DATES DU L1KU
Après avoir passé en revue les dales du temps, il faut examiner rapidement les dates du lieu avant de passer aux dales des personnes. La date du lieu indique la ville, lo pays, le château où l'acte a été dressé Avant le xir siècle il étail rare qu'après avoir daté d'une ville on spécifiât le palais où la pièce avait élé donnée; M. de Wailly en cite cependant un exemple fort curieux de l'an 1070. dans une charte d'Evrard, comte de Chartres. On y lit : Factum ; est hoc ap<td oslrum Blcsium, inlru curiam, rétro pnlatium, prope lurrem , palulo inler cttmiivitas qui de m palatii silo, xv knlendus Afrnï, die Domiuica post meridianam.
Mai* dans ce siècle on détermina le lieu précis de la confection de l'acte. Au xiii' siècle un [toussa l'exactitude jusqu'à marquer la salle dans laquelle on l'avait dressé. Cette dale du lieu n'était pas exigée par les lois romaines; ce n'est que depuis l'ordonnance de 146*2, confirmée par celle de Blois, que les notaires oui élé obligés de relaler le lieu cl la maison où les contrats étaient passés; par conséquent les actes antérieurs dépourvus de celle dale n'oul pas moins d'authenticité.
Dans les bulles on Irouvc la dale du lieu dès le i\* siècle, mais très-rarement. Llle fut indiquée régulièrement à partir du milieu du xr siècle el devint pour ainsi dire invariable dans le siècle suivant. Les autres actes ecclésiastiques ne présentent pas la même exactitude, mémo nu xiii* el au xiv* siècle.
Dans les diplômes et dans les chartes privées. Les lois des empereurs du iv* et du v siôclo portent l'indication du lieu où elles ont élé rendues. Plusieurs diplômes des rois mérovingiens fout également mention de cetlo date. Le nom du lieu est ordinairement accompagné de l'une des formules : Yico publico, Y illa pnblica. Publiée . Sous In deuxième race on employa plus ordinairement les mots Palatio publico, quoiqu'on se servit aussi de Publiée que l'on rencontre encon» sous les rois capétiens
Au ix* siècle la dale du lieu fut si usitée, qu'on voit des chartes privées qui n'ont point d'autre dale. Celte pratique ne peut faire aucune difficulté. On doit toutefois faire observer que des diplômes de plusieurs do nos rois sont dalés d'un lieu où ils ne pouvaient pas être à l'époque de la rédaction de ces actes. Les Bénédictins rapportent ( 1) plusieurs ordonnances du roi Jean qui sont datées de Paris, tandis que ce prince était alors sur un autre point du royaume, oo mémo en Angleterre. Cependant ces nièces se trouvent dans des registres publics, re*« pectables par leur ancienneté, el conserves depuis In règne du roi Jean sous lequel ils ont é é écrits. Il ne faut donc pas rejeter ces
(I) Soavctu Tiuiu de Diplomatique, t. IV, ÙX.
actes, mais plutôt admettre en principe que les diplômes royaux dos xif % xv el xvt* siècles ne doivent point être suspects pour porter la date d'un lieu où le roi ne pouvait pas être.
Kn résumé, l'omission de la date du lieu ne doit pas faire suspecter une pièce que depuis le xir sièc'e.
I!!. DATES DBS PERSONNES.
On range sous le litre de dates des personnes, toutes celles qui rnenliouiicui le nom d'un roi, d'un pape, d'un étéque,clc, cl lorsque le règne de ces personnages y sert de point de départ chronologique. Nous allons examiner successivement les da'es des consuls ou du consulat , celles des c-npeccurs, des mis, des papes, des é\éijoes, etc.
Dates du consuitt et du postconsulat
La date des consuls a été iièa-rép indue dans les monuments du moyeu âge. Mais comme il règne peu d'ordre dans certaine* parties des fastes consulaires et comme les noms des consuls en exercice n'étaient pas toujours connus dans toutes les parties de l'empire, on ne pouvait pis y trouver un élément assuic de chronologie. Cependant comme celle date émît à peu piès la seule qui lui reçue en Occident, daas les premiers siècles du christianisme, on était souvent ob'ige de dater d'un certain nombre d'années après le constil.it de tels consuls, ou même on se conleul.iil du désigner un seul cou ul, qui était plutôt celui d'Occident, apiès le p. triage de l'empire. 11 y a aussi des actes qui portent les noms de quatre consuls, parce qu'on y désignait les consuls ordinaires et peut-être des consuis honoraires ou subrogés. O.i marque même quelquefois les consuls désignés. Lorsque Justin eut réservé le consulat aux empereurs, on data du consulat ou du posiconsulal de l'empereur régnant, c'est-à-dire de l'année qui avait suivi la prise de possession du consulat.
