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GENEALOGIA REC.UM FRANCORUM

Hîudovico quoqnc defuncto, Francorum proceres Super se regem elevavcrunt Hugonem, qui fuit lilius Hugonis magni dueis. Hugo vero rcx genuit Rolhcrtum regem. Rolberlus rcx genuit Hugonem, Hugonc defuucto, pâtre supcMite, elevalus est Heynricus rcx frater ejus pro eo.

Qui in regno confirmalus accepit neptem imperatoris Hanrici ex qua filiara

L'écriture de ce fac-similé tranche par sa serviront suffisamment pour aider au déphysionomie générale sur les f c simile des chiffrement de ce modèle. Un signe de ponrsièclcs précédents, sans avoir néanmoins tuaiion qu'on pourrait confondre- av«c une rien de bien différent, si ce n'est les abrévia- abréviation se trouve placé aprè* le mot de lions. La minuscule capétienne en contient functo (2' « t C' lignes). C'« si à partir de la 8' Je p!us en plus, à mesure qu'on avance ligne quo commence la partie du fic-simtle dans la période de sa durée. Les remarques dont M. de Wailly place la date vers V» oui été failes à l'article Adrèmations l'an 106'J.

:i' ni.rno.NNAiiiK uv. dji»lo.\i\t:oi'e cur.ETiENNE. ôî»

N" 10 Enitwc a innsculc du milita du su* siècle. Bill. d'Auxerre. Ms. n'67, conl<nnnt lu

aphorismcs d'Hippocrute, avec annotations.

TniJiscniwiojr.

Texte principal.

Quibuscunquc torlioncs cl circi umbilicum dolorcs cl lumbos dolor non solulus, ncquc a farinants, ncque aliter, in ydropcm siccum perficilur. Quibus ventres licnîcrici lll hyeme, superius medicari maluin est. ,

Notes.

Post islum affcclum medicari debent isli duo colloqueri. — Prcdicla sunl nolanda que diximus et eiiam locus egritudinis.

— Non lantum dolorcs et torlioncs

Circa umbilicutn minuunl inferiorcs purga'ioncs scilicet ctiam ventres licnîcrici.

Ce fac-similé présente la minuscule cape- également un, ce qui est assez rare. On ûl tienne dans toute sa pureté. Le texte princi-. un fréquent usage des accents daus les sicpal renferme un certain nombre d'abrévia- clos postérieurs.

lions, non - seulement formées de signes L'écriture des notes est extrêmement fine, nbréviatifs proprement dits ma's encore de et cependant très-lisib c. On remarquera lettres supérieures qui tiennent lieu d'une l'abréviation de post (premier mot de la 1" ou plusieurs autres lettres. Voyez (/uibus cl ligne)*, celles des mots et clium (3 ligne), la circa de la première ligne. De nombreux si- première formée par une espèce de 7 sépaie gnes de ponctuation s'y rencontrent égale- de la seconde par un point, et cel e-ci, qui ment, ainsi que deux accents sur les t de n'a qu'un trait supérieur de plus que cellefarmaciis (2* ligne), pour les distinguer de Vu. là. Voyez encore le mol effem, à la fin de la L'a qui précède ce dernier mot eu contient 7* ligne. %

N" 17. Ecriture minuscule du xnr siècle. Bill. d'A .xerre, ms. n* 1 bis, Bible, livre de Jvb.

Ab omnipoientc non sunl nb condila (empora. Qui aulnn noverunl eum ignorant die» illius.Alii lermiiiui Iransllflei uni, diripuerunl greges et pav< ruul roi. Asinaiu pupiUorum nbegerunl cl abslulerunt pro pignore bovem vid iac. Subvertcrunl pauperum viam et oppresserunt pari l r mansueto. terrai. Alti quasi onagri in deserlo egrediuntur ad opus saura vigilanlesquc ad praîdain praiparanl pancm liberis. Agrum suum demclunl, et vineam ejus. qnem \ \ oppressennl, vindcmi.ini. Nudos dimilluul homines indum.nta....

La forme générale des lettres de ce foc- examiner plus particulièrement ce molèlc-

r imite tend vers l'écriture gothique. On y — Première lime, 11 n'y a aucune difficulté I

trouve presque tous les d «le forme onciale. comprendre les signes d'abréviations. —

Remarquez les lettres capitales A (1" ligne) Deuxième ligne. Le premier mot, lempom,

et N (dernière ligue), où le gothique se mon- est repré-ènié par tepn; un petit trait Ircn:-

tre sensiblement. Les abrétia; ions sont nom- blé surmonte l*e, cl le p a la quene barrée,

hreuses dans ce fac-similé; nuis on re- Au est pour (.utem; eu, suivi d'un point,

marque qu'elles affolent principalement la pour eum ; les autres mots abrégés se IfceM

lorme d'un 7, dont la lé le est plus saillante facilement. — Troisième lijne. Le premier

nue la queue : c'est soi lotit dans les finales signe abréviatif du mol transtulcrunt se

que cette figure es! employée. N jus allons co .fon.l avec l,i queue du tj de la ligne sujie-

: r. * ri r.

rieure; entre r> mol et le suivant sont un poinl el une virgule; In conjonction et csl figurée par nn 7 coupé d'une? ,>« lite barre ;iu milieu de la qncue. — Quatrième ligne. L'abréviation rum dans pupilloritm es! formée d'une r semblable à un 2 dont la queue est tranchée d'un trait; et a enrore la figura d'un 7. Les autres abréviations sont faciles à déchiffrer. — Cinquième ligne. L«>s p des mots pauperum, oppresserunl et pariter sont marqués de signes abréviatifs qui exprimenl des lettres différentes : dons pauperum, le p barré horizontalement signifie per, lorsque plus loin, figuré de même, il c*t mis pour par dans pariter; portant sur la té e un petit c renversé, il remplace la syllabe pre dans oppresserunt. — Sixième ligne, Le t ahiégé qui commence la ligne est la fin <i i mot pariter; le mot feovr-est formé des trois lettres tre, surmontées d'un petit 7; le mot <7»'m affecte une forme très -usitée dans les manuscrits du xtir sièc'e : gi avec un a supérieur; egre li tntnr est abrégé par un trait horizontal placé sur Pi, qui lient lieu de un, et un antre sur le t, qui est l'abrégé de ur. — Septième ligne. Le mot opus < sl abrégé par un signe placé sur le p, et qui devrait avoir la forme d'un 9, comme dans illius (2* ligne); gîte «si formé d'un g suivi d'un signe bien connu pour servir à celle sorte d'abréviation ; préparant : ce mot présent.' les 4enx espèces d'abréviations que nous avons remarquées aux p do la or ligne. — Huitième Hijne. Il n'y a rien qui ne se soit présenté plus haut. — - Neuvième ligne. Le mot homines i-sl abrégé par un signe q<i est également employé pour exprimer d'autres svllabes bien différentes : d'où il suit que êhaquo écrivain adoptait souvent certains signe» généraux d'abréviation qui lui servaient ic plus souvent.

Age de l'écriture minuscule.

Kous avons vu plus haut, à propos de l'ortgine de l'écriture minuscule, que les auteurs diplomalisles n'étaient p.:s d'accord pour reconnaître son existence régulière avant le vitr siècle. Depuis celte époqu;-, que lis Bénédictins appellent époque de renouvellement (l),nous voyons la minuscule se développer et se soutenir sur le même pied jusqu'à la fin du x* siècle; mais alors il s'y manifeste des modifie liions sensibles : la forme devient généralement plus droite et f>los serrée; on y remarque, surtout dans les di|]!ÔTii05. des traits allongés et sinueux. La minuscule, dans sa première phase, se

(I) t C'est a Charlemagne que savants au ibuent î«'t.r IVdintiire ce ehainp'iueut. Selon I). Halu.l.hi, ce f nad iiit-naïque tl«a:ig.j les anciens caractères, qui s vrnt dégénéré, en cette sorte «l'écriture si nette et si ').-hiicte qui Irsyi 1a cheml i aux caractère d'impri. :><-ne. D'abord Charlcu agno ordonna <|u"o:i apportât ses mmiis pour éi rire rorrei t -moul ; que chaque «"•'fciue, chaque ahbé, chaque coiulc aurait un notaire secrétaire pour celte fonction ; que lorsqu'il s' Rirait t[-- copier les Evangihs, le Psautier ou le Missel, on se " ivirïii jc |a niaju ieuumnics ,pun ^g - parlait, qui lo a\«^c nu soin ealfôiue. De l'aULVOiiîti à hien or- •'•griphicr, njunte l'abbé D sfonlairips, d'après i). Rivet, *•« issu à celle «Je bien peindre les l ai aeicres , et bieriau heu «le caracièr.-s mérovingiens qui étaient [*-«•*- S:<- iurbsros, on Qt revivre le peut caractère nciuia

KM

riistinpne sou- nom «te Caroline ou carhvin /ienne, et dans s i seconde phase, sous celui de cipétienne.

« Mais, disent l« s Béné lictins, à l'exception des traits élancés, qui se rencontrent dans les diplômes plutôt que dans les manuscrits, la même minuscule règne, dans les uns et dans les autres, jusqu à Philippe- Auguste, ou même jusqu'à saint Louis. litic se soutint dans sa b aiité \ end i ni les x -t xr siècles et plus de la moitié du xir; sur* son déclin, cl!e s'obscurcit, se serra et devint . nguletise; vers le milieu du xnr siècle, eMe dégénéra en gothique par divers degrés' De tous les siècles, le xr cl le xir sont « eux où la minuscule capétienne eul plus de cours dans les actes de toute espèce, non seulement en Franco, mais encore en Angbhrro et en Allemagne; elle n'y fut presque plus d aucun usage, surtout après les commencements du xnr siècle. Quoique aux deux sièc'es précédents elle soit presque la même dans les chartes cl les manuscrits, elle est communément plus simple et plus régulièie dans ceux-ci (2). »

La similitude des écritures minuscules des ix*, x' el xr siècles est un fait généralement reconnu; quelques auteurs ont même avancé qu'il était impassible de les distinguer entre elles. Les Bénédictins ont réfuté celle erreur en répond ml à l'abbé Desfontaines , qui la soutenait en prétendant s'appuy r sur l'au tonlé de D. Ma lui Ion.

« Nous ne prétendons poinl, disent-ils, donner un démenti à l'abbé Desfontaines : mais il nous aurait fait un grand plaisir s'il nous avait appris en quel endroit de la Diplomatique D. Mabilîon a parlé de la sorte. Ln supposant le critique en règle, notre bénédicliu n'aura pu avoir en vue que? le caractère minuscule Irès-usilé durant les ix x; el xr siècles. En « ITct, sa forme parait d'abord assez semblable ; mais quand ou l'examine de près, on y découvre bien des différences. Il faut encore ajouter que parmi les espèces de minuscules il s'en trouve une petite el sériée, dont il est plus difficile de dire auquel des trois siècles mentionnes elle doit appartenir. On peut néanmoins saisir bien d s disparités propres a faire ce discernement. Au ix' siècle, les conjonctions (3) des lettres ra, re, sont encore assez fréquen les : on n'en voit plus au x< à l'exception des et el de st. Les jambages supérieur* des 6, h, k. /, se trouvent encore assez sou veut, au ix- siècle, formés eu battants (5)

inronnn alors à Hume , où l'un se serrait de caracnVi»* lombards (Vst aux mutins «le Sanil- VandriHe «fii'.Mi

«•si rr.lev.il.ie «I" 'a réiorniaM..» -.1 s caractères » (\ouir Traié ,1c Diplo i nlique, t. li!, [». r,->'i j (ij Nouveau Traite de Diplintatique, t. Ilf. p 386 13) On «luit eiiteuare ici |>.ti coni.i.n nous de h lires seulement des liaisons plus pr<ni!iULV«'s que de Diminue.

(tJC'ite <'hs.Tv:.i!i>n est «;x,icle eu thèse générale; mais elle admet quel pies exceptions même au n' siècle' scion M. de Wjilly.

