PREMIÈRE PERIODE OC PERIODE ROWAIHE
Les manuscrits et les diplômes antérieurs au xur siècle fournissent cinq genres d'écriture : la capitale, l'oncialc, l'écriture mixte, la minuscule cl ta cursive. Les deux premiers genres, c'est-à-dire la capitale cl I on ciale, ne sont qu'une subdivision de la majuscule. L'écriture mixte, comme son nom
LCR
'indique, renferme de» caractères de plusieurs des autres ou même de toutes.
Ecriture capitale.
L'écriture capilair, disent les Bénédictins, « est autre que la majuscule telle qu'elle se voit aujourd'hui dans les fronthpiecs et les I Irrs dos livres (I). Oit** défini lion, quoique c*irli* au fond, ne doit pas être prise a la I Hic, parce qu'on sait qu'à moins de remonter aux beaux temps de l'empire romain pour y trouver les belles inscriptions lapidaires, les écrivains des manuscrits se bornaient cr liniirement à tracer des caractères en calfates qu'on a appelées rustiques, par opposition àja pureté des formes de la belle écri lure îles inscriptions. Cette dernière se rencontre rarement dans les manuscrits, tandis que la capitale rustique j est fréquemment rinploycc ( Voy. MaiU'CMt), surtout p ur les liir. s des chapitres et dans certain» passages qui doivent attirer l'attention.
Les Bénédictins ont donné aux variétés noinbreos 'S de récriture capitale des épilhèlr» qui les diatingu->nl selon leurs caractères intrinsèques. Ainsi, dans l'écriture romaine $iuli iiient. ils «ml >u la capitale élégante, à bases et à sommets réguliers, ou irréguliers, ou diversement courbes; la capitale massive fl irrégulère, la capiialo rustique et négligée, a bases, sommets et traverses en forme i's renversée. On rencontre ces différentes frères de capitales dans tous les siècles de l'écriture romaine. Ils font les mêmes distinctions dans chaque genre d'écriture, mais nous ne les suivrons pas dans ces détails.
« De toutes les écritures latines, dit M. do Wailly, la capitale cal celle qui remonte à la p!os haute antiquité. D'une part, les autres genre* d'écriture ne paraissent sur les monuments, «.oit gravés, soit écrits, que pln- *»-nn siècles après la capitale; de l'autre, In pliabel capital est celui qui préseule lo [lu* d'analogie avec l'écriture des Grecs, auxquels il est bien reconnu que les Romanis ont emprunté leurs lettres. Il existe, par rxemplc, une conformité parfaite entro 1rs alphabets de ces deux peuples pour les Hins A, B. E, I, M,Ji, O, 1 et Z; on relr uveraîl la même cotiTorraité pour d'autres l< lires d ml la valeur n'esl pas exactement la même dans les deux langues, et si l'histoire Je< premières transformations de l'alphabet latin n'était pas étrangère au plan de cet ouvrage, eilc fournirait l'explication des différences qui peuvent exister entre le r, le a, J n, le 2, elc, el les lettres correspondantes ff I alphabet latin. Au reste, comme il est Jien reconnu par tous les unteurs qui ont «ril sur la d plomalique que l'écriture capi- 'ale a précède toutes les autres, nous n'inlulerons pas davantage sur celle question^].» n
Nous emprunterons au môme auteur la defiiMiîon des parties qui compos* nt chaque caractère alphabétique dans l'écriture capi- 'le. Cette nomenclature pourra servir pour Sa description des lettres de toutes les autres
Uj Sam, m Traité de Di;>lo», , t. Il, Ml.
écritures; car elles ont conservé plus ou moins de ressemblance avec la première et n'en sont pour ainsi dire qu'une abréviation fuite pour en rendre l'usage plus promut cl plus facile. » r r v
L'A capital se compose de d> ux montants écartés a leur hase, unis à leur sommet, et partages par une traverse horizontale.
Les lignes verticales et les ligues convexes, qui entrent d m< la composition do certaines lettres, ont été désignées dans plusieurs o n rages, 1. s unes sous le nom de na*lc, (hasta), les autres sous le nom de panse; ce dernier mol existe dans le langage ordinaire (pause d'«). On distinguera donc dans le B la haste el la double panse qui s y rattache. •
On trouve dans le C une panse terminée par deux crochets.
Le D se compose d'une haste el d'une panse qui enveloppe la haste daus toule sa longueur.
On distingue dans l'E une haste à laquelle se raltat h, ni trois lignes horizontales qu:« l'on nommera barres; c.* mot est cn.p'.ojé dans le langage ordinaire pour désigner la ligne horizoulale qui rencontre la haste du /.
Il y aura, par la môme raison, dans l'F une ha-»te el deux barres.
Le G se compose comme le C d'une panse terminée par deux crochets; mais le crochet inférieur du G, au lieu d être pointu, est coupé carrément ou tranché.
L'H se, compose de deux hastes cl d'une traverse.
On ne trouve dans PI qu'une haste.
On «distinguera dans le K, indépendamment de la his'e, les deux branches, c'està-dire les deux ligues qui parlent du ceulre de celte haste.
Il y a daus la lettre L une h îsle et une barre.
L'M se compose de deux traits verticaux réunis entre eux par une traverse. Nous conserverons aux deux premiers traits lu dénomination ordinaire de jambaijes.
Par la même raison nous distinguerons dans l'N deux jambages réunis par une traverse oblique.
L'O est formé par la réunion d'une double
pause.
Le P se compose d'une haste , désignée ordinairement sous le nom de queue , et d une panse qui en enveloppe la moitié supérieure.
Il faut distinguer dans le Q une doub'e panse en forme de cercle cl la queue qui s'y rattache.
On désignera aussi sous te nom de 711011s la ligne qui dislingue l'R du P, et qui part du point où la haste est rencontrée par la partie inférieure de la panse.
L'S se compose de deux panses arrondies, l une à droite, l'autre à gauche, et terminées chacune par un crochet.
Le T renferme une haste el une barre.
L'U renferme deux jambages, qui s'arron- (3; Elément» de paléographie, t. 1, p. ÔS6.
dissent dans leur partie inférieure pour se mes présente rarement des difficultés. Le<
réunir en forme do panse. manuscrit entièrement écrits dans ce carac
Le V présente deux montants réunis à 1ère conservent leur régularité jusqu'à la fin.
leur base et séparés à leur sommet. et, comme ils remontent à une époque où
L'X est formé par deux traverses qui se l'usage des abréviations était peu répandu ,
croisent obliquement. ils n offrent pas d'obstacles de ce cdté. Les
L'Y se compose d'une baste surmontée de litres ou les passages tracés en capitale, d mis
branches. les ouvrages d'une autre écriture, étant des
On distingue dans le Z deux barres ho- tinés à attirer l'attention, sont égalcmcul
rizonlales, réunies entre elles par une Ira- d'une lecture facile.
verse oblique. Le premier fac-similé que nous donnons
DÊcniFFRBMBKT db l'écriture capitalb. f«l Virgile de Médias et publié par
les bénédiclins qui le regardent comme étant Le déchiffrement 4« l'écriture capitale , du v siècle, soit dans les manuscrits, soit dans les diplô-
* N' 1. Ecriture capitale rustique du V siècle.
TRAIVSCR1PTI »N.
Protinus hinc fuscis tristis dea tollitur aîis Audacia rutuli ad muros. Quam dicilur urbem Acrisioneis Daoaa3 fondasse colonis.
On remarque dans ce fac-similé qoe les deux lelircs UU do mot urbem , qni sont
mou sont indistincts. Les A sont sans Ira- jointes ensemble par la panse de 1 0 et la
verse, les barres des E et des F sont peu hasle de l'R.
prononcées. Le deuxième jambage de ITJ se On donne à ce genre d'écritnre le nom de
prolonge verticalement au-dessous de la li- capitale rustique, parce que le* caractère*
gne, les lettres qui forment la diphthongue AS n'ont pas toute l'élégance de ceux des ins-
sont tout è fait distinctes. Les abréviations crintions et des médailles, ne s y rencontrent point ; si ce n'est dans les
Ecriture capitale rustique du ?• au vv siècle, ms. 770 de Saint-Germa\n-dts Prés.