Dans les b Aies. On n'y trouve pas la date des consuls avant le V siècle. A cette dernière époque la date du mois du consulat ou d'après le consulat y est mentionnée. Pen-
qu'on retrouve dans les Novclles de jnsli nicu et les bulles des papes. Par l'autre, usitée par Victor de Tunnone, on anticipe d'une année sur ce calcul, c'est-à-dire qu'on c impie l'an 541 de Jésus-Christ comme la première du postconsul.it de Basile, l'an 5>2 comme la seconde, el ainsi de sui e. Quoique plus rare que la première, cette manière de dater du posiconsulal a cependant été pratiquée (1).
Les bulles privilèges du vu* siècle montrent ordinairement la date du consulat des empereurs ; et il ne doit pas se trouver d'an* Ire date de cette espèce; car toute bulle postérieure au commencement du vu' siècle qui porlérail la daté d'un ou de deux consuls autres que les empereurs, devrait être déclarée fausse, puisque ces princes se sont réservé dès lors celle dignité, comme on l'a vu dans le paragraphe précédent. Les papes suivirent le même usage dans quelques pièces du vin* et même du ix* siècle, malgré la restauration de l'empire d'Occident. Une bulle du pape Formose, ou même peut être du pape Homain, est l'époque la plus récente où l'on ait rencontre des traces du posiconsulal des empereurs. Aussi, vers la fin de ce ix' siècle, la dalc du consulat ou du posiconsulal disparut-elle entièrement à ce point, qu'une bulle portant l'une de ces deux dates serait suspecte au x* siècle, violemment soupçonnée au xr cl regardée comme fausse au xir siècle.
Dans les actes ecclésiastiques. La date des consuls s'y rencontre dès le u* siècle. Plusieurs conciles eu ont daté leurs actes. Le concile d'Afrique, tenu sous Innocent I" au v* siècle, en fit uno loi, dans sou 56* canon, pour les lettres d'ordination. Cet usage était alors Siiivi dans les. Gaules, quoiqu'elles no fissent plus partie de l'empire.
Au vin* siècle la date du postconsulat était encore employée dans les actes ecclésiastiques, mais la date des règnes la remplaça peu à peu dans le siècle suivant.
D ns les diplômes et les chirtes. Les lois impériales des quatre premiers siècles sont duùt ce siècle et le'suivant il arriva plu- datées du jour, du mois, du lieu el des consicurs fois qu'il n'y eut qu'un consul; mais suis; c'était toujours alors des consuls ordiindépendamment de cette raison, depuis le naires qu'il était question, et jamais des pontifical de Gélase I", les lettres des papes consuls subrogés. On trouve, quoique raresout presque loujours datées d'un seul con- nient, la da'e des consuls dans les lettres
sul, celui d'Occident. Quelquefois on ajou tait cette formule : El qui nuntiatus fuerit , dont on se servait lors même qu'on connaissait le nom de l'autre consul.
Sous le pape Vigile commença la fameuse époque du poslcousulal de Basile. FI. Basilius Junior fut nommé consul en Orient l'an 541 de Jésus-Christ. Il est le dernier citoyen qui ait porte ce titre qui demeura do-
f»uis lors réservé aux empereurs. Après lui e consulal resta vacant jusqu'à Justin le Jeune, qui prit le titre de consul le 1" janvier de l'an 566. Les années du poslcnnsulat de Basile se comptent de deux manières. Par l'une l'an 542 de Jésus-Christ est la pre-
privées du premier siècle, où la date du jour est très-ordinaire.
On suit au v* siècle les usages des temps précédents ; mais après le milieu de ce siècle il devint ordinaire de ne d iler que d'un seul consul, qui n'était pas toujours le consul ordinaire. On exprimait quelquefois la vacance du consulal par cette formule singulière : Sous tes consuls que nommeront Us Augustes. On voit chez les Francs, au vr
clc, quelques dates du consulal el du postconsulat, mais moins souvent qu'en Italie. Il est à remarquer que nos premiers rois n'ont pas daté leurs diplômes des consuls, sans doute pour marquer leur indépendance.
uiicre du posiconsulal; c'est la supputation Cçlte date ne s'est pas maintenue, après
(t)-4r< de vérifier les (Wct
le ix* siècle, dans les diplômes impériaux. Le litre de consul élait devenu trop prodigué pour qui* les empereurs tinssent à lecon>crvcr. Au xr et au xiv siècles les comtes datent à leur tour de leur consulat (1).
