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Poor établir ane distinction exacte enlre les lettres majuscules gothiques et celles de la capitale romaine. M. de Waillv la fait reposer sur la forme des lettres C, E, II, M, N, T et V, qui prennent dans le premier genre un aspect tout à fait différent de celui qu'elles auraient dans le second, (l'oyez ces lettres dans le fic-simile des écritures n*3l)(l).Mais on s'allachant plus particulièrement â ces différences fondamentales, il ne faut pas négliger celles qui se rencontrent dans les autres lettres.
Nous profilerons encore des remarques que fait l'auteur que nous venons de citer pour le classement chronologique des sceaux de la période gothique.
• Quoique le mélange des lettres romaines et des lettres gohiques n'ait jamais cessé d'une manière absolue, dit M. de Wailly, cependant la plupart des sceaux dans lesquels les lettres romaines se sont conservées pour uuc des lettres C, E, H, M, N. ne peuvent être considérés comme antérieurs au ht' siècle (2), et réciproquement les sceaux dans lesquels ce mélange n'existe pas sont en général postérieurs à la Gu du xiu' siècle. A l'aide de celle remarque on peut établir un premier classement dans les sceaux en majuscule gothique ; mais, pour en fixer l'âge avec plus de certitude, il faut tenir compte de certains détails qui. sans altérer la forme générale de la lettre, donnent cependant un autre caractère a l'ensemble de récriture. Ainsi l'épaisseur des traits de la majuscule gothique a continuellement augmenté jusqu'au commencement du xtv siècle, et pendant la seconde mo.tié du siècle précédent, les lettres sont souvent accompagné* s d'ornements accessoires. IVu à peu la majnscutegolhiquc.dccourlecl ramassée qu'elle était, devint haute et allongée pendant le cours du x'iv siècle. Sous celle nouvelle forme elle perdit ses ornements accessoires, et au xv siècle elle fut presque toujours remplacée par la minuscule, ou s'en rapprocha autant que possible, en n ssci raul <le plus en plus la forme do ses lettres. Il fai t surtout s'attacher à observer les phases diverses de ce changement dans les proportions de la majuscule gothique. En effet, on peut «expliquer qu'un graveur ail réuni dans une légende quelques formes de lettres qui n'élaienl plus en usage ou qui n'étaient p is nuivcrsellcraent adoptées. Mais si un graveur peut substituer une lettre gothique, a une lettre capitale, et réciproquement, il ne lui est pas aussi facile de s'affranchir do toutes les habitudes qui caractérisent l'érrituce contemporaine : de substituer des Iraits élevés à des jambages massifs, de rattacher à leurs extrémités des traits superflus, etc. Il est donc presque toujours facile de distinguer ce qui dépend d'un capr ice individuel, de ce
(t) fl y a oneonservaiion a faire à propos .lu T el du V. Lf T a hasle droit •> n'a jamais cessé il'é w e» usage; il uni doue le considérer comme appirlenanl a la majuscule K'xhique, aussi bien que le T «oui hé. Ce V est dans le »i*m«>cas, el s'il prend laforniede l «, Il uVn a pas moins tté tinploy^ sous son a«pecu.rduiatre dans l'écriture dotn
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qui appartient aux habitudes de tout un siècle (3). »
Ecriture minuscule gothique.
En examinant l'écriture minuscule gothique, on aperçoit tout d'abord que les régies qui présidaient au Iracé de l'ancienne écn. lure sont abandonnées et remplacées par d'autres, qui consistent surtout a donnera la plupart des lignes droites et des lignes courbes la forme des lignes brisées. £ est principalement dans les lettres t, m, n et u que celte tendance se manifeste : la tôle de la lettre incline vers la gauche el le pied ver* ^ la droite, tandis que la partie intermédiaire conserve la direction vert cale. Les fuc-simile nos 36. 37 ei 39 fournissent des exemples de ce fait. Les lettres à panses, et particulièrement l'o, le 6, le g, te p et le g, furent, pour ainsi dire, taillées à facettes; en un mot, on vil peu à peu poindre de tous côtés des saillies anguleuses qui donnèrent à l'ccriturc un aspect tout nouveau. On rencontre aussi .certains manuscrits dans lesquels les caractères sont comme soudes entre eux par leurs parties supérieure*, dont les angles soirt régulièrement tracés. Dans d'autres cas plus fréquents, lorsque deux lettres a panses *<• touchent, elles se fondent l'une dans l'autre de manière à ne piésenter qu'un trait pour les deux panses. Les fnc-simile 37 et 39 pré • sentent des cas de ce genre. Il n'est pas toujours racile non plus de distinguer l'n ou l'«i de l'n suivi ou précédé d'un t, quand celte dernière lettre n'est pas surmontée' d'un accent ; cl celle difficulté vient de ce que les jambages forment une sorte de brisure uniforme. Enfin l'écriture golhi.jue minuscule se fa il remarquer par le contraste qui résulto de Li finesse des liaisons, comparée à l'épaisseur du corps des caractères.