X 'C &N0^ U BW HUMA »I Cxxiit a. Utfî
TRANSCRIPTION
Incipil liber primus praclato canone qoo Indecatur qu'rd liber quisque conlineat.
Incipil canon libri primi de Civitate Dei. Amen.
« Dans celle espèce de capitale rustique, mots sont déjà distincts les ans des autres, disent les Bénédiclins , on voit des carac- Il y a aossi quelques signes d'abréviations lères élégants et un peu courbes, négliges, sur les mots incipil et liber; que, deuxième à queues allongées, à bases, sommets et ligne est figuré par Q suivi d'un poiot. L'E traverses en forme d'S couchée. On pourrait du mol de, dans la troisième ligne, est déappeler celte écriture ruslico-polie. » • pourvu de la barre médiale. On a écrit inde-
On remarquera encore qu'une partie des cutur pour indicatur.
5λ7 IX.IV KCli
N 3. Ecriture capitule capétienne, mêlée de minuscules, du x' nùh.
TftAîïiCClimOM.
XXXV. Simililer excmplar imperialium Lillcrarum. quae Niccae missac suist sanclo cuiiciiiu dum adur piissimus irnpcralor in ïraria rcsi derct, ul dcberel inde cfTerenler in Calrhcdona rai g rare.
Ce modèle est tiré du manusci il n" 2777, de la bibliothèque du roi, qui est une espèce dr cartulaire du x* siècle contenant le* privilèges des Eglises d'Arlc , de S uni Martin de Tours, etc. Otlc écriture est très-irrégulière et présente des caractères minuscules mêlés, dans plusieurs mots, aux lettres capitales : tes e, les a, les l affectent cette fom e plusieurs fois. On rencontre quelques abréviations : S. suivie d'un point et surmontée d'une barre horizontale est mise pour sunt; scô pour sancto , l'uni, pour imperator; FN s'unit au T, ou plutôt son deuxième jambage est prolongé en forme de T dans efferenter et in Tracia. Le défaut de régularité se fait encore sentir dans FiudUlinclion de quelques mots, à tel point que la première syllabe du mol Niccae est jointe au mol aune qui précède. L'orthographe n'est pas très correcte : on lit aduc pour adhuc, Tracia pour Thracia. La ponctuation n'est pas exacte: le point est mis pour la virgule, et la phrase est terminée par un point et une virgule.
Pour ne pas trop étendre nos fac-similé, nous avons négligé de donner des modèles do l'écriture capitale carlovingienne. Ce n'est pis qu'il soit rare d'en rencontrer; au contraire , les litres des chapitres el des passages tout entiers sont souvent de celte écriture ; mais il n') a pas de difficulté pour sou déchiffrement. Sa tonne est élégante , el ses traits purs reproduisent les mois avec netteté.
À^e île l'écriture capitale.
• Si l'on est rarement arrête dans le déchiffrement d • la capitale de* manuscrits ou des diplômes , dit Fauteur des Eléments de Paléographie. , rien en revanche de plus difficile que de fixer l'âge de celle écrilurc
Il y a toutefois une règle générale pour les manuscrits qui sont tout entiers en lettres Capitales, c'est qu'ils ne peuvent être postélieurs au ♦iu# siècle. Lorsque dans cts uu-
(lj Son* avons vu aj!let>r< (pio le rnuimcn r (nvit (i<» '«Sage de séparer les mois h * «ni* ile> *u>'< > r«.v«'niji'
Dicno.vi. L'B Oiri. \tmoi «
nu^crits les mots ne sont pas séparés p.ir des intervalles, ou que les séparations pa raissent seulement dans les endroits où in sens exige un repos, on peut les faire remonter au moins jusqu'au commencement d.i vir sièclo (I). »
L'extrême rareté des abréviations est encore un signe de haute antiquité, ainsi que la forme libre et hardie que prennent les caractères ; lorsque ce dernier signe se rencontre, c'est une preuve que le manuscrit remonte à une époque où il était ordiuaire d'employer la capiiale.
Nous terminerons ces observations pnr une remarque bien vraie que fait M. d<t Wailly. «Four bien apprécier Fâge d'une, charte ou d'un manuscrit, dit il, il ne suffu pas d'étudier les lettres une à une, il faut aussi examiner Fécrilure dans son ensemble, et s'habituer à saisir ces rapports généraux qui unissent entre eux les monuments d'un même âge. Il résulte de la couleur de l'encre, de la teinte el de la qualité du parchemin, de l'écartcment des lignes.de lapioportion des lettres cl d'autres circonstances qu'il serait difficile d'analyser, une impression générale que la vérification des détails vient rarement démentir (2). »
De l'écriture caplule des sceaux.
Les remarques que nous pouvons faire snr Fécrilure des sceaux seront nécessairement bornées, à raison du petit nombre d'empreintes que nous en avons donné. Toutefois les faits que nous constaterons, étant I.* résumé d'observations générales, oITiiiom toujours une certaine utilité.
Les légendes des sceaux, étant généralement composées du nom et de la qualité du leurs possesseurs , ne présentent pas de g: amies dillicultés de lec ure, surtout quand on possède les chartes auxquelles ils doivent é;re alla» liés.
:-2t klé.rsati de i» .yrartw , l. I. (• »«>.
•199 kciionnai;;*: n:: w.vl m vt:qi n r.rnr/nr.NNr. ôi>
L 'écriture capitale s'y montre régulière- du précédent on puisse dé,à Irotivr q-iei-
meni pendant la période que nous éludions , qui-s lettres gothiques les sc'-a ux . Il faut
;ivec quelques variations dont nous parlerons ensuilc franchir les deux siècles qui sepa-
plus bas. renl le xnr de la rcuaissanre, pour n trou
Los sceaux mérovingiens sont reconnais- ver l'ancienne capitale. On citera bien ensables à la grossièreté de leur gravure. On core quelques inscriptions en capitales ropeut s'en assurer par celui de Childeberl III maincs vers la fin du xnr siècle, mais elles" ( l'oy. Sceaux des rois). Quelquefois les sont très-rares el subissent, même l influ -nce Ici très de la légende sonl renversées , ce qui du gothique dans la disposition d« leurs ciprouve que les graveurs ne savaient pas ton- raelères. jours calculer la position que les lettres de- Ecuiure ondule. vai.nl avoir sur la matrice, pour que rem- . . . . pieintc les reproduisit sous leur aspect na- L écriture onciale^ devrait, a II rigueur, jurej désigner des caracièrcs d un pouce de bau-
LcC carré, c'est-à-dire semblable à un E [ ur',°Jn sai} cn ,,ff' 1 <l»»o romaine
dont la barre intermédiaire serait supprimée, était la douzième partie de \as ; et que, par
serenconire sur le sceau du roi que nous exlensiou.ladouzième partie dtipied, unité de
venons de citer. Cette forme de lettre est longueur^ reçu le même nom.Oii peut rroire
ancienne ; mais cependant il ne faudrait pas °.u '» ï a,eu thtîZ lc? Romains des manuscrits
toujours conclure de sa présence qu'un sceau donl ,cs lc"rcs *J™nl *a pouce de hauteur,
serait de la première antiquité ; car on ren- ni-'118 re d7atl éire ™ose ra.r e,; ,l J aTnt
contre des C carrés sur les sceaux de au>si des écritures demi-oncialcs , portant
Louis VI et de la reine Constance (Voyez demi-pouce.de haut. Les unes et les au-
cette dernière empreinte aux sceaux). nc savaient guère ordinairement que
Les sceaux des Carlovingiens se ressentent P° ur les litres des livres. Plusieurs critiques
de la restauration des lettres sous Charle- modernes ont aussi donné le nom d ovnale
magne. On y remarque plus de neltelé dans a unc ccriluro majuscule ou minuscule allon-
la forme des caraclères alphabétiques. Ce- g'* q»i atteignait la dimension de I once,
pendant les mots sont encore indistincts, et mais qui ne présentait aucun des caractères
les abréviations n'y sont marquées par au- de la véritable onriaîe. Les Bénédictins,
cun signe, soit de ponctuation , soit autre- «près avoir rapporte les différentes applica-
ment. Ce n'est qu'au xi* siècle qu'on a coin- t«o«s 1"'»» a rail''s du m.°l ontMal » »^!,,sse';,
mencé à marquer par des signes les mots par l'attribuer à une écriture majuscule
abrégés. L'mdisltncl.on des mois et lab- «"ont les caractères affectent souvent des
senec d.s points pour les séparer les uns des contours arrondis, et qui se distingue de la
autres, sonl des indices auxquels on recon- capilalc par la forme des pitres A, D, h. G.