Datft du règne des empereur s et dt* roi t.
La date du règne a dû être la plus ancienne dont il été fait mention. Chez les Rxnaius ou avait d'abord compte lu règne d. s empereurs du jour où ils avaient pris le litre d'Auguste, et non do l'époque où ils av.tient é»e rcomnus par le sénat ; mais à la fin ilu m et dans le IV siècle on prit pour point du départ l'époque où ils avaient été nommés Cé ars. Justinien I" ordonna sport dément de marquer dans tous les actes publics l'année de son empire, suis préjudice des Autres dates. Cette formule a dû comment cria "uzièmeannee de son règn*. au 1" septembre de l'an du Jésus-Christ 537. Le» chefs barliires qui s'étaient empares des débris du l'empire, et en particulier les rois francs, datèrent aussi di'S années de leur tègne. 11 est à observer tou'efois que l'époque fixe do l'année du règne ue fut pris toujours exactement marquée dans fos diplômes. Quand celle date avait lieu, les Mérovingiens l'annonçaient par ce» mots : Donné telle année de notre règne. Celte formule fui d'twigc jusqu'à Louis le Débonnaire. Sous les Carlovingicns et jusqu'aux trois premiers règnes de la iroi- «iome race, les notaires annonçaient euxmêmes qu'ils dressaient l'acte sous le règne df tel roi. Après Philippe l*r on revient à (eu près à l'ancienne formule des Mérovingiens.
Pendant on Interrègne on datait de la mort du dernier roi ; ce qui élait une conséquence de l'élat des choses. Main on data aussi depuis la mort d'un roi sous le règne de son *urcesseur. comme on le voit dans des diplômes de Pépin, roi d'Aquitaine, de Charles i« Gros, etc. (2).
Les dates du règne ont élé suje:tcs à des variations sans nombre; souvent elles ne semblent s'accorder ni entre elles, ni avec eu que l'histoire nous enseigne ; de là des hommes peu versés dans la connaissance des diplômes ont cru pouvoir rejeter des titres trais sur ce que la date leur paraissait inexacte. Mais celle dilficullé disparaît lorsqu'on sait que le règne d'un même roi se romplail souvent à partir de plusieurs époque». Les causes de ces variations sont diverses. Sous la deuxième race on vit s'établir I usage de compter les années du règne d'un prince depui « le jour où son père l'avait dé- » gué pour son successeur, soit par l'abandon d'une partie de ses Etats, soit par la cérémonie d'un sacru ou d'un couronnement.
On substituait souvent à celte première *i'0<jue celle de l'avènement définitif, celle du m.iriage du prince, celle de la conquête rojaume, etc. El d'ailleurs lors môme
r<ty«enlr« autres les chartes dos comtes d'Auxerre JJJ archives d • l'Yonne.
^Irt/phie '"* *r d' D'P^ûmut^V€ cl EMmenli tic jw-
que le commencement d'un règno était fixé d'une manière précise, on ne suivait pas uuo méthode uniforme dans le calcul des années : l'usage le plus ordinaire comme le plus naturel était de ne compter quo lus années complètes. En supposant, par exemple, que l'avènement d un prince ait eu lieu le mai de l'an 1000,1a seconde année de sou règne commençait le 1" mai du l'an 1001 ; mais il arrivait aussi que l'on comptait pour une année entière l'intervalle qui s'écoulait depuis le premier jour de l'avéncment jusqu'à la fin du l'an 1000. et que l'on faisait commencer la seconde année de sou règne avec le premier jour de l'an 1001, ou bien par un calcul inverse on ne tenait aucun compte do cette portion de l'an U00, et l'on prolongeait la première aunée du règne jusqu'à la fin de l'an 1001. Les dates sont encore plus vagues quand on désigne le nom du prince sans y ajouter les années du règne (3).
Dates du règne dans les bulles.
Le premier exemple de l'emploi de la dato du règne des empereurs dans les bulles so rencontre dans celles du papo Vigile 1". Benoit XI, au xr siècle, s'en servit pour la dernière fois. Dans le vir siècle les bulles un peu solennelles font ordinairement mention de cette dale avec celle du consulat ou du postconsulat. Au vur siècle celte dale fut également suivie; on voit môaio une bulle d'Adrien 1", datée en môme temps des années «le l'empereur grec et du palricial do Charlemagne. Depuis le rétablissement de l'empire d'Occident par Charlemagne, la dale des années des empereurs d'Orient avait élé remplacée parcelle des empereurs carlovingiens. Léon 111 avait môme daté, en 798, du règne de Charlemagne, roi des Francs cl des Lombards.