Nous profilerons encore de quelques remarques particulières faites par l'auteur de* Eléments de paléographie , et que nous appliquerons à nos fac-similé.
L'a présente d-ins la minuscule gothique deux aspicts qui sont propres à celte écriture. On voit dans le fac-similé n" 3ï un a dont le montant se recourbe dans sa partie supérieure et rejoint la panse par un irait délié. (Voy.Ya du mol nom, première ligue, et plusieurs autres de ce fac-*imile.) Li courbe du montant, arrondie dans les premier* temps gothiques, devint anguleuse dans la suite. Souvent aussi la pause de l'a form • comme un deuxième montant qui pan.lt indépendant de celui de droite. (Voy. quelques a du fac-similé n* 37 , el ceux de la première ligne du fac-similé n* 3D.) Dans linéiques c ts de celte espèce d'à, la pans.* forme une ligne horizontale, qui ressemble à une traverse el qui rejoint le moulant droit. (Voy. Va du mol latine, deuxième ligne du fac-siinile n° 37.) Outre l'a à double
nous l 'irions.
(2) On rencontre cependant qnrlques exceptions il celle règle, niais qui sont presque loul<;s fournies par de* un»* immuuls du wruineureiiieul du xiv* siècle.
13) EUotetUs de paléog., 1. 1 p. 5%-397.
SG7 DICTIONNAIRE DK DIPLOM VTIQI E UIRi- TIENNE. 3ft
montant cl Va à double panse, la minu«cule des mois par l'S de forme capitale. Plus on
gothique emploie aussi l'a de forme ordinaire, avance dans la période gothique, plus l'usage
dont le Irait délié qui pari de la léte se re- de celle dernière lettre e^t fréquent. (Conipa-
courbe souvent en boucle dans la gothique rex les fic-simUe 3i, 36 ei 39.) L's finale »c
du xv et du xvr siècle. [Voy. les fac-similé rencontre aussi sous une forme évidemment
n"* 37 et 39.) dérivée de l's capitale, mais qui cependant
Le crochet supérieur du c prend presque doit en être distinguée. Elle offre alors l'as-
loujours dans la minuscule gothique l'aspect pect d'un B capital qui arrondit les extrémi-
d'une barre; ce qui rend cM»e lettre difficile lés de sa haste à leur point de rencontre
à distinguer du /, qui perd souvent le cdté avec les panses.
gauche de sa barre. (Voy. les fac-similé n** Enfin il arrivo souvent aux écrivains go-
37 et 39 ) thiques d'employer au commencement des
La minuscule gothique n'emploie jamais mots le © au lieu de l'u, sans qu'ils reconque le d de forme oneialc. Au reste, dit M. naissent d'ailleurs aucune différence dans la de Wailly, dès la fin de la première période, valeur de ces deux lettres. (Voy. les lignes ce d rsl souvent substitué à celui de l'alpha- 6* et 8* du foc- simile n* 36.) bel minuscule. Les diplômes de 1 1 période gothique présen-
Un caractère assez constant de l'A minus- tenl quelquefois, comme ceux de la première
cule dans l'écriture gothique, c'est le pro- période, une minuscule qui se distingue de
longement de la partie inférieure de la panse, celle des manuscrits, soit par le prolonge -
qui descend beaucoup plus bas que le pied ment des hastes, soit par le développement
de la haste ; mais ce fait s'était déjà produit ou la complication des signes abréviatif» ;
vers la fin de la première période. mais celle minuscule fit bientôt place à la
On trouve toujours l's minuscule dans l'écrn. cursive gothique, lure gothique ; mais elle est remplacée à la fin
déchiffrement, de la minuscule gothique.
N* 32. Ecriture minuscule dont les formes gothiques sont peu caractérisées. Manuscrit de la Bibliothèque royale, ancien fonds latin, n* 8097, folio 128 rrno. An 1252.
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