util les sceaux antérieurs au xir siècle (1 . H, M, Q. T, V. M. de W.uliy profosse la
Le sceau du roi Robert II, à la On du même opinion et la uemontre drnis le m. dè.o
f siècle , renferme déjà quelques lellics on- qu'il donne d un alph ;bel oncial du vr siècle,
tintes, telles que les e. Un sceau du chapitre Comme les signes caractéristiques de ccll*
d'Auxcrrc, suspendu à un acle de l'an 1120. écriture se rencontrent précisément dans ce*
mais que la grossièreté de sa gravure doit lettres, nous les reproduisons avec 1 examc.i
faire remonter plus haut, contient des h el qnc fail le même auteur des rapports qui
des e oncialcs. Mais c'est surtout depuis le unissent l'onciale à la capitale. Cet exemple
xir siècle que ce caractère a été employé suppléera aux ftcsimtc que nous ne pou-
conjointement avec les lettres capitales. vons donner cn grand nombre, cl I on pourra
Les lettres écrasées cl massives,du sceau toujours, cn se rappelant la physionomie de
bangement notable eul délinivemenl lieu la -uito au tr;xc graphique de chacune dauo le couisdu xiii' siècle, quoique dès latin d'elles.
.V i. Alphabet oncial du \ r siècle {avant 570;. Bibl. royale, fonds Sai M- Germain lutin, n' GGI
Tn AUsCHIPTION .
(tjOn up\hii v<-!;re |'tr !h que t<s r ' éMent servaient a-ipravant qu'à marquer des mon abtcjiés k^., uu> sur Ils iwV.m* va.it '.e;;.; è;>" - , a.»:r, i s ai à terminer la t»'S* inJe.
FXR
ECU
Nous retrouvons dons l'A oncial les mémos éémcnts que dans TA capital, mais dis- . posés d'une autre manière. Dans l'A oncial te montant de droite est plus long que le montant de gauche, qu'il dépasse sensiblement ; et la tra?erse, dont la direction est devenue oblique, réunit l'extrémité Inférieure du montant de gauche avec le? corps du montant de droite.
Il est facile do rattacher la forme du D oncial à colle du D capital, quoique ces deux lettres diffèrent sensiblement. Supposons que l'extrémité supérieure de la panse du D capital se prolonge vers la gaucho, un peu plus loin que la haste. et qu'eu mémo temps cette haste s'arrondisse vers la gauche, do manière à compléter le cercle commencé par la panse, nous obtiendrons une lettre à peu près semblable à celle du D oncial de notre alphabet, et parfaitement conforme à la figure que la mémo lettre affecte dans beaucoup de manuscrits. (Ou peut s'en convaincre en examinant, par exemple, les doux D que renferme la première cl la seconde ligne de notre fac-similé n° 6. ) (1)
On voit dans l'E oncial, comme dans le D, les lignes courbes substituées aux ligues droites. La haste s'est arrondie pour se confondre avec les barres supérieure et inférieure; la barre intermédiaire s'est allongée; le trait qui en réunit l'extrémité avec la par* tic snpérieure de la lettre doit être considéré comme accidentel, ou du moins la partie supérieure de l'E oncial se termine plus ord:nairvmcnt par un crochet qui ne rejoint pas la barre intermédiaire, en sorte que ceilc lettre ressemble a un C capital dont la panse sérail rencontrée par une barre qui se dirigerait horizontalement entre les deux crochets. C'est en eiïet l'aspect que présente l'E oncial dans le fac-similé \\* 5 représenté ciaprès. On distinguera donc dans l'E oncial, la barre, ta panse cl ses prolongements, qui *e courbent souvent en forme de crochets
Le G oncial se dislingue du G capital par le crochet inférieur, qui n'est pas tranché. Ce crochet sert de point de départ a un trait qui se prolonge souvent plus bas que dans notre modèle. Ce trait se nomme la queue du G.
On ne retrouve plus que la haste gauche dans l'H onciale. La partie supérieure de la haste droite a disparu, et la partie inférieure s'est arrondie ainsi que la traverse ; ces deux traits, on se réunissant, forment unepau-e ouverte par le bas.
Tous les éléments de l'M capitale se sont •:rrond;s pour former l'M onciale, dans laquelle on trouve trois traits principaux que ' n désignera, suivant l'usage ordinaire, mus le nom de jamharjcs. Le? deux jambages 1 v'ré-nes se recourbent vers le jambapî in- - rmédiaire, auquel ils ne se réunissent que
(I) Le D iMici»! $►* t»rap^n d'uni' «lo.ilile p»;ist\ celle <!,• 'l 'île prolongée en o-ume iluns sa parti î kupùiu-uic ri »|.pf.'|lu u'te «J . • l:> lettre.
12) U* Uéiitilirliu> dMiiigiK nt encore sau» t.; n m ,f
par leur pariic supérieure; mais la distance qui les sépare dans le bas csl souvent moins considérable. ( Voyez les M de noire fac *ïmile n« 7 ci dessous.)
On ne retrouve plus qu'une panse dans le Qoucial; il se distingue d'ailleurs par la direction et la longueur de la queue, qui dépasse par le bas le corps de la lettre, après avoir pris naissance à l'extrémité supérieure de la panse.
Le T oncial' se distingue ici du T capital par la courbure de la partie inférieure de U hast-; mais souvent Ce trait se recourbe à la fois dans le haut et dans le bas ; souvent au contraire il reste complètement droit; de sorte que le T d'un manuscrit oncial se confond quelquefois avec lo T capital. (Vouez le fac-similé ci-dessous n» 5.)
On sait que les lettres U cl V, qui ont aujourd'hui une valeur distincte, ont été pendant longtemps confondues, même dans la typographie. Quoique |e y fût plus souvent employé que l'U dans les inscriptions en capitalos, cependant la forme de l'U se retrouve sur des monuments qui renferment d'ailleurs louics les autres lettres de l'alphabet capital : on peut donc considérer l'U comme se rattachant à cet alphabet ; mais los extrémités inférieures de l'U oncial ne se confondent pas dans une même courbe, et, tandis que le premier jambage s'arrondit vers le second, celui-ci se prolonge plus ou moins en dessous du point de rencontre. Celte espèce d U a été aussi employée dans la capitale rustique. ( Voyez le fac-similé ir* 1" ci-dessus.)