Depuis l'an 1038. on ne fit plus aucune mention de la dale des années de l'empereur, mémo dans les bulles les plus solennelles . d'où il faut conclure que toute bulle datée du l'année d'un empereur après celle époque serait fausse si elle n'était motivée par quelques raisons incontestables. En résumé, ou peut dire que l'omission de la date des empereurs dans les bulles, depuis le milieu du vr siècle jusqu'au milieu du xr, ne doit les infirmer en rien; qu'une bulle, antérieure au vr, et postérieure au vur siècle, portant la dale des empereurs de Conslantinoplc serait au moins très-suspecte ; qu'elle serait évidemment fausse si elle était datée du règne d'un empereur d'Occidcul depuis 929 jusqu'à 962, époque pendant laquelle l'empire fut vac mt.
Dates du règne dans tes actes ecclésiastiques.
Dès le vr sièck les Eglises d'Espagne cl de France uni commencé à dater leurs ;:des du règne des rois : témoin le concile de Tarragoue, en 5IG. el le cinquième concile d'Orléans, enSVJ.qui est le premier qui soit daté du règue de nos souverains. Celle dale »e soutint constamment, sinon universellement,
(3) Klluents Ut paléographit, l I, p. 5.
dms tous les siècles suivants ;dans lexr c'esl même une exception de ne pas la rencontrer.
Dûtes du règne dans les diplômes et les chartes.
Aux v* et vr siècles, les diplômes de nos rois conlicmicii, outre la date do jour, suivant la pratiqie romaine . celle de leur règne; relie formule leur est particulière. Les dnti-s des chartes privées des Romains et des Francs dans le » r siècle étaient à peu près semblables, à l'exception que I s uns d:: Init'fi l plutôt •' 11 consulat des empereurs et les autres plutôt «In règne d • leurs nos. Celle dernière date c ms i souvent bien de !a confusion, l'année d'un prince in* commençant pas toujours, comme nous l'avons dit en tète de cet article , lors de son avénein -ni au trône, mnis quelquefois avec l'année civile: eu sorte que tantôt il faut compter les règnes par le** années courantes, tantôt par les aune s révolues.
An tir tiède la date du règne de nos rois devint si commune, qu'elle se trouve souvent seule dans tes diplômes. Kn Italie ou datait encore dans ce siècle des années des empereurs.
Au vnr siècle Charlemagne dnla de son règne rn France et de son règne en Italie : le cotnmeucenicnl de ces deux règnes ayant été compté a diverses époques, it est souvent embarrassant de préciser une date. La mort «le son père Pépin, son couronnement, la morld? son frère Carloman sont autant de points d'où l'on est parti pour dater de son règne en France. Pendant les interrègnes ou sous les princes qu'un ne reconnaissait pas pour rois, les chartes privées de ce siècle, où la date des règnes était fort en usage, étaient datées de telle année après la mort du dernier roi.
Au ix' siècle, outre les manières de compter les règnes, d >nt nous avons parlé au cjintnencement de l'article sur la date des règnes en général, plusieurs priuct s eurent des commencements particuliers de dater de leur règne. Louis le Débonnaire cul trois manières de compter : de son règne d'Aquitaine à partir de la rôle de Pâques de 781, jour de son couronnement à Home; dt son association a l'empire en septembre 813, et de son avéneineut après la mort de Charlemagne, qu'on fixe au 28 janvier 81^.
On dislingue au moins quatre époques du règne de Lothaire dans les dates de ses diplômes. La première se compte du 31 juillet £17, quand il fut associé à l'empire par Louis le Débonnaire; la seconde commence en 822, temps où il fut envoyé dans le royaume de Lombardie; la troisième part de l'an 823, lorsqu'il reçut la couronne impériale des mains du pape; la quatrième est prise de l'an 8i0, où il prit possession du trône impérial après la mort de son père. Muratori fait remarquer aussi qu'on comptait à Rome les années de son empire à partir de 817, et dans le reste de l "Italie à partir de 818 seulement.
Les diplômes de Louis H, fils de l'empereur Lothaire, ont aussi des dates de quatre epo-
l A TIQUE CHRETIENNE. 24 =
ques différentes. La première est de l'an &\k, lorsque ce prince fui déclaré roi d'Italie; la seconde de l'an 8â9, quand il fui assoeié à l'empire par sou père; la troisième du 2 décembre 8i0, jour de son sacre; la quatrième part du 28 septembre 8 -5, époque à laquelle il succéda a son père.