Par jsmln^'es supérieurs il faut entendre t» haut «le la hast.' ilé-s li-lin *l>, d, h, li, l ; miiu, ni l'extrémité supéri. ure «le cette buste est 1 1 s loi-io que ie. milieu ri ri e. î-e.tie un renll' ment que I s lien "eicttns np elle:. I «k.< t fftV. 5-,;'.: H' as !hrn\< ,v; (.< :,,

T,i7 DIOTi.)NNAi:iF. de

dans beaucoup de manuscrits : dans ceux du x' its sont rares; dans ceux du xr, ils se Icrininent ordinairement en pointes rabattues, cl quelquefois en fourche. Les s cl les ^,«au tx*, se divisent communément en deux branches, dont la plus courte s'élève en haut du côlé gauche; aux deux siècles suivants, celte branche est presque toujours abaissée, et ne manque guère, au xr, d'être en angle aigu, dont l'ouverture regarnie presque vers le pied de la lettre. Au ix' siècle, on rencontre nombre do encore ouverts en dessus : ils ne paraissent plus guère même fermés aux x' et XIe (1). Plusieurs manuscrits du dernier ont beaucoup de t dont la haste traverse la lôte : tandis que ceux des deux précédents gardent bien plus régulièrement la figure d'une * couchée cl renversée sur le haut d'un c qui lui sert d'appui. Au ix', les pieds des m cl des » sont souvent tournés eu pointes obliques ver» la gauche : celte obser?alion n'est presque point applicable aux siècles postérieurs; el quand elle l'est, ordinairemeul ce caractère se soutient mal.

« On peut Taire beaucoup d'autres remarques semblable* sur la différence de la minuscule de ces trois siècles. Mais qu'importe que leur minuscule puisse être confondue, si les manuscrits portent d'autres indices qui Ici feront sûrement reconnaître? Or ou y réussira sans peine avec le secours des titres, des lettres historiées ou grises, des écritures majuscules el do grand nombre d'autres caractères, qui ne permettent pas que les manuscrits de ces trois siècles puissent être confondu*. Par exemple, los abréviations, quoique assez fréquentes en quelques manuscrits dès le ix', proportion gardée, le sont moins qu'au xr; au xr, elles se multiplient encore davantage. Les accents "se montrent, au xr, souvent sur les deux t : ce qui n'arrive presque jamais durant les deux précédents. La majuscule du xr renferme communément un si grand mélange de capitale et d'onciale, qu'il semble qu'on ne savait plus les distinguer : leur figure devient d'ailleurs fort hétéroclite (2). »

On pourrait apporter de longs développements à l'appui de ces observations ; nous nous bornerons à signaler quelques faits saillants : les caractères généraux de la minuscule du ix' siècle sont surtout dans la forme des caractères, qui affectent des contours larges et arrondis; beaucoup de lettres se rattachent encore à l'écriture onciale , comme les a, les e cl les n; l'espace qui régne entre les lettres n'empêche pas que les mois soient encore indistincts; les a cursifs, ouverts par le haut, sont souvent mêlés avec les a minuscules ; et la diphthongwc œ est presque toujours distincte (Voyez le fac-similé u* 12).

Les nuances qui distinguent la minuscule du x' siècle de celle du ix' sonl, comme nous l'avons dit précédemment , difficiles à saisir : on peut s'en assurer par le fac-similé

(t) O princi|'<\ qui n'est jus c<né «l'une minière :.t»soluo, <Joi» ci»|MMulaul. «rlmi M. Ut» Wailly. etro. rmisi lt rc cuuuitc exact, maigre tes cvcc^U «us 'juj'rcuîcrmou! i iol-

UTIUIE CHRETIENNE. Ô:s

n* L'J. Cependant, tout en conservant les caractères de la minuscule carlovingicnne, ce modèle n'a plus d'à cursifs; la pause des a minuscules s'arrondit; les hasles, quoique renflées dans leur partie supérieure, le sont moins généralement; les lettres se resserrent el prennent une position plus verticale.

La minuscule du xi" siècle est distincte de celle des temps antérieurs ; cependant « n rencontre des cas qui prouvent que la paléographie n'admet pas de règles absolues. Le fac-similé n* li, que nous avons reproduit d'après M. de Wailly, quoique appartenant à un manuscrit ayant date certaine, cl du commencement du xr siècle, n'en présente pas moins les principaux caractères de la minuscule du ix' siècle : Va cursif mélangé parmi les a minuscules, la distinction de la diphihonguecr,etc. Mais toutefois l'aspect général el ces lettres étroites et rapprochées ne peuvent laisser d'incertitude; el il sufljt, dit M. de Wailly.de jeter un coup d'œil sur c fac-similé ponr reconnaître qu'il ne peut appartenir au ix* siècle. Il est dû prut-élre à la plume d'un écrivain âgé, qui aura conservé, nu xr siècle, les traditions principales de l'écriture du siècle précédent.

Los caracièrcs propres au xr siècle se déterminent plus aisément dans le fac-similé n* 15 : les lettres sont anguleuses cl étroites; les hastes des lettres 6, d, h, /, se terminent presque toutes par des traits fourchus; des saillies anguleuses parlent du pied des lettres el se dirigent vers la droite (ce qui a lieu surtout dans les m, n, r, * de la dernière ligne. Le crochet de IV n'est plus ondulé; au lieu de se prolonger vers la droite en se relevant, il s'arrête après s'être courbé une première fois, ou bien, s'il se rattache à la lettre suivante, c'est seulement par une liaison accessoire.

Au xir siècle, la minuscule présente une grande régularité; elle est légèrement inclinée vers la gauche, cl les bases et les sommets des lettres à montants et à hastes sont ordinairement coupés par un Irait plus ou moins aigu. Dans la plupart des manuscrits, cette écriture se soutient el conserve des formes très-nettes, quelle que soit sa finesse, et sans que 'es lettres empiètent les une3 sur les autres. Les litres di s chapitres sont traces ordinairement en grosse minuscule, au lie u d'être eu capitale el en onciale, dont l'usage diminue peu à peu (Voyez le fac-similé nMo).

Au xiir siècle, la tendance au gothique est sensible : les lettres se rapprochent tout à fait, se confondent el deviennent anguleuses ; les lettres grises se chargent d'expansions et de traits contournés ; les i sonl accentués assez régulièrement, el les abréviations dcv.cnncni multipliées (Voyez le fie simile W 17;. Pour retrouver la minuscule pure, il faut descendre jusqu'au commence nient du xvr sècle : on voit alors, dans quelques manuscrits, les beaux cararlèn* ilalieus dont nous donnons un échantillon, qur-s manuscrits.

(2) Souvenu Traité de Diptomllque , t. Il, p. «Ot et >0ï

ECU

ECU

N* 18. Minuuule romaine renouvelée de Van 1519. Bibliothèque du roi, ms. n* 7fc83 , ançim

fonde français, in-folio.

S atutne Jefpuys U ii'durAïufcjiieiau/ &fe{*embre fct* retrogyttk

TRANSCRIPTION

Salarnc dcspuys lo 22* avril jusquezau 9* de septembre sera rétrograde.

Cette écriture a beaucoup d'analogie arec nos caractères typographiques. Elle présente aussi avec la minuscule du ix* siècle certaines différences qu'il serait peut-être difficile d'expliquer lettre par lettre, mais qu'il est cependant aisé de saisir au premier coup d'œil.

Ecriture minuscule diplomatique.

L'écriture minuscule diplomatique, tout en conservant la physionomie de celle des manuscrits, a pris dès l'origine les traits allongés des queues et des hasles des lettres cursives. C'est même là un des caractères qui la distinguent de l'autre depuis le x* jusqu'au xiii* siècle. Quand la minuscule diplomatie queestpuredetoutmélange,dit M. de Wailly, on n'y trouve pas d'autres lettres que celles qui appartiennent à l'alphabet minuscule; mais il arrive souvent qu'elle emprunte quelques caractères à la cursive, sans toutefois cesser de se rattacher dans son ensemble au

genre minuscule. La distinction des lettres.

aui influe sensiblement sur l'aspect générai ë celle écriture, est un motif déterminant pour y rattacher tous les diplômes où ce caractère domine, lors même qu'on y rencontrerait de temps en temps quelques lettres nppartenant à l'alphabet cursif. La forme des signes abrévialifs, qui y est plus compliquée que dans les manuscrits, n'est pas non plus un motif pour placer ces pièces dans la cursive.

Déchiffrement.

Ne pouvant donner au fac-similé tous les développements qu'on pourrait attendre dans un traité spécial, nous ne reproduirons pas do modèle d'écriture minuscule diplomatique carlovingiennc, semblable à celte des manuscrits, ce qui d'ailleurs n'apprendrait rien de plus que les fac-similé n* 12 et 13. Il suffit de savoir que dès le milieu du vitr siècle on en trouve des exemples (1).

N* 19. Minuscule diplomatique du ix* siècle. Diplôme de Charles le Gros, de VanBSG, adresse à un seigneur nommé Bernilo. Archives de VYonnet fonds du chapitre d'Âuzerrt.

(1) Fojex, d»ns le locne III

Diction*, db Diplomatique.

de Pepln de l'an 708.

su

TRANSCRIPTION

Data y kalcndas novctnbris , anno incarnalinnis Domini occclvxxm, indictionc nu , anno. ioiperii piissimi imperatoris Karoli in Ilalia vi,in Francia t, in Gallia n. Actum Parisius, in Dei nominc féliciter amen.

Co fac-similé ne forme qu'une seule ligne sur le diplôme original. Tous les a ont la forme cursive et ressemblent beaucoup à des u; cependant on ne confondra pas ces deux lettres si l'on fait attention que la dernière porle ses jambages inclinés vers la gauebe comme «lans novembres première ligne, cl parisius troisième ligne, tandis que les a obliquent vers la droite comme dans le mol data de la première ligne. Les deux premiers c de la date dccc... pourraient être pris aussi pour des a si l'on n'avait égard à la place qu'ils occupent. Les c ont tous la forme cursive de ce temps ; ils sont surmontés d'un long trait recourbé par le haul et qui forme une haste comme celles des d, f, A, t, /. On remarque cependant que l'extension démesurée des hastes de ces lettres n'a rien changé à leur forme essentielle. L'e est toujours cursive. Voyez novembris (première ligne), indictionet

imper ii, (deuxième ligne) etc. L'o reçoit la figure d'uu d dont la haste serait tronquée a fa naissance. 11 est tracé en sens inversedes o dn corps du diplôme oui ressemblent tout a fait à des 6. L'r et \'s prolongent leurs hastes bien au-dessous de la ligne. Le crochet de la première s'écarte de la haste do manière à donner à celte lettre la figure d'un y ; IV du mol Karoli, deuxième ligne, relère son crochet en saillie aiguë qui retombe ensuite sur l'o donl le côté droit décrit on trait incliné sur la droite. Les abréviations sont placées assez haut au-dessus de la ligne, et quelques-unes coupent les hastes des lettres; celle du mol novembris affecte la forme d'un x cursif. Il y a quelques traces de ponctuation, le poinl esl employé pour la virgule, el la phrase finit par quatre points superposés deux à deux.

W 20. Ecriture minuscule diplomatique tirant $ur récriture lombardique. Diplôme de 'le Simple de l'an 902, en faveur du chapitre aVAuxerre. Archives de l'Yonne.

U>7t Jem n j* (jiçrutfoc otm urj-um

Charles

rmot

7?Kfn

GGC&rn

Uir fier

TRANSCRIPTION fl).

Regalem in co exercemus dignitalem verum etiam aelerne retribulionis praemia inde nobis augmentai liquido credimns. Quocirca noverit.

Ce modèle d'écriture est remarquable par descend sor la gauche au niveau de la ligne

Pcspareineni des lettres el des syllabes. Les Les deux premiers e à'exercemust celil

ii, les t sont tirés de la minuscule lombardi- d' etiam (première ligne), el le premier i'ater-

que. Les premiers sont formés par deux c ne (deuxième ligne), ont une double panse

réunis par le bas, el ouverts par le haul; les ou une boucle supérieure séparée de la panse

seconds ressemblent pins à des a cursifs qu'à inférieure par une barre, comme dans la

des t, tellement la barre en est recourbée et cursire diplomatique. On remarque encore

(l) Ce foc-sUnUe fait on peu otoint d'une ligne sur l'original.