Les variétés de l'écriture onciale sont trèsnombreuses. Les Bénédictins en distinguent d'abord quatre espèces principales: !• a double trait, c'est-à-dire ayant du blanc dans le milieu des traits comme dans les lettres â jour (2) ; 2' à simple trait : 3- â plein Irait, qui est le plus beau genre de cette écriture* 4* à traits obliques, qui se montrent surtout dans les F, 1, P, H, dont la queue est tournée vers la gauche. Comme variétés on trouve l'oncialc élégante, anguleuse, massive, toi tueuse, etc. 11 y a des manuscrits où l'oncialc est plus haute que large, ou plus large que haute, tendant â devenir carrée, tirant sur la cursive, à queues inférieures excédantes et courbes, trauchée obliquement à lettres serrées du ix* siècle, L'écr.ture onci le de l'époque de Charlcmagne est différente de «elle usitée sous ses successeurs immédiats. Ce prince renouvela la forme d»« cotte écriture et la rendit plus élégante ; elle red vint sous Louis le Débonnaire presque aussi belle que dans ses plus beaux jours. Dans les U lires de Chartes le Chauve, les lettres onei.iles se touchent souvent. Enfin il y a des onriates oblongues, penchées, etc.
iritore h «louliles traits M'c t\n..i |.'s mes nui |p «ioulil« uôj.jiss.-'trcir l'ordin m " ; n a Iripfes irait % un- oiici«)e e"u grnrc dosK'Urcsal, ijubéliyucsiiuc noui veno.jiuoiiuuiier.
DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. " i
D.'diiflremeut de l'écriture nncialo.
V Ecriture onciale de la fin du ?« siècle. Bibt. du roi; ms. n* 107 in-V t/.'ïn.
eTKiOST^f bOHlSOp6^!UU5.
UTMOKI5lUT1PFUuCfu05l
qvii(r)6cuoi5uioTO(nwes
TRANSCRIPTION
Discanl autem et nostri bonis operibus
preesse ad necessarias causas ut non sinl infructuosi
Salutant (c qui mrcum sunt omnes .
salula cos qui amant nos in fide
Dans ce fac-similé les mots sont indistincts, ce qui ne doit pas faire soupçonner l'aotiquil'écrilure large cl espacée. La baste de l'R té du manuscrit, car les Bénédictins assurent dépasse le niveau des lignes comme celles du qu'elles sont antérieures aux plus ancien» I» et du Q. La traverse de IN se rapproche manuscrits. Ce beau modèle, publié par souvent de la direction horizontale, et le d M. de Wailly, ne présente guère de difficile 6 appartiennent a l'écriture minuscule; cuités de lecture.
6. Ecriture onciale du viu« siècle.; m$. Bibl. du roi n* 1820. \
cv»T3i*XiBKiv ce leR7sc7iaîOMebiC7».oDir/
TRANSCRIPTION
(S)ecundum, fraler Eusebi in Hicrc miam librum céleri sermonc dictamus, avertentes parumper aurcs ne audiamus.
Ce fac-similé est emprunté à l'ouvrage des reportée au-dessous de la ligne. Les point*
Bénédictins. On y remarque que l'indislinc- sont souvent placés à conlre7sens. Plusieurs
lion ne règne plus que dans une partie des e se rapprochent beaucoup de la minuscule
mots. Le caractère est bien moins gracieux par la réunion de leur barre intermédiaire
que dans le fac-similé précédent. On y ren- avec le crochet supérieur. |l en est de mémo
contre plusieurs abrévalions de la lettre m à des a, dont la panse s'allonge et s'arrond i
la fin des mots, la conjonction de la finale vers la gauche, ««deuxième ligne, cl la fin du mot audiamus
N- 7. Ecriture ondule, Evangile/ de Char U magne vers 781. /,*<W. tf« Etnvrc, inf.
TnA^SCRIPTIO.f.
Sanclorum martyrum Ciliani cpiscopi cum sociis suis \ II fralrum cum maire Sanc i Xysli cpiscppi Adsumpliu sanctœ Mariœ.
Ce modèle*, emprunté à l'ouvrage de M. de Wailly, présente une onciale petite et mas* sire dont les mots sont distincts, mais pleins d'abréviations. La seconde ligne est en minuscule; ce mélange n'aurait pas lieu au
Tir siècle. On remarque la conjonction du T et de l'R dans maire ; l'Y pointée du mot Xysli; l'A initial d'Âdsumptio, dont le mont»nl gauche et la traverse sont prolongés d'une manière démesurée; enfin 1rs deux E à cédille substitués à la diphtongue a. Age de l'écriture onciale.
Il nVst pas moins difficile de déterminer lâgedes manuscrits en écriture onciale que celui des manuscrits en écriture capitale.
• Les manuscrits en écriture onciale, disent les Bénédictins, s'ils ne font point partie de I Kcrilurc sainte, s'ils ne sont point a l'usngo d sofficesdivins, s'ils n'ont point été faits pour quelques princes, seront au moins du vttr siècle. Mais, quelque livre que ce soit, entièrement en onciale, il sera jugé antérieur à I» fin du x' siècle. Cette règle est applicable même aux manuscrits grecs. Un manuscrit en onciale, doul les litres des livres (1) répétés au haut de chaque page , et ceux rie; livres placés tant à la fin qu'au commencemont de chaque traité, et les lettres initiales et de* alinéa paraissent sans ornements, appartient a la plus haute antiquité. Néanmoins l< s manuscrits dont 1rs titres des traités seraient en capitale rustique ou négligée pourraient élre du même âge.
« Lorsque la capitale commence à se mêler avec l'onciale dans les titres, et que les initiales des alinéa sont souvent en capitales,
(I) t Les titres en pure onciale. mais plus polit»; que. •* ifïle même, donnent un encollent indice de. la plus haute antiquité. Ol indice est vérillû par les manuscrits
• M. ,3630 107 de la bibliothèque du roi, par le S. Cjprieu d'' Samt-Germain-des-Prés, par le Virgile d'Asper de la «i*me abbaye. Les titres des pages on capitale peuvent f 'inifiiir au* plus anciens mauuicriis où l'on emploie le *<«-'>c ciracère. I). s manuscrits <h vu* ol iln vur sude
quoique M. Maffei nous donne ce caractère pour un signe de la plus grande antiquité, nous le regardons au contraire comme un indice d'un. âge plus récent. Il est ordinaire au ix* siècle, dans les manuscrits même t«n minuscules, et fréquent dés le viir. Nous nu pourrions néanmoins regarder cet indirc comme absolument incompatible avec quelques-uns des plus anciens manuscrits, sans 1rs rabaisser considérablement au-dessous de l'âge que leur ont assigné les plus savants hommes. Mais nous jugeons beaucoup plus favorablement du mélange de ces quatre minuscules e, i, m, f, avec l'onciale. Nous ne les avons jamais rencontrées à la fois dans des manuscrits cn'oncialc qui ne ftificoi antérieurs au vu* siècle.
« L'onciale à jambages tortus, à traits brisés ou détachés, et d'ailleurs soutenue du concert des autres indices également avantageux, se fera pour l'ordinaire déclarer du v siècle. Seule elle n'exclurait pas le vr, ni peut-être même totalement le vir, mais sa fin et les suivants.
« La petite onciale, d'une élégante simplicité, sans bases ni sommets, anguleuse dans ses contours, à queues plutôt terminées par des demi-pleins que par di s déliés, s'annonce au coup d'œil pour tout ce qu'on peut imaginer de plus ancien on fait de manuscrits.
» L'onciale demi-tranchée sent le vu* siè cle, ou le commencement du viir, sans exclusion des précédents, lille est déjà quelquefois pleinement tranchée aux v* et vr. Alors ses traits sont souvent si massifs, qu'ils
soit en onc»3lr, soit en dcml-onciale, soit co quelque aulro sorte d'écriture, nu seront polul eunslanls à marquer lu litre au haut des pages, ou bien le genre de l'écriture varie a; ci, s'ils usent constamment d'onciale, clic ne s ra pas beaucoup plus petite que le texte. Ces variions augmenteront encore au\ siècics S'iivaulv Les ornement* •pu tvte uiil les litre», de r!ia'!»«' pagi- commencent ve:« lu vi l' •
semblent doubles cl triples. C'est apparemment sur leur modèle qu'un réforma l'onciale aux vin' et ix* siècles. L'air de rclle-ci est pourtant plus * if. le tour plus recherché et la coupe plus nclle. Faute d'avoir bien saisi cette disparité, sur les rapports généraux de ressemblance, peul-élrc serait-on tenté quelquefois de rabaisser au w siècle ces écritures 'u vr. Mais le plus léger examen dos autres caractères remettra sur les voies (I). »
M. de Wailly ré-ume et complète ces principes généraux de la manière suivant? :
« Si Ton exec;>tc les saintes Ecritures , les ouvrages de liturgie et les livre* île luxe copiés pour quelque prince, on peut poser en principe que l'écriture om ble a cessé avant le îx* siècle d'être habituellement employée dans toute l'étendue d'un manuscrit. Parmi les différentes espèces d'onciale, celle dont les formes libres et courantes n'excluent pas une élégante simplicité, appartient aux temps les plus reculés. Du v siècle au commencement du vu*, l'onciale est tantôt plus, négligée , tantôt plus correcte, mais aussi tracée avec moins de liberté : ce dernier genre d'écriture se rencontre ordinairement jusqu'au commencement du vm4 siècle.
