des gencî?eS| mais bien de la conformation générale du cheval.

Aussi -la science de l'équitation réside-t-eUe dans l'adresse à saisir les moments favorables d'agir, de punir, de récompenser et d'indiquer; et pour cela il faut un mors doux qui puisse se prêter a tous les mouvements d'uue main habile, et communiquer au cheval l'action du cavalier avec la douceur, la légèreté et la promplilude que celui-ci } met.

Les cas dans lesquels on fait usage ordinaire^ juent de plusieurs espèces de mors, sont : celui cik le cheval éloigne son nei6 (ou porte au vent), celui oik il est loprd à la main, et enfin celui o& il s'emporte. Je parlerai seulement du mors dont on se sert pour la première de tes positions, puisque les inconvénients sont les jiièines pour les autres. Dans ce premier cas, on Dait usage d'un

MOBS. * 229

mors à branches longues pour ramener le nez da

cheval qui Féloigae trop.

Or» si c est par uo vice de conformalion ou de position que le cheval présente de la résistance , les moyens doux pourront seuls assouplir et ramener l'animal dans un pins juste équilibre. Le mors, avec des branches plus longues, aurait une force et une rapidité d'action si grandes, que ia contrainte excessive qui en résulterait, mettrait le cheval dans la nécessité de se défendre. De plus, comment conserver la finesse nécessaire au contact des jambes, si l'action du mors est trop cousidérable , les aides devant être en rapport entre elles? Les jambes ne sauraient donc , sans

contraindre péniblcniunt le cheval, aii^j^menter leur force dans la même proportion que le mors, et la récompense serait toujours trop tardive , à cause de la longueur des leviers.

En eSei, les branches longues donnent une force très-grande au mors. Comme leurextrémité inférieure est plus éloignée des canons , on est exposé & agir trop ou trop peu ; et cette violence ou cette faiblesse d'action s'opposent à ce qu'on puisse maintenir le^heval dans une bonne position. L'une, par la continuité de souffrance qu'elle lui impose, blase son irritabilité; l'autre l'engage à forcer notre action. Il en sera de mâme si les canons sont minces: le mors sera toujours d'une dureté pernicieuse.

Qu'on se rappette donc bien que les forces qui doivent arrêter, secourir, enlever et déterminer, reposent dansFassiette et le judicieux mécanisme du cavalier, et dan? une pratique basée sur le raisonnement, bien plus que dans la dureté des instruments qu'on emploie. Si le cavalier saisit bien Tactiou du mors, s'il sait en graduer les effets, le cheval aura la facilité de se placer, puisqu'il sentira , par des pressions motivées sur la force qu'il emploie lui-même, ce qui lui est permis ouœ qui lui est défendu; et à une courte résistance succédera une soumission [>rompte et durable.

MORS AUX DENTS. On devrait entendre par mors aux denti l'action du cheval qui prend les branches de ce ftein avec les incisives, et qui, dès lors, lutte avec avantage contre son cavalier; mais en disant qu'un cheval prend le mors aux

dents, on entend généralement parler de celui qui s'emporte, bien que le frein ait conservé sa position normale.

On peut parer au premier inconvénient par Tusage de la fausse gourmette, et éviter le second en assouplissant le cheval et en l'amenant è un état d'équilibre parfait, pour qu'il soit facile ensuite de vaincre, au moment oh elles naissent, toutes les forces dont il se sert pour mal faire.

{Voyez EMPO&TEB.)

Diyuizeo by

NATURE (mauvaise). Le cheval de mauvaiste nature est celui qui résiste i la volonté du éér ▼diep.

Ua cheval rétif ou ramingue est de mauvaise nataré.

• J'ai déjà dit que les vices attribués aux mauvaises dispositions intellectuelles du cheval ne sont, le plus souvent, que le résultat d'une mauvaise construction; un bon cavalier saura rectifier cette mauvaise nature et rendre ce cheval d'ua emploi facile; voilà réquitation; voilà récnyer.

Betme nature a le sens contraire ; celte eipresmon s'einpioîe aussi pour désigner le cheval d'un bon tempérament, qui se maintient en parfait état avec peu de nourriture. Ces chevaux sont exo^lents pouf faite Ift guerre et pouu* résister à la &tigue.

NBUF4 Chemd neuf s'entend de edoi qui n'a

pris; encore été monté.

Ne livrez jamais votre cheval» pour le panser ou le monter, aux gens dont vous ne connaissez pas le caractère. La manière dont il sera traité dans les ecmunenoeaients infloerâ heancotip sur

sa compréhension et sur ses bonnes ou mauvaises difpoeitiongr Combien n »-t*on pas vu de bons

2u2 OMBRAGEUX.

chevaux que les mauvais traitements eut rendus incapables de tout service!

Si vous n'avez pas le savoir requis pour familiariser et dresser vos chevaux, ne les confiée du

moins qu'à quelqu'un de sur, ou soyez présent aux leçons q\i'on leur donne. Grâce à ce soin , vdus ménaKerez vos intérêts, et vous garantirez votre cheval des défauts qu'il eût pu contracter en de mauvaises mains.

■ OBTE.MR D'illNCHE\ AL , c'est venir à bout de lui &ire exécuter ce à quoi il se refuse.

Le 'cavalier qui ne remporte pas dans le combat qu'il a à soutenir avec certains chevaux, s'expose à être pour toujours à la merci de leurs volontés. *

Ce fait incontestable est une puissante raison pour limiter nos exigences. Après nous être assurés que l'assouplissement <lu cheval ne laisse rien à désirer» il &ttt tenir sévèrement à ce qu'il exécute ce qu'on lui demande. Une petite fiiotë ' tolérée en amènerait bientôt de plus grayes et retacderait son éducation*

OMBRAGEUX. Le cheval ombrageux est celui qui a peur de tous les objets qu'il rencontre, et quelquefois même de son ombre, il faut monter

ces chevaux avec une altenlian particulière, et

s'occuper avec soin de les porter sur tout ce qu'ils chercheat i éviter.

Ces frayeurs étant presque toujours le résultat (le Tnauvaises leçons, de mauvaises habitudes, on d'événements désagréables survenus lorsqu'ils étaient poulains, il faut, pour corriger les chevaux ombrageux, mettre beaucoup de ménagement et de patience. Les poignets et les jambes seront soutenus avec vigueur, quand ils chercheront k se soustraire k l'action des aides» afin que la crainte du châtiment neutralise che^ l'animal celle causée par l'objet qui l'eil'raye.

Les rênes du bridon seront tenues, une dans chaque main, pour détruire vivement les résistances de l'encolurè et les écarts qui en résultent* * On ne conduira le cheval ombrageux que progressivement sur ce qu il appréhende, et une lois en contact, pour ainsi dire, avec la cause de sa frayeur, on le tlattera de la main et de la voix, en l'y maintenant tout le temps qu'il marquera de Vinquiétnde.

Les artistes vétérinaires prétendent que certaines conformations de l'œil contribuent beaucoup à donner ce défaut. En admettant ce vice • d'organisation, les moyens seront toujours les mêmes. Je ferai observer encore qu'il ne faut employer le châtiment qu'à la dernière extrémité.

J'ai confiu des chevaux trés-ombrageux, dont

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