553 ECI\ FXR 33i

le prolongement dos liasles des d, des * et mots exercemus (première ligne), credimus des r au-dessous de la ligne. L'y affecte la et Quoeirca (troisième ligne). Il n'y a pas forme d'un dcursif;sa panse se prolonge du d'abréviations dans ce fac-similé et on n'en rôté droit jusqu'à former une longue haste. trouve qu'un très-petit nombre dans le reste Les c prennent la forme cursive; Voy. les delà pièce.

N* 21. Ecriture minuscule diplomatique capétienne. Diplôme du roi Philippe l'r en faveur de l'abbaye Sainte-Colombe de Sens. Archives de l'Yonne.

xt

TRANICR1PT10K.

S. (signum) Frederici dapiferi,S. Horvei magistri' pincernarnm , S. Hugonis camerarii, S. Adelelmi constabularii , 8. ArnulG abbatis cujus petitiofuit

L'écriture de ce fac-similé a beaucoup d'analogie avec celle du n° 15, manuscrit du xr siècle. La forme des caractères est toute minuscule. Les e sont tracés d'une manière particulière: un trait vertical Ggure la panse à laquelle est ajoutée une boucle et une barre. Les s onciales, qui désignent le signum tracé de la main du chancelier, sont traversées donc barre recourbée des deux bouts. L'F

capitale du mot Frederici (première ligne), l'A d' Adelelmi (troisième ligne), et d' A r nui fi (quatrième ligne), ont une forme rustique qui indique le peu d'usagequ'on faisait alors de la capitale. Celte écriture n'offre au reste aucune difficulté de lecture, si ce n'est peutêtre dans le mot pelitio (quatrième ligne), où les deux t, joints par la barre au deux i, représentent comme deux a cursifs.

N' 22. Ecriture minuscule diplomatique du xir siècle, semblable à celle des manuscrits. Archives de l'Yonne an 1157, fonds de l'abbaye des Echarlis.

jn nomme & #ui<Wlur mtu£a£uCQo \)u$> Si (ètummiîs 4tcl>iej5e wtum kt\ù ùm tarif cfjn

TRANSCRIPTION

In nomine sanetc et individuc Trinitalis, Ego Hugo Dei gratîa Senonensis archiepiscopus, notum facio lam ruluris quam prescnlibusquod HatocognomenloBarata de Castro Hcinaidi.

Ce the-simUe ne présente presque au- remarque aussi la forme singulière de l'a du

cune différence avec la minuscule des ma- mot Ego (première ligne), dont la panse do

nincrils.si ce n'est que les hasles du 6, du d forme onciale se courbe dans le haut et est

et de \'h font un peu plus élevées ici. Oa fermée par un trait relevé.

f)I .TlONNAirtn DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE.

N' 21 Ecriture mimueute diplomatique de l'an 1160. Diplôme de Louis le Jeune an ch pitre

Saint Etienne de Sens. Archives de l'Yonne.

tj MM : tvmST-

TRANSCRIPTION

In nomine sancle Trinilalis Eg) Ludovicus Dci gratia Francorum rcx. Quoniam in cmnihus fore conlrartihus varia

» est etfnllax humana condilio; notum facimus presenlihus el lu m ri s quod

Data per inanum (Monogramme : Hlvdoyicys) Hugonis caucellarii.

La première ligne de ce fac-similé est en du mot H ludovicus {Voy* l'article Mohoécrilure allongée ; nous l'examinerons quand nous en serons à celte forme de caractères. La minuscule est chargée de traits prolongés et d'abréviations dans le reste du modèle. — Deuxième ligne. La Ici ire /. sigle de Ludovicus, a sa barre formée d'un trait courbe qui prend au-d. s>ous de la ligne. Le q de Quoniam a un aspect bizarre; il ressemble à la même lettre placée nu commencement du fac-similé tv 15 (Voyez ci-dessus ). Les abréviations sont nombreuses, et une partie des signes affectent la figure d'un k au sur siècle, comme sur le.» mots Dei, gratin, quoniam, etc. ; si ce n'est que les queues sont plus allongées. D'aulrcs signes ressemblent à un 9, (l'oy. les mots omnibus contractibus, cl dans la troisième ligne facimus, pre* senlibus), et tiennent lieu de la syllade us; cependant le même signe placé au commencement du mot contractions représente la syllabe con (Voy. au surplus l'article Abréviations). Ladernièrc syllabe du mol Francorum est marquée par un r en forme de 2,

ghamue).

Age do la minuicnle diplomaliqu».

L'a cursif, dit M. de Wailly, s'est maintenu beaucoup p'us lard dans la minuscule de* diplômes que dans celle des manuscrits.

Celte remarque se vériGe par l'examen des fnc-simile n* 19 cl 20, où l'a minuscule est loul à fait inconnu. On y trouve le c à panse brisée et élancée, l'o semblable à un G à rebours, el le t dont la barre so recourbe à gauche vers le pied do la haslc. Tous ces caractères se rattachent à l'écriture cursive. Qiand ces diffiérvales- formes de lettres, ajoute l'auteur nue nous, venons de citer, concourent dans la minuscule diplomatique avec des r el des s, dont la hasle ne dépassa point le bas de la ligne, on peut faire remonter au ix* siècle l'âge du diplôme qui réunit tous ces indices. L'angle aigu qui surmonte la panse des p esl un des lignes que les Bénédictins, considèrent comme appartenant au ix* siècle : il en est de même de ces haslcs qui s'élèvent au-dessus des lignes,

dont la queue est tranchée d'un long Irait el qui, après s'être courbées, se terminent vertical recourbé par le haut. Dans contrac- par des dé.iés d'une extrême finesse {Voyez tibus, le c est uni au t par un Irait, ondulé les fac-similé n°* 19 et 20).

qui retombe sur la têlo du /. — Troisième ligne. Les mots et, au commencement et à la fin de celle ligne, sont figurés par un 7 d »nt les Iraits sonl rt ■courbé» ; le d de aitod ressemble à une s par le prolongement de sa Juste. Les abréviations sont les mêmes que dans la deuxième ligne. — Quatrième ligne. Celle ligne est la dernière de la charte. Elle n offre rien de particulier que le monogramme du roi composé des diverses lettres

Au xi* siècle, la minuscule diplomatique a suivi la marche de celle des manuscrits. Les lettres sonl plus nettes el mieux assises. On ne rencontre plus d'à cursifs, ni de e à panse brisée, dans le fac -similé n.* 21 (1). Les basles effilées dans les siècles précédents deviennent lourdes et se recourbent vers la droite. Le pied de la hastc de l'A se replie el donne naissance à un Irait dirigé vers la droite, tandis que la panse se prolonge au-dessous

ml H. de Waitlj a reproduit le fragment d'un u 1»58, dans lequel presque tous les a sont el le» c sont a iianse brisée. Mais b physlo-

(I) Cependant 1 diplôme de l'an '

ruror»- cursifs el le* c sonl a pinse brisée. Mais U phrsiono i ie des autres lellres ne peut faire remonter cette écriinre avant le xi« siècle. Les f «t les s sonl terminées par lie* boucles repliées plusieurs lois sur elles-mê.nes «lu côté Oro l 1 1 faut s'attendre, dit à ce propos l'auteur que

nous Tenons de eller, à rencontrer des écritures qui, par certains caractères, sembleraient appartenir à des temps plus anciens , mais qui fournissent aussi le moyen de recoller les erreurs oti l'on serait entraîné si fort voulait appliquer sans discernement de* règles sujettes a un certain nombre d'eiceplioos.» [Blément» de patéog ,

un ECU

de In ligne et sur la gauche. La barre de quelques t est un peo dépassée par 4e sommet de la hasle. Ajoutons d'autres remarques générales qui ne s'appliquent pas à notre modèle. L'S capitale parait à la fin de plusieurs mots ; les t doubles sont accentués ; tes queues de plusieurs lettres, fortement inclinées vers la gauche, se terminent par des traits Gns et recourbés qu'on remarque également dan» un grand nombre de signes abrévialifs. Quelques lettres oncinles. Comme le d, Ve et t'wi, se voient au commencement des phrases.

A partir de ln 6n du xr siècle on ne trouve pins de lettres de forme cursive, ni des liaisons autres que celles du c et de Vs avec le l. Les s capitales deviennent fréquentes à la fin des roots. Au xir siècle il y a deux sortes de minuscules : l'une ressemble tout à fait à la minuscule des manuscrits, et Inobservations qu'on a Cuites sur ce genre d'écriture lui sont applicables; eite n'a ni crochets ni expansions de bastes ( Voy. le fac-similé n* 22) ; l'attire espèce de minuscule ajoute aux caractères généraux dn genre des irailsd'une hauteur démesurée dans les lettres à hastcs(roa\ \e facsimilé a' 23); quelquefois ces hastes sont chargées de fignres entortillées ; d'Autres fois certains mots ont leurs différentes syllabes séparées par des barres très -longues, comme par exemple fac—tum; c'est surtout aux c, aui fel aux j que ces traits sont ajoutés.

Au commencement du xnf siècle on rencontre encore bien des chartes en minuscule pure, mais peu à peu la forme gothique y parait et la transition d'un genre à l'autre est quelquefois difficile à préciser. Les abréviations sont nombreuses et affectent les formes les plus diverses.

De l'écriture cursive.

Les auteurs diplomalisles sont d'accord pour reconnaître que l'écriture cursive était en usage chez les Romains, et si on classait les écritures par ordre chronologique, elle ferait au moins placée sur la même ligne que l'onciale. Les objections des savants qui ne voulaient pas accorder aux Romains cette espèce de caractères sont ain>i réfutées par les Bénédictins et Maffci :

« M. le marquis Maffci, disent les Bénédictins, frappé de la nécessité où l'on était à Rome d'écrire beaucoup et promplt ment, ne peut comprendre que les savants aient pu refuser aux Romains le caractère cursif, el qu'ils en aient gratifié libéralement les barbares, destructeurs de l'empire.

«Comment, di -il, rt'a-l on jamais considéré qu'il était absolument impossible aux Uomains d'expédier tant d'affaires dans un si grand nombre de tribunaux, avec un caractère aussi lent, aussi tardif, aussi peiné qu« h majuscule? Combien de lettres fallait-il quelquefois expédier à la hâte, comme le dit Sjmmaque? Il était donc naturel et môme inévitable, dans l'exercice perpétuel d'éd it é et souvent de le faire avec rapidité, d'aller «l'abord en diminuant les lettres, puis d'en disposer la figure de façon à ôlro formée

(t; IhilT i, Veron illusir., cul. 52*.