Quand le travail de l'écrivain est poussé jusqu'à la recherche, on approche du temps où l'usage de l'onciale sera bientôt abandonné (2). »
Ecriture mixte.
L'écriture mi>ie, que les Bénédictins appellent aussi (lcmi~onciule, doit sou origine aux
modifications apportées aux lettres onc a es dont on a réduit la hauteur et qu'on a réunies avec des lettres cursives. Le besoin de transcrire rapidement un plus grand nombtc de manuscrits, né du développement de h littérature romaine, explique les divers changements subis suce, ssivement par les formes capitales et onciales. On reucontm dans l'écriture mixte, vers la fin du »r siècle, quelques lettres minuscules, mail on ne doit pas en conclure qu'il ail existé auparavant une minuscule plus ou moins semblable à celb' qui règne dans la plupart des manuscrits du ix' siècle. C'est du moins l'opinion de II. de Wailly. Nous aurons occasion, rn traitant de la minuscule, de rapporter les raisons données par les Bénédictins en faveur d« celte ancienne forme de caractères, et les objections qu'y fait l'auteur des Eléments de paléographie.
Les Bénédictins, en donnant à l'écriture mixte le nom de demi onciale , paraissent croire qu'elle ressemblait dans l'origine à l'onciale proprement dite; le nom de mixto lui convient davantage à raison des éléments dont elle est composée. On ne doit pas négliger de remarquer que plusieurs auteurs ont attribué le nom do minuscule à une Écriture qui, d'après les auteurs que nous ie~ nons de citer, n'aurait dû être désignée que tous le titre d'écrilure mixte ou dcmi-oaciale
Voici un exemple d'écriture mixte tiré d uo manuscrit de l'abbaye de Saint-Germain d es-Pré - , n* 766, qui contient le traité Je la Cité de Dieu, et qui remonte uu vr siècle.
N- 8. Ecriture mixte du vr tiêclt.
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mini*
TRANSCRIPTION
Porro au te m quae cumque miracula sive per angelos, sive quoeumquu modo, ila divinilus Gunt, ut
(1) Houtcuu Traité tUDtptonatique, t II, p tôt.
(?> Eléments de palécgrajthie , l I", p
t!ei i-î'irq ,(i <;n|<i l-c.s i \ lia o!, cuîtutn i < ii^.oiu nit;!: ; cnm iiirti li iil. t",i \ ère • >ii e s vol prr vos, qui i.»o Miuiid ini \eri tilem piel.-ilcmquc dhigunt, fieri ijiso doo m iltis opérante crcilcndum est.
T.es écritures majuscule , minuscule et cursive 9ont représentées diversement dans cr fac-similé . Les E cl les N soûl toutes onciaU's; les d ( t" lettre des 5', 6', 13% 15" lignes, etc. ) sont minuscules ; les a et les s se rattachent aulantà la cursive qu'à la minuscule. Le g (3% 8' et 13' lignes) se retrouve aussi dans les manuscrits les plus anciens d'écriture cursive.
11 résulte de ces remarques, qu'on pourrail étendre davantage, que la distinction de l'écriture iniitc, comparée aux autres genres d'écriture, repose sur le mélange des caractères qui appartiennent à des alphabets essentiellement distincts. Toutefois, observe M. de Wailly, ce principe ne doit pas être appliqué sans discernement. Il ne faudrait pas donner le nom d'écriture mixte à celle qui , au milieu d'un grand nombre de caractères de même nature, introduirait de loin
en loin, et comme par exception , une lettre appartenant à un autre genre. Si l'on suivait
N' 9. Ecriture mixte du w siècle tirée du manuscrit n- 7(i<>, de Saint-Gcrmain-des-Pré*.
une pareille méthode, on ne trouverait plus guère que des écritures mixtes, et, à force de vouloir distinguer, on tomberait dans la confusion. En un mol, quand le mélange des lettres caractéristiques de chaque écriture est purement accidentel, il est évident que l'on ne doit pas en tenir compte.
Déchiffrement do l'éorllure mule.
L'indistinclion des mots et la rareté des abréviations sont remarquables daus le facsimilé n" 8, on'j n'y trouve en effet d'autres mots abrégés que dei el deo , que et cultum : une espèce de virgule, placée après q , exprime le signe abréviatif comme un trait un peu recourbé horizontalement sur les autres mots. Le point employé diversement fait l'office de la virgule. Il faut remarquer que 1 r a sou crocbel si courbé, qu'il ressemble à un jambage; Yae est complètement distinct; ics t des mots religionem (8' ligne), et diliguni (13* ligne) se prolongent eu forme de j au-dessous de la ligne.
TM.VSCKIITION.
qualitcr malos vel bonos pla caro se pu la ban l uoa do os,sed dœmo nas.
Ce fac-similé, que les Bénédictins ont emprunté au sommaire du chapitre XI de la Cité de Dieu, d'où est également liré le facsimilé précédent, contient, selon eux, de l'unciale indistincte rt de In minuscule inclinée. Au lieu de la dernière écriture, on pourrait tout aussi bien y voir de la cursive, car les lettres qui ne sont pas en onriale, telles que le 6, Ys, \',l el l'a de la 3' ligne, sont toutes cursives.
Ou remarquera dans ce fac-similé l'indi- *'inclion des mots, la forme irrégulière de la finale r dans le mol qunliter, l'emploi -In V C'pi;ul jour l'u dans puiabaut, l'.tbre* uilioii
du mol non par an Irail horizontal sur la lettre n, et la liaison de l'a? dans damonas.
Ecriture minuscule des manuscrits.
Lorsqu'on sentit le besoin d'une écrihn • lus nellc que la cursive. mais plus cxj>eitive que l'onciale, on inventa la miiujv cule, dans laquelle en rencontre les caractères propres à l'écriture onrialc, nuis modifiés, d'autres appartenant à la cursive, mais dégagés des traits superflus, cl quelques-unes des lettres communes aux diffé| rentes e<p<ves de m/rju^cules qu'on a sims. sur dite, lunue d'écriture
qu'i»n «i composé les caractères typographiques appelés petit romain.
Selon les Bénédictins , les Romains auraient connu récriture minuscule, non pas, disent-ils, une écriture plus petite que la capitale, et formée de lettres semblables, mais bien une écriture dont les caractères étaient tout à fait distincts de ceux-là. Us continuent à démontrer leur hypothèse:
« La seule différence de l'écriture pénible et magnifique de la plupart des inscriptions lapidaires et métalliques, et celle de l'écriture privée ou minuscule, aurait dû faire comprendre que les Romains, qui écrivaient beaucoup, ne tardèrent pas à se servir de la dernière, coume étant p!us facile ci plus commode. S'il est question de remonter à son origine, nous pouvons l'inférer de quelques vers de Piaule et de divers textes de Sènèque, de Suétone et do Vopisque. Os derniers en effet constatent l'usage établi de leur temps d'employer une écriture menue, et très-menue. Pline l'Historien répète, d'après Cicéron , que l'Iliade d'Homère , écrite sur une seule feuille de vélin , fut renfermée dans une écaille de noix, tant les lettres en étaient menues. Et ce qui parait «•more plus étonnant, Martial parlé des œuvres de Virgile et de Tile-Live, écrites sur un simple morceau de parchemin. Pline le Jeune dit de l'Historien qu'il avait laissé cent soixante commentaires écrits très-menu et des deux cotés. Or est- il vraisemblable que des écritures si excessivement menues fussent en lettres capitales? Ne serait-on pas plutôt porté à croire qu'on aurait usé de caractères plusaisés encore à serrer que le petit romain ?