Chartes le Chauve a eu jusqu'à six ér">ques pour dates de son règne. La première en l'an 837, lorsque son père lui donna l ; royaume de Neiisirie; la seconde en 83 5, lorsqu'il fol fait roi d'Aquitaine; ta troisième l'année suivante, lorsqu'il reçut le serment de fidélité des seigneurs de ce royaume; la quatrième de l'an 8V3. lorsqu'il succéda a Louis le Débonnaire; la cinquième de l'an 870, le 9 septembre jour de son couronnement à Metz, comme, roi de Lorraine; la sixième enfin le 25 décembre 875, lorsqu'il fut couronné empereur. 11 faul observer en outre que les années de son règne en Lorraine se comptaient aussi du mois d'août 86J, époque de la mort de Lothaire. Il a Ailé aussi des années des princes et des comtes d'Italie, du siège de Toulouse en 849, et de la mort de l'abbé liilduin.
Charles le Gros employa également diverses époques dans ses dates. La première pari de la mort de son père, le 28 août &70; la deuxième de l'an 879, quand il devint roi da Lombardie; la Iroisièmede Noël 880, jooroù il fui couronné empereur; la quatrième du 20 janvier 88*2, jour de la mort de son frè-e Louis, roi d'Auslrasic ou de la France orinilate; la cinquième de l'an fcSV, époque de la morl de Carloman, roi de France. 11 a daté aussi de son règne en Bourgogne.
Ou compte ayssi plusieurs époques dans les dates de Louis de II ivière,à la fin de l'an &2S; en 833 ou 834; en 8 ou 839, et en 840.
Le roi Eudes data principalement ses diplômes à compter des années 88" et 883; celle dernière est l'année de son couronnement. La première époque du règne d'Arnoutd est du mois ite novembre de l an 887, quand il fut déclaré roi de Germanie, après la déposition de Charles le Gros; la seconde est de l'an <^9V, lorsqu'il passa en Italie; la troisième se prend l'aunée de son élévation à l'empire, en 896.
Les autres rois datent plus communément d'uoe seule époque, qui part du commencement de leur règne.
Une observation utile sur cette matière, c'est que les souverains n'étaient pas toujours reconnus dans toutes les parlies de leur royaume aussitôt après leur intronisation, el qu'il se passait quelquefois deux, trois et quatre ans avant qu'ils le fussent partout : alors on comprend qu'il peut arriver que le commencement d'un même règne change d'époque selon les pays.
La plus ordinaire des dates usitées dans les chartes privées au ix* siècle est celle du roi el des empereurs. Nous avons vu plus haut qu'on dalail de la mort d'un roi. On comptait aussi du règne de Jésus- Christ, Régnante Christ o. (Voyez Date du règne de Jcsu*>Christt col. 238.)
An x' siteh Charles le Simple rut qnatre manières de dater de son règne : 1* le 28 janvier 8)3, année de son couronnement ; 2" le 3 janvier 893, lorsqu'il réunit toute Sa nio-' narchie à la mort du roi Eudes, ce qui e«t exprimé par l'une des formules suivantes : Anno redinterjmule, ou plenitef regnnnle, ou in sucressione Odonis; 3* ni S'M) et 000, époques de sa reconnaissance en Buurgognc cl en Aquil.'iîne; k" la fin de 911 ou le 2i janvier 012, date de son avènement an trône de Lorraine qu'on exprime par ces mots : A t.u'giore ou ampliore hœr éditai e indrpta.
Raoul date de l'année de son couronnenirnt, en 923.
Louis d'Outre-mer date les années de son tègne d<i 19 Janvier 930, jour de son sacre; que'quefois de la morl de son père Charles le Simple, le 7 octobre 9-9; ou < ncore do la mn*t de Raoul (15» ou 15 janvier *J-iGj, ou do 137. ou enfi i de 938.
Lolhaire, Gis de Louis d'Outre-mer, data la plupart' de ses chartes du 12 novembre 95V, époqup de son couronnement, et plusieurs du 10 septembre 95». On rencontre aussi trois autres époques qui sont les années 950, 951 e( 955.
Louis V, fi s de Lolhaire, dernier roi de la seconde rac *. compte les années de son règiK* du 8 juin 978 ou 979, époque de son association à la royauté, et du 2 mars 98>.