ECft 5T*

d'un seul trait de plnme, ensuite de la lire d'une manière continue sans lever la main. Nous savons le très- grand nombre d'écrivains de profession qui étaient à Rome, puisque chaque magistrat avait les siens. Nous savons en combien de classes et par combien de dénominations on les distinguait; combien d'espèces d'instruments et d'actes ils dressaient tous les joui*?; et nous croirions Hue des hommes si occupés, qui devaient écrire ou dicter quelque fois Uc longs discouix et quantité de lettres, s'en seraient tirés avec le caractère majuscule I Car il ne faut pat considérer seulement la grandeur des caractères, mais encore, là nécessité de n'en pouvoir former aucun sans en détacher la plume on le culamus, et de plus sans faire, par exemple, un A ou un E de trois ou quatre pièces. Quel est l'employé dans les grands bureaux ou dans les greffes de judiealuro qui pourrait suffire au travail, s'il fallait seulement tout écrire en caractère d'imprimerie? Il est donc indubitable que, même à Rome, le petit caractère cl le cursif étaient en usage (t). »

« On peut ajouter qu'il n'est pas vraisemblttble quo les auteurs romains, dans la chaleur de la composition, n'aient p *s su éviter les lenteurs de l'écriture majuscule. TarJior ftulus, dit Quiutilien, coyilalioncm morutur. L auteur blâme en cet endroit le peu de soin que la plupart des gens de condition apportaient a écrire bien cl proprement. Arun est aliéna rest quœ fereab honestis vegligi solet, cura bene ac vetociter scribendi. »

« L'exemple des Grecs vient à l'appui de ces preuves. Dès les temps les plus reculés leur cursive liée et pleine d'abréviations s'est formée. On s'eu servait dès lu ur siècl» . Evagre de l'ont, moine célèbre, qui vivait sur la fin du tv, excellait dans l'art d'écrire en caractères cursifs , eleganter scribebit celerem characterem. Ce n'est pas de l'écriture minuscule grecque, mais de la cursive plus expédîlivc cl liée ensemble, que doit s'enleiuire l'art de la lachygraphie propre de ceux qui faisaient profession d écrire proniptemeut, el différente de ta calligraphie, qui était la belle et l'élégante écriture. Les anciens font souvent mention de tachygraphes, cl nous voyons distingoer ces deux sortes do caractères au temps d'Origène, au sujet duquel EuNèlic raconte qu'il entretenait plusieurs copiâtes pour écrire promplerncnt, et plusieurs autres pour écrire élégamment (2). »

Mais d'ailleurs ces assertions ne restent pas seulement à l'étal d'hypothèses, et l'on a des preuves directes el incontestables de leur vérité. «On trouve l'écriture corsive, disent encore les Bénédictins, dans le Joscphe de la traduction de Rufin, écrit sur du papier d'Egypte et conservé à Milan. L'écriture en est liée, difficileà lire, el remonte jusqu'au temps de Théodose. Ou la trouve constamment dan* plusieurs manuscrits très-anciens du chapitre do Vérone, dans la imle du sainl Hilaire du Vatican, écrit l'an btO, et dans lo fameux catalogue écrit ilu temps do suint ii) Xout iruMtlt l>ij>l»m , ! 1M c. N'a, MX».

3rt

Grégoire le Grand, et publié par Murarori. Nous l'avons vue mêlée avec d antres écritures dans les chapitres précédents. Elle existe dans les plus anciens manuscrits de la bibliothèque du roi el de celle de Saint-Germaindes-Prés. Passons aux diplômes d'Italie.

«M. Maffei, dans son Histoire diplomatique, en a publié cinq du vr* siècle, en ce caractèrc,et Irès-dilïicilesà lire. Si quelqu'un s'avisait de les attribuer aux Golhst cette ressource lui serait aussitôt enlevée (1) par un fameux papier d'Egypte de la même écriture et du même caractère; car on y découvre certainement, dit le savant Italien, qu'il fut écrit peu après l'an UMt c'est-à-dire, cinquante ans avant l'arrivée de Théodoric, premier roi des Goths, en Italie, sous l'empire de Valentiuien III. Le docte Italien observe que trois de ces pièces, destituées do notes certaines de temps, donnent de grands indices qu'elles sont encore plus anciennes.»

« Et d'ailleurs, ajoute l'auteur des Elément» de paléographie, quand on étudie les monuments les plus anciens de l'écriture cursive, loin d'attribuer aux barbares l'invention de ces caractères, on est forcé de reconnaître qu'une écriture aussi bardie dans ses formes, aussi ingénieuse dans ses combinaisons, devait avoir été pratiquée et perfectionnée

pendant plusieurs siècles. Aussi Iroove-t-on plusieurs caractères cursifs dans l 'épiiapbe de Gaudence, datée du consulat d'Ursus et de Pulemius, c'est-à-dire l'an 838 de Jésus - Christ; et quoique Tonne possède pas des modèles de cursive antérieurs à l'ère chrétienne, on ne peut guère douter que ce caractère ne fût dès lors connu et employé par les Romains. En un mot, l'origine de l'écriture cursive remonte au temps même où les progrès. de la société romaine nécessitèrent la transcription fréquente des actes publics et particuliers. »

Pour déterminer nettement les caractères propres à l'alphabet cursif, il est nécessaire de le comparer à celui de l'écriture minuscule, que sa régularité permet mieux de reconnaître, et qui, étant formé, en grande partie, d'éléments cursib dont on a élagué les traits superflus, est le meilleur moyen de vérification.

Noos nous appuierons encore sur les Elément» de paléographie pour développer la question, et nous emprunterons A cet ouvrage les deux alphabets qui suivent. Ces modèles rapprochés de l'alphabet minuscule (fac-similé, n* 10), permettront de déterminer les rapports el les dissemblances qui existent entre les deux écritures.

N" 2* et 2fc bi» . Alphabet» d'écriture eunive du vil' et du ir tiède.

TRANSCBIPTIOH.

N*2fe. abede f g ht... I mnopqrsluxy N* 24- bi». abcdofghikl mnopqrsluxy

«Si l'on fait abstraction, dit M. de Wailly, ces deux alphabets, les hasles des lettres b, du dévcloppemenlexcessif que prennent, dans d, h el /, on reconnaîtra qu'elles ne diffèrent

(0 reren. HluU.. col. 33».

341 ECR

pas essentiellement des lettres correspondantes de l'alphabet minuscule. On devra aussi regarder comme a peu près communes à l'une et à l'autre écriture les formes dos lettres f% g, i, ro, n, p, q, r, *, u, x. Enfin il ne faut pas non plus s attacher aux lettres kely qui se trouvent dans le second alphabel, pour distinguer la cursive de la minuscule; mais on trouve des différences tout à Tait caractéristiques dans les formes des lettres a, c, e, o et t.

«L'a cursif se rapproche alternativement des deux caractères employés aujourd'hui par la typographie, l'a et Vu italiques. Aussi, bien qu'on puisse retrouver dans celle lettre une panse, soil fermée, soil ouverte, et un montant qui s'y rattache, cependant ces deux éléments ont une forme tout à fait différente de celle qui les caractérise dans Va minuscule. Nous avons déjà eu occasion d'avertir ue ces deux lettres (a et a) étaient quelque» 'ois employées concurremment dans des manuscrits en minuscule : a plus forte raison doit-on s'attendre à rencontrer l'a cursif dans la minuscule diplomatique, et dans les écritures mixtes qui ont précédé la formation définitive de la minuscule.

« La panse du c s'allonge considérablement dans l'écriture cursive.; quelquefois même elle se brise et se termine par une boucle dans sa

Rartie supérieure. L'e cursif présente souvent îs mêmes caractères, en sorte qu'il n'est pas toujours facile de le distinguer du c (1).

« L'o cursif se dislingue de l'o minuscule par un ou deux traits qui partent du sommet de la lettre et qui lui servent de liaison arec une lettre voisine, mais qui se rencontrent même dans les o complètement isolés.

a Le I cursif se distingue par l'inflexion de la barre qui se recourbe pour se réunir à la haste.

• Tels sont les principaux signes qui distinguent la cursive de la minuscule proprement dite; mais comme on peut en retrouver quelques-uns dans la minuscule diplomatique, il faut surtout s'attacher au caractère le plus général comme le plus essentiel de 1 1 cursive. Ce qu'il y a en effet de plus important et de plus facile à con-

stater, c'est que dans In minuscule les lettres sont mieux proportionnées, plus régulières, et qu'elles peuvent avoir dea points de contact sans cesser d'être distinctes; tandis que dans la cursive elles so tienneni et s'enlacent de telle sorte qu'il est toujours difficile de fixer le point qui leur sert de limite. Il en résulte qu'un al-

fthabçt cursif peut représenter loul au plus a forme générale des lettres, mais que, pour reconualtre les changements auxquels chaque caractère doit se plier pour s'unir plus facilement à ceux qui le précèdent ou qui lo suivent, il faut étudier l'écriture cursive dans son ensemble, et se rendre compte des transformations produites parla combinaison des divers éléments dont elle se compose.»

Dccliiirrmacn» de l'écriture cursive des manuteriw et des

Il ne faudrait pas croire qu'en consultant les alphabets d'écriture cursive que nous venons de donner, on arrivera à résoudre toutes les difficultés que présente ce genro de caractères. Loin de là : les nombreuses combinaisons des lettres entre elles, leur réunion par des traits accessoires, en modifient incessamment la forme primitive, de manière à les rendre quelquefois presque méconnaissables. Toutefois celte observation faite pour prémunir le lecteur contre le découragement qui s'emparerait peut-être de lui s'il voyait que l'application des règles qu'on lui a présentées ne produit aucun résultat, celte observation n'empêche pas qu'il ne soit nécessaire d'étudier avec soin les types primitifs des caractères cursifs, afin de pouvoir les dégager des traits bizarres qui les dénaturent.

Les limites de cet ouvrage ne nous permettant pas de donner des fac-similé multipliés des écritures cursives qui se distinguent par des nuances très-diverses, comme on peut le voir dans les planches du troisième volume de la grande Diplomatique des Bénédictins, nous nous restreindrons a quelques modèles qui suffiront pour donner une idée de la cursive, romaine, mérovingienne et carlovingiennc, tant dans les manuscrils que dans les diplômes.

N# 25 Ecriture cursive romaine d'environ l'an 573; manunrit n* 936, fonds Saint Gtrmain*-

des-Prés, latin. Bibliothèque du roi.

(1) «Nom devons avenir que Ye cursif devrait Atre rieur. Celle barre prend d«»s directions diverses, suUaut ccoii lclé par un» barre qui prend ordinairement nais- la forme de la lettre a laquelle, clic doit s'uuir. Lcuiêiue wuc« as b»s de la boucle formée par le croch-l ïti|-é- irait manque aussi * la lettre f. »

3i3 DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE.

TRANSCRIPTION

DfUS

vos incolomis custodiat, fralres karissimi. Dalum posl coosulaluin Opilionis, quinlo kalendas agustas. Pascha, Valentiano ucties et Anlbimio, octavo kalendas raaias.

Ce modèle, publié par les Bénédictins et par M. de Wailly, forme trois lignes dans l'original. Voici la description qu'en fait ce dernier anteur :

« Ce fac-similé reproduit nne cursive pleine d'élégance et de netteté. Le signe abréviatif qui surmonte Vs du mot Deus indique la suppression des lettres eu. Les deux premiers mois de la ligne suivante ne présentent pas de difficulté; il faut remarquer seulement la liaison qui unit le second o et Vm du mot incolomis. Le mot custodiat renferme un a ouvert qui ne diffère pas beaucoup de Vu. Le mot fraires est exprimé par VF initiale, surmontée d'un signe abréviatif. On retrouvera souvent dans des siècles plus récenls l'abréviation employée ici pour le mot karissimi, dont on n'exprime que la première lettre et la dernière syllabe. Il est facile de reconnaître le d initial du mot datum; cette lettre est suivie de l'a et du t liés ensemble: l'a est comme celui dù mot custodiat, ouvert

f>ar le haut, mais il est placé au-dessus de a ligne et renversé, de telle sorte que sa base est tournée vers la haste du d; le second jambage de cet a est indiqué par no trait tin qui descend obliquement et va rejoindre la barre du / qui est lui-même renversé et dont la haste se recourbe pour se diriger horizontalement vers le mot suivant. Le signe abréviatif qui est placé au-dessus de la barre du f tient lieu des lettres vm. Les mots post consulatum sont exprimés par les sigles p. c. surmontés d'une abréviation qui leur est commune. — Troisième ligne. Le mot Opilionis ne présente pas de difficulté; la forme des o n'est pas altérée par les deux liaisons qui les unissent avec les lettres suivantes. Nous ferons observer dans le mot guintô l'ouverture de la panse de la lettre initiale; au-dessus de celte lettre est un signe abréviatif qui remplace l'ti, et oui va joindre le haut de l't. La narre du t s'étend jusqu'à l'o, et sert à former le côté droit de cette lettre doot la partie gauche se prolonge sous

forme de liaison jusqu'à la lettre initiale du mot kalendas. 11 faut remarquer dans ce mot l'a ouvert par le haut : le signe abréviatif qoi tranche la barre de la lettre / remplace la fin du mot. On retrouve dans le mot aguslas deux a ouverts par le haut; le second se lie d'un côté à l'extrémité de la barre du t et do l'autre à la saillie de Vs. La même liaison se représente dans la première syllabe du mot pascha ; mais l'a est élevé un peu au-dessus des antres lettres, réduit à de plus petites proportions et légèrement incliué vers la droite. — Quatrième ligne. Dans la première syllabe do mot Valentiano, Va ouvert par le haut se dislingue à peine de l'a; il se lie à la lettre /, dont la barre fait corps avec le bas de la panse d'un e cursif allongé; la barre de cet e rejoint elle-même le premier jambage de l'n;la liaison de la barre du t avec le haut de l'i, et celle de l'a suivant avec l'n, ne présentent pas de difficulté; l'o final se termine par un irait excédant. Ce trait, plus prolongé dans le mot oelies, va rejoindre le bas de la panse du c, qui se recourbe et redescend pour former la haste du t; la barre de celte lettre se joint à l'i; vient ensuite un e à panse brisée qui se lie à la saillie de Vs. La conjonction et est rendue par la liaison ordinaire de Ve corsif et du t renversé. On retrouve dans le mol Anthimio un a ouvert et placé au-dessus de la ligne, auquel so rattache le premier jambage do l'n; le reste du mot ne présente pas de difficulté. Les trois premières letlres du mot octavo sont liées de la même manière que dans le mot octies. Le mot kalendas est abrégé comme dans la ligne précédente. L'm du mot maias est suivie d'uu a ouvert qui se joint à un i dont la télo et la queue dépassent le niveau de la ligne ; cet test suivi d'un petit a ouvert, incliné vers la droite ; et dont le second jambage va rejoindre la saillie de Vs. Le trait on qui so trouve au-des»ous du crochet de Vs est un signe de ponctuation analogue à celui qu'où remarque après le mot agustas.»