«c Veut-on établir l'usage ordinaire
de l'écriture minuscule dés le v* siècle, ou le commencement du vr? Nous en avons les preuves les plus constantes. Le manuscrit de saint Hilaire du Vatican, qui fut collalionné en 510 à Casule , ville d'Afrique, offre une écriture minuscule des mieux conditionnées. Parmi les restes de li bibliothèque du chapitre de Vérone, ou a un manuscrit en ce caractère, mêlé de quelques onciales. C'est à cause de ce mélange que le modèle que nous en avons donné dans notre planche XLV1 figure parmi les demi-oncialcs romaines, niais il appartient également aux minuscules. Le manuscrit d'où il «•st tiré renferme les œuvres de Sulpice-Sévère , à son Histoire près. C'est peut-être ! unique qui porte aussi précisément le temps, le lieu et le nom de son écrivain. En • (Tel, on lit à la fin qu'il fut écrit, c'csl-à- «tire achevé, à Vérone, le premier d'août , .-nus le consulat d'Agapit, iudiclion X', par IJrsicin, lecteur de l'église de la même ville. Un autre manuscrit du chapitre de Vérone, où sont renfermés les livres Snpientiaux , écrits en minuscule, peut sans peine remonter au siècle précédent. Les célèbres Pandecles de Florence, du même siècle, tout aussi remarquables par leurs caractères ^Minuscules. A ces manuscrits nous pou r-
(t) Nouveau Tinùé de Diftlo, unique, t. III. \i. 2VS.
(2j On l'euU'aSMUvrde re%»c(uudt dt! c..i > J5n!ii>-,a
rions ajouter l'Orose de Florence, le Laclance de la bibliothèque de SaiulTSauvcur de Bologne, la collection des canons de la bibliothèque de Corbic, le saint Augustin en papier d'Egypte de la bibliothèque de Pciau, et celui "de S iint-G< rmain-des-Pré«, aussi en papier d'Egypte, dont nous avons tiré la troisième planche de notre tome premier. Tous ces manuscrits, dont on peut consulter les modèles (De Re Diplom itien, p. 35'*, 3'J5, 357), et bien d'autres que nous pourrions citer, sont en écriture minuscule cl du vi' siècle au plus lard. Or il est naturel de supposer qu'elle existait plusieurs siècles auparavant. Un pareil usage ne s'établit pas tout d'un coup. Combien n'a-t-il pas fallu de temps pour le rendre universel comme nous le voyons au commencement du vr siècle (1)? »
Tous ces faits, et beaucoup d'autres que nous passons sous silence, u ébranlent pas le docte auteur des Eléments de Paléograpb c. « Ce qui, à notre avis, dit-il, doit surtout faire douter de l'existence d'une ancienne minuscule, c'est qu'il est difficile de s'expliquer par quels motifs on l'aurait abandonnée pour se servir de l'écriture mixte. En effet celle minuscule étant moins pénible à tracer que l'onciale, plus nette et plus distincte que la cursive, aurait rempli toutes les conditions nécessaires pour la transcription des ouvrages de littérature. D'un autre côté, si l'on examine la forme des lettres employées par l'écriture mixte ;iu commencement du \r Siècle, on reconnaît que les deux caractères qui distinguent essentiellement l'alphabet minuscule de l'onciale et de la cursive, c'est-à-dire l'a el Ve, se présentent toujours l'un sous la forme cursive, l'autre sous la forme onciale. Comment expliquer l'exclusion constante de cet deux figures (a e), si elles avaient été réelle* ment en usage? et d'un autre côté, comment distinguer l'ancienne minuscule de l'écriture mixte, si dans cette minuscule les a étaient de forme cursivo et les c de forme onciale? Sera-ce par la forme de Vf cl du g? Mais on répétera pour ces deux lettres ce qui a été dit pour les deux autres, c'est qu'elles auraient quelquefois paru dans l'écriture mixte sous la forme minuscule, si celte forme avait réellement existé. Dira-l-on que l'existence de la minuscule est prouvée par des textes? Sansdouleil exisledcstextcsqui parlentd'uno écriture autre que la majuscule et la curhvc; mais, comme dans les premières années du vr siècle on ne trouve, indépendamment de la majuscule el de la cursive, que de l'écriture mixte, il est permis do croire que c'est à l'écriture mixte qu'il faut appliquer tous les textes sur lesquels s'appuient les Bénédictins pour prouver l'existence de la minuscule. Il est bon d'ailleurs de faire observer qu'en fait , lorsqu'ils produisent des modèles d'ancienne minuscule, <>n y retrouve presque toujours les formes de l'écriture mixte (2). Nous devons déclarer
<U:is ics | LKicnci, <!:i 'oiii- III -le leur gfùitd ouvrage.
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Ml
cependant qu'on a découvert depuis In pn blicalion du Nouveau Traité de Dip'omalique un manuscrit fort curieux, dont Fumagalli a fail graver, dans ses Institutions diplomatiques, un fac-similé malheureusement fort court et d'une exécution très-imparfait Si co manuscrit est aussi ancien nu 'on le suppose, il ferait remonter au vu* ■liècle l'emploi de la minuscule proprement dite; mais il faudrait avoir l'original entre le* mains, pour apprécier sûrement la nature et l'âge de l'écriture qu'il renferme. Quoi qu'il en soit, quant à l'opinion des Bénédictins, qui, indépendamment de l'écriture mixte, reconnaissent une minuscule dont l'existence serait antérieure à Hnvasion des barbares, nous pensons qu'elle ne repose pas sur des preuves assez positives, et qu'il est préférable, jusqu'à preuve contraire, de ne pas frfire remonter les premiers exemples de la minuscule au delà du vnr siècle, à moins toutefois que l'on ne veuille changer les déGnilions adoptées, et réunir sous une dénomination commune la demionciale et la minuscule (1). »
En présence des deux opinions que nous venons d'exposer, notre choix est difficile à faire. Il est certain que les modèle* d'écriture minuscule donnés rar les Bénédictins seraient souvent aussi bien placés dans la
classe des écritures mixtes; d'autre part, l'existence, au v»r siècle, de certains caractères minuscules est reconnue En outre, si les a affectent la forme cursive dans les f :csimite des Bénédictins, ils se rapprochent nu«»si souvent de la minuscule a que de la forme oucialc. La différence sur ce point roulerait sur la courbe plus ou moins prononcée de la branche gauche de la lettre. Dans le* écritures mal formées, et surtout dans celles que les Bénédictins appellent nationales, et qui s'éloignent un peu de l'écriture romaine, on rencontre souvent des e qui seraient aussi bien placé* dans la minuscule que dans l'onciale. Quant aux lettres f cl g, on n'en trouve pas sous la forme minuscule. On pourrait peut-être accorder les deux théories en disant que, si les Bénédictins ont regardé comme minuscules certaines écritures où des caractères oncials et cursifs bAtards se rencontrent, ils se sont trop avancé* et n!onl pas remarqué qu'il y a dans le développement de l'écriture une époque de transition où la minuscule cherche à sortir des lang< s de l'enfance pour arriver, au vnr* siècle, à avoir tous les caractère* qui la constituent distinctement.
Entrons maintenant dans l'examen de l'écriture minuscule en usage depuis le vin* siècle.
N* 10. Alphabet minuscule du milieu du ix* siècle.