Sous la troisième race les dates varient beaucoup dans les diplômes. Ceux de. Hugues Caj et sont daîés du 3 juillet 987; cependant il n>' fut pas reconnu de suite dans l'Aquitaine et le Languedoc, où l'on datait alors .'a règne de Jéus Christ. [Voyez ceîlc date.) Il il lia :us i de l'association ùU Uô ic de sou fils Robert, en 988.
L-s emp. i eurs d'Allemagne de ce siècle d but p us communément de leur exaltation au troue; mais comme ils ne portaient \* titre d'empereurs qu'après avoir été couronnés, ils datent alors quelquefois ib- l'époque où ils ont reç,u la co nonne impériale. Quelques uns datent aussi de différentes époqu'S qui rappellent leurs acquisitions ou la roinjuëte du nouveaux royaume*.
.4« xv siècle la date il s règnes de no* rois est encore bien plus variée qu'auparavant. Les diplômes parlent souvent de certiins faits qui ont mérité de f.iire époque. M us il y en a d'autres, et en grand nombre, qui, soit par erreur des copistes, soit à cause «le» différents temps où les nus étaient reconnus dans les diverses parties de leurs Etais, soit en conséquence des différentes monières do commenc.r les années civiles et les années des règnes, datent de certain» points qui ne peuvent que je:er dans l'enibirras ceux qui voudraient accorder tous Ces ca cuis. On se c intentera dune de rapporter les é, uque» fixes, ou au mo u> eel.es qui ont été le plus suivies dans les dates.
Le roi Robert eut plusieurs eimuueuccluenls de sou règne : la première époque n do du 30 décembre 987, jour de sou sacre, qu'on r.ipporle aussi au 1" janvier 'i^S ; h» i'!us suivie est celle du '2k octobre 99», jour
DAT 2:i0
de In mort de son père; une autre, mnis qui est assez rare, est celle qui part du sceond sacre de Robert à Reims en 990 ou 991 ; il en existe encore une de l'an 997.
Le régne de Henri \". commence le plus souvent dans les chartes au IV mai 1027, date de son sacre, ou au 20 juillet 1031, époque à laquelle il succéda à son père. Les Bénédictins citent encore des diplômes de co pnnee qui portent l'an 10.15 pour la troisième année de son règne, et l'an 10*6 pour la douzième. Ces variations s'expliquent p iree qu'il ne fut pas reconnu partout «>n même temps, à cause des troubles excités par la reine Constance, qui voulait faire passer la couronne sur la téte de Robert, sou second fils.
On compte au moins cinq époques du règne de Philippe 1" : le 23 mai 1059, jour de sou sacre; le V ou le 29 août 10o0, A la mort de son père; l'an 1001 ; l'an 10 3 et le ^'septembre 10G7, à la mort du comte Baudouin sou tuteur. A partir de 10J8 ou 1099, on joint aux années de son règne celles de sou fils Louis; quelquefois le règne du fils est seul employé pour la date.
Les diplômes de l'empereur Ilenri II sont datés de deux époques : du C juin 1002, jour où il succéda à sou père Othon III, et du IV février 101'». Jour de son couronnement. Son successeur Conrad compta également de son élévation au trône et de sou couronnement comme empereur. Henri 111 employa trois lUles dans ses diplômes : 1* celle de son ordination (ou de son premier couronnement) en 1 "28 ; 2* celle de sou règne en 1039 : 3" celle de son empire en 10VG. On y ajoute celle de son couronnement comme roi de Bourgogne, eu 10 i8. Henri IV compte les dates de ses diplômes en lOoi, époque de son .ordination; celle de son règno du 5 octobre 1030; et du 31 mars 108», jour où il reçut la couronne impériale. Il y a aussi des actes où l'on compte les années de son empire à partir de lOoV.
Les rois d'Espagne datent rarement de leur règne; mais presque toujours de l'ère espagnole. Ce n'est que dc|>uis Edouard le Confesseur qu'on rencontre cette date dans I -s diplômes des rois d'Angleterre. Ceux do Guillaume le Conquérant présentent deux époques : le 5 janvier iOCG jour, de la mort d'Edouard le Confesseur, et le 2i décembre suivant, jourdu couronnement de Guillaume. Ce prince a daté aussi du règne des rois do ; France, de ceux des empereurs cl des papes, dans des diplômes donnés hors du royaume d'Angleterre.
il est très-ordinaire de rencontrer la date des règnes dans les chartes privées de ce siècle.