N* 2(1. Ecriture cursive mérovingienne (t environ l'an 573, tirée du manuscrit n° 936, fond*

Saint-Germain, latin. Bibliothèque du roi.

fl>n

fnJu

545 ECR ECIl 346

TRANSCRIPTION

Data conslilutio diae tertio iduum soptcmbrium, anno xn rcgnuin domnorum nostroruin indictiouc sexla, Parisius.

Ce fac-timUt commence par le mot data , dont la dernière lettre est remplacée, par le Irait allongé qui prend naissance près du f, et qui s'étend au-dessus du mot suivant ; le premier a est ouvert, incliné vers la droite cl superposé au /, dont il forme la haste par le prolongement de son second jambage. Le c initial de ennstitutio est à panse brisée; il se développe de bas en haut, puis se recourbo dans sa partie supérieure, et se prolonge rour former l'o, en commençant par le côté droit de cette lettre sur laquelle s'appuie la courbure supérieure du premier jambage do I n. La haste du t n'est que le prolongement du crochet de IV, et la barre, qui prend naislance au pied de la haste, se relevé en «'arrondissant, et va se bouder avec la tête de l'i.-dans la syllabe (m, la haste prend à peu prés la forme et la position d'un c ordinaire dont la panse, dans sa partie moyenne, sert d'appui à la barre; "ce dernier Irait se relève en s 'arrondissant, puis il redescend, rencontre le haut de la haste, et forme, en se prolongeant jusqu'au bas de la ligac, le premier jambage de l'u; le t suivant est tracé de la même manière, si ce n'est que le prolongement de la barre s'abaisse au-dessous de la ligne : c'est ce prolongement qui forme la lettre i ; le mot se termine par un a à trait excédant. On retrouve dans le mot dioe un a ouvert incliné et placé au-dessus de la ligne; te second trait de cet a se prolonge en for m a nt un angle, et va rejoindre le bas de la panse de l'e. Le t initial du mot tertio ressemble au second t du mot constitution mais le prolongement de la barre n'est ici qu'une liaison qui va rejoindre le bas de la panse do l'r; cette panse se termine par une boucle à laquelle so rattache un trait qui sert en même temps à former la barre de l'e et la baste de IV; le crochet de relie dernière lettre, en «'«baissant, forme la haste du I; au-dessous de cette hasle commence la barre qui se relève en «'arrondissant et va rejoindre ie haut de l't. En comparant les formes et les positions diverses des t qui se sont rencontrés jusqu'à présent dans ce fac-similé, un reconnaît que cette lettre est une de celles qui se modifient le plus fréquemment pour se combiner avec les lettres voisines. Le mol iduum ne présente pas de difficulté; le signe abrévialif placé à droite de la hasto du a tient lieu de l'u supprimé. Dans le premier e do mot septembrium les deux traits qui forment la panse brisée sont complètement séparés; k l'extrémité du trait supérieur se rattache la barre de l'e, qoi se confond avec la haste du p. On retrouve dans la seconde syllabe un t incliné vers la droite et semblable à ceux que l'on a déjà rencontrés : cet, en se prolongeant, se lie au bas de la

panse de l'e, dont la barre donne naissance au premier jambage de Pm. L'i de la syllabe bri est forme par le prolongement du crochet de l'r( et Pu de la dernière syllabe est remplacé par le signe abrévialif qoi surmonte ces drux lettres. — Deuxième ligne. La seconde syllabe du mot anno est supprimée: dans la syllabe initiale, nn a ouvert est superposé à l'n dont il rejoint le premier jambage. Les Bénédictins ont fait remarquer que le chiffre suivant pouvait se traduire par XII ou par XLI ; mais le sens leur a fait préférer la première interprétation. -Ce qui doit lever toute espèce de doute à cet égard, c'est que le premier trait qui suit Px ne présente aucune trace de barre à sa base : on ne peut doue pas y voir une / mais un t allongé, semblable à lï initial du mot indictione dans la ligne suivante; d'autres exemptes prouvent qu'il était d'usage de prolonger cetlo lettre numérale quand 'elle était suivie d'un ou plusieurs t. Le crochet de IV du mol re- (jnum va rejoindre la panse de l'e dont la barre se lie au g suivant : la léte de oc g est elle-même liée au» premier jambage de la lettre n, au-dessus de laquelle est le signo abrévialif qui lient lieu de l'u. Le mol domnorum ne présente pas de difficulté. Le crochet de IV du mot nostrorum forme, en se prolongeant, la haste du f, dont la barre, s'arrondit en cercle et s'uuil à droite avec la hante de IV; le crochet de celle lettre, après s'être bouclé, se lie à la partie droite de Po, dont le côté gauche so prolonge en s'arrondissant jusqu'à la ha<to de IV de la dernière syllabe; l'u est remplacé par le signe abrévialif superposé à Pm finale dont le premier jambage se rattache à la lettre précédente. — Troisième ligne. Dans le mol indictione, le crochet supérieur du c forme en «'abaissant la haste du t; la barre prend naissance au pied de celte haste et s'arrondit pour aller rejoindre la léte de Pi. On remarque ensuite nn o dont le trait excédant est très-prolongé. L'e final est à panso brisée; de la brisure de la panse part un trait qui sert de barre à IV, et qui va rejoindre la saillie de IV do mot sexto. La barre de l'e suivant descend obliquement jusqu'au bas de la ligne et se relève en formant une des traverses do Vx; In seconde traverse, très-recourbéedans sa partie supérieure, va s'unir à la haste du t, la barre du t prend naissance au bas de la hasie et s'arrondit pour se prolonger ensuite jusqu'à la tête du premier jambage d'un a ouvert qui lui-même se lie à la haste du p suivant. L'a du moV parisius est ouvert, placé dans lo haut de la ligne et lié a la haste de IV dont le crochet se boucle et s'unit à la lettre t. L'u,. presque fermé par le haut, offre l'aspect o ui» o ordinaire (1).

( 1 1 Celte «leacripUon minutieuse cl précise est tirée, ainsi que le \ac nmiU qui eu es; l'objet, des Ett ntnh rfr *UvgrapAi«.

N* 27. Ecriture cursive diplomatique de l'an 653 ou 65fc. Archives du royaume, Papyrus

encadré.

TRANSCRIPTION

Oporlit climcnciae princepali inter citeras peticiones illud quae pro salute adscribelur, vel pro timoré divini nomenis postolalur placabeli audilo susciperc

Ce modèle, quoique divisé en trois lignes, ne reproduit pas même la moitié d'une de celles du diplôme original qui est relatif à une confirmation faite par Clovis H» à l'abbaye Saint-Denis, de tous ses privilèges. Il a élu publié par D. Mabillon et par M. de Wailly. Nous emprunterons encore à ce dernier auteur une partie de la description qu'il a fuite de ce monument.

« Première ligne. Les deux o du mot oportil se terminent par des traits excédants: le p qui les sépare ne se lie ni à l'un ni à l'autre. Le prolongement du côté gauche du second o s'unit avec la basle de 1 r, dont le crochet forme à son extrémité supérieure un angle aigu et va rejoindre la haste du t; le côté droit de la barre se boucle avec Yi. Le t final est isolé. Les deux premières lettres du mot climenciae présentent, par leur rapprochement, l'aspect d'un d; mais il sera facile de ne les pas confondre si l'on remarque la saillie que présente la panse du c dans sa partie supérieure : le d du mot illud n'a

par son second jambage. Le crochet de IV du mot princepali se boucle et redescend pour se joindre à Vis dans la seconde syllabe le c est en contact avec la panse de Ye par l'extrémité de ses deux crochets; l'a présente l'aspect de deux c Irès-rapprochés. La hasle du t du mol inter est arrondie comme un c; la courbure supérieure donne naissance à la barre, qui, après s'être élevée obliquement de droite à gauche se recourbe, et descend de gauche a droite pour se confondre avec la panse de Ye. Le crochet de l'r se rattache à la panse d'un c bouclé par le haut el ap-

f>arlenanl au mot citeras, dont la seconde eltre n'est indiquée que par des points parce

Su'elle est effacée dans l'original. Il est tarife e reconnaître le I, Ye et l'r; le crochet de celte dernière lettre se rattache à un «offrant l'aspect de deux c tellement rapprochés que leurs panses sont,vpour ainsi dire confondues : le crochet supérieur du second jambage de cet a se rattache à la saillie de l'i. Le t et Yi du mot peticiones sont liés de mémo

pas celle saillie; d'ailleurs, sa haste se pro- que dans le mol oporlit. En comparant la

longe beaucoup plus bas que la panse. La. forme du premier « el celle du c On verra,

diphthongue finale est rendue par un a ou- comme nous avons déjà eu occasion de 'e

vert superposé a l'e, auquel il se rattache faire remarquer, que Ye se reconnaît surtout

à sa barre; ce Irait, qui souvent se lie arec la lettre suivante, n'existe pas dans le c.

« Deuxième hgne. Vu du mot illud est presque fermé par le haut. Le mot quae se termine par un a et un e liés de la même manière que dans le mot elimenciae. La barre do Ye va rejoindre le p du mot pro, dont Po s'unit par le prolongement de son côté gauche à la saillie de IV du mol salute : le t et Ye de re mot sont liés de la même manièro que dans le mot inter. Le haut du c du mot adscribetur s'unit avec la hasle de IV , dont le crochet se boucle avec la tête de lï. Le 6 est isolé et facile à reconnaître. La panse de Ye se brise en deux parties inégales, et la barre de celte lettre se lie avec le t comme dans le mot prliciones. Le crochet de IV finale se distingue de relui de IV en se relevant vers le haut de la ligne. Le mot vel ne présenlc pas de difficulté. L'o du mot pro est extrêmement prtit, mais il atteint le haut de la ligne par tin trait excédant qui se recourbe pour aller rejoindre la haste du t du mot timoré. Ce t est lié à l'i comme dans le mot oporlit. Le troi-

ECTt

stème jambage de l'm est indiqué par des

E oints, parce qu'il est détruit dans l'original, a liaison de l'o arec IV est la même que dans le mot oportit.

« Troisième ligne. Les mots divini et nomenie se lisent sans difficulté : il faut remarquer seulement que dans ce dernier mot le haut du jambage de la seconde n sert à former la barre de IV. Dans le mot postolatur le crochet de IV se lie avec la haste du t ; et si l'on compare celte liaison avec celle de IV et du t dans le mot oportit, on reconnaîtra qu'il est presque toujours possible , comme nous l'avons dit plus haut, de distinguer IV de IV, dont le crochet forme une courbe régulière pour redescendre jusqu'à la lettre avec laquelle il s'unit. Les lettres l et i qui terminent le mol placabeli, présentent, par leur rapprochement, l'aspect d'un 6; mais, pour ne pas s'y tromper, il suffit do remarquer que dans la syllabe précédente la panse du 6 so recourbe intérieurement. Les deux mots suivants audito suscipert ne présentent pas de difficulté. ■

Ecriture cursive diplomatique carlnvingienne, tirée d'un diplôme de Louit le Débonnaire de Van 820. Archiva de l ïonne, fonds du chapitre d'Auxerre.