• En examinant cet alphabet, dit M. de Wailly, à qui nous l'empruntons, on icconnnlt d une part que les lettres c, », o, /), x, V et s, ressemblent à peu près aux lettres correspondantes de la capitale et de l'onciale ; de l'autre, que les lettres A, q, t et u ont ronservé dans l'alphabet minuscule les formes qu e. les avaient reçues dans l'alphabet oncial. Les différences de l'alphabet minuscule, par rapport à l'alphabet oncial, ne portent donc que sur les lettres a, 6, d, e, ft Ç- I , m, n, r et s.
• On retrouve dans l'a minuscule le montant principal de l'A oncial ; mais le montant gauche et la traverse se sont arrondis à leur point de rencontre pour former une panse. Celte forme de IVi minuscule se rapproche beaucoup de l'A oncial, tel qu'on le rencontre dans un grand nombre de manuscrits. Notre alphabet minuscule présente, •'eux autres formes d'o qui sn rapprochent de l'a italique : on les a reproduits d'après le manuscrit auquel cet alphabet a été émit) Eléments, de pnlA><Jrlipt,ie, t t, r>. .Mtf-Sifl. U; Ou Jouac à tcitc écriture le u.m do BnwitfoidUdon ■
THANscniPiïonr.
prunlé, pour constater que ces a, qui appartiennent, comme on le verra plus tard, à l'écriture cursi c, se trouvent mêlés souvent à l'écriture minuscule.
« Le b minuscule supprime la panse supérieure du B oncial cl capital, mais en conservant la portion de la haste qui était enveloppée par la panse supérieure.
«Quoique le d minuscule ne diffère pas moins, au premier coup d'œil. du D capital que du D oncial, cependant c'est au D capital qu'il faut en rattacher l'origine. Le d minuscule se compose comme le D capital d'une haste et d'une panse. La prolongation de la haste du d minuscule ne constitue qu'une différence légère qui ne détruit pas l'analogie des deux lettres. Quant au changement de position de la pnn>e, il s'explique par l'usage où l'on était autrefois, après avoir terminé une ligne, de recommencer la ligne suivante dan* !c sens contraire; en effet, comme l'écriture allait alternativement de gauchir à droite cl de droite. à gauche (2),
{VoifCi (•;■ mol )
si:
Mf/nOoNAillE D.: DIPLOMATIQUE CilRETlF.NNK.
il en n* u'ijit j'it ii.:n> i.-s li^ii'-s dirigé. *s de droi'c .1 gauche, !a po iion des l< Un s était relie qu'auraient les caractères d'un de nos livres réfléchis par tin miroir, et ;;ue le D se présentait sous l'.ispec! suivant, (j. Il e t bien positif d'ailleurs nue celte lettre se limne renversée de Ctile manière dms plusieurs inscriptions.
«Le prolongement supérieur de In pan^o de I' E oii. i il. eu s'abaUsanl jusau'à la barre, forme Ye minuscule.
o Vf minuscule se distingue par l'arrondissement du point de rencontre de la basle el de la barre supérieur*.
« Le// minuscule diffère du G onci il, 1* par le prolongement el la forme de la queue, qui s * courbe eu remontant vers la gaurhe; iî* par l'ouverture qui existe à gauche, dans
la barre à leur point «!o rcr.r «tre.
« Les r.ipporls d • IWI onciale et de Vin minuscule sont faciles à saisir. Elles renferment l'une et l'autre Irois jambages ; mais dans Ym minuscule le haut du premier jambage *c prolonge au-dessus du point où le se onJ jambage vient le rejoindre, en sorte que ces deux p irties sont parfaitement distinc tes C'c>t \,\ que gît la différence qui sépare essentiellement l'm minuscule de l'M onciale. Quoiijue le bas du dernier jambage de l'm minuscule se recourbe habituellement vers la droite comme dans notre modèle; cependant ce caractère n'es' pas constant. (YotfezXcs facsimilé d'écriture minuscule.)
«La traverse qui forme le caractère dislinclif de Y% capitale el onciale n'existe plus dans l'n minuscule : c'esl le secor.d jambage
le bas de la panse. Ou voit d'ailleurs que la qui vient se réunir au premier eu se recourpanse du g minuscule, au lieu d'être ouverte bant vers la gauche.
vers la droite, se trouve complètement fer- «La p uise et la queue de m onciale sont
n ée par le prolongement de la partie supé- * remplacées dans l'r minuscule par un trait
neure de la queue. Enfin on remarque dans le g minuscule une petite barre qui part du haut de la bltre en se dirigeant vers la droite, cl qui n 'existe pas dans le G oncial. Si l'ouverture qu'on voit à la gauche d" la queue, dans la panse du g minuscule, n'e>t pas un caractère constant de celle lettre ( Voyez ci-dessous fic^imile n" lî), les autres différences qu'on a signalées le distinguent assez du (i oncial pour qu'on soit autorisé à le faire dériver d'un autre g qui appartient à l'écriture mixle et dont le fpc-sjmile n* 8 fournil un movlèîe. ( Voyz ci -dessus facsim le n" P , ligne 8.) Or ce g, dont les rapports avec, le g minuscule sont trop frappants pour qu'il soil nécessaire de les indiquer, se rapproche de la forme sous laquelle on t encontre ' souvent le l' grec. Orrtc retrouva d'ailleurs dans les monuments les plus anciens de l'écri- I ne cursive, à laquelle l'écriture mixte cl l'éerilure cursive l'auront emprunté.
■ Ce qui dislingu» la lettre / dans l'écriture minuscule, c'est la courbure de la*hastecl de
qui prend naissance un peu au-dessous du sommet de la h.isle, et qui se recourbe < n s'av mçanl vers la droite. Nous donnerons à ce trait le nom de crochet, qui cependant ne p^ut guère convenir qu'à une des formes sous lesquelles se présente cette portion de l'r miuusculc. Il ne faudra donc attachera cette expression qu'une valeur purement conreniionnelle. Ain>1,encompûrantlesdt ux rde notre modèle ou pourrait distinguer dans la seconde un simple crochet, et dans la première un crochet ondulé qui se prolonge en se relevant. Ou v*»ra que ce crochet dans l'écriture mixte se recourbe souvent de manière à prendre, pour ainsi dire, la forme d'un jambage. (Voyez le fac-similé ir 8.)
«On trouve dans l'a minuscule une ha>tc dont la partie supérieure se termine eu forme de*rochet. Une porlion da côté gauche de la haste présente un renflement peu apparent dans uolre modèle, mais qui est souvent caractérisé d'une manière très-sensible. On désignera ce renflement sous le nom de sailtie.»
IVrlaflVrmeiU île l'écriture minuscule.
N* 11. Ecriture minuscule d: la fin du vin* siècle. Bibl. du Louvre: vis. des Evnngiles de
Charlemagne. ^7-8 du dernier cahier.
Î3oc ojsur easMuw frxnA* $rpn*r Ccpt^wr forcer
jZe^regurr) Jor?î nnr &fîor%( x fwer&c wcum A^T&?rc:>
ECU
eca
TDAN&CltimOlf.
Hoc opus eximium Francho
rum scribere Carlus, Ri x pius, egregia Hildgarda cum conjure jussil.
Quorum salvilico tueatur nominc vilas Rex regum dominus caclorum gloria Chrislus.
Ce fac-similé a été puisé par M- de Wailîy dans le magnifique volume di-s Heures «le Charlemngne, écrit par ordre de ce princo et de la reine Hildegarde, comme il est dit dans la pièce de vers. 11 résulte de différente* annotations qu'il n'est pas antérieur à l'an 781 ; et comme Hildegardu est morte le 3o avril 782, il ne peut être postérieur à cclto date.