Au xii" siècle Louis le Gros a compté les années de son règne de 1039 ou de la fin de * 109.*, dans les actes antérieurs à la mort do Philippe 1"; depuis celle époque il les a calculées de son sacre, le 3 août 1108. l)a.>s la première éjioque on datait souvent les aetes du règne du père et du fiis tout ensemble, et quelquefois du règne de l'un d'eux sépaté-
ment; dans la seconde plusieurs dates parlent précisément >'u mois d'août 1109, et non du commenceme nt do Tanné* civile; en sorte que des ai les passés en 1109 portent encore la première année du règne de Louis VI. Depuis 11)5 Loi is VI ajouta souvent aux •mué -s de son règne celles du règne de sa femme Alix ou Adélaïde; il data aussi du règne de son fils Philippe, à partir du 14 avril 1129, cl du règne de son second fils Louis, à partir du 25 octobre 1131. Il a également fait mention dans ses dates du consentement de ses enfants.
Louis VII data le commencement de son règne à différentes époques : 1* du 25 octobre 1131, jour de son sacre; 2* de 1135 qu nul il prit I administration du royaume pendant la maladie de son père; 3° du 1" août 1137; une quatrième époque est de l'année 1L'3, au mois de juillet. Il data aussi de la nais- •arce de son (lis Philippe Auguste, et quelquefois la date du lègue est omise dans ses diplômes.
Philippe Auguste prit pour commencement de son règne les trois époques de son sacre, de son couronnement et de ta mort deson^ère.
Les grands vassaux de la couronite ne donnaient guère alors d'autres marques de dép< nilance envers nos rois que de dater les chartes des années de leur règne : encore ne le font-ils pas souvent, et, lorsque cela a lieu, ajoutent i scelle de quelqueautre souverain ou du pon'ifical d'un évéque.
Les empereurs d'Allemagne de ce siècle continuent de. dater du deux époques : de leur élévation au trône de Germanie et du lour couronnement comme empereurs, il ne faut eu excepter que Conrad 111, qui ne data jamais que des années de son règne , même a| rè* avoir reçu ta couronne impériale.
Eu Espagne les dites du règne sont encore rares, tandis qu'elles se répand ml dans les chartes des rois d'Angleterre et d'Ecosse.
On rencontre toujours celte date dans les chartes privées.
Au xiu* siècle on distingue assez facilement les diplômes solennels de ceux qui In sont moins, par la date du règue duut ces derniers sont dépourvus.
Louis VU! ne date ses chartes que du commencement de son règne; il est le premier roi capétien qui n'ait pas été sacré avant la mort de son père.
Saint Louis date toujours set diplômes de la mort de son père eu 122fi, bien qu'il n'ait Clé déclaré majeur que le 25 avril 1236.
Philippe 111 date de son couronnement en
Philippe IV emploie très-rarement la date de son règne, si ce n'est dans les chartes solennelles; dans les autres la date de l'année courante ta remp'ace.
L'empereur Frédéric II date, 1* de son règne en Sicile a la lin de 1197; 2* du jour de sou élection comme roi des Humains en 1212; 3*du 22 novembre 1220, jour auquel il reçut â Home la couronne impériale; 4° de son litre de roi de Jérusalem que l'abbé Gorfwie fait remonter à 1920, époque de la ccsmou de
ATUjUE CHRETIENNE. 2',1
Jean de Brienne dont il avait épousé la filfo l'année précédente. Cependant la date du régne ne parait pas toujours dans les diplômes de ce prince.
L'empereur Philippe et ses successeurs datent de l'époque de leur couronnement.
Les années du règue sont omises assez souvent dans les diplômes des ruis d'Espagne. Les rois d'Angleterre sont beaucoup plut exacts à cet égard : 4 Is comptent ou de leur couronnement, ou de l'année où ils ont é 6 reconnus pour rois. Celte date n'est pas invariable dans les diplômes d'Ecos«e.
Parmi les dates des chartes privées, celle du règne des princes souverains e-l ordinaire: mais quelquefois, comme en Normandie et ailleurs, ces pièces ne sont da'é"* que du lieu, du jour et de l'année courante. En Angleterre, on y emploie assez souvent la dule du prince régnant.
Au mm' siècle on ramène généralement les dites des règnes à l'unité d'époque. Louis X, quoique roi de Navarre, dès 1304, ne date ses diplômes que de son règne en France en
Après la mort de Louis X en 13(6. la régence du royaume fut déférée à Philippe le Long, son frère, vers le 17 juin de cette année. Depuis ce jour jusqu'au 6 janvier suivant, il' donna des diplômes en qualité de régent. Mais ces deux rois et plusieurs de leurs successeurs de ce siècle ne datent point de leur règne; ils se servent seulement des dates du lieu, du jour et de l'année courante; Philippe le Long ajoule môme devant Pasques, lorsque cela e»t nécessaire pour préciser la date. Ce n'est guère que dans les dip'ôme* de Jean II cl de Charles V qu* l'année du règne se rencontre.