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5M DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CMlETIFNNK.

TRANSCRIPTION

Proinde notum sil omnibosfldelibus sandae Dri et cccleslac noslrisqne pracsentibus scilicelcl fulnris. Quia vir venerabflis Angilhelmus, Antisioderensrs ecclesiao urbia episcopus, adiens serenilaicmculminis nostri innotuit nobis

Les observations minutieuses que nous nvons données sur les fac-similé précédants nous dispenseront de nous étendre aussi longuement sur celui-ci qui, au reste, n'offre pas autant de difficulté de lecture.

Première ligne. Les mots Proinde notum sit omnibus ne présentent aucun obstacle. La harre de 1'/ du mot fidelibus va rejoindre l'i suivant par un prolongement ; ce qui se rencontre assez souvent. Le crochet «le Ys du mot sandae descend jusqu'à la panse du c, et le signe abréviatif placé au-dessus de l'a indique la suppression des lettres ant. Dei est abrégé par un trait au! coupe la bastc du D. L'« et le premier c à'ecclesiae sont unis et ressemblent à la diphlhongue tt. Le mot nostris est abrégé par un signe qui s'élève audessus de la ligne. — Deuxième ligne» L's et le c du mot scilicet présentent le même aspect que dans le mol sanctae de la ligne précédente; le signe et sert de syllabe finale au même mot. Vet qui suit est différent : la partic supérieure de Ve se lie bu / par un trait; la barre de cette dernière lettre lient aux extrémités de la panse de la première, cl enfin, un trait part du pied dû t et descend bien audessous de la ligne. La première syllabe de. futur i s ressemble à celle de fidelibus dans la première ligne. La liastc de l'a de venerabilis ne se rattache pas à la lettre suivante comme cela a lieu quelquefois, mais elle se recourbe en boucle ; il en est ainsi dans les mots adiens troisième ligne et serenilatem quatrième ligne. — Troisième ligne. Dans le mot ecc/esiae l'a prend dans la haste la forme d'un e. Le mol episcopus est abrégé par un signe placé au-dessus de la ligne. La bastc du d û' adiens se prolonge bien au-dessous de la ligne, cet usage se rencontre plus ou moins dans les autres d de ce fac-similé. — Quatrième ligne. LV du mot serenitutem a une haste qui descend au-dessous de la ligne , son crochet décrit une courbe qui se relie au pied de Ye suivant qui n'a plus l'aspect des e cursifs. L'o du mot nosiri a la forme d'un 6 dont la tôle va s'attacher à \'s. Le premier t d'tnnotuit s'élève au-dessus des autres lettres et tend à imiter les hastes des /, des b, des d, qui s'élancent bien au-dessus des lignes cl décrivent une légère courbe sur la droite.

Ag« de l'écriture curaive.

Les règles qui présidaient à la formation des écritures majuscules étant inconnues dans l'écriture cursive.chaqueécrivain la traçait à son gré et, suivant les circonstances, tantôt fine et serrée , tantôt grosse et large. « 11 faut observer, surtout à l'égard des plus vicillcs,discntlcsBénédictins,qu'autrecslsouvent la figure de ses lettres lorsqu'elles sont Isolées el détachées de leurs voisines; autre, lorsqu'elles sont liées avec elles du côté droit ; autre, lorsqu'elles le sont du côté gauche ; au-

<t) Eléments de pulcotjrnyhie, t !, p 570.

tre enfin, lorsqu'elles le sont à la fois avec les caractèresqui les préeèdentetquilessuivent. »

Si la cursive romaine proprement dite, dont nous avons donné un fac-similé sous le n* 25, n'est pas en rapport exact avec ce qui précède, c'est qoe l'écriture des manuscrits n'ét::il pas toujours aussi liée que celle des diplômes. Mais le fac-similé n"£6. qui se rapproche davantage de la cursive diplomatique «lu vr siècle, renferme des exemples propres a vérifier les observations dos Bénédictins. Par exemple, le t du mot data comparé avec ceu-x du mol tertio, première ligne; Ye du mot die avec celui du mol tertio, môme ligne, offrent des différences tranchées qui se produisent également dans plusieurs autres lettres. Une remarque importante qu'on peut généraliser dans celle ancienne écriture , c'est que les liaisons servent à unir non seulement les lettres d'un môme mot, mais encore souvent celles qui appartiennent à des mots différents ( > oyez les mots indictione sexla parisius , 3' ligne du fac-siir.ile n' 26). Un autre canclècc capital de la cursive romaine, ce sont les traits régulièrement arrondis el inclinés vers la droite. La forme de certaines lettres est également remarquable. Les haslcs des lettres b, d, l, forment dis boucles allongées ; le crochol de Ye et celui de Vf se bouclent aussi avec lé corps de la lettre pour rejoindre la barre, et celle bouclo est plus allongée que dans l'écriture cursive mérovingienne. On doit remarquer encoro que la queue de Vf descend beaucoup au-dessous de la ligne. Lorsque le e n'est pas modifié par la lettre précédente , sa panse s'arrondit pour se réunir au crochet inférieur. Le g se fait remarquer par la forme de sa queue qui décrit une courbe largement développée. Le crochet dê IV dans l'écriture mérovingienne n'est souvent que le prolongement de la haste; ici au contraire ces deux traits s'écartent comme les branches d'un t ou celles d'un v. Enfin on peut poser en principe général que dans la cursive romaine les liaisons des lettres sont plus hardies et moins pénibles que dans les autres écrilun* du même genre, parce qu'elles tout plus habilement préparées. (1) On peut s'assurer do l'exactitude de ces observations par l'étude des planche! du troisième volume des Bénédictins el du fac-similé u* 1" de la plaucbe 11 des Eléments de paléographie.

Parallèlement à l'écriture romai

romaine il exis-

tait en France , au vi* siècle , une écriture cursive qui y était analogue el dont on retrouve des traces dans le fac-similé n* 26. Les trails en sont encore hardis et l'inclinaison vers la droite y est sensible quoique les haslcs ne soient plus bouclées.

La cursive mérovingienne , pare d'éléments romnius, qui se trouve dans les manuscrits, n'est pas représentée dans nos fac-

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simile. Cependant on peut en concevoir une idée par le modèle n* 27, qui est une cursive diplomatique contenant tous les caractères du genre, a Les différences qui distinguent la cursive mérovingienne de la cursive romaine, dit M. de Wailly, d viennent de plus en plus évidentes dans ce fac-similé. A peine y trouve t-on une seule lettre dont les contours soient régulièrement arrondis; tous les (rails sont péniblement tracés ; les lignes droites sont tremblées ou interrompues par des brisures 5 le corps de l'écriture est vertical ou incliné vers la gauche; il n'y a que les bas les des lettres 6, d, t, /, qui abandonnent celte direction dans leur partie supérieure pour incliner vers la droite. Parmi les a placés au-dessus de la ligne , un petit nombre seulement conservent quelques rapports arec la forme de l'u ; les a placés dans le corps de la ligne sont presque tous Termes et composés de deux c. On ne voit plus de boucles allongées dans la partie supérieure des lettres rf, e, f, l. Les panses des c et des e sont presque toutes composées de deux arcs de cercles; la haste du d descend beaucoup plus bas que la panse, et l;i queue do I/, au contraire, ne dépasse que facilement le niveau intérieur de la ligne ; celle du g, après s'être courbée dans sa partie inférieure, remonte en suivant la même direction jusqu'à la hauteur de l.i panse ; Itta o se terminent par deux traits excédants , lors même qu'ils ne sont liés qu'à une des deux lettres voisines ; la queue de la lettre q n'est' plus éloignée do la panse ; le crochet de l'r est presque toujours formé pir le prolongement do la haste; enfin la lowne des t est beaucoup moins varice. »

Celle écriture régna depuis le vu* sièclo jusqu'au règne de Charlemagne , tout en modifia ni cl en améliorant ses traits. Les diplômes de ce prime commencent à recevoir une écriture plus régulière et qui tend; à se rapprocher de la minuscule par l'isolement des lettres les uues des autres, et par la distinction des mois. Le fac-similé n* 28, qui est d'une écriture du temps de Louis le Débonnaire, présente quelques-uns des caractères distinclifs de la cursive de cetlo époque. Ainsi le b porte à la haste un trait qui se relie à la lettre suivante, comme dans

racsentibus ve~ ont ici qu'un

i(ui su line a 11 lumv juiiauic,

les mots omnibus (t" ligne) pra nerubilis (2* ligne), etc. Les o n'

trait excédant produit par In prolongement d'une des deux panses, tandis que dans la cursive mérovingienne les o se terminent ordinairement par deux traits excédants. Le haut et le bas des lettres sont régulièrement alignés, recherche qui était inconnue, dit M. de Wailly, dans les diplômes du vnr siècle.

On rencontre encore beaucoup de cursives dansles manuscrits du ix* cl du x' siècle, mais ce ne sont généralement que des notes marginales ou d'autres écritures du même genre, mélangées souvent d** caractères minuscules.

Il y eut aussi, dès les temps mérovingiens, une espèce de cursive allongée démesurément , qui servait presque toujours pour certaines parties des chartes ; nous en parlerons spécialement tout à l'heure.

Les diplômes en cursive deviennent rares depuis le commencement du x* siècle ; la minuscule a tout envahi. Quelques pièces qu'on rencontre encore en cursive dans le cours de ce même siècle , n'offrent plus qu'une écriture dégénérée de la netteté des caractères du ix' siècle ; on y trouve des let- Ires minuscules, et les abréviations s'y répandent davantage. Cependant les Bénédictins, et M. de Wailly d'après eux ,ont publié le f>tc~sitnile d'un diplôme de Hugues Capct de l'an 9S8 qui constate que l'ancienne cursive était encore employée à cette époque; mais cet exemple est tout à fait exceptionnel. Le document original, qui est d'une cursive très-bizarre, sc lrouvc aux archives do l'Yonne, fonds Sainte-Colombe de Sens

De récriture allongée.

Déeti i flreiuent .

Quoique celte écriture affecte une forme élancée et étroite qui semblerait demander toujours les mêmes caractères , il n'en est

fias moins vrai qu'elle a été figurée suivant es temps, depuis le v* siècle jusqu'au xurt en capitale , en minuscule et en cursive. Il e*t rare qu'elle occupe plus d'une ou deux lignes des diplômes royaux , celle de la suscripliou et celle des signatures ; cependant on trouve des chartes particulières où elle a été également employée , mais pour l'invocation seulement. D. Mabillon, dans la 23* planche do sa Diplomatique, a publié un modèle d'une charte écrite entièrement en lettres allongées, à l'exception de la date.

Nous allons donner uno idée de cette écriture par les fac-similé suivants.

N* 29. Ecriture allongée, en téte d'un diplôme de Childebert 1", de l'an 558. (Nouveau.

Traité de Diplomatique.)

ikii

(l) TMiKieurs <te ces rema-ques s'astiquent à une p. Mo du fac-similé que nous n'avons pas reproJui à .aase de s«u étendue.

ÎS5

TRAKSCfclPTION.

(In Christi nomine ) CHILDEBERTDS Rex Francoram tir inlaster. Rccolendum nobis est et perpensandum ulilius, quod hii qui templa Domini Jhesu.

Ce fac-similé commence par une invocation monogrammaliquedu nom du Sauveur.