Ce modèle, dit M. de Wailly , renferme deux sortes d'e.Te minuscule, qui est facile à reconnaître, et l'e allongé, qui participe à la fois de la cursive cl de l'oncialc. Au lieu du o ordinaire, on peut remarquer au commencement du mot Carlus, dans la seconde ligue, un c à panse brisée qui est emprunté à l'alphabet cuisit. Les deux points et la virgule qui suivent le mol Carlus se retrouvent à la fin de chaque vers, et par conséquent Us ne
Septies cxplctus fuerat ccnlissimus annus, oclses in decimo sol « unique
enenrrerat nnno, Vx quo Chrislus Jésus saecla beaveral ortu, Exuerat lolum et tetra caliginc mundum.
de ponctuation qui soient en rapport avec le s.ms. Indépendamment do l'a minuscule, on trouve dans la troisième ligne, à la fin du mot egregia, un a cursif composé d'un double c, et dont la forme pourrait embarrasser dans d'autres passage*. Il faut remarquer, dans la cinquième ligne, la liaison de Vs cl de l'a, au commencement du mol snlvifico • elle se présente encore nu commencement du mot saccla dans la cinquième ligne de la seconde colonne. Deux lignes plus bas on trouve un ex-mpledc l'emploi du signe v dans le corps d'un mot : c'esl un usage qui a duré longtemps dans la minuscule, el avec lequel il faul se familiariser. Nous ne voyons riend'ailleurs qui puisse arrêter dans ^déchiffrement de ce fac-similé, dont presque tous les mois sont séparés cl dont l'écriture est nettement tracée.
doivent pas être considérés comme des signes R« 12. Ecriture minuscule du milieu du ix* siècle Fragment de ms. Archives de l'Yonne (I)-
TUAÎÎSCniPTIOIf.
Quia multi dico vobis quœrunl ialrare et non poterunt. Quaerunt inlrare salulis amore prorocali et non poterunt ilineris aspcrilale delerriti. Qaac.unl hoc ambition o praemiorum, a quo mox laborum timuru réfugiant, Non quia jugutn domini asperum aut ouus ejus est grave.
Ce fuc-simitlc se distingue par l'espacement des lettres et des mots, quoiqu'il y ail encore quelque indistinclion. On y rencontre des caractères qui se rattachent aux au'res genres d'écritures. Lésa ont un air oucial, (particulièrement le second de la o* ligne); il en est de même de l'N du mol Non (G* ligne) et de quelques autres. Le deuxième a d'asperitate (!»• ligne) est ouvert par le haul et ressemble a deux c. LV du mol laborum (lr ligne) affecte la forme d'un 2. Elle ne se mutin La dimension de ta justification a obligé du mettre ce foc $imilc en sept ligues, taudis que dans l'origin»! il
lait qu'après les o. Celle leltre est dérivée do TU capitale, dont elle reproduit la panse el la queue, mais en donnant à ce dernier Irait une direction horizontale qu'il avait quelquefois dans les siècles précédents On Irouvc
dans la
ligne
le signe « servant a com-
poser le mot delerriti, et la syllabe quœ du mol quœrunt (1" ligne), figurée par q surmonté d'un Irait el suivi d'un point et d'une virgule. Au reste les signes abrévialifs se montrent déjà assez nombreux ; outre les
n'en forme qnc quatre.
précédents on y voit la syllabe pro ilans pro- un petit o ouvert par le bas, placé au-dessus
vocatif' ligne, Ggurée par un p donlla panse dç et pour ejus. Le reste du inanusrril où ce
se prolonge bien au-dessous de la liçnft par fac-sirile a clé puisé renferme encore d'au-
une courbe qui coupe la queue; le tr.til horl- 1res signes abréviatifs plus usités au xir siè-
zonlal de l'abréviation de l'nt dans plusieurs clf qu'au ix'. mots ; le métnc trait placé sur l'ë pour est ;
N" 13. Ecriture minuscule de la fin du x* siècle. Fragment de dictionnaire, Archives de l'Yonne.
G «User* e**\Let*yamert aur* yctrAnrç eoiéucrt fJLucfkre cruerc iocofcllcrc
JLfftfl mon* ^xut^znerJtfhtair <rÀfvxtjfuf £ oulu. r ri uiacJu ncT Ai rrtxAdjsrkàxrnins ucAj^u.
TRANSCRIPTION
Educerc, cvellere, eximere, eiccre, extraherc, emoverc, subverterc, cruere, locopellero.
Eduril lempus, prolrabil, prolalat, ampliat, procraslin.il, diflerl, uioratur, lergivcrsalur, mor.is nectil, trabit lempus. Educla, elevata. Edurunl foras ciciunl Edulai, rybo vel acsca, ab aedondo dicta. Edulia, alimenla. Edulia quœ manducantur. Edulia cybi, quia eduntur, alimenla apla ad mandneandum, EJulium, nianducaiionem.
Ce fac-similé est dû à une m.iin exercée, dans subvertere (2' ligne) et differt (4' ligne)
on n'y rencontre qu'un petit nombre de diffj- sont reliés l'un à l'autre par un (rail qui
ruliés, quelques mots indistincts; les abré- part delà léle de IV et qui, Taisant une courbe
\ i.itions des mois moralur, tergiversatur et anguleuse, retombe droit sur le /. L's cl le t
de plusieurs autres mots sont placées sur la sont reliés de même dans procrastinat, 3* li-
It'llrc finale. Remarquez la conjonction de gne; seulement ici la courbe est arrondie,
fuel du / dans les mots educunt, eiciunt, 5' Cet usage durait encore dans les imprimés du
I gne; elle rappelle cet usage des plus an- xvm* siècle pourcesd'ux derniers caractères,
cirns manuscrils. L'œ est remplacé deux Enfin l'y de cybo (6* ligne) et de cybi (8* ligne -
l'ois par l'e à cédille da,ns cdulœ ei <p«ca,G' li- ressemble à un r, mais on a eu soin de le
gne. L'id>icpre(lr,ligne)rtd,e{'cMm/(5'ligne) marquer d'un point pour le distinguer, f'ail seul la fonction du la syllabe ji. L'rcl le t
N* 1 5>. Ecriture minusculedu commencement du xi< siècle. Bibt. royale, fonds Sorbonne, ms. n»7o«.
Yod muUtimtw infcrynf &cAcn«? iiréltntxmm?
WXC ttett^u* <mp^ fûfccj»tmitf \*men f àxc< «yf cttTiiomttt fcomllf fâ m lltA kocfmr, <pwiC
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l*o<U mullum vero m se ri pli s exccUenliœ vcslrac invenimus Ut cum lat 'ania ad beati l\ tri cccicsiam portari dchuissent ; quod idiMi minime fulum est, quia, sicul pratlixi, A ii t«* vêla quarn scripla suscepimus. Tamen pta? liciu» vir cum omni douius familia vestr ic lu»c f cil qu te nus faccre cum clcro voluisli*.
Ce fac simile est reproduit d'après M. de fin du mot prœdietus (V* ligne) a pris la Tirmc Wailly, qui Ta puisé dans un manuscrit ache- d'une apostrophe ou d'un c renversé, au lieu vé en l'an 1009. Il renferme plusieurs a en de celle d'un g, qu'elle présente à peine au forme d'u qui se rencontrent quatre fois dans moiinvenimus [l" ligne). Le mol vir, au cmnla diphtongue œ. La même forme de lettre se mencement de là quatrième ligne, contient retrouve dans le mot ecclesiam (2* ligne). Il une r dont lahaslc, extrêmement prononcée faut remarquer la forme singulière de IV cur- et recourbée parle bas, a la figure de l'y tel sive qui est liée au / du mol porlari; nous qu'il est tracé dans plusieurs manuscrits, en avons déjà vu deux exemples analogues D'autres r, sans être aussi prolongées par lo dans le fac simile n" 13. Les mots prœdixi et bas, pourraient donner lieu à la même obscrprit die lus (3* et V lignes1, ont leur première val on. linfin on remarquera dans le se nnd syilabc complètement séparée des deux der- mot de la dernière ligne un e allongé, dériié nières, et figurée par unp surmonté d'un Irait de Ye cursif. abrévialif. L'abréviation des lettres us, à la
N" 15. Ecriture minuscule des années 1027 d 1033 et 10C0. Bibt. royale, fonds Saint-Germain
latin, n* k3k.
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TRANSCRIPTION