Les empereurs d'Allemagne datent leurs diplômes de l'époque de leur tègne, comme rois des Romains , et d » leur avènement à l'empire, mais ils ne font partir chacune de ces dates que d'une seule époque; ils y ajoutent la date du lieu, du jour, de l'année courante.
Les rois d'Espagne et de Sicile datèrent à peu près de môme. Les chartes des rois d'Angleterre n'ont rien de bien différent des antres; on remarque seulement qu'Edouard III datait quelquefois de ses règnes en Franco et en Angleterre.
En France et en Angleterre les chartes privées étaient quelquefois, dans ce siècle, datées du règne des monarques de chacun de C 's pays.
Au xv siècle, Charles VII, Louis XII et ses deux successeurs datent de leur règne, mais toujours à partir d'une seule époque; taudis que les empereurs d'Allemagne datent de plusieurs. Robert date de. sun élection; Sigismond date ses diplômes de son règne en Hongrie (1386\ de son élection comme roi des Homa ns (1410), de son règne en Bohéoio (1*19). et de son empire (1W3). Frédéric III consolait les a urées de s >n règne comme roi des Romains du 30 mars 1440, celles de son empire du 19 mars 1452. et celles de son règne, tu Hongrie probablement, du 19 mars
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U"9. Maximilicn 1", quoique empereur, datait de sou règne coouue roi des Rom tins à partir du 16 février U86; quelquefois il comptait l'année li8G comme complète, li datait très-rarement de son empire, et comptait son règne de-Hongrie à partir de li90.
An xvi* nècle, dans le* diplômes de no* r-is on trouve presque toujours les dates du lieu, du jour, de l'année courante cl du règne.
Eu Allemagne Charles-Quint date des années. île son empire, qu il empte tantôt du 28 juin 1519, tantôt du 21 octobre 1520. et sou règne en Espagne est compté du 23 janvier
Dates du pontificat des papes et des iniques.
Dans les bulles. Dès le tu' siècle, les Rénédiciins rapportent des preuve* de la date du pontifical. Cet usage encore peu fréquent est néanmoins antérieur à la donation de Pépin au pape Etienne II. en 755.
Au vin* siècle celle date devint plus commune, mais on la prit alors également du jour de l'élection du pape et du jour de sa consécration. Le dernier usage dura jusqu'au commencement du xn' siècle, et le premier prévalut depuis, sans cependant devenir général (1).
Dans les siècles suivants, et constamment depuis Eugène IV, cette date doit paraître dans les buf.es. 11 faut remarquer que depuis le xiv siècle au moins la chancellerie romaiue comptait les années du pontifie il, non du jour de l'élection, mai» du celui du couroiinemcnl.
Avant le vr siècle, la date du pontifical dans les bulles serait donc une preuve de supposition, cl pendant ce siècle elle donnerail lieu au soupçon. Elle n'a pas commencé à l'époque de la querelle des investiture*, sur le déclin du xi* siècle, comme l'uni prétendu des écrivains du dernier siècle, puisqu'on eu Irouve'des exemples du vm au xi* siècle. Depuis cette dernière époque elle est nécessaire, sous peine de suspicion, dans les M'es pancartes, el dans les simples bulles seulement depuis 1220.
Dans les actes ecclésiastiques. La date de l'épiscopal, d*i l'ordination et du pontificat, se rencunlre depuis lu vin* siècle jusqu'au xv* siècle inclusivement. Au il* siècle, la plupart île* prélats datent leurs chartes de l'année de Irur élévation. Au xir siècle, on trouve des pièces datées non-seulement du pontificat, tuais encore de lu morl des évéques. Au xnr siècle, la dale de l'épiscopal était encore trèsusitée; elle diminua au xiv pour cesser au xv siècle.
Dates du gouvernement des ducs, des comtes, etc.
A l'exemple des rois, les grandi vaSsanx, lois que les ducs et les comtes, dulèreut quelquefois de leur gouvernement. C'est surtout aux xi' et xir siècles que ces dates »e rencontrent : une charie d'un comte
1 1 1 Sanreau Trr.ité de Dîplomititiue. t. IV, p. 133. l^LcUirul, Mil. U'itixene, Pieu. ce..
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d'Auierre est ainsi datée : Actu suni hœe apmi Autissiodorenscm ennn Domini 1170, consitltilus veto mei secundo (2).