Le rorps de l'écriture ne diffère pas de celle du reste du diplôme pour le fond des caractères. On remarque les c et les e à double panse, qui ne diffèrent l'un de l'autre que parce que le premier s'élève au-dessus de la ligne dans le corps des mots, et que la bou cle du c se recourbe simplement sur la gauche, tandis que celle de l'e contient de plus un petit trait qui se projette vers la droite. La panse des d et des 6 formi une ondulation qui se rapproche du milieu de la haslc, comme dans le mot Childebertus . Entrons dans quelques détails. — Première ligne. Le / de Childebertus est Cguré par une haste dont la base se recourbe vers la droite, et qui est coupée au milieu par une espèce de c qui remplace la téte de la lettre. L'r de rex a un crochet prolongé jusqu'au pied de l'e duquel il s'unit en s'arroudissant. Les lettres F et r du mol Francorum sont liées comme dans tous les monuments cursifs de ce temps; l'a suivant est ouvert et ressemble à un u, ce qui est un signe d'antiquité. L'o tracé au bas de la ligne prolonge sa panse droite jusqu'au-dessus de la ligne ; l'm est figurée par un signe abréviatif supérieur. Le mot tir est formé de cinq jambages indistincts mr IV, avec son crochet démesuré , présente surtout de la difficulté. Dans le mot inluster, le I ressemble à un 8 allongé. On pourrait prendre le premier e de recolendum pour un t, par sa courbe qui part de la tôle de la lettre et se replie sur la panse qui est presque droite.— Deuxième ligne.Vo de no6i»

s'élève en ovale étroit jusqu'au niveau des autres lettres , et de la panse droite sort un trait incliné vers la droite. Dans le mot est les deux dernières lettres s'unissent par une boucle prolongée au-dessus de la ligne. Le mol et suivant ne présente presque plus les caractères propres aux lettres cet /; la télé du premier porte une boucle qui se replie sur le milieu de la panse, au lieu de la double panse ordinaire, et le second ressemble à un r dont le crochet serait dépouillé de son prolongement volumineux. Les p de perpentandum sont différents l'un de l'autre ; le premier a une simple panse qui part du milieu de la haste et qui s'élance au-dessus de la ligne par un trait recourbé ; le second double cette panse et la fait descendre jusqu'au bas de la ligne ; l'abréviation de la syllabe dum dans le même mot, placée bien nu-dessus de la ligne, est figurée par deux traits courbes adossés. Ulilius ne présente pas de difficulté , la t est en forme de 8 comme dans inluster, première ligne. Quod présente un g à panse ondulée ; le trait excédant de l'o se recourbe sur le sommet de la panse du d qui est ouverte ; la haste de celte dernière lettre descend bien au-dessous de la ligne. Les mots Ait qui n'offrent pas de difficulté. On remarque dans le mot templa un t d'une forme bizarre ; la haste coupe à angle aigu la panse supérieure de l'e soi vaut, et porte à la base un incliné sur la gauche. Le signe abréviatif de domini est semblable à celui du mot Francorum , première ligne. Le mol Ihesu est abrégé par un signe en forme d'* couchée.

N* 30. Ecriture allongée tirée d'un diplôme de Charles le Simple de Tan 902. Archives

de l'Yonne.

!S7 FXR ECR MS

TRANSCRIPTION

In Domine sanctae et indiuiduae Trinitatis Karolus divina propilianlc clemenlia rcx.

La première ligne de ce fac-similé corn- haste de celte dernière lcllre est courbe et

mence par uni tranché par le prolongement tranchée par une barre qui va rejoindre la

du premier jambage d'une n; un trait ondulé tôte de l'e. Le premier t du mol Trinitatis a

horizontalement coupe ces deux lettres au une haste formée de deux courbes laissant

milieu de la ligne. L o de nomine est oblong un léger intervalle entre elles et se proloo-

el la panse de droite se recourbe sur le som- géant par un trait délié dans le haut de la

net du premier jambage de Km qui suit. Cette ligne pour rejoindre la barre qui est ondulée,

met le reste du mol ne présentent pas d'au- La panse de -l'e finale est également Ggurée

tre difficulté que la longueur des jambages; par deux traits espacés, c'est même en général ce qui arrête dans lo

déchiffrement de l'écriture allongée ; car, en A«c de 1 écr,lurc a,lonfe'ée-

raccourcissant fictivement les lettres en ca- «Le père Pape broc, jésuite, a prétendu,

chant le milieu et en ne laissant à découvert disent les Bénédictins, que la première ligne

que le haut et le bas, on les lit facilement des chartes de nos rois Mérovingiens ne fut

pour la plupart. Le mot sanctae est abrégé jamais écrite en lettres hautes et allongées,

par une espèce de 8 ouvert placé bien au- qu'il décore des noms de majuscules et

dessus de la ligne; la lettre a se compose de d'onciales. S'il faut l'en croire, ce» fausses

deux courbes dont le sommet forme cro- majuscules caractérisent uniquement les di-

chel cl ferme la lettre. On voit dans indivi- ptômes de la seconde race. Dom Mabillon

dune des d a panse ondu!éc comme dans le n'a pas eu de peine à faire voir la fausseté de

fac-similé précèdent. Dans Vr du mol /n'nt- celle règle. Kn effet, il est peu de diplômes

talis le crochet rencontre le prolongement de mérovingiens dont la première ligne et la sous-

l'i et forme avec cette lettre un trait qui dé- criplion royale ne soient en grandes lettres,

passe le niveau de la ligne et s'élève presque Les référendaires el les notaires imitaient en

comme le» hastes des a, des / et du k; l'a du cela les Romains, donl les actes commen-

méiuemot est semblable à celui de sanctae. — çaienl et finissaient par des écritures gigan-

Deuxième ligne. Dans le mot Karolus le cro- lesqueg. La charte de Pleine sécurité et les

chet de l'r s'élance d'un côté au-dessus de la actes de Kavenne des v el vr siècles consta-

' ligne et redescend de l'autre rejoindre le som- lenl cet usage. Dans quelques diplômes do

mcldel'o dont la partie gauche se prolonge Dagobcrl on voit seulement le nom de cj

au haut de la ligne cl se lie à la lettre l ; la prince et sa signature en lettres allongées,

même chose a lieu dans la première syllabe Celles de la signature de Clotairc II sont pa-

du mot propiti'inte. Dans ce mol la panse reillemonl plus grandes que le texte, des p est onduleusc el se prolonge par un «Sous la première race de nos rois la ligne

angle très-aigu au-dessus de la ligne; le pre- en lettres allongées n'est pas à beaucoup nier / est lié à Yi qui le suit el ressemblerait près aussi serrée que sous la seconde. L'écrià une n si sa (été n'était pas recourbée vers ture des plaids est un peu différente de celle d -s la gauche. Le mot clemenlia ne présente pas préceptes. Les lettres diminuent insensiblede difficulté. Dans le mol rex le crochet de ment dans la première ligne des Charles d'é- IV remonte d'abord au-dessus de la ligne, change eldes plaids mérovingiens. Ordinairepuis redescend par un trait ondule jusqu'au ment elles ne sont pas plus grandes que celles bas de la ligne où il rencontre le pied de l'e du texte dans les diplômes du Pépin el de qui est recourbé vers la gauche. Trois signes Carloman. Tantôt la première ligne allongée semblables à des r servent de ponctuation des diplômes mérovingiens n'est pas portée finale. jusqu'au boul du parehemin, el alors elle ne

Dans le fac-similé n' 23 (Vojez Ecriture contient presque que le nom du roi et sou minuscule des lliplômes) la première lign« éloge ainsi exprimé : Chlodovicus rex Franest encore en écriture allongée, mais qui n'of- corum vir inluster. Dans ces litres on sépare fre pas de difficulté de lecture. Lo c du mot non-feulement les mots, mais encore les syltancte est lié au / suivaul par un zigzag, et la labes. Tantôt la première ligne est portée

jusqu'au bout du parchemin. En ce cas elle ajoute au nom du roi ceux des personnes à qui la pièce est adressée, par exemple : Theudericua rex Francorum virit intustrtbus Audoberchto et Itoccon, patriciis et omnibus ducis seu comitibus vel actorebus publici$. Ici, dans l'original , nulle distinction de mois. On trouve quelquefois la première ligne jointe au texte, mais le plus souvent elle est séparée depuis Dagobcrt jusqu'à Charlcmagne. En un mot les écritures allongées ne remplissaient pas sous les Mérovingiens toute la première ligne , et le reste demeurait en blanc. Il y a pourtant des chartes, comme quclquoa-uncs de Thierry, de Childebei t III, clc, où elles occupent toute l'étendue de celle première ligne (1).

« La première ligne des diplômes carlovingiens (continuent les mêmes auteurs) (2), burlout depuis Louis le Débonnaire, remplit toute l'étendue du parchemin. Ses lettres allongées deviennent plus hautes et plus serrées après Charlcmagne. Les noms du roi et du chancelier sont en caractères un peu moins grands. Dans une charte de Louis le Débonnaire, datée de la 19* année de son empire, et gardée à la bibliothèque du roi, nous avons remarqué que l'écriture allongée de la signature de l'empereur a près d un pouce de haut, sans parler des lettres excédantes, qui sont beaucoup plus longues. La première ligne est un peu moins hante, et relie du notaire, la plus petite, n'a qu'un demi-pouce d'élévation. 11 est à observer que la raroiiue s'est conservée plus longtemps dans l'écriture oblongue de la première ligne et des signatures du roi et des chanceliers que dans le texte des diplômes. »

L'examen des fac-similé d'écriture allongée nous donnera encore quelques éclaircissements sur l'âge qu'ils peuvent avoir. Les modèles n°* 29 et 30 peuvent être classés dans l'écriture cursive, quoique les liaisons y soient beaucoup moins fréquentes et beaucoup moins compliquées que dans la cursive allongée des diplômes du v* et du vr siècle. Le caractère le plus saillant qui distingue celte écrilure dans lesdiplômes mérovingiens est la séparation des syllabes et la largeur du corps des lettres. Les Bénédictins font observer en outre que la téle de Vf dépasse rarement le haut de la ligne.

Dans le fac-similé n"30, les lettres ont généralement une grande régularité ; la distinction des mots et la ressemblance des caractères avec ceux de la cursive de la ûn du ix" siècle ne permettraient pas de placer cette écriture à une autre époque. Les Bénédictins ont posé un principe qui, bien qu'inapplicable au cas présent (3), est cependant juste; c'est que l'écriture allongée est presque toujours* semblable pour la forme à celle du corps de la pièce. Toutefois, fuit observer M. do

(1) Nomeau Traité de Diplom., U III, p. 611 cl 613. li) Ibid., p. 665.

(3) Le corps du diplôme est eo minuscule, (Kot/ei le (ac sùtàle if w.)

(IJ Ce devrait ê'ro une exception, comme l'écriture Dicuie du diplôme. Nous avons ciie à la lio de l'article sur

Wailly, pour que celte remarque ne soit pas trop absolue, il convient de ne pas l'étendre au delà du xr siècle. En effet, lorsque les l itres capitales viennent se mêler aux lettres cursiveset minuscules, on ne trouverait pas toujours dans un diplôme toutes les formes que l'écrilurc allongée emprunte à l'alphabet capital, ou du moins il faudrait les chercher dans les grandes lettres initiales et non dans le corps des mots. Un autre caractère de l'écriture allongée de la fin du ix* siècle, selon les Bénédictins, et qui se rencontre dans le fac-similé dont nous venons de parler, c'est le trait oblique qui ferme les doux courbes de l'a. On y trouve aussi des r à crochet formant angle aigu élevé considérablement audessus de la ligne, et dont le second côté va rejoindre la Iftlre suivante.

Ces de niers caractères se renconlrenl aussi dans le cours du x* siècle, et à la même époque les panses ondulées que l'on rencontre dès le vi* siècle deviennent plus fré-

Î mentes et forment plusieurs zigiags. A la in du x' siècle, les formes capitales et minuscules prennent la place des formes cursives, mais elles sont toujours étroites el*pcu régulières. Les a sont minuscules, et leur paosc embrasse à peine la dixième partie do montant. Le c ne se compose plus que d'une seule courbe très-allongée. Le d est tantôt capital, tantôt oncial ; l'e est tantôt capital, tantôt minuscule : quand il est minuscule, sa boucle n'a pas plus de développement que la panse de l'a. Les lettres F, G, R, T, U appartiennent l'alphabet capital. L's est tantôt cursive, tanitôt capitale. La double panse de l'o occupe toute la hauteur de la ligne; celle dn p au contraire n'embrasse plus qu'une faible partic de la haslc. Nonobstant ce changement général dans la forme des lettres, il subsistait encore à cette époqne une écrilure allongée entièrement cursive (fc), dont les Bénédictins ont reproduit un fac-similé, planche 68 de leur tome UI.

