‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 115 sur 455 · V. FRÉQUENCE ET RARETE DE* DATES DANS LE 4 DIFFÉRENTS SIÈCLES · texte numérisé non relu

V. FRÉQUENCE ET RARETE DE* DATES DANS LE 4 DIFFÉRENTS SIÈCLES

L'absence des dale* dons les actes de certaines époques ou leur caractère incomplet n'impliquent en rien leur authenticité, s'il n'y a pas d'autres causes do réprobation. C'est un principe reconnu par tous les antiquaires.

Dans les quatre premiers siècles : les dates

(3) D. de Vaines, tome I.

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ne commencent dans les bulles qu'aux décrétales sous le pape sainl Sirice ; elles s«mt souvent omises dans les pièces des écrivains du i" siècle; mais «lès le u* on voil le» Ici- Ires des Pères dalées à la manière romaine; toutefois le pins grand nombre «les «cl. s de ce siècle et «lu suivant ne présentent poiut de dal'-s. Les actes ecciésia^iques Ju iv, excepté les professions de foi, en offrent nss«z souvent.

Dans les actes laïques du i ' siècle les dates étaient souvent omises; on les trouve cependant quelquefois dans les pièces intéressantes , comme dans le diplôme do Galba, contenant un honnête congé de quclc;o s *o d ils vétérans, où l'on voit la date du jour, du mois et des umsuls. Dans le ir siècle les dates ne sont ni uniformes ni constantes. Au ni' elles se montrent davantage. Au îv* les lois et les édils des empereurs sont toujours datés; mais l'une des trois dates en usage, c'est-à-dire du jour, du lieu ou des consuls, manque quelquefois.

Aux v et vr siècles les dates sont encore rares dans les bu les; elles deviennent plus communes dans les actes ecclésiastiques , ainsi que dans les rescrils impériaux, et nos premiers rois en font un usage assez fréquent.

Depuis le vu* siècle jusqu'aux derniers temps on ne trouve presque point de bulles qui ne portent avec elles les dates qui conviennent au temps où elles ont été expédiées; mais, comme dans les actes ecclésiastiques do ce siècle, l'ordre et le nombre des dates varièrent aussi beaucoup. Les diplômes des rois mérovingiens sont communément datés.

Au vm* siècle les dates se ren« onlrent plus fréquemment dans les actes du clergé. Klles furent aussi très- usitées dans les chartes do nos rois, et elles se trouvent ordinairement dans les chartes privées.

Aux ix* et x* siècles, bien qu'on multipliât déjà le nombre des dates dans les pièces qui concernaient les églises, l'omission totale «les dates n'est pas rare. On trouve même un certain nombre de diplômes royaux et impériaux, ainsi que de chartes privées, qui en î-onl totalement dépourvus ou qui n'en portent qu'une seule, ou qui n'en ont que d'incomplètes.

Aux xi* et xii* siècles, en regard des chartes en lesiastiques non dalées , on peut en opposer au moins un aussi grand nombre qui le sont et d'une manière exagérée : car , tomme on l'a déjà vu autre pari, on étale à « elle époque un luxe d érudiiion dans les dates tel qu'on n'en avait jamais vu. Les chartes privées ont suivi la même marche. Les diplômes des rois d'Angleterre sont indifféremment datés et dépourvus de dates , ou n'eu ont que d'incomplètes. Ces dates relatent souvent des laits historiques.

Aux xnr cl xiv* siècles on trouve encore, mais rarement , des pièces originales ecclésiastiques et laïques dépourvues de dates.

Dans la plupart des chartes, elles sont assez souvent abrégées , et l'on eu voit q ti i n'ont que la date de l'année. Eu Italie, dans les chartes privées du xur siècle , les dates étaient quelquefois multipliées avec affectalion, el en Angleterre il csl ordinaire de ne trouver aucune note chro:tologi«iue.

L'établissement des notaires à la fin du xnr siècle donne au siècle suivant plus de régularité à la mention des dates, ti n qu'elles fussent aussi variées que dans les siècles précédents. Mais dans le xv, du lem s de Louis XI el même auparavant, on ne voit guè e de lettres missives avec la date de l'année,

Bien que ce» le revue des dates, opérée de siée!.' en siècle , ne puisse présenter de résultats absolus, on est conduit à poser eu principe que l'omission entière des dates n'est pas ordinairement un motif de faux, ni même de suspicion. Les lois romaines prescrivaient bien certaines dates, mais dans les siècles qui suivirent la destruction de l'empire, on négligea les dispositions qui concernaient la régularité des actes; l'omission d'une ou plusieurs des dates reçues a certaines époques doit encore moins faire élever des doutes sur l'authenticité de pièces.

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