« Sous Robert , dit encore M. de Wailly, VA capital sans traverse est souvent substitué a l'a minuscule. Les lettres D, E, M

Paraissent souvent sous la forme onciale. ans tes diplômes de Henri 1" les mêmes formes de lettres se combinent souvent avec des traits accessoires , des boucles multipliées , des lignes tremblées, et en général avec tout ce qui caractérise la minuscule diplomatique du xi* siècle. On trouve des N à double traverse, des abréviations de forme très-compliquée, et des f dont la tête dépasse de beaucoup le haut de la ligne. Sous Philippe I" ces traits excédants disparaissent, et loutes les lettres sont contenues dans les limites de la ligne (5). Pendant le règne de Louis VI l'écriture allongée ne sert plus en général que pour l'invocation. U y a quelques-uns de aes diplômes dont l'écriture ai- Page de l'écriture cursive diplomatique, une pièce écrite eu ce genre et datée de l'an 980.

(.*f) Dans quelque» diplômes de ce prince OU irouie de» n dont les jambage forment xigwgs, el les lettres à baste ont ordiuaircmeut les bases tranche» par un trait oaduleux.

longée se compose de lettres cipit >1'S d'une forme irrégulière sans doute , nuit librement développées ; il y en a d'autres au contraire où relie écriture e-i plus maigre, plus élroiie. plus élancée que jamais. Sou» Louis VII le coilraste d • vif ni encore plus frappant, parce qu'on ren>'Outre tantôt une majuscule gothique massive et arrondir», tantôt des lettres qot ont souvent plus d'un poure de hauteur et d mil les p-inscs et les jambages sont à peine séparés p ir une demiligne (1;. A compter du \in* siècle, l'usage de commencer les actes car une ligne d'écriture allongée tomba de ?lus en plus en désuétude ; mais il ne Tut jamais complètement abolu Dans les siècles suivants on se contentait fresque toujours de prolonger les liasles montantes de la première ligne. »

DEUXIÈME PERIODE. ÉCRITURE GoTniQUB.

L'écriture gothique est formée , ainsi que cous l'avons déjà dit dans les observations générales sur les écritures d>* la première période, des éléments de l'écriture i ornai ne, qui ont pris aa xm siècle, une physionomie tout à fait anguleuse et distincte de «cllcM -s anciens caractères. Ou lui a donné n»n nom par extension de celui qu'a reçu l'ai t du moyen âge eu général, mais sans plus de justesse.

Si on a fixé au xm* siècle le commencement de l'écriture gothique , ce n'est pas qu'on ne rencontre, dès le siècle précédent, dc> pièces où elle se mor.'re déjà, mais c'est seulement alors qu'elle se manifeste d'une manière plus complète. L'époque de transition dans un art aussi personnel que l'écriture doil fournir de nombreuses exceptions qu'il serait difficile de rattacher à l'une plutôt qu'à l'autre période ; il peut arriver même que quelques manuscrits aient conserve dans les siècles postérieurs ies caractères anciens : mais il suffit, pour l'objet de nos éludes, de prendre pour point de dépari celui qui est généralement admis. Nous allons examiner successivement les diverses phase* par lesquelles cette écriture a passé jusqu'au xvr siècle.

De la majuscule gothique en général.

Les formes de la majuscule gothique son! trop arbitrai, es, dit M. de Vaiily, pour qu'on puisse y retrouver la distinction de la capitale cl de l'onc.ialc. En effet, si on examine l'alphabet majuscule qu« nous avons reproduit ri-aptès sous lo n' 31 . on reconnaîtra, il est vrai, que les lettres E, 11, M el U se entachent à la forme onciale ; mais en revanche , les lettres A, D, Ij el {) dérivent pluiôl de l'alphabet capital, tandis que l'N appartiendrait «i l'alphabet minuscule. Toutefois, il serait difficile de maintenir la distinction des deux écritures , et de la suivre dans un certain nombre de manuscrits , car

(I) Le fae'-shuile iv» 2"? présente dans sa première ligne nne é, nuire mixie «• la auuu«culu rsi mêlée i quelque* «(.Mes, telles que les *; l'a de sancte el IV du Iri- . toluiu.

(i\ On n<» | retend pas mer que la majnseul* giMhin.ru*. lil é é enqloyée «laus le* in*erininm*; umi» alors le&lrau*

WttîvUiilS, qui l':iiT.i»;iij'3gmMii presque (oujn ir* d.im U-s

DicTio.xït. du Diplomatique.

F.rn l%\

il règne la plus grande variété dans les grandes lettres usiiees pendant la période doat nous nous occupons. Il devient donc impossible en présence d s traits si bizarres qu'on rencontre à chaque pas , de déterminer les éléments qui entrent dans la composition d 's l« lires de 1 1 majuscule gothique. « Et ce fait s'explique, dit eiteore l'auteur des Elément* de p'iléographi", par les habitudes des écrivains de cette époque. Au lien d'employer, comme on le faisait autrefois, l'écriture majuscule pour distinguer I s litres ou les passages remarquables d'un manuscrit , i s se conlenlaienl e« général de varier la couleur de l'encre ou d'augmenter la hauteur des caractères ; mais c -s caractères appartenaient par leur forme au même alphabet que le corps du texte , et les lettres majuscules n'é'aicnt employées que comme lettres initiales. C'esl là ce qui explique pourquoi la forme cl la dimension de ce* lettres admettaient lanl de différences, pourquoi surtout elles sont surchargées de traits inutiles cl accessoires, que les écrivains variaient suivant leur goût el leurs caprices. » Kn jetant un coup d'œil sur l'alphabet majuscule du fic-simile n* SI , on s'a perçoit de suite qu'il eût été impossible de tracer un corps d'écriture avec de semblables caractères (i). Jl serait itonc superflu.de nous étendre longuement sur cet objet : il stilfit de rappeler que la majuscule gothique se distingue par la diversité des formes, par lo renflement exagéré de certaines portions des lettres ou par les traits accessoires qui en défigurent souvent l'aspect.

De la majuscule gothique des manuscrits et des diplômes.

« Si le caractère capital gothique, di«enf les Tlénédiclins , est Irès-fréquent dans les inscriptions lapidaires et métalliques, il est si rare dans les manuscrits des xm , xiv* et xv* siècles , qu'il ne nous a pas été possible d'en découvrir un grand nombre de modèles. Les litres de presque lotis I -s manuscrits en gothique moderne do Saint -Germai*i-dcsl'rés el des Blancs-Manteaux que nous avons feuilletés, n'offrcnl que des écritures minuscules , plus grandes à la vérilé, mais de même forme que celtes du texte en minuscule. On dirait qu'à l'exception des lettres initiales, l'écriture capitale aurait été bannie des manuscrits depuis le commencement du xm* siè.-le jusqu'au dernier renouvellement des lettres. »

Ces observations généralement vraies nons dispensent de donner de grands développements à l'étude de la majuscole goihiquc. Il suffira de reproduire yn alphabet de <e genre pour qu'on poi»e f.cilemenl reconnaître chacune des lettres qui lo composent, quand elles se rencontreront.

manuscrits, étaient consitéraMemeut réduit*, tl eiist* «r.nllf ur< a ««muter du mv .siècle, uo très-grand nomliri} «t'iusciii'tions dont les earutières ao,*rii un ui en emicr a Li minuscule gntleque (F,lfime>il$ de p lévq aphie ) — C'est surtout d»u» les lêgewJ s des sceaux h majuj. rule gothique se rencontre ( Fou«: ct-3|T*S Cri qui con> c rue le» Ui»cri|iliuii:> des scciux.)

N* 31. Alphabet d'écriture majuscule gothique tirée d'un manuscrit du milieu du xnr siècle.

Bibtioth. d'Âuxerre, n* 72.

TRAKSCIUPTION.

0e la mijuscule gothique des sceaux.

Déchiffrement.

Le caractère majuscu'e goihique a remplacé dans les sceaux la capiia'e romaine, ▼ers la fin du xu siècle ou au commencement du xm*. Ou voit dans les fac-similé dus sceaux, nos 3, 7 ri 0, dos inscriptions gothiques qui peuvent donner quelques notions sur les habitudes des graveurs de ce temps.

Le sceau d'Hugues, abbé de Saint Germain-des<-Prcs(n-y),quiest de l'an 1216, présente dans sa légende tous les caractères de la capilaio gothique, bien que plusieurs des lettres aient encore la forme romaine, telles que l'K et I N par exemple; mais les sommeis des lettres sont tranchés par des traits saillants et aigus. Le D du mol DE et les A de toute l'inscription sont tout à fait gothiques. Celte empreinte n'offrirait ancune difficulté si elle é'ail entière; elle devrait commencer par une S tranchée.

Dans le sceau de la commune de Monteur, de l'an 12W (n* 7), on trouve d'abord une S barrée pour l'abréviation du mol scel; la haste du D du mol suivant est un peu fruste et ferait prendre cette lettre pour un c renversé ; la barre de 1* L du mémo mot se relève et donne à celte lettre la figure d'un V dont le montant de droite est raccourci. Les N des mots comunal et monteue ressemblent à des M par la position de leurs jambages , dont la traverse part du pied de celui de gauche, au lieu de prendre naissance par le haut. On confondrait encore davantage l'A de comunal avec une M, si on n'avait égard au trait supérieur qui en surmonte les deux montants. Toutes les lettres à panse de ce sceau présenlcnl une pointe au milieu extérieur.

L'inscription du sceau du roi Philippe IV (u* 3) présente les caractères gothiques majuscules les plus réguliers, comme on peut l'en assurer en la comparant à l'alphabet Majuscule, n. 31. Les mots y sont séparés par un ou deux points.

Age de la majuscule goihique des sceaift.

« S'il est facile de distinguer la majuscule gothique de la capitale romaine, dit I auteur des Eléments de paléographie, lorsque ces

deux écritures réunissent tous les caractères qui leur sont propre*, on est souvent embarrassé quand il s'agit d'appliquer cette distinction aux monuments de la fin du xu* siècle ou du commencement du siècle suivant. II arrive presque toujours alors qu'une partie des lettres s'éloigne dps formes anciennes et que d'antres les conservent encore dans* toute leur pureté. Tant que dure ce mélange de l'alphabet romain et de l'alphabet goihique. quel nom doit-on donner à récriture? Fautil considérer comme lettres gothiques toutes celles qui s'écartent de la pureté des forme* romaines? Les auteurs n'ont pas tous donné la même so uiion à cette difficulté : de là des contradictions apparentes sur l'âge de la majuscule gothique, qui remonterait, selon les uns, aux premières années du xi* siècle, et qui. selon d'autres, n'aurait commencé qu'à la fin du xm*. Nous nous sommes conformé, à l'opinion des Bénédictins , qui prennent pour point de départ le rommenrement do xm siècle : il est inutile d'avertir que celle épo lue admet une certaine latitude, et que si le xu* siècle fournit quelques exemples d^ majuscule gothique, la capitale romaine n'est pas complètement exclue des monuments qui appartiennent au siècle suivant. Si l'on voula.l tenir compte de toutes 1» s exceptions, il faudrait même poser en principe que les formes romaines n'ont jamais été complètement abolies. Les Bénédictins citent des sceaux du xiv* siècle sur lesquels ce caractère s'était conservé, et le xv* siècle en fournirait des exemptes plus nombreux encore. Mais quand on examine les faits dans leur ensemble, il devient évident que la majuscule goihique d'abord, puis la minuscule, ont été employées dans la plupart des inscriptions depuis la fin du xn* siècle jusqu'au commencement du xvi*. Voici en enVl le jugement porté par les Bénédictins : « Depuis le commencement « du xm* siècle, le gothique établit son empire «dans tous les Etats d'Europe où l'écriture « latine était reçue. Durant son cours et celui «du suivant, ses progrès furent grands et ra- « pides. Mais tandis qu'au xv* et xvr, d'une «part, il s'abolissait et perdait tous les jours «de son crédit, de l'autre, il était favorable- « ment accueilli et porté aux derniers excès *

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